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a ^ ] Altérées } Siamoise.
Tendant au dissylla- , bisme ( Himalaye
Barmane....
Thibélaines...
nnes.
De transition avec ten-
Otomi
Dravidiennes (nord)..
dance au monosylla-
. . j Dravidiennes (sud).
[ Hottentotes..
/ Américaines.
Ougro-japonaisies . . .
Banlou
Pures { Étliiopiennes
Êgypto-^optes
Australiennes
\ Malayo-polynésiennes.
De transition avec ten- ( ^^^^^
dance à la flexion . . . ( Caucasiennes. . . .
Sémitiques,
Indo-européennes .
Irano-caucasiennes.
Aryennes pures. . . .
l Iraniennes pures. . .
/ Slaves
I Germaniques
I Gréco-latines. ......
\ Celtiques
CAItACTKRES INTKLLKCTL KLS. 23.*;
Mais, môme dans ce cas, il se produit souvent une pénétration réciproque. Il y a pour ainsi dire métissage au point de vue linguistique comme au point de vue physique et physiologique. Et, lorsque, après un temps plus ou moins long, la race métisse s'est assise, alors que les traits du visage et du corps peuvent faire croire à une unité ethnique primitive, l'analyse du langage permet, dans bien des cas, de remonter aux éléments dont le mélange a produit le résultat final. Comme exemple, je citerai les Malais proprement dits (voir le chapitre XIX). Tous les polygénistes en ont fait une de leurs espèces^ et bien des monogénistes les ont regardés comme une de leurs races principales. En réalité, c'est une population très mélangée qui s*est uniformisée jusqu'à un certain point à la suite de l'impulsion produite par l'islamisme. C'est ce qu'atteste l'examen des tôtes osseuses ; c'est ce que montrait déjà l'analyse du vocabulaire faite par Ritter. Sur 100 mots, la langue' malaise n'en compte que 27 qui lui appartiennent en propre : 50 sont polynésiens, 16 sanscrits, 3 arabes et 2 javanais.
II. — Tous les linguistes s'accordent à partager les langues humaines en trois groupes fondamentaux : les langues monosyllabiques, agglutinatives et à flexion. J'ai rappelé déjà les rapports généraux qui existent entre ces groupes linguistiques et les trois types physiques de l'humanité. Mais, pas plus dans un cas que dans l'autre, il n'y a de distinction absolue, et les classifications que l'on peut chercher à établir sur le papier ne sauraient traduire complètement la réahté. Lorsqu'on dispose les langues en tableaux dressés d'après les résultats admis par les maîtres en linguistique, lorsqu'on représente par des lignes les rapports indiqués par eux, on retrouve ici la fusion et l'entre-croisement des caractères, aussi bien que lorsqu'on étudie l'extérieur ou le squelette du corps humain.
On peut juger de ce fait par les planches schématiques ci-jointes, où j'ai cherché à représenter quelques-uns de ces rapports (pi. 111 et IV). Il est facile de se convaincre, ne fût-ce qu'en parcourant l'ouvrage de M. Maury, que je suis loin d'avoir reproduit tous les rapprochements reconnus par les Hngiiistes. En outre, un très petit nombre de groupes de langues figurent dans ces schémas et il est évident que si j'étais descendu à plus de détails, l'enchevêtrement eût été encore bien autrement marqué.
On pourrait chercher dans les faits de cette nature un argument en
faveur du monogéiiisme. Mais les polygénisles pourraient invoquer d'autre part \ irréductibilité Clq certaines langues, c'est-à-dire Timpossibilité où Ton semble se trouver encore de ramener à une souche commune la totalité des langages humains. En réalité, ce n'est donc pas dans l'étude de la linguistique qu'il faut aller chercher des preuves pour ou contre le monogénisme. Un maître, dont le témoignage a ici une double valeur, Whitney, s'est nettement prononcé sur ce point. Quoique admettant Texistencc de familles linguistiques jusqu'à ce jour isolées de toutes les autres, il ne tire pas de ce fait un argument en faveur des origines multiples des divers groupes humains, comme l'ont fait quelques linguistes. « La science linguistique, dit-il, ne prouvera jamais que la race humaine n'a formé à l'origine qu'une seule et môme
société Elle ne peut point se porter garante de la diversité des
races. »
Aux raisons invoquées par Whitney, on peut, ce me semble, ajouter une considération sérieuse. Les langues, on le sait, ne sont pas immortelles. Combien ont dû disparaître sans laisser de monuments analogues à ceux qui nous ont conservé le sanscrit, l'égyptien et le latin luimôme ! Une foule de rapports qui ont dû exister jadis, nous resteront donc à jamais inconnus; et la linguistique comparée, ne pouvant remplir ces lacunes, est par cela même impuissante pour interpréter dans un sens ou dans l'autre V irréductibilité àe certains groupes de langage.
