CHAPITRE I
Observations sur l'origine et les progrès de la compagnie royale d'Afrique en Angleterre.
Le ^premier commerce des Anglais sur les côtes d'Afrique fut l'entreprise de quelques aventuriers, sans la participation du gouvernement. En i585 et i588, la reine Elisabeth accorda deux patentes, à la prière de plusieurs riches négociants: l'une pour le commerce de Maroc et de Barbarie ; l'autre pour celui de Guinée, entre les rivières du Sénégal et de la Gambie. En 1 692 on en obtint une troisième , qui regardait les cotes , depuis la rivière de Nuno ou Nunez (i), jusqu'au sud de Sierra-Leone. Mais, soit que ces compagnies eussent abandonné leur entreprise,, ou que le commerce fût affaibli (2), le roi
(i) Voy. ci -dessus, t. 1, liv. m.
(a) On trouve à la fin de la M^criptiûn de la Guinée ^ par Barbot, (Churchill, t. v, p. 665), un n)émoù*e sur le commerce d'Afrique, antérieurement i. Tannée 1697, suivi du résumé d'un autre mémoire sur le même sujet , depuis 1697 jusqu'à 1707.
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a 74 ÉTABUSSEMENTS
Jacques P', dans la seizième année de son règne, accorda une nouvelle charte, sous le grand sceau d'Angleterre, à sir Robert Rich, et d'autres marchands de Londres, avec un pouvoir exclusif qui avait beaueoup plus de force et d'étendue que dans les concessions précédentes. Cependant cette nouvelle compagnie essuya tant de pertes, qu'elle fut bientôt fatiguée de son commerce. Ce fut alors que les Hollandais commencèrent à vouloir entrer en partage des richesses d'un autre hémisphère avec les Portugais. Cet , exemple excita quelques marchands anglais à représenter au roi Jacques de quelle importance il était pour leur patrie de ne pas négliger un objet de cette importance. Nicolas Crisp , Humphry Hamey et leur compagnie , obtinrent une charte semblable aux preiniéres.
En i65i , cette faveur fut renouvelée et confirmée à Rowlan Wilson et plusieurs autres , par la république d'Angleterre. Mais, dans la confusion de ce malheureux temps , les Hollandais et les Danois saisirent l'occasion de se fortifier sur les côtes d'Afrique; de sorte qu'outre la perte de ses possessions , la compagnie anglaise eut le malheur de voir ses fonds ruinés; et les particuliers mêmes, qui continuaient le même commerce, perdirent en vaisseaux et marchandises (i) jusqu'à la valeur de 3oo,ooo livres sterling. Le parlement d'Angleterre, sur le^ représentations qu'on lui fit en 1664, prit la résolution de s'adresser au roi Charles II cour lui demander le ré-
(l) Un mémoire de l'année 1744» intitulé Importance de la oom-' pagnie d'Afrique y met huit cent mille livres.