CHAPITRE V
Voyages de François Moore dans les parties intérieures de l'Afrique , contenant la description des pays et des habitants. 4
C'est de l'auteur même qu'on apprend les motifs qui l'ont porté à publier son ouvrage. Pendant qu'il se trouvait sur la Gambie , il faisait le journal de ce qui se passait sous ses yeux , moins dans la vue de le donner au public, que pour se former l'esprit, et fixer les événements dans sa mémoire. Il était alors fort jeune, avec trop peu de loisir et d'habileté pour faire des observations dignes du monde savant. Mais il assure que ce qui lui manque du côté des lumières est compensé par beaucoup d'exactitude et de bonne foi. A son retour en Angleterre, l'auteur se laissa persuader de mettre au jour sa relation , surtout parce qu'elle contient la description des parties intérieures de l'Afrique, pays peu connu, ou qui ne l'était que par des itlations suspectes, dont tout le monde voulait approfondir la vérité.
Moore a joint à son journal celui du capitaine Stibbs , avec quelques extraits des historiens et des géographes anciens, tels qu'Hérodote, Edrisi (i),
(i) Voyez l'article Edrisi, dans la Biographie unkerselh.
4l2 YÛTAGS
Léon surnommé l'Africain, et Ludolphe, auteur de lUistoii'e d'Abyssiuie. Ces passages , qui regardent le Niger et le Nil , doivent servir, dans les vues de Moore , à nourrir l'ardeur et l'émulation pour les découvertes. Il observe que s'il avait eu ces auteurs en Afrique, ils lui auraient servi de guides dans ses recherches, et l'auraient mis en état de rendre un meilleur compte de tout ce qui fait l'objet de ses remarques. Aussi paraît-il que les notes dont son ouvrage est enrichi n'ont été composées qu'en Europe, sur la lecture des écrivains dont il regrette d'avoir été si mal pourvu dans son voyage. Il s'efforce, dans ces notes, de découvrir les noms modernes des lieux qu'il a trouvés dans I^ livres anciens.
Il promet une lettre du général Rogers sur l'idée que les nègres ont de certains lacs d'où ils font sortir la rivière de &ambie. Mais, cette pièce s'étant égarée, il ne put se la procurer des Secrétaires de la compagnie, quoiqu'ils lui eussent accordé des extraits de plusieurs mémoires qui regardent le commerce des gomtnes. Outre la préface, dans laquelle Moore expose ainsi les fondements de sa relation, on trouve à la tête de l'ouvrage, qui est dédié au duc de Montagu, une lettre de fort bonne main , qui contient une vue générale de l'Afrique et de ses habitants», avec la conquête de la Barbarie par les Arabes , et des royaumes nègres par les Maures. L'auteur de cette lettre , homme très-érudit, nous apprend, sur le témoignage de l'amiral Ferez, alors ambassadeur de Maroc à Londres, que la ville de Tombuto existe réellement; q^u'elle est soumise à l'empereur de Maroc; qu'elle est
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gouvernée au nom de ce prince par un bacba, qui est généralement de la race des anciens rois du pays ; et que la plus grande partie de l'armée des nègres, qui a fait dans ces derniers temps une figure si éclatante dans cet empire , où elle faisait les empereurs et les déposait à son gré , avait été levée à Tombuto (Tombouctou), et tirait ses recrues de cette ville. Il dit (i) que la race du désert des Sanhagia (ce sont les Zanagbi de Léon l'Africain (2), et les Azanaghi de Cà-da-Mosto) (3) eut beaucoup de facilité à subjuguer les nègres, parce qu'ils sont montés sur des chevaux, portent des cottfô de mailles et des armures en fer, et qu'ils ont des cimeterres, des lances et des flèches armées de fer. Nous ignorons où l'auteur de la lettre a puisé ce fait curieux, et s'il le doit aussi aux renseignements qui lui furent donnés par l'ambassadeur anglais à Maroc; mais on doit se rappeler que Cà-da- Mosto nous apprend de son côté, dans sa relation, que les Azanaghi ou Sanaghi ont l'habitude de se couvrir le menton et la bouche. Ces deux faits caractéristiques se retrouvent dans plusieurs des habitants actuels du Bournou, tels qu'ils nous sont dépeints dans la relation récente de MM. Denham et Clapperton (4). On doit donc présumer que c'est cette race des Zanagbi qui domine aujourd'hui au Bournou.
On lit. aussi, dans la même lettre, que la carte de
(0 Page 5.
(a) Ramusio, i663, in-folio, p. 62.
(3) Ibid., p. î07 et io8..
(4) Narrative of travels and discoveries in northern and central Afric<i,*i826, iii-4**,p. 64 et 279, pi. 20 et pi. 3i.
4l4 VOYAGE
la Gambie^ donnée par Moore, est composée d'après divers plans levés sur les lieux par le capitaine John Leacli.
