‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 94 · IV. IV · texte numérisé non relu

IV. IV

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venait de relâcher dans quelquésiuünes des plus riches contrées de cette terre bénice du ciel, et derecueillir les renseignements les plus favorables sur la richesse du Mexique, dont l'Espagne devait bientôt posséder les immenses trésors. Malgré ses longs et npgmbreux services, et les dignités qu'il s’était réservées dans son contrat avec la couronne, Colomb se trouvait alors réduit à la plus affreuse misère. Sa protectrice, la reine Isabelle, était morte, et Ferdinand, qui d'ordinaire n'écoutait la voix de la jüstice qu'alors que son intérêt l'exigéait, prétait à peine attention à ses justes demandes. En vain Colomb réclama son autorité de vice-roi des Indes ; le roi évita toujours de se prononcer sur une demande qu'il avait l'intention Dien arrétée de ne pas satisfaire. Cette politique dilatoire. obtint le résultat qu’elle se proposait. Les peines du désappointement augmentèrent les infirmités physiques de Colomb ,et il expira à Valladolid, le 42 mai 4506. Entre autres dispositions de son testament, il ordonnait que son fils aîné Diégo et tous ceux qui succéderaient à ses dignités et à sesËtitres signeraient simplement « L'Amiral , » afin de conserver toujours le souvenir du grand fondateur de la famille. Les fonctions élevées dont on avait refusé l'exercice à Colomb furent transmises plus tard, avec de très-légéfes: modifications, à son fils ainé Diégo, qui épousa une miéce du duc d’Alva, et s’allia ainsi avec la première noblessé-de l'Espagne.

La partialité avec laquelle l'esprit humain considère naturellement un homme distingué a attribué les désappointements qui troublérent les derniers jours de Colomb aux mauvaises passions et à l’égoïsme de tous les individus dont il fut entouré. Mais une pareille supposition doit nécessairement exciter la méfiance de tous ceux qui ne peuvent consentir à sacrifier leur estime pour la nature humaine, au besoin d'exalter un héros favori. Quoique parfaitement capable d'achever une entfeprise extraordinaire, le caractère enthousiaste de Colomb n’était nullement propre à remplir la tâche délicate de gouverner une colonie naissante. Ses projets d'agrandissement devenaient de plus æn plus extravagants. En terminant sa capitulation avec Ferdinand'et Isabelle, il fit

le vœu de conduire une armée de cinquante mille hommes à

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