CHAPITRE m
Voyage du capitaine Richard Jobson , pour la découverte de la rivière de Gambie , et du commerce d'or de Tombuto , ou Tombouctou , précédé du voyage de Thompson.
On nous a conservé deux mémoires qui appartiennent à ce voyage; l'un qui en est le journal (1), et qui contient le passage du capitaine Jobson d'Angleterre à la Gambie, avec sa navigation sur cette rivière jusqu'à Tenda ; l'autre , qui est la relation de
(i) Il porte le titre de Golden trade , etc.
DE THOMPSON (1618). 3îi3
ses entreprises pendant le séjour quil fit dans cette contrée, et qui renferme une description de ses habitants, avec l'histoire naturelle du pays. La première de ces deux pièces fut publiée en 162 3 par Jobson même; elle contient cent soixante-six pages in-4'*, sans y comprendre une épître au gouverneur et à la compagnie de Ginney et Binney, c'est-à-dire de Guinée et de Bénin.
Trois ans après, Purchass (i) inséra dans sa collection l'extrait de ce journal de Jobson , qui n'avait jamais été publié. Il y avait déjà long-temps que la rivière de Gambie était connue deis Portugais. Ils y avaient uji commerce établi depuis le temps de Càda-Mosto. Les Anglais connaissaient aussi cette rivière depuis le milieu du seizième siècle; mais c'était seulement par des voyages de quelques marchands particuliers , qui , n'ayant pas été capables de penser à des établissements , ni de pousser leurs découvertes, avaient abandonné leurs entreprises. Ce ne fut qu'en 1618 que plusieurs négociants de I^ondres formèrent une compagnie , dans l'unique vue d'étendre de ce côté-là le commerce de l'Angleterre. Ils avaient appris des anciens historiens, que l'Ethiopie et les parties méridionales de l'Afrique étaient des régions remplies d'or. Jobson raconte qu'ayant pris diverses informations, ils surent de quelques autres Anglais qui exerçaient le commerce en Barbarie, que tout l'or des Maures leur venait de plusieurs pays fort
(i) Voyez Purchass' s Pilgrimage, t. ii, p. i567. Le titre de cette feuiUe est: A true Relation, etc. , c'est-à-dire véritable relation du voyage de M. Richard Jobson , etc. , extraite de son grand Journal.
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éUÀfpés dans le coatioenl de TAfirique, cl passait par dTnnmefÈies déserts. Ce récît poraissaDt ooufinner le tànoignage des anciens, ils coodnrait qœ b terre d'Or derait être quelque part an sod de Maroc; sans quoi les marchands de la Mëdîterraiiee annûcnt ea làdessus qœlqoes hnnières. Tel fiit le premier fiMidement sur lequel ik rës<Jorent d'aller à la déconcerte du commerce de For, et de commencer par les rivières qni Tiennent se perdre dans FOoéan sor b côte sod-ooest de TAfirique ( i ..
En 1618, c'est-à-dire b même année cplls obtinrmt leur diarte, ik firent partir b Catherine, bâtiment de coït vingt tonneaux, sous b conduite de George Thompson , qui avait Êiit pendant longtemps le comn^rce en Barbarie. La cargaison montait à b valeur de 1,857 U^^*"^ sterling. H avait ordre d'entrer dans b rivière de Gambie, et de laisser son vaisseau dans quelque port commode pour remimter avec les chaloupes. Il suivit ses iustructions; mais, dans son absence, le vaisseau qu'il avait laissé derrière lui à Cassan (2) fut saisi, et tout l'équipage massacré par un petit nombre de Portugais et de mulâtres qui avaient été reçus à bord. Thonqison pénâ:rafi3rt loin dans b rivière, et, trouvant, avec beaucoup de douceur dans les habitants , des apparences extrêmement Êivorables au cmnmerce, il y forma un établissement, sans être découragé par l'infortune de
(1) Voyez le Jobsons Golden trade, p. 3 et stÛT. {1) CaMan e%x dans le royaume da bas Yani, à pea de <iistaiice à Test de Yanimareu.