JEAN CANTACUZÈNE, EMPEREUR ROMAIN DORIENT, PRÉSIDE LE CONCILE DE
Le souverain, assis, est entouré d’évêques, de moines et de hauts dignitaires. .Miniature d un manuscrit illustré vers 1375 pour
Jean Cantacuzène. — Bibliothèque .Nationale.
HISTOIRE c£.nÉR-\LE. I. — 29
FIN DE L'EMPIRE ROMAIN D'ORIENT
En face du péril extérieur, ce n’étaient que révolutions, luttes intestines, dissensions religieuses et sociales. Contre Andronic II se soulevait son petit-fils, le futur Andronic III (1321-1328). Pendant la régence d’Anne de Savoie et la minorité de Jean V,
Jean Cantacuzène se proclamait empereur, et, durant six ans (1341-1347), le monde grec se partageait en deux partis : ce qui était grave, c’est qu’au cours de ces luttes, tous les adversaires appelaient à leur aide les ennemis de l’Empire, payant par des cessions de territoires le concours des Serbes et des Turcs.
Aux divisions politiques s’ajoutaient les luttes religieuses. Depuis qu’Andronic II avait rompu l’union rétablie par Michel VIII avec Rome, l’antagonisme s’étaii accru entre Grecs et Latins, entre partisans et adversaires de l’union. Désormais, à la moindre occasion, se déchaîna l’opposition du nationalisme grec contre l’Occident : elle se manifesta en particulier dans le débat qu’on appelle la querelle des Hésychastes (1341-1351). Vainement, Jean VIII vint en Occident et rétablit, au concile de Florence, l’union avec Rome (1439) : comme Michel VIII, il se heurta à l’intransigeance du clergé et du peuple orthodoxes. En 1453, on déclarait à Constantinople qu’il valait mieux se soumettre aux Turcs qu’accepter la primauté romaine.
Et puis, c’était la détresse financière, le trésor vide, l’empereur réduit à altérer les monnaies ou à engager les joyaux de la couronne. C’était la faiblesse militaire, les mercenaires se révoltant contre l’Empire, comme le fit sous Andronic II la grande Compagnie catalane. C’était l’impuissance sur mer, et, par conséquent, la pleine liberté d’action laissée aux escadres des républiques italiennes. L’Empire, de toutes les manières, s’en allait à l’abandon, malgré les efforts que parfois l’Occident tenta pour le sauver.
Au fond, le monde latin du XV® siècle s’inquiétait peu de Byzance. Vainement, les empereurs vinrent en Occident quêter des secours : Jean V en 1369, Manuel II en 1402, Jean VIII en 1439. Quand Mahomet II se résolut à en finir avec l’Empire grec, Byzance, isolée, n’avait plus qu’à bien mourir.