CHAPITRE VI
LES MÈDES ET LES PERSES
Le pays. — - Le territoire à l’est de l’Assyrie se divise en deux régions, l’une de montagnes, l’autre de plaines élevées. La partie montagneuse, appuyée sur le massif qui entoure le lac d’Ourmia, se compose de l’Elbourz, longue chaîne au bord de la Caspienne, et du Zagros, série de chaînes parallèles, profondément ravinées, orientées du nord -nord-est au sud -sud-est, en bordure de la vallée du Tigre. Entre ces deux rangées de montagnes s’étend un plateau légèrement ondulé, dont la fertilité diminue dès qu’on s’éloigne de sa lisière occidentale. Dans le Zagros et aux bords du lac d’Ourmia, les anciens ont exploité des mines de cuivre, de fer, de plomb, des carrières de marbre et de lapis-lazuh. La faune comprenait le lion, le tigre, le léopard, l’ours, l’âne, le cheval, le dromadaire, le chameau, le buffle, la chèvre. Sur les flancs du Zagros poussent de nombreux arbres fruitiers ; partout ailleurs, dans la montagne, des forêts; sur le plateau, quelques arbres, des céréales et, dans les régions arrosées, des légumes.
APERÇU HISTORIQUE. — C’est là que vinrent se fixer deux groupes de tribus de même origine arienne : les Mèdes, presque directement en contact avec l’Assyrie, et les Perses, au sud-sud-est des Mèdes, près de l’Élam.
Au IX'' siècle, Shamshi-Adad V est peut-être en rapports avec quelques chefs des Mèdes. Téglath-phalasar III opère des razzias dans leur pays; Sargon s’empare de leurs principales villes, construit des forteresses sur leur territoire, déporte une partie des habitants en Syrie, les remplace par des Occidentaux et notamment jrar des habitants de Samarie.
Cefrendant un certain Daiakkou (Déjocès) parvient à grouper autour de lui plusieurs tribus et fonde une principauté dont la capitale est Ecbatane, au pied de l’Elvend. Son successeur, Fravarti (Phraortès) , agrandit le royaume et entre en lutte avec les Perses, dont un certain Achéménès, de la tribu des Pasargades, a été le chef le plus imjrortant ; il a eu pour fils et successeur Théispès, qui a su (irofiter de la ruine de Suse par les Assyriens pour s’emparer d’une partie de l’Élarn et devenir roi d’Anzan. Phraortès triomphe di Théispès et fonde l’empire des Mèdes; il se croit assez fort pour attaquer l’Assyrie, mais est vaincu et reste sur le champ de bataille. Cyaxare, son fils, après avoir réorganisé l’armée suivant
la méthode assyrienne, reprend la lutte. Allié de Nabopolassar, qui s’est proclamé roi à Babylone, il l’emporte sur le roi d’Assyrie, et celui-ci, vaincu, s’enfermant dans sa capitale, fait mettre le feu à son palais pour mourir (612). Alors Mèdes et Babyloniens se partagent les dépouilles de l’Assyrie. Cyaxare s’attribue la partie septentrionale et met un quart de siècle à organiser son empire jusqu’aux bords de l’Halys, où il se trouve en contact avec la Lydie, alors dominée par Alyatte, de la dynastie des Mermnades. La lutte entre Mèdes et Lydiens dure plusieurs années et se termine (585?) par un armistice et un traité qui fait de l’Halys la frontière des deux pays.
A Cyaxare, succède son fils Astyage, contre qui se révolte son vassal Cyrus II le Grand, roi d’Anzan, arrière -petit -fils et troisième successeur de Théispès. L’armée mède se soulève, Astyage est fait prisonnier dans sa capitale et emmené en captivité (553- 552) . Le roi d’Anzan annexe la Médie et se proclame roi des Perses.
En face de lui, de l’autre côté de l’Halys, le roi de Lydie, Crésus, s’inquiète et noue des intelligences avec Lacédémone, Cypre, l’Égypte, la Phénicie, Babylone. Cyrus accourt; pendant qu’il s’avance sur la route de Malatia à Sivas, Crésus, qui a franchi l’Halys, s’est emparé de Ptérie. Les premiers avantages sont pour les Lydiens; mais, après une trêve, la fortune se tourne contre eux; Crésus dédaigne de faire la paix en se reconnaissant vassal de la Perse et se replie vers Sardes [jour attendre ses alliés. Cyrus le suit malgré la mauvaise saison; surprise par un stratagème, la cavalerie lydienne se débande. Alors Cyrus assiège la ville, s’en empare en moins de quinze jours (546) et laisse à ses généraux le soin de réduire l’Ionie, qui n’a pas voulu s’unir à lui.
La Babylonie, alliée de la Lydie, est envahie en 539. L’armée babylonienne est attaquée près d’Opis pendant l’été; Sippar tombe à l’automne, et, deux jours après, Goubbarou, préfet babylonien du Goutioum, partisan du roi des Perses, entre dans Babylone. Nabonide, le roi babylonien, avait fui à Borsippa. Pendant qu’il est exilé, Cyrus est reçu en libérateur, en vengeur des dieux. Extrêmement tolérant en religion comme en politique, il permettra aux déportés de rentrer dans leurs foyers et de restaurer les temples de leurs dieux. Ses dernières années, consacrées à des expéditions vers
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