Outre le journal de Stibbs et les extraits dont nous avons parlé, Moore a joint à sa relation un assez grand nombre de pièces et de documents dont nous avons profité dans l'analyse de ses voyages.
Quant à sa relation particulière , elle est en forme de journal, c'est-à-dire avec un mélange qui présente ensemble les matières les plus opposées, suivant l'occasion que l'auteur avait de les écrire. Cette méthode, ou plutôt ce défaut de méthode, rendant la narration fort sèche et fort confuse, on a pris le parti de ranger ici chaque sujet dans l'ordre qui lui appartient, et de diviser l'ouvrage en deux parties: l'une qui contient le voyage de l'auteur depuis l'Angleterre jusqu'à l'île James, et les événements dont il fut témoin pendant le séjour qu'il fit dans cette île; l'autre qui regarde ses divers voyages d'un comptoir à l'autre , et ses observations dans toutes ces courses.
Au mois de juillet i73o, François Moore, après avoir fait connaître sa capacité par les preuves ordinaires, s'engagea pour trois ans au service de la compagnie royale d'Afrique , en qualité d'écrivain dans l'île James. Il partit de Londres, le 2 de septembre, pour s'embarquer à Gravesend , sur la Dépêche , vaisseau de la compagnie , commandé par le capitaine
HalU L'ayant trouvé parti pour les Dunes , îl se rendit par terre à Deal, où il fut reçu à bord. On mit à la voilele ïo , avec un temps favorable; mais on fut repoussé, la nuit suivante, par des vents impétueux, qui retinrent le vaisseau à l'ancre jusqu'au 18. Le 20, à la pointe du jour , on aperçut l'île d'Aldemey , à cinq lieues de distance. Le matin du jour suivant, on découvrit la haute terre de Plymouth, à six ou sept lieues. Le 2 d'octobre on essuya une violente tempête, qui dura jusqu'au 7. Cadix se trouvant le port le plus voisin , on prit le parti d'y relâcher. Il fallut s'y soumettre à la visite des officiers de santé ; et l'on acheta, par cette incommode cérémonie, la liberté de descendre au rivage.
Moore apprit que la garnison de la ville était composée de deux régiments. Mais il avait besoin de cet avis pour donner le nom de soldats à quelques misérables, accablés de misère et d'années, qui n'avaient pas la force de soutenir leurs armes. Les fruits , tels que lesponimes, le raisin et les grenades, étaient en abondance à Cadix , excellents et à bon marché. Le vin y était aussi fort bon , mais assez cher , puisqu'il se vendait quatre schellings le gallon ; le pain aigre et mal pétri. Moore eut l'occasion de voir deux enterrements qui n'avaient aucune ressemblance avec ceux d'Angleterre. Un des deux morts, après une messe chantée sur le cadavre , fut porté dans un cercueil couvert de peau , sous une voûte fort éloignée de l'église, oïl l'on ne voyait point de fosse, ni d'autres marques de sépulture , mais seulenient un amas de trois ou quatre cents têtes, rangées l'une sur l'autre,
4l6 VOYAGE
comme des boulets de canon dans un arsenal. L», les porteurs, secouant le corps sur leurs épaules , le jetèrent hors du cercueil, et sortirent avec tous les spectateurs, en fermant la porte, sans autre cérémonie.
L'autre mort fiit accompagné Jenvirôn cent prêtres, tous un flambeau à la main , et conduit dans l'église même, au bord d'un trou de deux pieds en carré, où les porteurs laissèrent glisser le cercueil , les pieds devant , et fermèrent aussitôt l'entrée. Moore jugea que c'était celle d'un caveau. On voit, par ce rédt, qu'il avait besoin de voyager pour acquérir un peu d'expérience.
Il observe qu'il est fort dangereux à Cadix de passer trop tard dans les rues pendant la nuit. Dans l'espace de six jours , deux personnes y furent assassinées. L'une d'elles était un Anglais. On l'exposa dans une place puÎ3lique, pour attendre qu'il fut reconnu, et pour recueillir de quoi fournir à son enterrement. Il avait été blessé d'un coup d'épée, qui, entrant par l'œil gauche, avait traversé le crâne. L'autre était un Espagnol.
Après avoir renouvelé leur provision d'eau et réparé leurs voiles, les Anglais partirent le i3; mais ils furent retardés plusieurs jours par le calme. Le ig, ils essuyèrent un tonnerre affreux , avec beaucoup d'éclairs et de pluie. Le 24 , une voie d'eau les mit en danger. Ils découvrirent le lendemain Palma, une des Canaries, à la distance d'environ six lieues. F^mo se présenta le jour suivant, dans un temps fort obscur. Le tonnerre et la pluie ne les abandonnèrent pas du* rant trois jours.
