‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 330 sur 344 · CO C <U O · texte numérisé non relu

CO C <U O

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le Chen-si, restaurèrent l’unité de l'Empire, mais pour peu de temps et peu solidement. Ils furent affaiblis par des révoltes, et, chassés de la Chine du Nord par les Tartares (317), établirent leur capitale au sud du Yang-tseu-kiang, à Nankin, où ils régnèrent jusqu’en 420.

Nous arrivons à la période connue sous le nom de « dynasties du Nord et du Sud » (Nan Pei Tch’ao). Les Song f420-479), qui ont remplacé les Tsin, régnent à Nankin, cependant que le nord de la Chine est divisé en États éphémères.

Le huitième et dernier empereur de la dynastie Song, Chouen Ti, après avoir abdiqué, fut tué en 479 et remplacé par Siao Taotch eng. Celui-ci créa la IX® dynastie, celle des Ts’i, qui régna à Nankin jusqu’à 502.

Les Fs i furent renversés par Siao Yen, premier souverain de la dynastie des Leang. Sous le règne de Hiao King, l’impératrice Hou, fervente bouddhiste, envoya dans le Si Yu des bonzes, dont Song Yun, pour chercher les livres de la Loi (518).

Depuis 386, et jusqu’en 550, régnèrent sur la Chine du Nord, sous le nom de Wei, des étrangers de race tartare, les Tobas. Les Wei adoptèrent définitivement le bouddhisme en 452, et c’est sous cette dynastie que la statuaire bouddhique prit un merveilleux développement. En 589, les Souei (589-618) reconstituèrent l’unité de la Chine et établirent leur cour à Tch’ang-ngan. C’est à cette dynastie que 1 on fait remonter l’invention des planches xylographiques pour l’impression des livres.

LES T’ANG (618-907). — L’empereur T’ai-Tsong. Les Turcs. Le Tibet et le bouddhisme. Les Ouigours. Les Wou Tai. — L’Empire retrouve toute sa grandeur sous la dynastie des T’ang, qui fut, avec celle des Han, la plus illustre de toutes. L’un de ses fondateurs, T’ai-Tsong, eut à se mesurer avec les Turcs occidentaux. Descendants des anciens Hiong-nou, les Toukiue (Turcs) commencèrent, au VI® siècle, à jouer un rôle prépondérant dans l’Asie centrale. D’abord sujets des Jouan-jouan (Avars) , les Turcs, après les avoir défaits (546) , se rendirent indépendants, sous T’ou-men; ils se divisèrent en deux branches : les Turcs orientaux et les Turcs occidentaux, qui constituèrent des peuples distincts. Les Turcs occidentaux, alliés au roi persan Khosroès Naochirwan, de la dynastie sâsânide, vainquirent les Ephtalites ou Huns blancs, en sorte que l’Oxus devint la frontière turco-persane. Mais les Turcs, profitant de la faiblesse des Sâsânides, s’emparèrent de la Bactriane, partie des possessions des Ephtalites qui avait été dévolue aux Persans, de sorte que l’accord entre Turcs et Persans fut de peu de durée.

Les principaux intermédiaires du commerce de la soie étaient les Sodgiens, dont la langue était parlée jusqu’aux frontières de Chine. Ils avaient cherché, sans succès, à développer leur commerce avec la Perse; le jour où ils passèrent de la suzeraineté des Ephtalites sous celle des Turcs, d’accord avec ces derniers, ils se tournèrent vers l’Empire d’Orient et envoyèrent à Constantinople une ambassade à Justin II. Mais les agissements des Turcs provoquèrent entre les Romains et les Sâsânides un conflit dont le résultat fut de

mettre les deux belligérants dans l’impossibilité de s’opposer aux succès des Arabes, qui, à la suite de leur victoire de Yarmouk (636), s’emparèrent de la Syrie, puis attaquèrent les Persans qu’ils défirent à Nevahend. La puissance turque déclina dès ce moment ; l’empereur T’ai-Tsong vainquit les Turcs orientaux, s’allia aux Ouigours et écrasa les Turcs occidentaux. Cette victoire fut suivie d’expéditions heureuses dans l’Asie centrale, contre les Tongouses du

Koukou-nor et contre les Tibétains.

Le royaume de T’ou-fan (Tibet) s’était formé à la fin du vr siècle. Son premier roi eut pour successeur son fils,

Srong-bstan Sgam-po qui, sous l’influence de ses deux femmes,

Bribtsun, fille du souverain de Nepâl, et la princesse Wen- Tch’eng, fille de T’ai-Tsong , favorisa le développement du bouddhisme. Devenue régente après la mort de son époux, cette princesse chinoise favorisa les communications directes entre l’Inde et la Chine, et surtout les voyages des pèlerins bouddhiques. De nombreux pèlerins chinois allèrent aux Indes pour y chercher les livres de leur Loi : le plus célèbre est Hiuan Tsang (629-645), dont les voyages jettent le plus grand jour sur la géographie du nord de l’Inde.

