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LES PISISTRATIDES

— Les trois partis avaient pour chefs des Eupatrides ;

personne autre ne possédait la moindre éducation politi¬

que. Les Diacnens s’appuyèrent sur un ambitieux, Pisistrate, mis en relief par un succès militaire. Un jour, s’étant blessé lui-même légèrement, il se présenta tout

sanglant et dit que ses ennemis l’avaient attaqué. Dupes du stratagème, les Athéniens lui accordèrent une garde du corps ; il s’empara du gouvernement. Deux fois chassé, il réunit de l’argent et des hommes; enfin une vraie bataille lui rendit le pouvoir, qu’il conserva jusqu’à sa mort (561-527), sans rien changer à la constitution.

Il s’établit sur l’Acropole, leva un corps de mercenaires entretenu par un impôt direct, prit des otages chez les suspects, saisit les domaines des opposants et les céda aux miséreux. Il sut s’attacher les Paraliens en favorisant le commerce. A la populace urbaine, il fournit du travail

Stèle d'AristioN, en hoplite, «ouvrage P^' •

d’Aristoclès » (Athènes, 540 à 520). — acjueuuc de 1 Hymette, ron-

Le relief était peint. Cl, alinari. Vaine de Kallirlioé, rampe

d’accès et propylées de l’Acropole, temples divers, enceinte d Lieusis, forteresse de Mounichie. Ami des lettres et des arts, il développa le goût des spectacles et des cérémonies, institua ou amplifia les Panathénées,

y adjoignit des concours littéraires et musicaux. Tyran dérnocrate, il favorisa la religion des humbles et adhéra au culte de Dionysos, d’où sortirent les Dionysies et le théâtre. Ce temps fut un âge d or, d après Aristote. Pisistrate flattait Téhte par son faste, la masse par sa bonhomie ; il accoutuma les esprits au régime que Solon avait un peu brusquement instauré.

Et surtout, il sut révéler à Athènes sa destinée en l’orientant vers la mer, vers la politique d’expansion et de conquêtes; il propagea l’influence de sa ville dans l’Archipel, mit la main sur Délos, centre religieux, encouragea l’émigration de ses adversaires ; son trésor, confondu avec celui de 1 État, tirait d abondantes ressources des mines du mont Pangée en Macédoine; il s’assura des relations au dehors et fit alliance avec Argos, l’ennemie héréditaire de

LA GRECE

Sparte. La jalousie de cette dernière parvint à renverser une tyrannie si bienfaisante. Peut-être les fils de Pisistrate, Hipparque et Hippias, commirent - ils des maladresses; l’esprit de caste s’en empara : il inspira la tentative d’Harmodios et d’Aristogiton. Enfin, l’oracle de Delphes fut soudoyé ; le roi de Sparte, Cléomène, avec une forte armée, repoussa les ca- V a 1 1 e r s tlressaliens d’Hippias et captura ses fils; alors le tyran capitula et se retira en Troade (510).

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