Le 2 de novembre, ils passèrent le tropique du
cancer, où ils virent l'oiseau i^ommé le tropique, remarquable par sa queue, qui est couiposée d'une seule plume. Ils furent amusés par la chasse des poissons volants, dont plusieurs volaient, à ce qu'ils crurent apercevoir, l'espace d'un demi-mille. Les dauphins sont leurs plus grands ennemis, et nagent avec tant de rapidité qu'ils les attrapent malgré la promptitude de leur vol. Ils prirent plusieurs de ces dauphins, en fabriquant de faux poissons volants , et en les agitant avec beaucoup de vélocité sur la surface de Teau (i). Le même jour, ils découvrirent la terre près du cap Blanc , à six lieues de distance. Le 6 , ils s'approchèrent de la cote vers l'embouchure du Sénégal, et le jouf suivant , ils se trouvèrent vis-à-vis lès deux monts du cap Vert. Le 9 , ils virent le cap Sainte- Marie, qui forme la pointe sud de la rivière de Gambie; et le soir du même jour, ils jetèrent l'ancre à l'embouchure de cette rivière. Enfin, le 10, ils entrèrent dans le canal , en côtoyant la rive. Le pays leur parut fort agréable , par le mélange des bois et des campagnes couvertes de riz, qui était alors dans sa plus belle verdure. Ils passèrent l'île Charles après midi , et le soir ils jetèrent l'ancre près de l'île James.
Le lendemain au lever du soleil , ils saluèrent le fort de sept coups de canon. On leur en rendit cinq. Les passagers descendirent aussitôt , et furent présentés au gouverneur. Moore fait ici la description de l'île , du fort et du pays sur les deux bords de la ri-
(ï) Moore, p. la.
ni. 27
4l8 VOYAGE
vière ; tnab elle n'ajoute rien à celle qu'on a déjà hie dans les relations précédentes (i).
Il fut logé commodément près du comptoir , avec les autres écrivains. Leur table était fort bien servie de provisions fraîches, car on tuait chaque jour un bœuf. Les nègres apportaient de la volaille au fort ; et ceux qui n aimaient pas le hcemf avai^it la liberté d'acheter à bas prix des poules , des canards et différentes sortes de gibier. Les légumes étaient fournis gratis, comme le bceuf et le pain, par les officiers de la compagnie, qui les tirai^it des jardins de Jilfray. Il y avait diuis le fort une provision de farine, un four et des boulangers , de sorte qu'on y avait du pain frais tous les jours. Les huîtres y étaient en abondance; et, pendant la basse marée, chacun en péchait soi-même aux pointes nord et nordrouest de Hie. Tje vinet Teaude-vie se vendaient à bon marché. Mais Fauteur conseille à ceux qui feront le même voyage de se pourvoir de lits, de coffires et d'habits.
Le 12 , Hairison , troisième ÊK^eur du compteur, partit sur la chaloupe l'Aventure , pour se rendre à Tankrowal, ville de la rive du sud, à douze li^ies de Jamesfort. Le 1 3, on vit arriver de Saint-Jago, une des îles du cap Vert , quelques maçons portugais qup le gouverneur avait demandés pour les réparations du fort. La nuit suivante, les sentinelles donnèrent vivement l'alarme à l'occasion de quelques efforts que les esclaves nègres avaient faits pour s'échapper. Les plus mutins furent chargés de chaînes ; et le chef de la
(c) D*aiUeurs il a été cité pour les confirmer.
DE MOORB (1730). 4*9
révolte , qui était tombé plus d'une fois dans la même faute , fut condamné à recevoir cent coups de fouet. Le 16, Hamilton, autre écrivain, arrivé sur le même vaisseau que Moore , reçut ordre de se rendre à Tankrowal à la suite d'Harrison , pour l'aider à l'établissement d'un petit comptoir, que le gouverneur voulait opposer aux entreprises d'Antoine Vos, Portugais. Ce négociant, qui était riche de 10,000 liv. sterling, faisait depuis long- temps un commerce particulier avec les vaisseaux anglais d'interlope.
Le l'y de novembre, on vit les flammes s'élever avec des tourbillons de fumée au-dessus du comptoir français d'Albreda. Le gouverneur de Jamesfort se hâta d'y porter du secours, accompagné de douze soldats. Mais leur assistance n'empêcha point que l'édifice ne fût fort endommagé, et qu'il ne pérît un esclave sous les ruines.
Le gouverneui' se rendit le 22 à Jerga, dans la rivière de Vintain ou Bintam pour y traiter, avec le roi, de l'établissement d'un nouveau comptoir. L'ancien édifice était en si mauvais état qu'il ne pou* vait plus être habité. On obtint du roi la permission de le rétablir; et Banks, un des secrétaires de la compagnie, fut nommé pour y faire sa résidence. Mais, dans ce voyage, un matelot qui se laissa tomber de la chaloupe, fut entraîné par Içs vagues. Le lendemain , son corps fut trouvé flottant, et ses compagnons prirent soin de l'enterrer sur la rive. Le 24 j on le retrouva fort loin de sa fosse , à demi dévoré par les loups. Il avait la tête, un bras, et la * moitié de l'estomac emportés , sans qu'on pût s'ima-
4aO VOYAGE
giner poui*quoi le reste du corps avait été plus épargné. On lui creusa une fosse plus profonde.
