IV. LES ARTS
L’art du Moyen âge avait été tout d’abord essentiellement religieux. L architecture civile ne prit son essor qu au XIV® et au XV® siècle, lorsque la noblesse et la bourgeoisie opulente voulurent que leurs demeures fussent en harmonie avec une existence de luxe et d éclat.
(I) La hlttrature norvég.enne se confond ec la littérature islandaise jusqu'à la fin du oyen âge. puis avec la littérature danoise iqu aux premières années du XIX'^ siècle. A rtir de cette époque, elle devient indépendante.
ChŒLR de la cathédrale d’Exeter. l’un des types du gothique anglais du Xiv® siècle (1327-1369)
Guarino de Vérone (1370-1460), l'un
des grands humanistes italiens du XV siècle. — Portrait emprunté au manuscrit de sa traduction latine de Strabon, achevée en 1458.
CONSTITUTION DES ETATS EUROPEENS
Sainte-Marie-des-fleurs. a Florence. — Église construite de 1296 à la fin du XIV“ siècle. Combinaison du style germanique et du style français. Le clocher fut construit de 1334 à 1387 par Giotto. Andrea Pisano, etc.
Pour ne parler que de la France, Charles V, son frère le duc de Berry, son fils le duc d’Orléans, les ducs de Bourgogne, le roi René d’Anjou, aimèrent les somptueux édifices et les belles choses qui en sont
I ornement.
E'ARCH ITECTURE. — La perfection atteinte au XIlP siècle par l architecture religieuse ne laissait place qu’à des innovations de détail, et, au siècle suivant, l artiste se préoccupe donc de donner aux édifices une plus grande apparence de légèreté, les églises deviennent plus vastes, le choeur se développe, les chapelles se multiplient entre les contreforts. En dépit du malheur des temps, de nouveaux édifices s’élèvent dans les diverses parties de la France (1), mais c’est surtout en Angleterre que le XIV*-’ siècle est une période de grande activité architecturale. Le style des nouveaux édifices religieux est léger et élégant. Ils se caractérisent par le développement pris, au chevet rectangulaire, par une maîtresse fenêtre qui remplace pour ainsi dire le mur, comme on le voit dans la cathédrale d’Exeter (1285- 1367).
Le style flamboyant a été ainsi appelé de l’effet produit par les courbures et contre-courbures des arcs dans le remplage des fenêtres.
II est en outre remarquable par le développement parfois exagéré des clefs de voûte, et aussi par l’emploi de l’arc en anse de panier qui s observe surtout dans les constructions civiles (2).
Si, comme on l a prétendu, 1 Angleterre a inspiré à nos architectes 1 idée du style flamboyant, elle n’en a pas fait usage pour elle-même. Ce qui caractérise le XV siècle anglais, c’est le style qu’on a dénommé ' perpendiculaire » et dans lequel, en effet, la ligne perpendiculaire
(1) Façade de la cathédrale et égl se Samt-Maclou à Rouen ; Notre-Dame-de- I Épine, près Châlons-siir- .Marne ; portail de Saint-Germain l Aiixerrois ; cathédrales de Metz. Albi. l^odez. Toufouse; flèche de la cathédrale de Strasbourg; choeur et abside de 1 église du Mont-Saint Michel ; cathédrale Saint-Pierre de Munt|)ellier ; façade occidentale de l’église d Alençon. Portails méridionaux des églises de Beauvais et de Senlis (dus à Martin Chambiges, oui a édifié aussi le transejit et les façades latérales de Sens et de Beauvais, les façades latérales de ôenlis. la façade principale de la cathédrale de Troyes).
î2j A cette éporjue apjiartiennent : Caudebec (1425 et suiv.), Saint-Maclou de Rouen (1430 1520). Saint Vulfran d Abbeville (1488 et suiv.), la cathédrale de Moulins (1474 et suiv.l
tend à prévaloir, notamment par la prolongation des meneaux au travers des ornements à jour du tympan jusqu à ce qu ils rencontrent l’intrados de 1 arc de la fenêtre. Non moins étonnante que la hardiesse des flèches est la voûte en éventail (1)
L’Allemagne demeura longtemps attachée au style roman, même quand elle eut adopté le gothique. En quête de légèreté, elle alla jusqu’à la maigreur, elle ne produisit aucune oeuvre originale; la cathédrale de Cologne, commencée au XIII'‘ siècle et terminée seulement de nos jours, emprunte ses divers éléments à des monuments français : la Sainte-Chapelle, les cathédrales d’Amiens et de Beauvais.
