LES HITTITES
cercle dentelé soutenu par trois traits verticaux ; un groupe de lignes parallèles sur le haut d’un gobelet peut provenir de la métamorphose d’oiseaux d’eau.
On sait déterminer l’époque à laquelle a été exécutée cette première série de vases. Au temps où régnent à Lagash les princes de la dynastie d’Our- Ninâ, les Susiens possèdent une céramique décadente, qui découle de la précédente, mais témoigne d’un effort pour se rapprocher du naturel. L’argile est plus grossière, les parois des vases plus épaisses, la couleur moins solide et plus terne; le décor, moins géométrique et moins régulier, comporte de nombreuses figures humaines ou animales en teintes plates. C’est surtout au début des temps historiques que l’Élam joue dans la civilisation un rôle important. Nulle part ailleurs on ne trouve alors des séries aussi complètes de vases peints, avec un répertoire aussi varié. Les autres arts industriels atteignent également un haut degré d’avancement, en particulier la glyptique et le tissage. Mais, dès l’époque d’Our-Ninâ, l’Élam se montre inférieur à Sumer et Akkad, notamment dans la sculpture, et cette infériorité se manifeste surtout aux périodes de dépendance politique, parce qu’alors on imite, sans parvenir à l’égaler, ce qui se fait dans la basse vallée de l’Euphrate. Lorsqu’une dynastie nationale gouverne en dehors de toute influence étrangère, art et industrie tendent à se ressaisir; toutefois, les productions nées de cet effort sont encore trop peu connues pour permettre une appréciation d’ensemble.
A la même époque, on taille des statues et des bas-reliefs dans des blocs d’asphalte naturel ou dans du calcaire blanc, comme on le fait en Sumer; dans les deux régions, les sujets sont les mêmes; l’art susien se montre plus barbare, l’art sumérien plus raffiné.
En glyptique, un répertoire géométrique analogue à celui des vases peints semble commun à l’Élam et à la région mésopotamienne ; il en est de même des cachets plats en forme d’animaux, sur lesquels sont gravés des groupes de quadrupèdes traités à la bouterolle. L’Élam possède en propre une curieuse série d’animaux, réels ou fantastiques, dont les tablettes proto-élamites portent des empreintes ; l’influence mésopotamienne se fait sentir, et l’on trouve à Suse des luttes de héros contre les fauves (sceau du devin Egigi, contemporain de Géba) , des dieux combattant ensemble (cylindre de l’ishakkou
Géba, contemporain de Manishtousou) , des scènes pastorales, des scènes de présentation et d’adoration (sceaux de serviteurs des ishakké Idadou et Adda-pakshou) . Les cylindres du second millénaire sont rares, les empreintes de l’époque des Sargonides témoignent de l’influence prépondérante de l’Assyrie.
^ La métallurgie, au second millénaire, atteint la perfection et dépasse de beaucoup tout ce qu’a produit l’Assyrie. Le musée du Louvre possède d’importants objets en bronze, colonne de Shilhak- In-Shoushinak, bas-reliefs, fragments de statues. La pièce la plus remarquable est la statue massive de la reine Napir-asou, épouse d Ountash-Gal ; de fonte parfaitement homogène, sans défaut ni soufflure, elle a été coulée en creux sur une épaisseur de 3 centimètres, et l’intérieur a été ensuite rempli en plusieurs fois.
Une statuette d’argent, une autre en or, fondues puis travaillées au burin et au poinçon, sont de rares spécimens d’objets en métaux précieux.
Comme en Basse-Mésopotamie statues et bas-reliefs présentent un caractère exclusivement religieux; les bas-reliefs anciens sont taillés dans la pierre ou coulés en bronze; plus tard, on les fabrique en grès cérame, comme à Babylone. La mission française de Susiane, continuatrice de la Délégation en Perse et de la mission Dieulafoy, a heureusement reconstitué plusieurs panneaux au cours de la campagne 1921-1922.