Moore était passé le 20 sur la rive du nord, pour visiter Saint-Domingo ( i ), village composé de quelques cabanes vis-à-vis du fort , et qui fournit de l'eau à l'ile James. De là il se rendit à Jilfray, qui en est éloigné d'un mille et demi , en traversant des prairies oïl l'herbe a sept ou kuit pieds de hauteur. Il vit en chemin quantité de lézards , qui avaient la tête aussi jaune que l'or. Le ^4 9 il alla , deux milles plus loin, jusqu'à Seaka (2), ville habitée par quelques Portugais. Ils y ont une église , mais dont ils font peu d'usage (3).
Le 3 de janvier 1731, Stoneham, capitaine du brigantin le Jean-Marie, vaisseau d'interlope, qui était arrivé trois jours auparavant , fut arrêté à Jilfray par les habitants, pour s'être dispensé de payer les droits ordinaires au roi de Barra. Lé gouverneur envoya l'enseigne du fort à son secours; mais on ne put obtenir sa liberté qu'en promettant de payer cent vingt barres. Le même jour après dîner , l'auteur , avec l'enseigne nommé Kerr, et deux ou trois soltlats, voulut faire l'essai de la chaloupe llle James, •qui avait été nouvellement lancée. Mais il s'éleva un vent si fort qu'ils faillirent d'être submergés. A leur retour, ils virent arriver au fort un jeune éléphant dont les nègres faisaient présent au gouverneur. On
(i) Saint-Domiogo ii*e»l pas sur la carte de d'AoTille , ni même sur celle de Moorcr.
(a) Chique sur la carte de d*AiiTille.
y) Moore, p. 54-
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apprit aussi la mort de Forbes, écrivain de Joar, après une courte maladie qui lui venait d'avoir bu avec excès. Le 10 , Moore accompagna le gouverneur dansune visite qu'il rendit à M. deTredillac, capitaine du Saint-Michel , vaisseau français qui était à l'ancre au port d'Albreda. Ils y furent retenus à souper, et ne revinrent qu'à la fin de la nuit.
Le 1 5, un secrétaire, nommé Rusling (i), qui, dans une maladie mortelle, ne put s'assujétir à garder sa chambre, fut emporté par la force du mal; mais plus effrayé des loup^que de la mort, il demanda instamment que sa fosse eût six pieds de profondeur , pour s'assurer en mourant de n'être pas dévoré par ces animaux carnassiers. Le jour suivant, le gouverneur, accompagné des capitaines Levinstone et Jenkins, de l'auteur, ,et de quelques autres Anglais, se rendit à bord du Succès, vaisseau du capitaine Cumins , qui était à l'embouchure de la rivière. En revenant le lendemain au soir, dans, la chaloupe l'Aventure, ils tombèrent sur les rocs de l'île Cliarles, oïl ils se trouvèrent tout d'un coup sur quatre brasses de fond. L'inquiétude leur ayant fait faire des. mouvements trop précipités , ils se virent aussitôt sur le roc, c'est-à-dire dans un danger qui augmentait à chaque moment. Tout le monde prêta la main au travail , sans excepter le gouverneur. On prit le parti* de soulager la chaloupe , en précipitant* dans les flots une provision de farine et la moitié du lest, Enfin s'étant dégagé du péril à minuit , on descendit dans
(i) Moore y p. 61,
4îia VOYAGE
nie pour y attendre le jour. Le matin, Moore et les autres tuèrent plusieurs oiseaux de mer, et découvrirent un cerisier, arbre fort rare dans le pays. Le fruit n'en était pas mûr; mais Tarbre et les feuilles ressemblaient parfaitement aux cerisiers d'Angleterre. Le 19 de février, on vit entrer dans la rivière un brigantin, avec pavillon français, qui portait M. Levans, directeur général des établissements de France au Sénégal. Il salua le fort de sept coups de canon , qui lui furent rendus dans le même nombre. Le jour suivant, il vint d'Albreda, où il ^ait jeté l'ancre, pour faire sa visite au gouverneur anglais. ïl dîna dans le fort avec tout son cortège; et le gouverneur s'étant rendu le jour d'après sur le bord français, y demeura jusqu'à minuit. Le a!2 , un des empereurs de Fonia (i), fit demander la permission de venir au fort. A son débarquement , il fut salué de cinq coups de canon, et reçu par le gouverneur, qui avait diverses raisons de le ménager. Son nom était Tassel. Il venait demander de la poudre et des balles , pour se défendre dans une guerre qu'il avait contre ses voisins. C'était un jeune homme fort noir et de trèsbelle taille. Il portait pour habit une espèce de hautde^hausses qui lui tombait jusqu'aux genoux, et une chemise de coton qui avait l'apparence d'un surplis. Ses jambes et ses pieds étaient nus; mais il avait la tête couverte d'un grand bonnet d'où pendait une queue blanche de chèvre. Il était venu dans un grand
(i) Foini, de la carte de d'AnTÎUe, à Tembouchure de la Gambie, sur la rive méridioDale.
