CARACTÈRES DE LA CIVILISATION ÉLAMITE
— Placé à l’extrémité orientale de la région d’expansion des Sémites, colonisé dès les origines de l’histoire par un peuple probablement apparenté aux Sumériens, l’Élam, en relations nécessaires avec les riches et civilisées populations de la Basse-Mésopotamie, qui viennent chercher sur son territoire la pierre et les métaux dont elles ont besoin, doit subir l’influence de ses puissants voisins en politique, en art, en religion, en littérature. Mais tout au cours de son histoire se manifestent des réactions profondes; même à un moment donné, à la fin du troisième millénaire, son influence politique s’étend sur tout l’Orient asiatique civilisé. L’art national se développe à côté de l’art étranger; la langue résiste aux influences extérieures et subsiste longtemps après la perte définitive de l’indépendance nationale.
Par sa situation géographique, l’Élam a été en rapports constants avec les habitants des vallées du Tigre et de l’Euphrate. L’histoire enregistre surtout la longue lutte qui divisa les deux régions : les rois d’Agadé et ceux d’Our dominèrent à Suse, mais des villes élamites imposèrent leur hégémonie à Sumer et Akkad aux temps préhistoriques. Koudour-Maboug installa ses fils sur le trône de Larsa, un roi élamite régna à Babylone; plus tard, certains souverains essayèrent de tirer parti de la politique assyrienne : les révolutions intérieures contrarièrent leurs efforts et le royaume fut détruit. En tout temps, la civilisation susienne subit l’influence de la civilisation voisine; mais elle réagit, surtout aux époques de suzeraineté nationale, s’efforçant de garder son caractère propre et de maintenir la langue nationale.
Vase peint de Suse, premier style (avant 3000). — Dans la frise, on reconnaît des oiseaux à pattes courtes, mais il est impossible de retrouver les figures primitives d'où découlent les triangles superposés à la suite de lignes ondulées. — Musée du Louvre. Délégation en Perse. (D après Pottier, Céramique)