C’est aussi sous la dynastie des T’ang que l’islamisme commença de se répandre en Chine; il devait y faire peu à peu de nombreux adeptes dans l’ouest et dans le sud, et ce fut un événement dont les conséquences sociales n’ont pas besoin d’être soulignées. Auparavant, les nestoriens, dispersés après la condamnation de leur chef au concile d’Éphèse (431), avaient été, vraisemblablement, les premiers apôtres du christianisme dans l’Empire, qui comptait aussi des colonies juives.

Les relations commerciales se développèrent rapidement par mer entre la Chine et l’Asie occidentale. Les navires chinois allaient jusqu’à la côte de Malabar et poussaient même jusqu’au golfe Persique, à Siraf; leur principale escale sur la côte de Malabar était Quilon (Coulam) ; les navires arabes, de jour en jour plus nombreux, suivaient une route à peu près semblable ; ils longeaient la côte du golfe Persique, transportaient les marchandises de Bassora et de Bagdad, s’arrêtaient en Chine, soit à Canton, qu’ils appelaient Sinkilan, soit à Zaitoun, dans le Fou-kien, et surtout à Hangtcheou-fou, dans le Tche-kiang. Grâce aux marchands arabes et persans, les Musulmans vinrent en Chine; mais l’islamisme, pratiqué dans le Turkestan dès l’époque des Souei et des T’ang, ne s’y propagea que lentement. C’est seulement sous la dynastie mongole qu’il s’empara du Djagatai au détriment du bouddhisme.

Au milieu du VIII® siècle, les Karlouk, alliés des Tibétains, semblent avoir hérité, dans l’Asie centrale, de la puissance des Turcs. Toutefois, la chute de ces derniers avait permis au Fils du Ciel d’étendre son Empire au delà de l’Oxus, jusqu’à l’Indus; mais les conquêtes des Arabes, et surtout l’occupation de Kachgar par leurs alliés, les Tibétains, barrèrent aux Chinois la route de l’Asie centrale, protégée par des garnisons qui ne furent réduites qu’en 692. Pour séparer les Arabes des Tibétains et pour arrêter la marche de ces derniers, en 747, les Chinois envoyèrent le général Kao Sientche au delà des Pamirs, au Gilgit, par les passes de Baroghil et de Darkot. Alliés des Arabes, qu’ils appuyaient dans la vallée du laxartes, les Tibétains étaient aidés par eux en Kachgarie, et ils dominèrent au Kan-sou, au Sseu-tch’ouan, au Yun-nan, pénétrant même dans la capitale des T’ang, Fch’ang-ngan ; mais, lorsque les Ouigours se furent emparés de la région entre Pai-t’ing et Aksou, c’en fut fait de la prépondérance tibétaine.

Les Ouigours étaient d’origine turque. A leur histoire se rattache l’expansion dans l’Asie centrale et orientale du manichéisme, dont le premier pèlerin arriva de l’Empire d’Orient en Chine en 694. En 792, les Ouigours ayant pris la capitale chinoise, Lo-yang, y furent en contact avec les manichéens, qu’ils emmenèrent dans leur pays; mais, vers 840, après la capture de leur capitale sur rOrkhon, ils furent dispersés par les Kirghises, et avec lè déclin de leur influence périclita le manichéisme, dont on retrouve des monuments dans les oasis de l’Asie centrale.

Lao-TSEU, philosophe chinois du VI® s.ècle av. J.-C. fondateur du taoïsme (voir page 374).

venus de Mandchourie, sous leur chef Ye-hu Apaoki, qui fonda à Yen-lcing (Pékin) une dynastie appelée ultérieurement Leao (907- I 125) ; à leur tour, les Leao furent chassés de Yen-king par une autre tribu tongouse, les Niu-tchen, qui créèrent, avec Agouda (Okotai) , la nouvelle dynastie des Kin (I 125-1 134).

Fuyant vers l’ouest, les Leao s’emparèrent de la Kachgarie, dont ils dépossédèrent les Karakhanides, et y établirent la dynastie des Kara K’itai. Celle-ci dura jusqu’à sa conquête par la tribu des Turcs Naiman, qui furent eux-mêmes subjugués par les Mongols.

D^LLE en marbre noir sculpté. — Dynastie des Han (113 après J.-C.,.

En 643, T’ai-Tsong fut moins heureux dans une expédition contre la Corée, alors divisée en trois royaumes : Paktchei, Silla et Kokourye (d’où le nom de Corée) ; mais, en 677, les États de Paktchei et de Kokourye disparurent. D’autre part, le dernier roi sâsânide de Perse, Yezdegerd III, résidant à Persépohs, pressé par les Arabes, maîtres de la Syrie, réclama l’aide de T’ai-Tsong, qui la lui refusa. Les troupes perses ayant été battues à Nevahend (642) par les armées d’Omar, le roi se réfugia à Merv, où il fut tué.

