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VI. LES LETTRES

LA POÉSIE. — Nous n’avons pas séparé Homère de la civilisation dont il nous a donné le tableau ; mais la rédaction de l'Iliade et de l'Odyssée eut lieu à l’époque archaïque. La vogue du genre épique ne dura guère; les nouvelles générations s’intéressaient moins au passé; elles se tournaient vers l’action. Un genre mixte reste attaché au nom d’Hésiode : Éolien par son père, fixé en Béotie, il y passa sa longue vie à faire valoir son domaine, tout en cultivant la poésie (n iii® ou VIT siècle) . Une querelle d’hé-

FrISE du trésor de CnIDE (ou de SiPHNOS). a Delphes. - Les Olympiens commentent le combat des Grecs et des Troyens. Ici sont les dieux favorables à Troie (Arès à gauche. Aphrodite, Artémis, Apollon), que sépare des autres Zeus, arbitre. Alignement prototype du groupe central de la frise des Panathénées. Cl. Alinaki.

ritage avec son frère fut l’occasion de la seule œuvre qu’on lui puisse sûrement attribuer : Les Travaux et les Jours.

Il gourmande ce frère, paresseux et prodigue, lui vante le travail des champs qu’en même temps il décrit. Œuvre didactique, dans laquelle souvent pénètre la satire, vigoureuse, très réaliste, où le poète paysan entremêle aux scènes de la vie agreste des préceptes moraux et de naïves fables sur les âges successifs de l’humanité.

Mais de nouvelles formes vont paraître, mieux adaptées à la société transformée et à l’essor de la musique. L’ancienne mélodie, la déclamation modulée, régulière des hexamètres était trop inflexible pour traduire les mouvements de Lâmé, plus vifs, plus spontanés, plus passionnés, que suscitaient les discordes civiles. Ainsi naquit une poésie personnelle qui inventa des mètres, des combinaisons de vers inédites, des rythmes appropriés. D’abord naquit le genre élégiaque, fondé sur le distique (hexamètre suivi d’un pentamètre) , traduisant en principe des sentiments de douleur ou d’inquiétude : c’est l’écho des craintes de l’Ionie menacée par les Cimmériens (Calhnos d’Éphèse) ; l’expression des devoirs du citoyen (Tyrtée) , la plainte sentimentale (Mimn^rme) ; Solon en fait l’auxiliaire de l’éloquence politique et sociale;

1 héognis de Mégare y manifeste l’implacable ressentiment de l’aristocrate exiiroprié et banni; par intervalles, il s’apaise et glisse dans ses Sejüeuces les conseils de modération des poètes gnomiques. Le ton des élégiaques n’atteignit jamais l’âpreté meurtrière de la poésie ïambique, 1’ « arme de la rage », dira Horace. L’iambe (une brève et une longue) donnait au vers une rapidité sans égale. Archiloque de Paros et ses nombreux successeurs s’en servirent pour écraser de sarcasmes et d’injures des ennemis personnels; le genre implique ou admet l’intrusion dans la vie privée.

Non moins personnelle est la poésie mélique, voisine de la précédente, mais plus inséparable du chant et de l’accompagnement musical. Deux L.esbiens, Alcée et sa contemporaine Sappho, ont exalté les passions amoureuses; le premier écrivit encore des chants de guerre civile pour le parti oligarchique auquel il se rattachait. .'\nacrcon de Téos est plutôt un poète de cour qui compose, en vers sautillants, des chansons pour banquets.

KorÉ du musée de l’Acropole, dite la « Boudeuse » (le sourire archaïque fait place à une agréable moue). Une des dernières de la série (500 à 480). Cl. IÎOIS';<>NN\S,

Miroir d’Athènes; disque réfléchissant en bronze poli. — Pour manche-support, une Aphrodite à la colombe, dent l ionisme est souligné par le costume, la pose, la chevelure, les animaux ailés sur les épaules. Cl. Alis*ri.

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