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canot, avec une escorte de seize nègres, armés de fusils et de coutelas. Trois tambours mandingues marchaient devant lui, en battant d'une seule main; et trois femmes qui l'accompagnaient aussi, dan* saient vivement au son. Il passa la nuit dans le fort. IjC lendemain, à son dëpart, il fut salué de neuf coups de canon.
Labat nous apprend que le prince de Foigny ou Fonia, prend le titre d'empereur, et qu'il est reconnu dans cette qualité par les rois voisins, qui lui paient un tribut. Ses états n'ont pas beaucoup d'étendue, mais ils sont fort peuplés. Ses sujets sont industrieux et livrés au commerce. Le pays leur fournit les nécessités de la vie, avec assez d'abondance pour les partager avec leurs voisins. Les grains , les fruits, les racines et les légumes, y croissent de toutes parts, entre plusieurs belles rivières qui donnent de la fécondité au terroir. Le vin de palmier y est de la meilleure espèce, et se vend à fort bon marché. I^es bestiaux et la volaille n'y sont pas plus chers. On trouve dans les habitants de la douceur et de la civilité. Ils aiment les étrangers, et particulièremenrt les Français (i).
Le 28, Greague et Colwell, commandant du brigantin le Rubis, sortirent de la rivière pour faire voile à la cote d'Or, où ils eurent le malheur d'être taillés en pièces par les nègres. Colwell y périt , avec la plupart des matelots. Greague , s'étant jeté dans la chaloupe par la fenêtre de sa cabane , se sauva avec
(i) Labat, Jfrique occidentale y t. iv, p. 271.
un petit nègre qui le servait. Le 8 de mars, on fit présent de deux porcs^pics au gouverneur. Le même jour, un écrivain nommé Johnson fiit envoyé à Kolar dans le royaume de Barra, pour y établir un comptoir; mais n'y trouvant point autant d'ivoire, de cire , et de gomme qu'on Pavait espéré, la compagnie, qui soupçonna ses agents de quelque déÊiut de conduite, ordonna que cet établissement fût abandonné en 1733.
Moore se rendit le 4 d'avril à Jilfiray dans le royaume de Barra. Cest une ville assez grande sur le bord de la rivière, un peu au-dessous de l'île James. Elle est habitée par des Mandingues et par quelques maho^ métans qui y ont une assez jolie mosquée. Le comptoir anglais est dans une situation agréable. U y a plusieurs jardins qui fournissent des âruits et des légumes au fort.
Le gouverneur dtna le 18 au comptoir français d'Albreda. Moore donne une idée magnifique de cette fête. On servit à dîner soixante-treize plats , et plus de trente à souper. On tira dans cet intervalle plus dé deux cents coups de canon. Ce fut au bruit de cette brillante artillerie que la femme d'un Anglais nommé Cilmore, accoucha d'une fille; et Moore fait rem^ffquerque cette observation n'est pas inutile, parce que Ja mère et Yenfaskt s'étant conservés dans une par&ite santé, on d^neura persuadé, contre l'opinion vulgaire, que les femmes blanches peuvent accoucher dans cette partie de l'Afi-ique, sans qu'il leur en coûte la vie (i).
(i) Moore, p. 70.
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Le général français étant venu prendre congé des Anglais le 20, il fut salué de treize coups à son débarquement , et du même nombre à son départ. Le jour suivant, il mit à la voile pour Saint-Jago à bord du Duc-de-Bourbon. En passant devant le fort, il salua les Anglais de treize coups qui lui furent rendus.
Le 1 5 de mai , à la pointe du jour , Moore vit tomber de la pluie pour la première fois depuis qu'il avait pris terre en Afrique. Le soir du même jour, Lée, capitaine de la Perle, vaisseau de guerre arrivé à l'embouchure de la rivière ppur observer les pirates, aborda au fort dans sa chaloupe , et prit les informations qui regardaient son emploi. Le 20 de mai, au soir, Colling, serrurier du fort , s'étant enivré dans une partie de débauche , tira un coup de mousquet sur un officier , et le manqua ; mais la balle , après avoir failli d'en blesser deux autres, entra dans la salle oïl le gouverneur était en compagnie. Cette oiTense parut demander une punition exemplaire. Il fut enfermé dans une étroite prison , et chassé , la corde au cou , du service de la compagnie. On le fît partir, quelques jours après, sur le vaisseau la Guinée, qui faisait voile en Angleterre. Stibbs, second chef du comptoir, dont la santé avait beaucoup souffert du climat, prit la même occasion pour retourner dans sa patrie.