L’empereur Kao-Tsong (650-683) avait épousé une concubine de son père T’ai-Tsong, dont il fit une impératrice et à laquelle il remit le gouvernement de l’État. Cette femme, connue sous le nom de Wou Heou, est célèbre par ses cruautés et les scandales de sa conduite privée. Au dire du P. de Mailla, « c’était une princesse dont l’esprit et la beauté faillirent perdre la famille des T’ang. Il y a eu peu d’impératrices qui aient eu de plus grandes et de plus mauvaises qualités, et, comme celles-ci l’emportaient sur les bonnes, sa mémoire a été et sera toujours en exécration dans l’Empire».

Elle mourut à quatre-vingts ans.

.^près elle, sauf pendant le règne de Ming Houang (712-756), la décadence fut précipitée par l’incapacité des souverains, l’ambition égoïste des grands, l’indiscipline dans l’armée.

Mais, en dépit de sa fin lamentable, la dynastie des T’ang laissa de profonds souvenirs dans l’esprit des Chinois. Importante au point de vue politique et religieux, elle fut aussi une grande époque littéraire, l’âge d’or de la poésie chinoise.

Et voici, une fois de plus, jusqu’à 960, une période d’anarchie (I).

Le pouvoir imiiérial n’était pas seulement ébranlé par des roitelets, tels que ceux de Wou, Yue, Tchou, etc., il avait encore à redouter, au nord, le voisinage des Tartares orientaux {K'ilan) , d’origine tongouse. Ils étaient

LES SONG (960-1 279) . — Cependant les Song (960-1 2 79) , malgré la présence du royaume tartare du nord, avaient centralisé le pouvoir à K’ai-fong-fou ; mais, obligés de se retirer devant les Km, ils se réfugièrent au sud du Yang-tseu-kiang, et la Chine se trouva divisée en deux États : les Tartares Kin, au nord; et, au sud, les Song, avec leur capitale dans le Tche-kiang, à Hang-tcheou, nommé alors Lin-ngan.

Cet état de choses fut bouleversé par l’invasion des Mongols, cantonnés au nord-ouest de la Grande Muraille : les Km, qui occupaient la Mandchourie (y compris la province moderne de Kirin) , retournèrent vers le Soungari, et les Song furent également dépossédés.

L’étude de la civilisation chinoise au temps des Song présente un très grand Intérêt philosophique, littéraire, artistique et même social. A la fin du XI® siècle, un ministre, Wang Ngan-che, poursuivit un curieux essai de communisme, nonobstant l’opposition des lettrés et des soldats : il fit emmagasiner les récoltes dans les greniers publics, réglementa la consommation et taxa les prix des denrées.

L’INVASION MONGOLE. — Djengiz-Khan. — Pendant que s’épanouissait cette brillante civilisation, les Mongols se préparaient à conquérir l’Asie, de la mer de Chine à la Caspienne, et même à déborder sur l’Europe.

Le chef Yissougai, guerrier renommé, dominait, à la fin du XII® siècle, dans la région située au sud-est du Baïkal. Il avait pour voisins les Merkites, les Kéraïtes, les Naimans. Ceux-ci étaient proches de l’Empire des Kara K’itai, qui occupait les deux versants des T’ien-chan et s’étendait, au sud, jusqu’au Tibet. Plus à l’ouest, du nord de la mer d’Aral à la mer d’Oman, de la Géorgie et de la Caspienne jusqu’aux frontières des Kara K’itai, du Tibet et des Indes, était situé l’immense Empire du Khârezm ; au sud des tribus mongoles de l’Asie orientale se trouvaient les Tangouts, qui les

séparaient du Tibet, et leurs suzerains, les Kin, possesseurs de la Chine septentrionale (Tartarie, Leao-tong, Chantong, Tche-li, Ho-nan, Chan-si, partie du Chen-si) , tandis que les Song étaient refoulés vers le midi et régnaient à Linngan (Hang-tcheou) . Lorsque Yissougai mourut, il laissait un fils de treize ans, Temoudjin, qui, chef de quelques hordes éparses, allait, sous le nom de Djengiz-Khan, s’illustrer par ses victoires et ses cruautés ( 1 ) .

Ses premiers actes alarmèrent les tribus mongoles restées indépendantes; elles formèrent, sur les bords de la Toula, une ligue contre Temoudjin, et élirent comme grand khan (Cour-Khan) Tchamouca, chef de la tribu des Kiyates Bourkines (1201); mais Temoudjin, prévenu, mit leur chef en fuite, et il vint également à bout des Kéraïtes (1203), des Naimans (1204), des Merkites ( 1 205) . Maître enfin de presque toutes les tribus tartares, Temoudjin, âgé de quarante-quatre ans, les convoqua au printemps de 1206, près des sources de 1 Onon, en kourillai ou assemblée générale, et prit le titre de T chinggiz-Khan (puissant khan). II pénétra une seconde et une troisième fois dans le Tangout (Kan-sou) et il soumit sans résistance les Kirghises (1207), les Kem-Kemdjoutes et les

(I) Cette période est connue dans l’histoire de la Chine sous le nom de H'ou Ta! (les Cinq Dynasties »l. Ces cinq dynasties, qui n’exercèrent l’auloritc que sur une partie de la Ch me, sont, par ordre de succession ; les f (eou l.rang 1907-923), à K’ai-fong, puis à l.o-vang (Ilo-nan); les Heou T’ang (923- 9371, è \V ei-tcheou (Tche-li), puis à Loyang; l'-s Heou I sin (937-966), à Lo-yang, puis a K’ai-fong; les Heou Han (947-9511, a K’ai-fong; les Heou Tcheou (951-960), a K ai-fong. I .e dernier em|>ereur des Heou flan, un enfant, abdiqua en faveur de Tchao K’ouang-yin, qui inaugura la dynastie des - >ng i.-.uf 11 nom de T’ii-T^ou i960).

