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VI. HÉGÉMONIE DE SPARTE

Elle s’imposa même à la vie intérieure d’Athènes, d’où Sparte voulait naturellement exclure les démocrates. Leurs adversaires étaient divisés : le parti de Théramène tenait pour un régime modéré, d’équilibre; celui de Critias se réclamait des « lois des ancêtres » en faveur de la pure oligarchie. C’est pour ce dernier que Lysandre se prononça. Une commission fut chargée de rédiger une constitution; c’étaient les «Trente», restés tristement célèbres par leurs excès, emprisonnements, confiscations, exécutions sommaires. Beaucoup de suspects passèrent la frontière ; Thèbes, malgré le veto de Sparte, devint l’asile d’une conjuration dirigée par Thrasybule qui s’empara des ports, puis d’Athènes elle-même. Restait Lysandre qui occupait l’Acropole à titre d’ « harmoste » avec 700 Spartiates. Or, son prestige de vainqueur donnait de l’ombrage à ses compatriotes; l’autre roi, Pausanias, se fit envoyer à Athènes avec une armée et.

Le javelot manié à l’aide d’une courroie; le mouvement du corps ajoute à la force du bras.

Le saut, haltères en main. Le pédotribe, seul vêtu, armé d une baguette fourchue. préside aux exercices. Au-dessous, les athlètes commençant par se dévêtir,

se frotter d’huile.

Repas grec. — Le modèle est archaïque (Corinthe, VI® siècle), mais les usages n'ont pas changé. Le roi Eurytios a invité Héraclès, à qui il doit fiancer sa fille lole. Remarquer les lits à couvertures frangées, les tables de bronze chargées de mets, les hommes assis, les femmes debout, les chiens à l’attache qui font disparaître les débris. Au-dessous, zone secondaire de cavaliers. — Musée du Louvre.

Cl. CilRAUlHlN.

de Corinthe une longue guerre énervante et inutile, et le roi de Perse, voyant avec satisfaction les Grecs s’user dans une lutte intestine, redevenait l’arbitre de la situation. Enfin, à la cour de Suse, on fit réflexion qu’Athènes ne pouvait être puissante que sur mer, donc assez près de la Perse ; l’hégémonie Spartiate, continentale, offrait moins de dangers. Alors fut signée (387) la paix que le Grand Roi avait dictée: il gardait toute l’Asie et Cypre; les autres villes restaient indépendantes, Athènes ne conservant que Lemnos, Imbros et Scyros. Les Grecs d’Europe renonçaient à protéger ceux d’Asie et s’engageaient à perpétuer entre eux-mêmes la division. La longue rivalité de Sparte et d’Athènes tournait au bénéfice d’un tiers, et toute la Grèce donnait des marques d’épuisement : décadence du patriotisme, plus d’effort collectif; de brillantes personnalités, certes, mais sans caractère et toujours prêtes au marchandage, donnant prépondérance aux éléments irréguliers, aux mercenaires, soldés par l’étranger, qui appartiennent moins à une nation qu’à un homme; des gens dont c’est l’unique métier de faire la guerre, très expérimentés d’ailleurs, mais nullement sûrs et se méfiant de tous. L’armement a changé, est devenu plus offensif que défensif, car les opérations sont des coups de main rapides, exécutés par des bandes mobiles et presque insaisissables. L’Athénien Iphicrate a donné sa forme achevée à la nouvelle stratégie; elle est symbolique, consacre l’esprit de mercantilisme, l’individualisme envahissant, la promptitude des décisions et des revirements.

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