Le 4 de juin, laNymphe-de-Mer, chaloupe de la compagnie, revint du comptoir de Jereja (i). Elle avait été fort endominagée par le tonnerre, qui avait
(i) Cette orthographe est cooforme à celle de la carte de d'An ville. Moore écrit toujours Geregia.
4a6 VOYAGE •
brise son mât, mis le feu à son avant, et tué douze poules qui se trouvaient sur le tillac. L'auteur prend quelquefois soin d'oter l'air de puérilité qu'on pourrait trouver à ses remarques. Il observe ici que le tonnerre avait brisé les os des poules sans qu'il parût aucune trace de son passage à la peau. Le 29, il accompagna le gouverneur à Vintain , qui n'est qu'à six lieues de Jamesfort. Ils y arrivèrent en quatre heures. Cette ville est située sur la rivière du même nom. Elle appartient à l'empereur de Fonia. Sa situation est sur le penchant d'une colline , qui se termine au bord de la rivière. Elle est habitée par des Portugais et des mahométans. Sa mosquée, qui est beaucoup plus belle que son église, est couronnée d'un œuf d'autruche au sommet. Vintain reçoit des provisions en abondance , de la nation des Feloupes. Le canton produit beaucoup de cire ; unique motif qui a porté les Anglais, en 1780, à s'y former un comptoir. Âu^essus de la ville, il se trouve quelques arbres au milieu d'un beau tapis de verdure , ce qui rend la perspective fort agréable. Le gouverneur anglais y fut bien reçu de l'alkade et du peuple. L'empereur s'y rendit lui-même pour régler l'affaire du comptoir.
Moore observa les usages des habitants avec beaucoup de curiosité. L'habillement du peuple est une pagne de coton qui tombe de la ceinture jusqu'aux genoux , avec une autre pièce également informe qui leur couvre l'épaule droite. Tous les hommes ont le bras gauche nu. Mais les femmes sont entièrement couvertes , et leurs habits descendent jusqu'au-dessous du mollet. Elles prennent beaucoup de soin de leurs
DE MOORE (1731). l\%']
cheveux , qu'elles coupent en différentes formes ; et leur parure de tête n'est pas sans agrément. Les hommes ont des bonnets d'étoffes de coton , qu'ils ornent de plumes et de queues de chèvres. Leurs meubles ne sont pas fort recherchés. Ils consistent dans quelques petites armoires , qui contiennent leurs habits ; une natte soutenue de quelques plaHches, pour leur servir de lit ; un grand vase de terre où ils conservent de l'eau ; une ou deux calebasses , qui leur servent de tasses ; deux ou trois mortiers de bois , dans lesquels ils pilent leur blé ; quelques mannequins pour l'y renfermer , et deux ou trois grandes moitiés de calebasses qui leur servent de plats. Jls s'embarrassent si peu d'amasser des provisions, qu'ils vendent généralement ce qu'ils ont de superflu. Dans un temps de famine 9 ils sont capables de passer deux ou trois jours à jeun. L'auteur en fut témoin l'année d'après. Mais ils ne peuvent s'abstenir de fumer dans aucun temps. Ils cultivent eux-mêmes leur tabac. Leurs pipes sont d'une terre rougeâtre , c'est-à-dire la tête , qui est tournée assez proprement. Le tuyau est un roseau de cinq ou six pieds de long. Leurs marchands, qui voyagent beaucoup , portent des pipes qui tiendraient demi-pinte. Les maisons de Vintain ont sept ou huit toises de circonférence. Elles sont composées d'argile ou de terre grasse , et couvertes d'herbes ou de feuilles de palmier. Les portes en sont fort petites. Au lieu de tourner sur des gonds , elles coulent dans l'intérieur du mur. L'auteur trouva toutes les maisons fort nettes, mais infectées d'une odeur de poisson corrompu et d'autreè aliments*
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Le 2 de juillet , Moore partit de Ylntain avec le gouverneur pour se rendre par eau à Jereja. Ils furent^ accompagnes de Tempereur jusqu'à leur barque. Jereja (i) n'étant qu'à huit lieues de Yintain et quatorze de l'île James, ils y arrivèrent le soir. Cette ville^ où les Anglais ont un comptoir, est habitée par des Portugais et des nègres baguons. Le commerce y est fort avantageux pour la cire. Au long de la rivière,, le pays est agréable et propre à la chasse. Moore y. tua une oie sauvage qui pesait vingt livres, et un serpent vert de cinq pieds de long , qui était à dévorer un lézard. Le 5 , n'ayant pu trouver de chevaux pour voyager par terre, comme ils se l'étaient proposé, ils descendirent la rivière de Vintain dans leur barque, et remontèrent la Gambie jusqu'à Tankrowal. Cette ville est agréablement située sur la rive. Sa longueur est d'un demi-mille. Elle a par-derrière , à cinq cents pas de distance , une colline couverte de bois , qui règne l'espace de quelques milles au long de la rivière , et qui offre des promenades fort agréables dans les grandes chaleurs. Tankrowal est divisé en deux parties, l'une habitée par des Portugais, l'autre par des Mandingues. Les premiers, qui sont en assez grand nombre , ont une église , et un seul prêtre dont le
(i) Labat dit que Jereja n'est qu'à sept lieues de Yintain ; qu'il donne son nom à un royaume qui s'étend assez loin au sud, ou les Français et les Anglais ont des comptoirs, et que, dans les querelles des deux nations, l'empereuf ne manque jamais de les réconcilier, en prenant parti pour les plus faibles, parce qu'il trouve son intérêt à les entretenir en paix. Afrique occidentale, t. iv, p. 374.