ScENES DE BATAILLE. — Estamnage d une pierre gravée (époque des Han)

(1) Djengiz-Khan, que les historiens étrangers nomment Gengis Khan, ne reçut qu’en 1206 le titre de Tchinggiz-Khan (le puissant khan t.

Ouirates. Enfin, les Ouigours avaient reconnu son joug en 1 206, de préférence à celui des FCara K itai. C est alors que, se trouvant à la tête d une forte armée, il attaqua le puissant Empire du nord de la Chine, dont il était vassal, celui des Tartares Kin ou Niutchen, fondé aux dépens des Leao. Djengiz, ayant reçu les services de différents chefs ouigours, envahit le Chan-si et leTche-li (1210) ; d autre part, les K. itan et les princes Leao, du Leao-tong (Mandchourie) , firent leur soumission : 1 empereur Km, victime d’une révolution dans sa capitale, fut assassiné par ordre de son général en chef et remplacé par son neveu (Siuan-Tsong, 1213). Cependant, une lutte éclatait entre le Tangout et la Chine. Djengiz, qui avait, lors de sa dernière campagne, engagé de nombreux officiers chinois, envahit une seconde fois la Chine, dévasta le Chan-si, le Tche-li et le Chan-tong (1213). La paix fut signée après l’investissement de la capitale Km, et 1 on accorda à Djengiz une fille du défunt souverain, 500 jeunes garçons, autant de jeunes filles, 3 000 chevaux, de la soie, une forte somme d’argent (1214).

L’empereur chinois transféra sa capitale de Yen-king, dans le Tche-h, à Pien-kmg ou Pien-liang (K’ ai-fong) , dans le Ho-nan. A la suite de cette retraite, les Mongols commencèrent une troisième campagne, s’emparèrent de Yen-king (1215), dont le palais fut incendié, puis marchèrent contre Pien-king. Djengiz, rentré en Mongolie ( 1 2 1 6) , se retourna contre les Merkites, les détruisit, réprima une révolte dans le Leao-tong et envahit le Tangout pour la quatrième fois. Le Kara K’itai avait été conquis, ou plutôt usurpé (121 I), par Goutchlouc Khan, fils du roi des Naimans, allié du sultan du Khârezm : à son tour, il fut battu par les Mongols, qui s’emparèrent de son Empire.

Djengiz dirige dès lors ses forces contre le grand Empire du Khârezm (1219); Boukhara, Samarkand (1220) tombent entre ses mains et sont mis au pillage. Mohammed, chah du Khârezm, obligé de battre en retraite, meurt dans l’île d’Abeskoun, dans la Caspienne (1220) ; le Khârezm est conquis, ainsi que le Khoraçan, qui est dévasté par Touli, fils de Djengiz. Pendant que le Badakchan se soumet, le sultan Djelal-eddin, fils de Mohammed, gagne une victoire à Perwan, mais les rivalités de ses chefs et la défection d’une partie de ses troupes l’obligent à la retraite vers le Sind, où Djengiz l’atteint, le bat et le force à fuir au Pendjab (1221). Hérat, Merv, Nichabour, Balkh sont saccagés, et le conquérant

rentre en Mongolie.

Ses généraux continuent, après la mort du sultan Mohammed, leur campagne vers l’ouest; ils envahissent l’Azerbaïdjan (1220), la Géorgie et le Chirvan, battent les Lezghiens, les Circassiens, les Kiptchaks, puis les Russes, commandés par les princes de Kiev, de Smolensk et de Tchernigov (1223), pillent la vallée du Dnieper, les bords de la mer d’Azov, pénètrent dans la Chersonèse taurique Monnaies du temps de la dynastie des Han.

écrasent les Bulgares (1223), et, chargés de butin, reprennent une fois encore la route de Mongolie.

