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II. LES CLASSES SOCIALES

LES ESCLAVES. — Ils sont tout au bas de l’échelle sociale, et quelques-uns, de la hiérarchie familiale, car l’esclave domestique fait partie de la famille, dont on lui laisse approcher le foyer et dont la sépulture lui sera ouverte.

L’esclave peut être un prisonnier de guerre, un enfant trouvé, un condamné judiciaire; le plus souvent, c’est un fils d’esclave ou un homme acheté sur la place (barbare ou victime des pirates) . Corinthe et Délos surtout tiennent marché de ces malheureux, dont beaucoup viennent d’Asie Mineure. Instruits ou habiles, ils se vendent très cher. Les esclaves sont nombreux dans les ports et les centres actifs; il y en eut jusqu’à 400 000 en Attique. Leur sort et leur emploi varient énormément. Ils appartiennent à l’État, ou à un temple, à un particulier; ils travaillent aux champs, dans les mines; les plus enviables sont en service dans une maison privée : mieux traités, ils jouissent d’une liberté relative, quelquefois d’une influence réelle, surtout à Athènes. Ailleurs, une dureté impitoyable les pousse parfois à l’insurrection. L’esclave est en principe une chose ; on le met à la torture lorsque, dans un procès, on a besoin

Relief D Athènes (art populaire). — • Devant Asklépios, campé avec bonhomie, et Hygie sa fille, se présentent d’humbles suppliants de tout âge et de tout sexe, qui ont plus confiance en lui que dans les

médecins. Cl. Giraudon.

de son témoignage. Pourtant la loi le protège, interdit au maître de le tuer; en cas de sévices, il trouve un asile dans certains sanctuaires, et on ne le rend au maître que sous serment de le ménager.

LES AFFRANCHIS. — - C’est quelquefois l’État, généralement un particulier, qui libère son esclave, ou bien celui-ci se rachète à l’aide du pécule qu’on lui a permis d’amasser. L’affranchissement a lieu par testament, ou par une déclaration officielle, ou encore par vente à une divinité. L’affranchi conserve des devoirs, mais très réduits, envers le maître; il retombera en servitude s’il y manque. Ce n’est pas un citoyen; à Athènes, il compte parmi les métèques.

LES ÉTRANGERS DOMICILIÉS. — On les nomme métèques en Attique; ailleurs, d’un terme analogue. Très nombreux dans les États ioniens, ils s’occupent d’industrie et de commerce, n’ont aucun droit civil ou politique, aucune propriété foncière, sont astreints à toutes les obligations des citoyens, service militaire, impôts et liturgies, et paient encore une taxe supplémentaire. Il leur faut un prostate ou répondant, sans quoi l’esclavage les guette. Ils jouissent en fait d’une importante situation à Athènes, ville accueillante, et obtiennent Visotélie, ou assimilation aux citoyens, quand ils ont consenti une libéralité à l’État ou corrompu quelque orateur influent.

LES CITOYENS. — Ceux-ci sont tous en principe sur le même rang, mais la plénitude des droits civils, religieux, politiques n’appartient qu’aux fils légitimes; les bâtards sont frappés de certaines incapacités, successorales par exemple.

En pratique, la situation réelle d’un citoyen dépend, dans les pays à gouvernement populaire, de sa fortune; dans les aristocraties, de sa naissance.

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