‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 61 sur 344 · PÉRIODE · texte numérisé non relu

PÉRIODE

Les V'^ et IV"^ siècles presque entiers sont ceux où le génie grec a le mieux donné sa mesure, où les institutions se perfectionnent, où leur théorie s’élabore, où naissent les plus grands chefs-d’œuvre. Par la suite, l’hellénisme gagnera encore en étendue; il perdra à d’autres égards : en profondeur, en fierté. Au V® siècle, Athènes se hausse au premier rang ; les barbares repoussés, surtout par elle, un vaste domaine maritime lui est réservé. Sa prospérité devait provoquer l’envie. Sparte, restée plus rude, militairement plus forte, groupe et déchaîne les jalousies. Après une longue lutte, Athènes succombe. Fatal renversement des situations : si Lacédémone sait vaincre, rien ne fructifie sous son hégémonie ingrate, propice aux dissensions ; même alors, le monde grec rayonne principalement par Athènes. Mais l’esprit public a changé; une certaine inertie se répand dans les populations; on s’habitue à compter avec le roi de Perse, à l’introduire en tiers dans les dissentiments de l’Hellade, devenue dilettante et vers la fin presque désabusée, dont l’histoire se fondrait dans une grisaille sans de rares personnages de premier plan : un audacieux roi de Sparte, deux chefs dont le génie électrise un moment le lourd tempérament béotien. Elle est mûre pour obéir; un peuple plus jeune, venu du Nord, en prend le sceptre; il était, par bonheur, déjà en grande partie hellénisé.

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