Le fils aîné de Djengiz, Djoutchi, venait de mourir sans avoir fait la conquête des pays au nord de la Caspienne et de la mer Noire. Djengiz envahit de nouveau le Tangout et reçoit la soumission de la Corée. L’un de ses généraux, Mouhouli, recommence la lutte dans la Chine septentrionale; au même moment, l’Empire du Mil leu est déchiré par la lutte entre les Km et les Song. Une nouvelle invasion du Tangout par Djengiz amène la destruction et la conquête de ce royaume, qui avait duré près de deux cents ans (1227). Enfin, Djengiz meurt sur la montagne Lieou-p’an, le 18 août 1227, au moment où, infatigable, il se préparait à consommer la ruine des Km. Son immense puissance s’étendait, à l’ouest, au delà de la mer Caspienne et de la mer Noire, jusqu’à la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Russie; à l’est, jusqu’à la mer, y compris la Corée ; au sud, ses territoires étaient bornés par les

débris de l’Empire des Km, le Tibet, l’Empire de Delhi et ce qui restait de l’Empire khârezmien.

Ces vastes domaines furent divisés entre ses quatre fils ; l’aîné, Djoutchi, étant mort, fut remplacé, dans la répartition, par son fils Batou, qui occupa les pays à l’ouest de la mer Caspienne; le second, Djagatai, eut l’Asie centrale, c’est-à-dire tout le pays qui s’étend depuis le Lob-nor jusqu’au Khoraçan; Ogotai eut le domaine essentiellement mongol, avec Karakoroum comme capitale; enfin, Touli obtint les territoires d’Extrême Orient conquis et à conquérir. Les quatre premiers grands khans — Djengiz (1206) et ses successeurs Ogotai, Kouyouk et Mangkou — sont considérés comme les ancêtres de la dynastie chinoise des Yuan, qui eut pour véritable fondateur le cinquième grand khan, K’oublai, fils de Touli, petit-fils de Djengiz et frère de Mangkou. K’oublai eut, comme nom dynastique, Che-Tsou.

Ogotai, troisième fils de Djengiz, fut choisi comme grand khan (1229), de préférence à son aîné Djagatai. Il continua l’œuvre de son père et mourut en 1241 ; sa veuve, Tourakma, se fit proclamer régente au nom de son fils Kouyouk, qui mourut prématurément en 1 248.

Des intrigues assurèrent le pouvoir à Mangkou, fils de Touli.

Son frère, K’oublai, fit la con-

rÈLE EN PORPHYRE ROSE. — Dynastie

des Wei du Nord (386-530).

Cortège d'un gouverneur. — Époque des Wei (324 “P- J-'C)page d'un côté d’un piédestal portant une image du Bouddha.

L’INDE ET LEXTRÊiME ORIENT

quête du Yun-nan, tandis qu’un autre de ses frères, Houlagou, anéantissait la puissance du Vieux de la Montagne (125 7) et s’emparait de Bagdad, capitale des Abbassides (1258).

Mangkou trouva Karakoroum trop éloigné du centre de ses États ; il transféra sa capitale à K’ai-ping (depuis Chang-tou) , au nord de Pékin, lorsqu’il entreprit ses campagnes contre la Chine.

Il fut tué en 1 259 au siège de Hotcheou, dans le Sseutch’ouan, et il eut pour successeur son frère, K’oublai, l’homme le plus remarquable de la dynastie mongole, le premier empereur effectif de la dynastie chinoise des Yuan.

LES YUAN (1280-1368). — L’EMPEREUR K’OUBLAI. — C’est

K’oublai qui, en écrasant les Kin dans le nord et en détruisant les Song réfugiés au Tche-kiang, reconstitua l’unité de l’Empire. Il y arriva après vingt années de luttes, en 1280. Il chercha à étendre ses possessions à l’extérieur, et sa suzeraineté fut reconnue par l’Annam après de longues luttes, par le Siam, par la Birmanie; mais il échoua dans ses expéditions contre Java et contre le Japon.

Il emprunta à la Chine ses méthodes bureaucratiques compliquées, mais il sut les appliquer pour le bien du pays. Il s’entoura de collaborateurs remarquables, sans distinction de nationalité et de religion, et il eut une politique financière, une politique monétaire (il développa la circulation fiduciaire) , une politique économique, une politique religieuse. La puissance des Mongols protégea la civilisation; leur tolérance et leur esprit d’entreprise attirèrent de nombreux étrangers dans l’Asie orientale.

Le grand mouvement inauguré par le concile de Lyon avait eu pour résultat l’envoi de nombreux légats en Tartarie, dont le premier fut Jean du Plan Carpm (1245-1247); puis vint l’ambassade composée d’Ascelin, d’Albéric, d’Alexandre et de Simon de Saint- Quentin, envoyés par Innocent IV vers Batou. Le point culminant de ce mouvement fut la fondation de l’archevêché de Pékin par Jean de Monte-Corvino (1307) et de l’évêché de Zaitoun, au Fou-kien. D’autre part, l’Europe entretenait des relations satisfaisantes avec les khans mongols. Saint Louis envoya le cordeher Guillaume de Rubrouck en ambassade chez les Tartares (1253- 1255), et le moine chinois Rabban Çauma vinta, au nom du khan, le pape, le roi de France Philippe le Bel, le roi d’Angleterre Édouard I' (1287-1 292) ; il fut question d’une alhance entre les .vlongols et les chrétiens contre les Musulmans de Syrie. Les marchands génois et vénitien, visitaient d’ailleurs L Chine; on a conservé les noms de Lucalongo, compagnon de .Monte-Corvino, des trois célèbres X'énitiens Polo, dont le |)lus

jeune. Marco, né en 1254, fils et neveu des deux autres, résida pendant dix-sept ans à la cour du grand khan, et nous a laissé la description la plus importante de l’Asie au Moyen âge. Ces marchands allaient surtout chercher en Chine la soie et les soieries; ils en rapportaient également les brocarts d’or, le musc, la rhubarbe.