L’Espagne, elle aussi, reste en partie sous 1 influence française, qui s’étend d’ailleurs très loin, et par exemple en Bohême, où la cathédrale de Prague est construite par des architectes français, Mathieu d’Arras et Pierre Arler, de Boulogne.
L’architecture religieuse italienne est une copie plus ou moins exacte, plus ou moins déformée, du gothique français ou allemand, que les artistes essaient de combiner avec le style des anciennes basiliques ; même à Milan, lorsque Jean Galéas Visconti prétend élevei une cathédrale unique au monde, l influence germanique fut prédominante et « le dôme », comme l’a dit Emile Bertaux, est une combinaison bizarre et splendide de toutes les formes du gothique, à une époque où chacune avait perdu sa pureté.
Les progrès de l’architecture civile (2) ont, nous l’avons dit, coïncidé avec le goût du faste et aussi avec les conditions nouvelles de l’art militaire (3). Le château change d’aspect ; leshôtelsdu hautclergé (4) et de la riche bourgeoisie (5) n’ont rien à envier aux demeures seigneuriales.
L’architecture civile italienne est beaucoup plus originale que son architecture religieuse : plus encore qu’en France, en Allemagne et
(1) Flèche des cathédrales de Newcastle. Fladdington (Écosse), Louth. Voûtes en éventail de la cathédrale et de 1 école de théologie à Oxford, de la chapelle Saint-George à Windsor, de la chapelle Henry Vil à Westminster.
(2) Rien que sous le règne de Charles V, on peut citer, pour la France : la transformation du Louvre ; I hôtel Saint-Pol ; les châteaux de Beauté-sur-Marne, de Plaisance, de Samt-Germain-en-Laye, de Creil, de Montargis, de Melun; la décoration du Palais.
(3) Voir sur la transformation du château au point de vue militaire, p. 348.
(4) Hôtel des archevêques de Sens, à Paris (XV' siècle).
(5) Hôtel de Jacques Cœur, à Bourges.
Nef du DO.ME de Milan. — Gothique italien du XIV'-XV' siècle (commencé
en 1386). Cl. liRuui.
même dans les Flandres, les édifices municipaux italiens rappellent avec éloquence la puissance et la grandeur des cités.
LA SCULPTURE. — Dès le XIV*^ siècle, la sculpture, en France et dans les pays sujets plus ou moins à son influence, suit une évolution qui la conduit peu à peu au réalisme, et cette tendance se manifeste en particulier par le développement de la sculpture funéraire, la représentation des personnages sur les sépultures, dans la première moitié du XIV“ siècle. Le tombeau fameux de 1 évêque H ugues deChâtillon, à Saint-Bertrand de Comminges, annonce les pleurants qui vont être une des caractéristiques du siècle suivant, en même temps que le a transi » ou figuration du squelette du défunt ( 1 ) et les danses macabres. La dévotion à la Passion, propagée par les ordres mendiants, détermine les maîtres imagiers à faire une place plus grande, dans l’iconographie du Christ, « à l’homme de douleurs », et c’est sous l’influence des mêmes religieux que la Vierge, dont le culte se répand de plus en plus, est traitée par le côté le plus humain, le plus sentimental.
Le goût du réalisme s’affirme dans le portrait(2).
Jean de Liège, Robert Loisel, Thomas Privé, les artistes qui entourèrent le duc de Berry (André Beauneveu, Guy de Dampierre, Jean de Ruppy dit de Cambrai), et surtout la fameuse école de la cour de Bourgogne, donnent à la sculpture française un éclat incomparable. Les statues du portail de la Chartreuse de Champmol par Claus Sluter ; les tombeaux de Philippe le Hardi par Jean de Marville, Claus Sluter et Claus de Werve, et de Jean sans Peur et Marguerite de Bavière par Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier; les statues du Puits des Prophètes, par Claus Sluter; le tombeau de Philippe Pot, sénéchal de Bourgogne; celui de Charles P'’ de Bourbon et d’Agnès de Bourgogne, à Souvigny, par Jacques Morel, sont de magnifiques spécimens de cet art puissant dont on ne sait s’il est originaire des écoles de l’Ile-de-France ou si les Flamands ont influencé l’art français.
