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V. LA GUERRE

ble, l’éphébie commença de s’altérer dès la fin du 1\’® siècle : 1 obligation disparut, on admit les étrangers; le stage fut réduit à un an et les études littéraires et artistiques passèrent au premier plan. Le collège éphébique devint une association de riches adolescents, réunis pour une éducation de luxe sous la surveillance de 1 État.

LA MARINE. — Dans l’âge héroïque, il n’existait que des transports pour combattants. Puis, au VIII® siècle, les Corinthiens inventèrent la trière à trois rangs de rames. Ce bâtiment de guerre (vr3;), long, mince, conduit surtout à l’aviron, se distinguait du navire marchand (n/.oïov). large, arrondi, mené à la voile. Grâce à Thémistocle, Athènes devint la première puissance maritime; elle possédait deux ports de commerce et cinq de guerre, bordés de magasins, arsenaux, chantiers de radoub et cales couvertes.

La cité fournissait la coque, les rames, voiles et cordages; le triérarque, l’armement. L’amiral était un des stratèges; le triérarque commandait son unité; sous ses ordres, un pilote, un chef de la manœuvre, soutenue par un rythme musical, 1 74 rameurs, quelques matelots et des épibates ou combattants pour l’abordage. Longtemps on ne visa qu’à exterminer l’équipage adverse, puis on chercha à détruire les bâtiments en fonçant pour briser les rames et déchirer la coque d’un coup d’éperon. Les .Athéniens étaient passés maîtres dans ces manœuvres ; c’est eux qu’on imitait sur mer, comme l’hoplite Spartiate servait sur terre de modèle.

DES GUERRES MEDIQUES A L’HEGEMONIE MACEDONIENNE

•grande lutte où du côté de Sparte se rangèrent le Péloponnèse en général, la Grèce centrale et l’Italie méridionale, du côté d’Athènes tous les membres de la confédération ionienne jusqu’en Asie; les deux partis s’allièrent successivement aux rois de Thrace et de Macédoine et à la Perse.

Sparte ravage l’Attique, où la peste décime la capitale et emporte Périclès (429) , tandis que les flottes d’Athènes dévastent les côtes du Péloponnèse. Au bout de dix ans de lutte indécise, intervient la paix de Nicias, conclue pour cinquante ans — en fait, trêve d’un an, troublée par les alliés des deux belligérants.

Athènes vaincue à Mantinée, la situation devient sérieuse pour elle; c’est le moment où elle laisse décider par Alcibiade la déplorable expédition de Sicile. Cet élégant sceptique avait pris sur le parti démocratique un ascendant sans pareil; des scandales le firent néanmoins condamner, mais quand, pour s’en tirer, il trahit et passe à Lacédémone, l’irréparable était accompli, et Athènes allait subir à Syracuse un épouvantable désastre. Elle devait pourtant rappeler son néfaste conseiller. Celui-ci, brouillé avec Sparte, s’enfuit chez le satrape Tissapherne, qui intriguait pour cette ville et la soudoyait utilement. Alcibiade sut le séduire, fit arrêter les subsides, et pendant qu’une révolution ramenait à Athènes les oligarques, il s’imposa pour chef aux forces réunies à Samos, battit la flotte Spartiate, puis rentra réhabilité, en même temps que les démocrates.

Mais alors triompha à Lacédémone le parti extrême avec Lysandre, une sorte d’Alcibiade dorien, comme l’autre ambitieux, habile et sans scrupules; il trouva un allié auprès d’un fils puîné de Darius, Cyrus, qui complotait de renverser plus tard son frère, et remporta un premier succès. Les Athéniens, par un effort désespéré, réunirent une forte escadre, qui, d’abord victorieuse aux îles Arginuses, se laissa tromper par Lysandre et fut anéantie à Aegos Potamos. C’était le commencement de la fin ; Athènes, dénuée de tout, dut capituler (404) . Thèbes et Corinthe proposaient de la détruire de fond en comble; Sparte affecta la modération, lui arracha seulement ses conquêtes et lui infligea de raser les fortifications du Pirée.

par pure opposition, ordonna de cesser la guerre. Seuls, les chefs du régime abhorré furent mis à mort; une amnistie générale accompagna le retour à l’ancienne constitution (403) . Mais le monde grec était ébranlé : partout erraient des bandes de proscrits, affamés, en haillons, prêts à tout. Lysandre disgracié, l’hégémonie laconienne à peine établie se trouvait battue en brèche; Sparte avait perdu l’alliance thébaine, et aussi l’amitié perse.

Telle fut, en effet, la première conséquence de la tentative avortée du jeune Cyrus et du secours qu’il trouva en Péloponnèse. Nous ne raconterons pas le célèbre épisode des Dix Mille, peu significatif, s’il n’avait révélé à ces aventuriers l’incurable faiblesse du grand empire d’Orient. Leur chef et historien, Xénophon, s’étant lié au retour avec le roi de Sparte Agésilas, on soupçonnera toute la portée de cette révélation. Car Sparte dut, bon gré mal gré, assumer à son tour le rôle de protectrice contre un retour offensif des ambitions perses; et son chef semblait l’homme nécessaire, arrivant à point nommé. Malingre, boiteux, déjà mûr, mais extraordinairement énergique et entreprenant, il se lança à la conquête de l’Asie Mineure. Après une série de pillages, ayant fait un énorme butin, il fut rappelé en Grèce.

Oui, l’or du Grand Roi avait enfin accompli ce qu’on en attendait; c’est le monde grec qu’il avait soudoyé. Une ligue de la Grèce centrale mena l’assaut contre la puissance Spartiate. Agésilas remporta sur les alliés une sanglante victoire à Coronée, mais un désastre sur mer en annula l’effet. L’Athénien Conon, passé au service de la Perse, détruisit près de Cnide la flotte de Lacédémone, et le satrape Pharnabaze chassa de l’Ionie les harmostes et les gouvernements oligarchiques. En Grèce même, Sparte livrait autour

Scènes de GY.MNASE d’après une peinture céramique. — Les exercices : le disque, le javelot, la lutte, le saut. Dans le champ, les accessoires, les pioches pour ameublir la terre; au compas on tranche les cas douteux.

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