La faiblesse des derniers khans permit à une famille purement chinoise de les chasser jusqu’en Tartarie. Le chef de cette famille, montant sur le trône sous le nom de Hong-wou (1368), fonda la dynastie des Ming, qui devait durer jusqu’à 1 644 et qui transféra la capitale de Nankin à Pékin; il se manifesta alors un mouvem.ent de renaissance nationale.

Enfin, une révolution va se produire dans le commerce de l’Asie par suite des découvertes des Portugais. Le voyage de Vasco de Gama avait indiqué aux Européens la route des Indes (1497) : la prise de Malacca (151 1) par Albuquerque leur ouvrit les portes de l’Extrême Orient, et les Portugais débarquèrent en Chine dès l’année 1514.

RELIGIONS ET PHILOSOPHIE. — On désigne sous le nom de San Kiao les trois religions principales de la Chine : le Jou Kiao ou confucianisme, le T ao Kiao ou taoïsme, le Fo Kiao ou bouddhisme.

Confucius, né dans un village du Chan-tong (551-479 av. J.-C.) , qui dépendait alors du royaume de Lou, fut un administrateur en même temps qu’un moraliste. De sa doctrine est dérivé le Jou Kiao, la religion des lettrés, qui reçut sa forme orthodoxe, sous les Song, du célèbre philosophe Tchou Hi; Mencius (372-289 av. J.-C.) est le plus illustre de ses disciples. Le confucianisme, auquel la Chine doit sa tradition et son unité, est moins une philosophie qu’une morale ; une morale reposant sur les vertus naturelles, codifiant pour ainsi dire les sentiments, par exemple la piété filiale, prévoyant dans ses préceptes tous les cas et toutes les circonstances où les théories doivent être mises en pratique. Ce côté essentiellement humain a assuré la durée à la doctrine claire, limpide, accessible au vulgaire, qui est contenue dans les livres classiques désignés sous le nom général de King (I ) .

La fondation du taoïsme est attribuée au philosophe mystique Lao-tseu, né, dit-on, en 604 dans la province actuelle de Ho-nan, et dont la date de la mort est inconnue. Confucius est humain, vivant, pratique; Lao-tseu se répand en profondes méditations sur les besoins de l’âme : il ramène la création à un premier principe existant par lui-même, se développant lui-même, source de toutes choses; il nous conseille de nous débarrasser de tous les soucis du monde, de nous renfermer en nous-mêmes. Sa doctrine est contenue dans le Tao tô king, le livre de la Voie et de la Vertu, et le Kong ying pien, le livre des Récompenses et des Peines. Dans la pratique,

les idées de Lao-tseu perdirent rapidement de leur pureté et de leur élévation et se transformèrent en un mélange de recherches alchimiques ou astrologiques et de pratiques de sorcellerie et de spiritisme.

Suivant la légende, l’introduction du bouddhisme en Chine serait due à l’empereur Ming-Ti des Han,-qui, en 61 de notre ère, aurait vu en songe le Bouddha, et envoyé aux Indes une ambassade qui revint avec un prêtre bouddhiste, une statue du Bouddha et un livre sacré. Quoi qu’il en soit, le bouddhisme s’implanta en Chine dès le II'^ et le IlF siècle de notre ère et fit de rapides progrès pendant la période des Trois Royaumes; il se propagea de la Chine en Corée (3 72), puis au Japon, où il ne pénétra qu’en

Bouddha kn ivoire de l’époque des Song (960-1279)

(I) Les /ving comprennent ; les Grands Classiques, au nombre de cinq : le V i king. livre des Changements; le Chou k'ng, livre d'Histoire; le C/ie king, livre de Poésie: le Li ki, livre des Rites; le Tch'oucn-ts’icou, le Printemps et I Automne, histoire du pays de Lou; — les Petits Classiques, qui sont: les Sseu chou (ou Quatre Livres, savoir : le Fa hio. ou Grande Science; le Tchong yong, ou Juste Milieu; le Louen yu, conversations entre Confucius et ses disciples; le Meng-Ueu, du philosophe Mencius) ; puis les deux rituels, Yi li et Tcheou li, le Hiao king (livre de la Piété filiale), les trois anciens commentaires du J ch'ouen-li'ieou ; enfin le dictionnaire Eul ya

Statue de Bodhisattva en marbre noir. — Dynastie des ^X^el (386-550). Grottes de Yun-kang, province de Chan-si.

