‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 80 sur 344 · SG · texte numérisé non relu

SG

.(d'xi

^cS

VQJ

cr

iM

CT

Uf

CS

cQ

* "" es

CS

Vh '

TJ

CT

LES ARTS ET LES LETTRES

mettent de contrôler les données des auteurs sur l’évolution de la grande peinture, complètement et irrémédiablement perdue. La figure rouge affirme aussitôt le but essentiel de l’art attique ; camper l’être humain, impersonnel, tout juste défini quant à sa race et à sa condition sociale, dans ses occupations quotidiennes. Ce répertoire s’étale surtout sur les coupes à boire; les sujets religieux se réfugient sur les grands vases. Des légendes mythiques, Chachrylion, Phintias, Euphronios, Euthymidès, Douris, Hiéron et Brygos tirent encore des chefs-d’œuvre dans une note de plus en plus humaine.

La couleur est secondaire par rapport au dessin, exécuté très vite, d’un trait pur et définitif. Le peintre prend ses sujets dans des cahiers de modèles, peu soucieux qu’il est de les renouveler; il soigne la composition et le mouvement. Il ne s’en tient plus à la représentation de profil ; la découverte des raccourcis a émancipé sa main. Il sait souligner la musculature, indiquer les transparences, faire sentir, par les parties ombrées, la convexité du plan fuyant.

Les grands cratères du troisième quart du V® siècle nous aident à nous représenter les conquêtes techniques de trois grands peintres d’alors : Panainos, Micon et surtout Polygnote; dans les grands sujets mythiques et nationaux, ils avaient su introduire un intérêt psychologique et moral, masser les personnages, les répartir en plusieurs groupes, sur plusieurs plans, san compromettre l’unité.

Parallèlement à la figure rouge, on cultivait la peinture sur fond blanc, appliquée principalement à des vases allongés, attiques exclusivement, les lécythes. Ayant un rôle dans le culte des morts, ils portent des sujets funéraires dessinés d’un simple trait rougeâtre ; offrande à la stèle, lamentation des parents en deuil, toilette du mort, mise au tombeau, Charon dans sa barque. Il y a là de petits chefs-d’œuvre que pouvaient s’offrir les bourses modestes.

Au plus brillant essor succéda brusquement la décadence. La guerre du Péloponnèse ferma le marché étrusque : les enrôlements des métèques, la peste de 430, les incursions ennemies, tout cela eut pour suite une exécution hâtive et simplifiée. L’Italie méridionale, qui déjà imitait les articles importés, multiplie ses fabriques en Campanie, Lucanie, Apulie; il en sort de grands vases aux formes ambitieuses, au décor surchargé abusant des rehauts de couleur. Athènes cherche alors de nouveaux débouchés, dans les îles, en Cyrénaïque, sur le Pont-Euxin, essaie de nouveaux types plus réduits, relevés par une polychromie abondante, des applications de feuilles d’or, combine enfin la peinture avec le relief. Mais ce sont les derniers feux jetés par son génie céramique; cet art fut le premier à s’éteindre.

LES ARTS MINEURS. — Il ne nous reste rien de la mosaïque, ni des étoffes, ni du travail du bois. Les petits bronzes imitent de très près la grande statuaire; encore n’avons-nous que peu de spécimens des V''-\'I® siècles.

La joaillerie hellénique est mal connue; nous ignorons la technique du granulé, par adhérence à une feuille d’or de perles minuscules du même métal ; le procédé du tissage en fils d’or nous échappe pareillement. La plupart des bijoux grecs de l’époque classique viennent de l’Étrurie ou du Bosphore cimmérien; quelquesuns étaient des ornements de parade pour les défunts; les autres, portés par les vivants, comprennent ; diadèmes de femmes, couronnes, colliers, bracelets, fibules, rondelles à coudre sur les vête¬

MÉTOPE du PartHÉNON. — Centaure et Lapithe. Ce corps nu, musclé et svelte, s’enlève en pleine lumière sur la draperie du fond, aux plis harmonieusement disposés. Cl. Mansell.

ments. La variété est grande, le travail très poussé; les orfèvres exécutaient de véritables tableaux sur des champs d'une étroitesse incroyable. Les miroirs étaient faits d’un disque de métal, poli sur une face, gravé au burin sur l’autre, et muni d’un manche en figurine à piédestal. On en faisait aussi de deux disques emboîtés : l’un, formant couvercle, procurait une glace par sa face interne, l’autre servait de base.

La glyptique, à partir de la fin du V® siècle, fournit de nombreux spécimens à nos collections modernes; elle a consacré quelques réputations universelles. L’art monétaire atteint sa perfection au IV® siècle. On reste stupéfait de l’insignifiance relative des monnaies d’Athènes et de leur monotonie. Les types numismatiques les plus achevés doivent être cherchés en Élide et surtout en Sicile; basreliefs en miniature, où tout est admirable, composition, style et métier, ces pièces n’ont jamais et nulle part été surpassées. Notons que, chez les Grecs, monnaie et médaille se confondent; pour ce peuple, le beau ne se sépare pas de l’utile.

Page 1