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LADISLAS LOKIETEK ET CASIMIR LE GRAND

- — La catastrophe nationale fut conjurée par l’énergie de Ladislas Lokietek (1305-1333), qui reconstitua l’unité du pouvoir. Il fit une œuvre utile en frappant la bourgeoisie métèque allem.ande, mais retomba dans les erreurs traditionnelles en recourant aux Teutoniques pour récupérer la Poméranie occidentale. Les Teutoniques, la besogne faite, gardèrent leur conquête, et les armées de Lokietek ne réussirent pas à les en déloger.

Un souverain, le dernier des Piasts, Casimir le Grand (1333- 1370), s’institua le liquidateur de la politique dont la faillite lui apparaissait avec évidence. Sous son règne s’opère une conversion d’importance capitale. La Pologne se détourne de l’Occident, où le germanisme l’a vaincue, pour reporter ses ambitions du côté de l’est. Casimir renonce à déloger les Teutoniques et les laisse en Pomérellie. En échange d’une renonciation définitive à la couronne des Piasts, il abandonne la Silésie aux rois de Bohême, clients des empereurs (1335). Puis il annexe la Galicie, s’empare de la Volhynie, et engage de longues luttes avec le jeune État lithuanien. Les perspectives, de ce côté, étaient larges et séduisantes. Les obstacles étaient médiocres. Les Slaves de l’Est, depuis un siècle, étaient accablés sous le joug tatar. La Lithuanie commençait à peine son histoire. Il y avait de grandes chances que la Pologne trouvât dans cette direction, — et elle les trouva, en effet, — de fructueuses compensations aux pertes par lesquelles se soldaient, en définitive, à l’ouest, les quatre premiers siècles de son action politique. Mais, en cédant à la tentation de gains trop faciles, elle grevait lourdement son avenir. Sans avoir le bénéfice, par ses irrémédiables concessions à l’ouest, d’arrêter la pression du germanisme, elle allait s’orientaliser à moitié, affaiblir sa densité nationale sur d’immenses étendues, et courir au-devant de problèmes politiques et religieux sous le poids desquels elle devait finalement succomber.

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