Peut-être convient-il d’admettre qu’il y eut alors dans l’Occident une même tendance, car ce n est pas seulement en France et en Bourgogne, c’est aussi en Allemagne, avec Pierre Vischer (1455- 1529), c’est aussi en Angleterre que se fait sentir le courant réaliste. Mais chacun de ces pays obéit, en somme, à son tempérament propre, et si Michel Colombe, né vers 1430 et mort plus qu’octogénaire.
(1) Tombeau du cardinal Lagrange (mort en 1402) à Saint-Martial d’Avignon.
(2) Charles V, autrefois au portail des Célestins (aujourd'hui au Louvre) ; Du Guesclin et Louis de Sancerre, à Saint-Denis.
L’hôtel du Petit NeSLE et le séjour de NeSLE -- Miniature des Grandes Chroniques attribuée à Jean Fouquet. — Bibliothèque Nationale. Ms. franç. 6465.
le chef de notre école de la Loire, doit sa formation technique aux ateliers flamands, son œuvre est, par l’inspiration, purement française.
LA PEINTURE. — Pour l’art comme pour les lettres, la Renaissance italienne commence dès la fin du XIlP siècle et, de même que pour les lettres, nous renvoyons à notre tableau général de la Renaissance en Europe.
En France, au XIV*-' siècle, c’est toujours l’école parisienne qui est la grande école des miniaturistes. Jean Pucelle dirige tout un atelier et les artistes de la capitale s’organisent en compagnie, se donnent des statuts (1391). Ils nous sont surtout connus par leurs miniatures, car il ne nous reste que fort peu de chose de leurs fresques ou de leurs tableaux de chevalet ; portrait de Jean le Bon et parement de Narbonne, respectivement attribués à Girard et à Jean d’Orléans. Au temps de Charles VI, les éléments septentrionaux (1), l’influence des modèles italiens, une certaine curiosité à l’endroit de la civilisation orientale s’amalgament avec les vieilles traditions de pureté de style, de clarté de pensée et d’élégance de dessin qui dominaient depuis longtemps dans l’Ilede-France et produisent, selon la remarque du comte P. Durrieu, « une espèce de style international ».
En même temps que cette école franco-flamande, prospère dans le Midi une école non moins active, où dominent Enguerrand Charonton et Nicolas Froment, et sous l’action du roi René, puis des princes de Bourbon, se formera un peu plus tard l’école de Moulins. Enfin, au cours du XV-’ siècle, l’école delà Loire, vraiment française, sera illustrée par Jean Fouquet (1415-1484), le grand maître de ce temps par l’art de la composition, la vérité des figures, l’aisance et la variété des poses, la vie des paysages (2).
On a revendiqué pour l’Espagne telle œuvre du XV° siècle retrouvée dans le midi de la France, comme la Pietà de l’hospice de Villeneuve-les-Avignon, qui a été attribuée au Catalan Barthélemy Bermejo. En tout cas, si à cette époque la Catalogne a été influencée par le.s maîtres siennois, l’art franco-flamand continue d’avoir des disciples dans toutes les provinces espagnoles.
Les Pays-Bas, dont l’influence a été si forte et qui ont si profondément aidé à la transformation de 1 art français, deviennent un admirable foyer d’art avec les frères Hubert van Eyck (mort en 1426) et Jean van Eyck (mort en 1440), les auteurs du retable fameux de V Agneau ; Roger van der Weyden ou de la Pasture, le maître de Flémalle, Thierry Bouts et Hans Memling (mort en 1494).