DE MOÔRE {ï'J^l). ♦•4^9
ministère est annuel. Tous les ans il lui vieùt Un successeur de Saint-Jago. Le grand nombre de canots que les marchands de la ville emploient au commerce de la rivière, la ferait prendre pour un lieu extrêmement fréquenté. T^s maisons des Mandingues ressemblent à celles de Vintain. Celles des Portugais sont carrées et fort commodes. Le gouverneur anglais , après avoir passé quatre jours au comptoir , rentra dans sa barque pour retourner à Jamesfort ; mais un de ces orages que les Portugais nomment tornado , le força de relâcher à la pointe de Seaka, à six milles de l'île James.
Le 19 de juillet, Verman (i), célèbre négociant de Cacheo, qui s'était rendu par terre à Jereja, vint conférer sur les affaires du commerce avec le gouver^ neur. Le i3 d'août , une jeune esclave, qui était à se laver les pieds sur le bord de la rivière, fut emportée par un requin.
Le ^4 d'août, Moore reçut ordre du gouverneur d'aller résider quelque temps à Joar, pour y apprendre la nature du commerce sous la conduite de Roberts, et ^ rendre digne d'être bientôt revêtu de la qualité de facteur. Il partit le 28 avec Roberts, qui occupait depuis long-temps cet emploi. Dans leur passage, ils essuyèrent de violents tornados , qui les obligèrent d'avoir recours plusieurs fois à leur ancre. Ils rencontrèrent le capitaine Ramsey, qui venait de Joar, où il s'était saisi de plusieurs habitants , pour tirer raison de l'injustice d'un négociant nommé Serin Donso, qui
(i) Moore, p. 78.
ayant reçu de lui une somme dWgent, à coucUtion de lui procurer une bonne cargaison, Tavait indignement trompé. Toute la ville , révoltée contre la perr fidie de Serin Donso, le força de satisfaire Ramsey, et de racheter les captifs.
Moore arriva au port de Joar le 4 de septembre, mais si tourmenté par les mosquites et les mouches de sable, qu à peine eut-il la force de se traîner de la barque au comptoir. Le même jour, John Leach (i), commandant de la chaloupe TAventure, relâcha au même port, en revenant de Fatatenda où les espérances du commerce l'avaient conduit. Mais divers orages lui avaient fait perdre ses ancres, et lavaient mis dans la nécessité de se servir de son canon pour y suppléer.
Joar est situé dans le royaume de Barsalli, à trois milles de Rower, au milieu d'une belle jdaine environnée de bois, qui servent de retraite à quantité de . bêtes Êut)uches. On compte deux milles du bord de la rivière à la ville. Mais la moitié du chemin se fait par eau, dans une crique, ou un canal si étroit, qu à peine les barques y peuvent passer. Le reste se fait à jHcd, et forme une promenade fort agréable dans le temps de la sécheresse, mais sujette aux inondations dans la saison des pluies. La ville de Joar >est habitée par les Portugais, qui l'avaient autrefois rendue florissante. Elle est tombée depuis quelques années dans la dernière décadence. U n'y reste pas plus de vingt maisoQS avec celle du roi , et celle de la çom-
(i) C'est fauteur de la carte de la Gambie.
DE MOORE (lyBl). 4^1
pagnie, qui contient seule autant de constructions que toutes les autres ensemble. Un mille au-delà , on rencontre une chaîne de montagnes, couvertes d'arbres et de rocs, qui s'étend l'espace de cent lieues à l'est. Elle offre des promenades fort agréables en été; mais les pluies y rassemblent un grand nombre de bêtes féroces, qui la rendent fort dangereuse. Il se trouve beaucoup de poisson dans la crique, et de gibier dans la plaine. I/eau de la rivière est fort bonne à Joar.
