ALARIC 11. — WAMBA
Quand son fils Alaric II prit la couronne (485-507), la puissance wisigothique était à son apogée; malheureusement, ce vaste Empire, qui s’était constitué peu à peu par l’extension de l’Etat fondé en Aq uitaine, n’avait aucune cohésion ; il était affaibli par les divisions religieuses. La bataille de Vouillé, où Alaric trouva la mort, met, à ce moment, fin à la domination des Wisigoths ariens en Gaule; Clovis ne leur laisse que la Septimanie, qu’ils devaient garder peu de temps. C’est Alaric qui avait fait rédiger, pour déterminer la condition juridique des Gallo-Romains, un recueil ou Bréviaire auquel son nom demeure attaché (506).
Après une période d’anarchie, au cours de laquelle le grand roi des Ostrogoths, Théodoric, soutint les princes wisigoths en leur imposant sa volonté, Athanagild fut reconnu roi (vers 554), mais il n’avait pu défaire son compétiteur Agila, près de Séville, qu’avec le secours des Byzantins, auxquels il avait offert de s’établir sur la côte méridionale.
Il fixa sa résidence à Tolède, se rapprocha des Francs en manant ses filles Galeswinthe et Brunehaut avec Chilpéric et Sigebert, chassa les Byzantins de quelques-unes des places qu’ils avaient occupées, et montra, pour l’époque, un remarquable esprit de modération et de justice.
Après lui, les Byzantins étendirent leurs conquêtes, et les Suèves se reprirent à p.ller. b^ffrayés de tout ce désordre, les grands, qui s étaient rendus indépendants dans leurs domaines, élurent pour roi Liuwa, gouverneur d’Aquitaine, qui se fit suppléer par son frère Liuwigih'. Celui-ci épousa la veuve d’Athanagild, continua d’expulser le- Byzantins de leurs conquêtes, et en 572, par la mort de Liuwa, c • vint chef de toute la Wisigothie. Il fit déclarer héritiers du titre de roi ses enfants 1 lerménégild et Récarède, soumit
les Vascons et, ayant marié Herménégild à une fille de Brunehaut, il lui attribua une portion de ses Etats, avec Séville pour capitale; mais il fut payé de tant de bienfaits par une telle ingratitude, qu’il dut faire mettre à mort son fils révolté (585).
Reconnu sans opposition (586), Récarède abjura solennellement l’arianisme. Sa conversion au catholicisme entraîna celle de la plupart des Goths, et lui rallia les Hispano- Romains, redoutables par le nombre, la richesse et la puissance de leur aristocratie. Les évêques ariens et la noblesse wisigothe, par contre, manifestèrent leur mécontentement en ourdissant des complots qui échouèrent, malgré l’appui des Francs et le concours des Burgondes.
Un règne remarquable fut ce.ui de Sisebuth (612-621). Ce prince marcha d’abord contre les Asturiens et les gens de la Rioja révoltés, puis battit les Byzantins demeurés encore sur la côte méridionale de la péninsule Ibérique, et qui consentirent à garder seulement le petit
territoire des Algarves, à la condition que les juifs fussent chassés d’Espagne. 11 fut ainsi fait : les uns, déclarés esclaves, virent leurs biens confisqués; quatre-vingt-dix mille acceptèrent le ba^tême; beaucoup s’exilèrent. Sisebuth termina son règne par une expédition contre les pirates barbaresques, à qui il enleva Ceuta et Tanger.
Swinthilla (621-631) acheva la soumission des Vascons et conquit sur les impériaux leurs dernières possessions dans les Algarves; mais, en voulant assurer la couronne à son fils Racimir, il mécontenta la noblesse qui, faisant appel au roi de France Dagobert, le chassa du trône. Alors, commence une lutte opiniâtre entre l’aristocratie, opposée au principe de la royauté héréditaire, et les rois, soutenus par le clergé et les conciles. Le VIII® concile de Tolède, convoqué par Receswinthe en 653, fixa le mode d’élection des souverains, donna une loi commune aux H ispano- Romains et aux Goths, proclama l’inaliénabilité des biens de la couronne, donna au roi le droit de grâce en matière de crimes d’Etat, commença à délimiter les diocèses et les circonscriptions judiciaires. Receswinthe, énergique et modéré dans la victoire, contribua beaucoup à la fusion des divers éléments de la population. La loi qu’il promulgua était de conception toute germanique ; l’ancien droit bavarois s’en est inspiré.
Wamba (672-680), le plus remarquable peut-être des princes goths, accepta le trône avec regret, et s’y maintint avec honneur. Dès son avènement, il eut à soutenir deux guerres difficiles ; la première, contre les Vascons, qu’il força à lui payer tribut; la seconde, contre les révoltés de la Septimanie qui avaient reconnu pour roi le comte Paul, chargé de les soumettre. Wamba passa les Pyrénées, enleva Narbonne, Béziers, Agde, Nîmes, où le comte Paul fut fait prisonnier, et revint faire une entrée triomphale à Tolède. 11 ne se préoccupa alors que de bien gouverner, et il y réussissait pleinement, quand un de ses officiers, Erwick, lui administra un breuvage qui le fit tomber en léthargie, le rasa et lui mit une robe de moine. Selon la coutume wisigothique, Wamba ne pouvait plus être roi désormais et, afin de prévenir une guerre civile, il désigna pour lui succéder l’homme qui l’avait si bassement traité (680).
Erwick entra lui-même dans les ordres en 687 et abdiqua en faveur d’un neveu de Wamba, Egica. Ce prince eut à réprimer une conspiration fomentée par Sisbert, évêque de Tolède, et à repousser une agression des Arabes qui, de l’Afrique du Nord, menaçaient depuis quelque temps déjà les côtes méridionales de l’Espagne. 11 eut pour successeur son fils Witiza (701).
LA FIN DU ROYAUME WISIGOTH. - La fiii du
royaume wisigoth est proche. Détrôné par Roderic, duc de Bétique, le roi Achila, qui avait ceint la couronne en 709, s'enfuit en Afrique.
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