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I. L’ESPAGNE WISIGOTHIQUE

LES PREMIERS ROIS WISIGOTHS (410-485). — On

a vu (page 136 et suivantes] dans quelles circonstances les Wisigoths s’établirent dans la péninsule Ibérique. Alaric F'' songeait, lorsqu il mourut (410), à porter la guerre en Sicile, peut-être même en Afrique. Son successeur, Ataulf (410-417), qui avait épousé Gallia Placidia, renonça, pour plaire à la sœur d’Honorius, à combattre les Romains; il passa en Espagne, où il s’empara de Barcelone, et fit la guerre aux Vandales, mais périt bientôt assassiné.

Son successeur, Wallia, d’abord hostile aux Romains, puis réconcilié avec eux, obligea les Vandales à se réfugier dans les montagnes

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de la Galice et anéantit les Alains; il reçut, en récompense des territoi V > qu’il avait conquis et qu’il céda aux Romains, la « seconde Aquitaine », avec Toulouse pour capitale (418). Ce fut le premier d< > royaumes germaniques qui furent organisés dans 1 Empire et bénéficièrent de sa civilisation.

A la mort de Wallia, en 419, les Wisigoths sont établis dans la vallée de l’Ebre; les Suèves, en Galice et en Lusitanie; les Vandales, dans la Bétique et vers l’Océan; les Romains, dans le reste du pays. Bientôt les Vandales partent pour l’Afrique, ne laissant, comme trace de leur passage en Espagne, que le souvenir de leurs dévastations et aussi leur nom, qui fut donné à la province qu’ils avaient ravagée (Vandalusia, Andalousie).

Malgré ses velléités d’agrandissement en Gaule, au détriment des Romains, Tbéodorède (419-451) finit par se soumettre, et c’est en contribuant à la défaite des Huns qu’il périt à la grande bataille des Champs Catalaumques. Son fils,

Théodoric (453-466), parvenu au trône par l’assassinat de son frère aîné Thorismond, essaya, comme lui, de conquérir la Narbonnaise ; il n’y réussit pas, mais il s’efforça, non sans succès, d étendre sa domination en Espagne. Euric (466-485), plus heureux que son frère, dont il s’était lui aussi débarrassé par un crime, se ligua avec les Suèves pour enlever aux Romains la plupart des places qu’ils tenaient dans la péninsule et recula jusqu’à la Loire la limite de ses possessions au delà des Pyrénées. Il laissa aux catholiques d’Espagne, quoiqu’il fût arien, le libre exercice de leur culte et prépara un recueil de lois pour ses sujets. Sa cour résidait tantôt à Arles, tantôt à Toulouse, tantôt à Bordeaux. Elle était brillante, cultivée même, et les Francs, les Burgondes, les Saxons, les Ostrogoths, y avaient des représentants.

Euric fut alors le plus puissant des rois barbares dont les coups répétés avaient déterminé la chute de 1 Empire d’Occident.

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