L'écriture, qui fixe la parole, ne fournit pourtant pas de véritable caractère ethnologique. Inventée sur un fort petit nombre de points, elle s'est communiquée de proche en proche et par imitation, si bien que des races fort différentes emploient les mômes lettres. Toutefois, la multiplicité, la variété, la filiation des alphabets sont une source d'indications précieuses pour l'ethnologiste et peuvent mettre sur la voie de relations oubliées entre des groupes aujourd'hui plus ou moins éloignés.
III. — L'état social, qui se rattache évidemment aux facultés intellectuelles, accuse essentiellement le développement local de ces facultés; mais il n'est pas, à vrai dire, un caractère de race. On sait comment il se transforme, soit plus ou moins spontanément, soit à la suite d'une initiation venue du dehors.
Les considérations tirées de l'état social nous montrent dans les trois types humains fondamentaux des prédispositions identiques. En ra-
menant cet état à ses formes élémentaires principales, on peut partager les peuples en chasseurs ou pécheurs, en pasteurs, en agriculteurs. Les nations les plus avancées ont, selon toute apparence, passé par ces trois étapes avant d'atteindre le haut degré de civilisation que nous leur connaissons. Toujours est-il qu'aujourd'hui encore on trouve, sur la côte occidentale de T Amérique du Nord, des Blancs qui se sont arrêtés à Tétai de pécheurs, et que des tribus entières d'Arabes en sont encore à l'état pastoral. Chez les Jaunes, les Tongouses de la Daourie sont peut-être le typt; le plus complet des chasseurs, comme les hordes de l'Asie centrale le sont des pasteurs et les Chinois des agriculteurs. Chez les Nègres, enfin, les Tasmaniens, éteints de nos jours, étaient exclusivement chasseurs et pécheurs ; les Négritos des Andamans en sont encore au même point ; les Cafres sont essentiellement pasteurs et les Guinéens cultivateurs.
De ces faits, il résulte clairement qu'au point de vue social, il n'y a pas entre les races humaines ces différences radicales admises a priori par trop d'anthropologistes. D'une part, le Blanc existe encore aujourd'hui à l'état sauvage ; et d'autre part, maintes populations, bien souvent déclarées incapables de civilisation, ont donné un éclatant démenti à cette assertion. Il suffit de rappeler ces propriétaires iroquois qui voyagent dans leur cabriolet, qui ont un piano dans leur ferme, et ces écoles de Cattaraugus ou de New-York où professent des Peaux- Rouges. S'il se trouve bon nombre de métis parmi ces hommes qui ont su prendre une place au miheu des classes intelligentes de la société blanche, il en est d'autres dans les veines desquels le sang des anciens sauvages a conservé toute sa pureté. Tel est ce clergyînmi, ce membre de l'Église d'Angleterre dont a parlé M. Simonin; par sa naissance, c'est un pur Indien de la tribu des Cris, ce qui ne l'a pas empêché de devenir un prédicateur populaire et respecté.
Il n'en est pas moins vrai qu'en soutenant l'égalité des races, en particulier Tégalité du Nègre d'Afrique et du Blanc européen, les philanthropes négrophiles sont tombés dans une erreur manifeste. Pas plus chez nous que chez les animaux ou les plantes, les races formées sous des influences très nombreuses et très diverses ne pouvaient rester toutes égales. Il en est qui, quoique différant les unes des autres par leurs aptitudes et la direction de leur développement, restent équivalentes entre elles ; il en est de supérieures et d'inférieures. Mais celles-
ci peuvent se relever et dépasser leurs aînées. Notre propre histoire Tatleste. Nous étions encore de vrais sauvages quand les Egyptiens élevaient les temples qui nous émerveillent, et quand les Chinois connaissaient la boussole.
