DES ANGLAIS EN AFRIQUE
tablissement du commerce et l'abaissement de l'orgueil hollandais. Mais la guerre de i665 empêcha l'effet de ces remontrances. Cependant le même prince avait accordé, dès l'année 1662, à une nouvelle compagnie, sous le titre de Compagnie royale d'Angleterre en Afrique (i), une charte qui établissait les limites de Son commerce depuis l'entrée du détroit jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Cette compagnie, qui n'était que dans l'enfance au commencement de la guerre, eut beaucoup à souffrir des déprédations de Ruyter, qui lui enleva le château de Cormantin, le fort de Takorari, ou Tocoravi (2), et la valeur de 200,000 livres sterling en vaisseaux et en marchandises.
Cependant elle tint ferme en Afrique ; et j par le troisième article du traité de Breda, en 1667, chacun devait obtenir la restitution des lieux qu'il y avait possédés avant la guerre. Mais comme les affaires de la compagnie étaient en fort mauvais état, elle consentit, pour une somme d'argent, à remettre sa charte au roi ; et ce prince établit immédiatement la compagnie royale d'Afrique, qui n'a pas cessé de subsister jusqu'aujourd'hui. Ses lettres patentes, ou sa charte j sont du 27 septembre 1678, et les limites de son commerce , depuis le cap de Salé, au sud de Barbarie, jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Quoique cette compagnie n'eût pas commencé avec d'autres fonds que 1 1 0,000 livrés sterling, ses efforts furent si heu-
(i) Barbot, ubl sup., p. 666.
(a) Près de Sacondé, et à l'est du cap des Trois-Poiutes. Le premier nom est celui de la carte de Guinée de d'Anville , et le second est celui qui est dans Churchill, t. v, p. 666. Purdy écrit Tacorady.