552 ap. J.-C. La période du au \’I1I® siècle est celle des grands pèlerinages chinois dans l'Inde et aussi celle de l’arrivée en Chine de nombreux moines indiens chassés de leur pays par la réaction brahmanique. Il se fit alors un énorme travail de traduction en chinois des textes bouddhiques. Monastères et nonneries se multiplièrent. La dynastie T’ang fut la grande époque du bouddhisme chinois. Dans la suite, le bouddhisme, comme le taoïsme, devint peu à peu une religion populaire, et les lettrés revinrent au pur confucianisme, pratique et laïque.

La croyance religieuse d’un Chinois, à quelque doctrine qu’il appartienne, est fondée sur le culte des ancêtres, dont l’origine se trouve principalement dans les préceptes de Confucius, et qui a pour point de départ la piété filiale. Ce culte a une telle importance qu’un livre entier lui a été consacré ; le Hiao king. La piété filiale n’y apparaît pas comme un sentiment, c’est la source même de toutes les vertus, dont la première est la conservation de soi-même. «Tout notre corps, jusqu’au plus mince épiderme et aux cheveux, nous vient de nos parents; se faire une conscience de le respecter et de le conserver est le commencement de la piété filiale. Pour atteindre la perfection de cette vertu, il faut prendre l’essor et exceller dans la pratique de ses devoirs, illustrer son nom et s’immortaliser, afin que la gloire en rejaillisse éternellement sur son père et sur sa mère. » La piété filiale apparaît ainsi comme une vertu multiple et universelle contenant toutes les vertus, « embrassant tout, depuis l’empereur jusqu’au dernier de ses sujets, ne commençant ni ne finissant à personne ». Telle que nous la dépeint le Hiao king, elle n’est plus le sentiment naturel qui se retrouve chez tous les peuples : c’est une doctrine officielle. La piété filiale, comme nous l’entendons, est affaire individuelle; elle n’a d’influence ni sur notre politique générale, ni sur nos croyances religieuses. En Chine, au contraire, elle a transformé la nation en une vaste famille dont le chef est l’empereur, fils du Ciel, et est devenue la base d’un gouvernement séculaire, le pivot de la machine sociale.

La pratique de la piété filiale s’est peu à peu restreinte au culte des ancêtres, qui réunit toutes les classes sociales, toutes les sectes religieuses. Elle est, on ne saurait trop y insister, la principale religion de la Chine.

LANGUE ET LITTÉRATURE. — La langue chinoise est monosyllabique : c’est dire que les mots qui la composent sont invariables et, par suite, indéclinables et inconjugables. Le rôle qu’ils jouent dans la phrase ne pouvant être marqué par des désinences flexionnelles n’est indiqué que par leur position. Tous les mots étant monosyllabiques, il semble que la langue devrait être très pauvre ; mais chaque monosyllabe peut être prononcé sur plusieurs tons différents, formant autant de mots distincts.

A chaque mot correspond dans l’écriture un signe ou « caractère » spécial. L’écriture chinoise, qui fut sans doute, au début, pictographique, puis idéographique, est depuis longtemps idéo-phonétique. D’une façon générale, chaque caractère chinois est formé d’un élément idéographique, ou clef, et d’un élément phonétique. Le nombre des clefs a varié suivant les auteurs, mais le système de l’empereur K’ang-hi a prévalu, et les caractères sont rangés aujourd’hui, dans les dictionnaires, sous deux cent quatorze clefs. Le nombre des caractères de la langue chinoise est considérable : ainsi, le dictionnaire de K’ang-hi n’en contient pas moins de 44 449. En pratique, sept ou huit mille caractères sont amplement suffisants pour les besoins. Les Chinois se servent, pour écrire, d’encre, de pinceaux et de papier.

Les Chinois ont connu de bonne heure l’imprimerie; d’une façon générale, on peut dire avec Stanislas Julien qu’ils ont commencé à imprimer en 581, au moyen de planches xylographiques gravées en relief; c’est le mode d’impression qui est resté en faveur parmi eux jusqu’à nos jours, bien qu’à partir de 904 ils aient fait occasionnellement usage de planches de pierre gravées en creux et même, à partir de I 040, de caractères mobiles. C’est seulement dans ces dernières années que la typographie s’est fait une place importante à côté de l’ancienne xylographie.

Les productions de la littérature sont réparties par les Chinois en quatre classes :

1 ^ Livres classiques ou canoniques, King, base de la philosophie et de la littérature;

2” Livres historiques, dont les plus connus sont les Vingt-quatre Histoires dynastiques. Citons encore le Tong kien kang mou. Cet ouvrage, tiré du T ong kien de Sseu-ma Kouang, modifié et continué à diverses reprises, comprend l’histoire des dynasties impériales jusqu’à celle des Yuan. Les histoires locales sont extrêmement nombreuses : il n’y a pas de province, de ville même, qui n ait ses annales ;

San tsaï yang yjn

les /rois pouvoirs Principe m à /e Principe femelle

delana/ure lumière . ciel Ténèbres . terre

Tai-

Soleil Chaleur

Le Ciel

La Vapeur

Le Feu

Le Tonnerre

TaiO^in ChaoO^ang

Lune.Trouf ftoi/es. Aurore

Le Vent

L'Eau

Les Montagnes

La Terre

Chao-yin Planètes, lluit

Fl Fl

Les KOUA. — Les huit trigrammes ou Pa koua auraient été inventés par Fou-hi, le premier des cinq empereurs mythiques. Le système des l^oua est l'objet du premier et du plus obscur des Livres classiques, le Yi k>og ou livre des

Changements.

