CONQUÊTES ET HÉGÉMONIE DE SPARTE
C’est avec cet instrument de guerre sans égal qu’une poignée d’hommes parvint, pour plusieurs siècles, à commander un territoire fort étendu. Sparte s’annexa d’abord la Messénie après plusieurs campagnes très dures contre un autre peuple dorien qu’elle asservit, sauf les fuyards. Des récits merveilleux furent faits de cet événement, qui inspira de nouvelles entreprises : absorjition de la Cynurie, zone côtière d’Argolide pourvue de nombreux [jorts, invasion de l’Arcadie; mais, ajirès leur conquête du bassin supérieur de l’Eurotas, Tégée ojrposa aux Lacédémoniens un rempart si solide qu’ils traitèrent avec elle. Désormais, ils se bornèrent à faire des alliés, c|ui, en cas de guerre, fournissaient des contingents. Vers le milieu du \'r siècle, Sparte avait sous sa domination directe les deux cinquièmes du Péloponnèse, le reste sous sa jrrééminence, sauf l’Argolidr et l’Achaïe; c’était alors la jiremière jiuissance hellénique. partout resjiectée jrar les jiartis aristocratiques; elle combattait avec acharnement la tyrannie, qui était favorable au popu¬
laire, à la marine de guerre, au cosmopolitisme, toutes choses exécrées à Sparte.
Mais elle fut imjruissante devant Phidon d’Argos, qui sut 1 empêcher de déborder sur la Grèce centrale. Ce nom reste hé à une heureuse initiative, l’introduction d’un système de poids et mesures et de la monnaie pesée, garantie, déclarant elle-même sa valeur. La monnaie existait déjà en Lj'die et en Ionie; l’invention franchit la mer Égée grâce à Phidon, qui établit son atelier à Égme.
Sparte ne put rien non plus contre les tyrans de Corinthe, Cyj)sélos et Périandre son fils, auxquels est due l’apogée de cette^ cité, qui atteignit alors son maximum de prospérité commerciale et d éclat artistique. Ailleurs encore, à Sicyone, à Mégare, la tyrannie rendit des services, et il est heureux que Sparte n’ait pas réussi à la briser. Ce ne pouvait être néanmoins qu’un gouvernement de transition, qui allait disparaître par un accord entre l’ancienne aristocratie et les nouveaux venus à la richesse.