Tous les caractères de l’art flamand : réalisme, profondeur, énergie, se trouvent dans les figures de van Eyck, sans parler du dessin admirablement serré et concis. Le peintre de la Châsse de sainte Ursule à Bruges, Hans Memling, a peut-être un génie moins large, mais il a plus de sensibilité, plus de tendresse, sans manquer de puissance, et ses vierges ont une grâce faite de distinction et de recueillement.
En Allemagne, l’anarchie politique a pour conséquence la multiplication et l’indépendance des écoles. Celle de Cologne, mystique et naïve, fut illustrée par Wilhelm de Herle (fin du XIV^-’ siècle) et par Stephan Lochner (première moitié du XV“ siècle) avant de se soumettre à l’école des Flamands. Les peintres de Bohême sont d un sentiment moins idéaliste, étant protégés, mais dominés, par la puissance impériale, et les artistes de Nuremberg forment le lien entre ces deux tendances s’inspirant, en les combinant, de 1 influence de Prague et de celle de Cologne.
Si l’art gothique a été défavorable à la fresque en restreignant l’étendue des surfaces murales, il a par contre merveilleusement aidé au développement de la peinture sur verre, les vastes baies offrant d’amples espaces à remplir. Le vitrail s’étend de l’église aux bâtiments civils, publics, privés.
Au XIV'^ siècle, le montage sur barres de fer horizontales et verticales, l’usage réduit du plomb, l’agrandissement des plaques de verre font perdre au vitrail son caractère de mosaïque ; la couleur s atténue,
(1) jean de Beaumelz, Melchior Broederlam, jean Malouei. André Beauneveu, jacquemart de Ffesdin (Grandes heures du duc de Berry). Pol de LImbourg et ses frères (Très riches heures du duc de Berry), jean Colombe (de Bourges) en sont les principaux représentants.
(2) Illustration des Antiquités judaïques et des Heures 1 Étienne Chevalier; portraits de Charles Vil et de Guillaume jouvenel des Ursins (Louvre).
Un pleurant. — Statuette du tombeau de jean sans Peur, exécuté par jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier. Ci.. Neuiuiei.n.
CONSTITUTION DES ETATS EUROPEENS
devient moins chaude ; le blanc s’étale davantage ; la grisaille se multiplie (I). Au XV^’ siècle, les verriers parisiens créent un nouveau type de vitrail, où chaque division de la fenêtre est occupée par une grande figure de saint avec un dais d’architecture au-dessus du chef et un socle sous les pieds (2), et bientôt le vitrail devient un tableau (3). L art des verriers produisit en Angleterre de nombreux chefs-d œuvre.
LES ARTS APPLIQUES. — La tapisserie, qui a l’avantage de pouvoir se déplacer, devient à la mode pour la décoration des appartements. De là, 1 essor pris parce métier, dans lequel la France excelle ; les haute-liciers d’Arras atteignent une telle renommée qu après la bataille de Nicopolis (1396), le sultan Bajazet exprime le désir de recevoir « draps de hautes lices ouvrés à Arras » et que les Italiens tirentd’Arras le nomde la tapisserie (arazzi). Dès le début du XIV*^ siècle, les maîtres parisiens ne sont guère moins habiles ni renommés : Nicolas Bataille commence en 1380, pour le duc d’Anjou, cette fameuse tapisserie de la cathédrale d’Angers, faite d’après les miniatures d’une Apocalvpse de Charles V sur les cartons de Jean de Bruges et qui ne sera achevée qu en 1491.
Tournai, Valenciennes, Lille, Douai ont, dès le XIV*-' siècle, leurs ateliers, et c est à la même époque que l’on fait remonter quelques tentures allemandes, comme celle des Douze Apôtres, à Saint-Laurent de Nuremberg, ou encore les pièces de 1 hôtel de ville de Ratisbonne représentant des jeux d’hommes sauvages.
La misère, aux sombres jours de Charles VI, amène la décadence des ateliers parisiens, tandis que ceux d’Arras et de Tournai se développent, qu’il en naît d’autres à Bruxelles, à Lyon, à Troyes, à Avignon, et sous l’influence d’ouvriers français ou flamands, à Mantoue, à Venise, à Ferrare, à Rome.
Les tapisseries au XV*^ siècle abordent tous les sujets : histoire, hagiographie, scènes -bibliques, scènes romanesques, scènes de chasse, scènes familières (4).
