IL PREUVES DE L’EXISTENCE DE L’HOMME AU DELA DE L’ÉPOQUE ACTUELLE
L LPOQUE QUATE.RNAIRE. — Nous remontons déjà bien au delà de 1 Histoire, mais nous sommes encore fort loin des débuts de 1 Humanité. Avant la période actuelle, nous arrivons.
Rt 1 n.So , 1 1 L 1 1' ■ DU Mammouth. — Musér de 1 Académie des Sciences de
Pélrojjrad.
en remontant toujours dans le passé, à l’époque quaternaire, dont la durée a été infiniment plus longue (I). Durant cette époque, les conditions d’existence différaient sensiblement de ce qu ’elles sont aujourd’hui. La température, douce dans le principe, se refroidit sensiblement à diverses reprises. Dans nos contrées, des glaciers, encore existants, couvrirent les montagnes. Ceux des Alpes arrivèrent jusqu’à Lyon. Le glacier de la vallée du Rhône atteignait I 600 mètres d’épaisseur. La Scandinavie, le Danemark, la Hollande, une grande partie des îles Britanniques, de l’Allemagne et de la Russie disparaissaient sous les glaces. C’est pour ce motif que, parfois, l’épooue quaternaire est désignée sous le nom d'époque glaciaire. Toutefois, à des périodes de grande extension, succédaient des périodes de retrait des glaciers. Dans les plaines vivaient de nombreux animaux. En France prospéraient, à certaines époques, l’LIippopotame, le Lion des cavernes, remarquable par sa grande taille; l’Hyène des cavernes, qui ne se distingue de l’Hyène tachetée de l’Afrique que par sa robusticité; l’Ours des cavernes, des Éléphants, des Rhinocéros, des Cervidés, des Bovidés, des Chevaux, etc. Vers la fin de cette longue période, le Renne était très abondant dans nos contrées.
Les espèces ont varié suivant les époques. Ainsi, l’Éléphant antique et le Rhinocéros de Merck, qui, à l’origine, vivaient à côté de l’Hippopotame et étaient organisés pour un climat relativement chaud, furent remplacés plus tard par l’Éléphant à défenses recourbées, ou Mammouth, et le Rhinocéros à narines cloisonnées, qui, eux, pouvaient supporter une basse température grâce à l’épaisse toison dont leur corps était couvert. Quand l’époque quaternaire approcha de sa fin, le Mammouth et le Rhinocéros à narines cloisonnées émigrèrent vers les contrées boréales au fur et à mesure que les glaciers se retiraient. Leurs corps ont parfois été retrouvés entiers dans les glaces du Nord, où ils s’étaient conservés comme dans un appareil frigorifique. Les changements qui se sont opérés dans la faune durant l’époque quaternaire permettent, comme les phénomènes géologiques, d’établir des divisions dans cette époque. La période la plus ancienne des temps quaternaires est l’époque de r Hippopotame. Comme ses contemporains, l’Éléphant antique et le Rhinocéros de Merck, il présente tant de ressemblances avec les espèces qui vivent de nos jours dans les contrées chaudes qu’on peut affirmer que la température était alors fort clémente.
La deuxième époque est Vépoque du Mammouth. La toison qui le recouvrait démontre que la température s’était sensiblement abaissée; la grande extension des glaciers durant cette période implique non seulement une basse température, mais une forte humidité de l’atmosphère.
L’animal qui caractérise la dernière période des temps quaternaires est le Renne. A ce moment, les glaciers ne se sont plus étendus, sans doute parce que l’humidité de l’air avait notablement diminué; mais le froid persistait, car la faune est entièrement comparable à celle des steppes des régions boréales.
Ces changements successifs dans les conditions climatériques ont eu pour conséquences l’extinction de nombreuses espèces animales et l’émigration d’autres espèces.
L’HOMME FOSSILE. — L’Homme a-t-il vécu à l’époque quaternaire et a-t-il pu résister aux changements qui amenaient la disparition ou l’émigration de la plupart des autres Mammifères? La réponse à cette question n’est plus douteuse à l’heure actuelle : l’existence de l’Homme fossile est démontrée de la façon la plus péremptoire par de multiples découvertes.
Ce mot « fo.ssile » mérite une explication. Il s’applique à tous les êtres organisés — plantes et animaux — qui ont vécu aux époques antérieures à celles que nous traversons. Que les espèces s’en soient éteintes ou qu’elles vivent encore, peu importe. Ainsi le Renne, qui n’a pas disparu des régions boréales, est fossile chez nous au même titre que l’Éléphant antique ou le Mammouth.
Les restes des animaux fossiles ont été recouverts par les couches qui se sont formées depuis leur mort. Ils ont perdu leur substance organique, qui a été remplacée par des matières minérales en plus ou moins grande quantité, suivant la nature du terrain dans lequel
(I) Rn général, les géologues consiclèrenl la période que nous Iraversons comme la continuation de 1 époque quaternaire. Ils divisent, cependant, cette épocjue en deux périodes : 17/o/occ’ne, qui correspond à la fin du quaternaire et qui eut une durée relativement courte, et le Pléistocène. d’une durée infiniment plus considérable. 11 n’y a certainement aucune ligne de démarcation tranchée entre ces deux périodes, pas plus qu il n en existe entre les époques géologiques antérieures. Toutefois, les grands changements qui se sont opérés à un moment dans les conditions d existence et dont nous allons donner un aperçu justifient I opinion des préhistoriens, qui n’apjillquent le ()ualificat f de quaternaire qu’à la période pléislocéne des géologues. C’est l’opinion que nous avons adoptée.