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SOLON ET SA CONSTITUTION

— Le personnage est historique, mais la légende a dû ajouter des traits à sa physionomie. Élu archonte (594) , il fut en outre nomoihèle — on souscrivait d’avance à ses décisions. C’était un Eupatride, mais sans préjugés, qui avait fait le commerce maritime, tenant le juste milieu entre les partis, informé, honnête, désintéressé. Dans ses grands traits, son oeuvre nous est connue. Il allégea tout au moins les dettes des particuliers, rendit à la liberté les

débiteurs tombés en servitude et supprima le droit du créancier sur la personne de l’insolvable. Aux anciennes divisions de la population (phratries, tribus, tnttyes) , une nouvelle se superposa qui lui est attn'ouée, mais pourrait être antérieure, car elle était encore fondée sur la richesse foncière; il semble, il est vrai, avoir pris des précautions contre l’accaparement des terres. Cette division donnait le premier rang à ceux qui récoltaient au moins 500 mesures de grain ou d’huile {pcntacostomédimnes) ; à 300, on seivait avec les cavaliers (hippeis) ; entre 300 et 200 se classaient les zeugiles (les gens qui ont un attelage? ou les soldats accouplés chacun à un autre? les hoplites) ; en dessous, les ihèies, désignation ordinaire des salariés; ccux-là servaient dans les troupes légères ou la flotte, sans équipement onéreux. La première catégorie avait accès à l’archontat, les deux suivantes aux charges inféiieuies, les thètes simplement aux tribunaux et à i assemblée du j^euple. Celle-ci existait déjà, mais restreinte, sans pouvoir réel; Solon lui

Silhouette d’ Athéna à l'égide, découpée dans une lame de bronze (musée d Athènes) ; c était un ornement de trépied. Cl. Alinari.

conféra le dernier mot en toute affaire. Il semble avoir encore créé la boule ou conseil des 400 (100 par tribu), que nous retrouverons. Le rôle des archontes fut réduit; on put appeler de leurs sentences devant le tribunal populaire. Ainsi la naissance garde des privilèges, mais l’arbitraire fléchit, grâce au contrôle du nombre et à la publicité de la loi, qu’on pouvait lire sur l’Acropole ou la place du marché. Enfin Solon commença d’affranchir l’individu des liens trop étroits de sa caste : l’homme sans enfants se put choisir un héritier par 1 adoption ; le testament entra par cette petite porte dans le droit athénien.

Solon avait visé à une conciliation ; le riche se trouva alors

amoindri; le pauvre n’obtint pas le partage du sol dont il avait rêvé ; tous furent mécontents et lui demandèrent des retouches. Il préféra se retirer. A u-dessus des quatre classes, une division de fait

prévalut : Pédiens, aristocrates de la plaine cultivée; Paraliens, commerçants du rivage : Diacriens, pauvres diables de la montagne. Les seconds seuls s’accommodaient

de la réforme solonienne.

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