3° Livres de philosophie, cette rubrique s’appliquant non seulement aux ouvrages de philosophie pure, mais à toutes les sciences;

4” Les belles-lettres, ou littérature proprement dite : théâtre, poésie, proverbes.

Les grandes époques de la littérature chinoise sont celles des Tcheou et des Tsin, avec les philosophes Confucius, Lao-tseu, Mencius; celle des Han, qui fut la première grande période de floraison littéraire et qui compta un grand historien, Sseu-ma Ts’ien, l’Hérodote de la Chine; celle des T’ang, avec les poètes Li T’ai-pô et Tou-fou et le philosophe Han Wen-kong; celle des Song, avec le poète Sou T’ong-po, avec Sseu-ma Kouang, avec Wang Nganche. Encore brillante sous les Yuan mongols, la littérature chinoise périclita sous les deux dynasties suivantes, et ce qu’elle gagna quelquefois au point de vue du caractère scientifique, elle le perdit dans le domaine de l’imagination.

LES ARTS. — Les Chinois ont considéré la peinture comme une des six formes de la calligraphie. D’après la tradition, elle remonterait à la plus haute antiquité, mais sa floraison ne date guère que de l’introduction définitive du bouddhisme en Chine, au II® siècle de notre ère, et le premier grand peintre chinois connu, Tsao Fou-hing (lll® siècle) , exécuta des peintures pour les temples bouddhiques, construits alors en grand nombre; il excellait dans la peinture des dragons.

Le British Muséum possède, sinon l’original, du moins une très ancienne copie d’une œuvre d’un maître du IV siècle, Kou K’aitche. L’âge d’or de la peinture chinoise fut la dynastie T’ang, qui vit fleurir le grand peintre bouddhique Wou Tao-tseu; c’est à cette époque que remonte la division entre les écoles de peinture dites du Nord et du Sud, la première fondée par Li Sseu-kiun et caractérisée par une sévérité virile, la seconde fondée par Wang Wei et caractérisée par sa délicatesse raffinée et sa poésie. Sous les Song, il y eut aussi une pléiade d’artistes de premier ordre, tels que Li Long-mien, Mi Fei, Hia Kouei, Mou K i. Sous les Yuan, le nom le plus fameux est celui du paysagiste et animalier Tchao Mong-fou. Mais la décadence, déjà commencée, s’accélère à partir de la fin du XV® siècle, bien que les dynasties Ming et Ts’ing aient compté encore nombre de peintres de valeur.

L’architecture est caractérisée par l’uniformité du style et des matériaux. Les maisons sont basses et les charpentes faites de poutres arrondies, soutenant des toits en pente dont les co:ns sont relevés en forme de corne. La nature des matériaux employés — bois, brique, torchis — explique qu’il n’y ait pas en Chine abondance de monuments antiques : sauf exception, les plus anciens ne remontent guère qu’au XV® siècle.

La grande sculpture nous est connue surtout par les statues et bas-reliefs bouddhiques qui ornent les grottes de Yun-kang, dans le nord de la province de Chan-si. Ces monuments relient l’art gréco-bouddhique du Gandhâra (nord-ouest de l’Inde) à celui du japon; ils ont été exécutés en majeure partie au \'" siècle, sous la

dynastie des Wei du nord, de race toba, c’est-à-dire non chinoise. E,n 404, un empereur Wei, Kao-Tsou, transféra sa capitale plus au sud, à Lo-yang, dans la province actuelle de Ho-nan ; ce déplacement de capitale eut pour conséquence un déplacement de l’art, et le défilé de Long-men (Porte du Dragon) remplaça les grottes de Yun-kang comme dépositaire de l’art des Wei, puis de celui des T’ang.

Les Chinois ont excellé dans les arts mineurs, notamment dans la petite sculpture (ob- Vase en poterie EMAILLEE. — Dynastie des jets en métal, en ivoire, Song (960-1279). gjj jaJe) , dans la fonte

des bronzes, dans les laques, dans la broderie, et surtout dans la céramique. Ils attribuent à l’un de leurs empereurs mythiques l’invention du tour du potier. La céramique primitive était d’argile commune; les émaux ne font leur apparition que sous les Han postérieurs et sous les T ang, et c’est sans doute à la fin de cette dynastie que remontent les premiers essais de porcelaine pure. Les spécimens en deviennent assez nombreux sous les Song : mais la porcelaine, déjà d’une haute qualité, est alors sans décoration et généralement monochrome. Les dynasties Ming et Ts’ing furent les grandes époques de la porcelaine polychrome décorée, si appréciée des collectionneurs européens.

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