La broderie sert, comme la tapisserie, à la décoration du mobilier, et elle puise ses sujets aux mêmes sources ; elle sert aussi à l’ornement du costume, et il n’est pas tenu compte des dispositions prohibitives qui, telles que l’ordonnance française de 1 294, prétendent en réserver l’usage aux princes du sang. On brode sur toutes sortes de tissus, et des centres de fabrication se forment à Caen (pour les bourses), Florence, Lucques,
Palerme, Cologne (opus coloniense). C’est à Venise que se fait, à la fin du XV'-' siècle, le passage de la broderie à la dentelle.
Les inventaires princiers révèlent, en matière d orfèvrerie, une somptuosité surprenante. Il est vrai que les grands n’étaient pas seulement poussés parle goût du faste; ils se constituaient aussi des ressources précieuses qui pouvaient, dans les périodes de troubles, être mises en gage ou aliénées. Les orfèvres s’efforcent de rivaliser avec la sculpture (5) et, au XV^' siècle, ils tendent au réalisme. Ici, la France l’emporte tout d’abord sur le pays voisin, puis, en Italie, des artistes comme Michelozzo, Pollajuolo, Verrocchio,
1 : V.traux de Saint-Séverin de Paris, de Saint-Ouen de Rouen, d’Exeter. d’Haulenve, de K.ônigsfelden (Suisse), de Cologne, de Karstein (Bohême), etc.
i2 Vitraux de la cathédrale de Bourges.
(3j Vitraux de la cathédrale de Moulins.
(4 Panneaux de Clovis, à la cathédrale de Reims ; Prise de Jérusalem, à Notre- Dame de Nantilly ; César passant le f^ubicon, au musée de Berne ; vies de saints Histoire des saints Cervais et Protais, À Soissons ; Vie de saint Pierre, au musée de Cluny ; Légende de saint Piat, cathédrale deTournay; Histoire de sainte Odile. petit séminaire de Strasbourg); scènes bibliques et sujets religieux {Estber, au musée de Nancy ; h.cce Homo, collection de Monistrol ; Vierge à l'enjant, collection .Martin Le Roy ; Annonciation, dôme de Halbersiadt) ; légendes et romans Cuerre de 7 roic. au musée de Kensington ; Roman de ta Rose, de la collecticn Bardac ; scènes familières {Promenade à la campagne, musée des Arts décoratifs : scènes de chasse, de la collection du duc de Devonshire ; Prise de voile, musée Victoria et Albert ; Amoureux jouant aux cartes, musée de Bâle; Dominicaines au travail, cathédrale de Bamberg). Tapisseries de La Chaise-Dieu, fabriquées à /\rras .,ur les cartons du Florentin Taddeo Caddi ; a arazzi n exécutés pour le Vatican sur les cartons de Raphaël ; la Dame à la licorne 'musée de Cluny), fabriquée sans doute aux ateliers d’Aubusson.
’) Piergc donnée par Jeanne d'Êvreux à Saint-Denis ; Louvre).
(donnent à l’orfèvrerie une perfection qui la rappr<x:he du grand art. L’émaillerie champlevée fait insensiblement place à 1 émaillerie translucide, et l’on a, au XV^ siècle, des émaux peints, dont ceux de Jean Fouquet.
LA MUSIQUE. — A mesure que la musique devient quelque peu l apanage des musiciens de profession, elle tend à devenir plus savante ; le contrepoint se développe, la fugue fait son apparition.
Les bases de la technique sont posées par l école franco-flamande des contrapontistes, qui élèvent la musique au rang d’un art indépendant. Elle a ses théoriciens : Philippe de Vitry et Jean de Mûris ; elle a ses compositeurs : Guillaume de Machaut, Guillaume Dufay, Gilles Binchois, Brassart, Vincent Fauques, Jean Ockhegem. Ils annoncent les Josquin des Prés et les Roland de Lassus.
Les compositions profanes sont plus nombreuses. Un genre polyphonique, le madrigal, qui remonte au XIII® siècle, est très heureusement cultivé par Jacques de Bologne et François Landino.