IV. — La variété, les divers degrés de civilisation, s'accusant par les institutions et les mœurs, fournissent à l'ethnologie des données parfois
FiG. 183. — Hache en pierre des Canaries, Fio, 18*. — Hache en pierre de Porlo-Rico, demi-grandeur. (Musée du Trocadéro.) demi-grandeor. (Musée du Trocadéro.)
très précieuses. Les produits de l'industrie et de Tart ont, à ce point de vue, une importance bien plus grande encore. A peine est-il besoin de rappeler que, grâce à eux, on a pu remonter au-delà de Thistoire et retrouver le passé des plus antiques populations. Bien souvent aussi ils nous ont fourni les renseignements les plus inattendus sur les anciens rapports, môme accidentels, ayant existé entre des populations séparées par de vastes espaces, sur les origines ethniques communes de peuples en apparence isolés. En rencontrant près de Caxamarea un de ces villages à maisons superposées auxquels on a donné le nom de Pueblos^ on est naturellement amené à penser que les anciennes po-
CARACTÈRES INTELLECTUELS. i39
pulations puéblécnnes ont autrefois atteint le Pérou ; en découvrant dans plusieurs Antilles des haches en pierre, qui reproduisent exacUîment celle des Canaries (fig. 183) ou qui s'écartent à peine de ce type (fig. 184); en constatant avec M. Verneau que les Mexicains connaissaient les pintaderas aussi bien que les Guanches, en reconnaissant que les uns et les autres les fabriquaient également en terre cuite et les couvraient de figures ayant le même caractère, qu'elles s'imprimaient sur la peau; en trouvant ces singuliers cachets dans la vallée dtî Mexico (fig. 190 à 194) tout comme aux Canaries (fig. 185 à 189), il est bien difficile de ne pas voir, dans l'usage d'une parure si spéciale obtenue par des procédés identiques, la preuve que Tune de ces deax populations est la fille de l'autre ; et l'on est par conséquent conduit à admettre que les insulaires de la côte d'Afrique sont arrivés jadis dans le golfe du Mexique. Aussi est-ce à bon droit que V ethnographie a pris une importance chaqut» jour croissante et constituera bientôt une branche spéciale des études anthropologiques.
Toutefois, il en est des documents empruntés à cet ordre de fails comme de ceux que fournit la linguistique, il faut souvent en user avec réserve et ne pas trop se hâter de conclure. Quand il s'agit de populations primitives arrêtées au môme degré de développement social, éprouvant par suite les mêmes besoins et ayant sous la main des moyens analogues pour y satisfaire, les industries, encore toutes rudimentaires, ne peuvent que se ressembler beaucoup, lors même que ces populations sont ethnologiquement fort différentes. Dans l'ancien continent, les hommes néolithiques ont taillé la pierre à bien peu près de la même façon, qu'ils fussent brachycéphales ou dolichocéphales. En Amérique, Lund paraît regarder les haches de combat employées par l'homme de Lagoa-Santa comme semblables de tout point à celles de nos ancêtres de l'âge de la pierre; et pourtant, nous savons que cette race différait de toutes ses contemporaines de l'ancien monde.
V. — C'est principalement à propos des questions de chronologie (.'t de synchronisme que l'on doit user avec réserve des données ethnographiques.
Lorsque, sous l'empire de croyances plus ou moins motivées, on s'est habitué à regarder une industrie quelconque comme n'ayant pu apparaître qu'à une certaine époque, on est facilement entraîné à reporter à cette époque l'existence de toute population qui l'a mise
Fio. 186.
Fio. 188.
Fio. 189.
Fia. 100.
FiG. 191.
Fio. IW.
Fio. 103.
FiG. 194.
FiG. 185 à 189. — Piutaderas de la Gruudo Canarie. — Fio. 190 à 194. Pintaderas de la vallée de Mexico.
Fio. 197. ^ Flèche simple. (Man.)
FiG 193.— Flè- Fio. 196.- Flèche avec sali- che avec sa gnequisedé- ligne entouroule. (Man.) lée. (Man.)
FiG. 198. — Harpon à tortues de mer. (Man.)
FiG. ÎOO. — Tresse du panier, grandeur naturelle.
(Man.)
FiG.