Quatre jours après l'arrivée de Roberts et de Moore, le roi de Barsalli arriva dans cette ville , accompagné de ses trois frères, Boumey Haman Seaka, Boumey Haman Bonda, et Boumey Loyi Éminga. Ils étaient escortés de cent chevaux et d'autant de nègres à pied. Quoique la maison du roi fût conunode, il voulut se loger dans le comptoir: non-seulement il s'empara du lit de Roberts, mais, s'étant enivré le soir, il fit tenir ce facteur par ses gens , et lui prit dans sa pocRe la clef du magasin , dont il se servit pour enlever un baril d'eau-de-vie. Cette provision ne lui dura que trois jours, au bout desquels il recommença ses recherches. Harrison , autre facteur anglais , qu'une maladie dangereuse retenait au lit, avait dans sa chambre une cantine qui contenait quelques bouteilles de la même liqueur. Sa majesté l'ayant aperçue ordonna qu'elle lui fût apportée, malgré la résistance du malade , qui s'efforça de lui persuader que sa cantine contenait des papiers d'importance. Le monarque protesta de son coté qu'il savait très-bien distinguer les réservoirs de liqueurs; et, se saisissant de ce trés<wr,
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il ne cessa pas d'être ivre aussi long-tempâ qu'il lut resta de J'eau-de-vie. Cependant il était trop généreux pour n'en pas offrir leur part aux facteurs. Ses gens, et même ses deux ministres, dont l'un était général de ses armées, et l'autre intendant de ses finances', volèrent le comptoir, ouvrirent les armoires et les coffres, et s'accommodèrent de tout ce qui piqua leur avarice ou leur curiosité. Quelle apparence, pour quatre ou cinq Anglais, de pouvoir résister à trois cents nègres? Boumey Haman Bonda, un des frères du monarque, remplit sa bouche d'eau en feignant de boire, et la souffla au visage de Moore. Le jeune Anglais, sensible à cet affront, prit le vase, et jeta au prince ce qui restait d'eau. Ce fut le commencement d'une querelle sanglante. I^ prince, tirant son couteau , se précipita sur Moore pour le poignarder. Quelques seigneurs nègres, qui avaient été témoins de cette scène, s'efforcèi^ent d'arrêter les coups. Ils n'y réus- 5rent qu'à peine. £nfîn les plus sensés , ayant représenté au prince l'indécence de sa conduite, excitèrent si vivement' sa honte et son repentir, qu'il se jeta aux pieds de Moore, en gémissant de sa faute, et ne voulut se relever qu'après en avoir obtenu le pardon. Il devint ensuite son meilleur ami. Une autre fois le même Haman Bonda, vint frapper, la nuit à la porte du comptoir, le pistolet à la main, en déclarant qu'il voulait entrer dans la chambre du roi son frère. On l'arrêta malgré ses emportements. Le roi, qui en fut informé le lendemain, lui envoya défendre de se présenter devant lui , et le condamna le même jour à lui donner trois esclaves.
Cette cour importune partit de Joar le 16, après avoir dépouillé Roberts de tout ce qu'il avait dans sa chambre, jusqu'à ses livres, que ces brigands voulurent vendre à un marabout de Kower. Mais le marabout leur ayant dit que c'étaient des livres de comptes^ ils les lui laissèrent, pour les rendre aux Anglais du comptoir.
Le 17 d'octobre, Harrison fit le voyage de Jamesfort, dans la seule vue de chercher du remède à des maux tenûbles, qui lui étaient venus de l'excès des liqueurs fortes. Le 5 de novembre à minuit, Moore se saisit d'un domestique nègre qui avait pris la clef du magasin sous le chevet de Roberts pendant son sommeil , et qui s'en servait pour voler des marchandises. Le 12, il passa une autruche par Joar, chargée (i) d'un homme qui l'amenait de Fatatenda, d'où Connor, chef du comptoir, l'envoyait au gouverneur de Jamesfort. Le 3 de janvier, la Gambie, vaisseau de la Nouvelle- Angleterre, arriva au port de Joar, avec sa cargaison de sel et de rum. Le 18, Moore vit présenter au roi de Barsalli (2) un chameau d'une grosseur extraordinaire, de la part du damel (3) de Cayor, roi voisin du Sénégal. Ce jour apporta le sujet d'un chagrin fort sensible à l'auteur, par la mort de Houghton, son intime ami, qu'il avait laissé dans la
(i) L*expression est si nette, que, malgré la peine qu*on sent ici à croire ce fait, on ne peut se dispenser de le rapporter dans les termes de Tauteur. Voyez Moore, p. 89.
(a) Corruption des deux mots Bur-Salum.
(3) Moore dit le roi de Daniel ; mais on a déjà remarqué que c'est une erreur.