CHAP, VII. GONQUÊTES DES ESPAGNOLS
suite. Pendant qu’il attendait à Cuba pour y prendre des provisions fraiches, Narvaez et ses compagnons y furet ex posés aux effets terribles d’un tourbillon , tel qu’on en voit rarement de semblables dans les autres parties du monde. Les maisons étaient renversées les unes sur les autres, et, lorsque les habitants effrayés allaient demander un asile aux forèts, leur terreur s’accrüt encore en voyant les plus gros arbres arrachés du solet dispersés de tous côtés pär la violence du vent. La flotte souffrit tellement de cette tempête qu'on jugea nécessaire de suspendre toutes les opérations pendant l'hiver.
Au mois de février 1598 , elle mit à la mer, et, après avoir supporté beaucoup de gros temps, arriva sur les côtes de la
Floride, On prit possession du pays avec les s: ennités ordinaires, et sans y rien trouver qui flattât la cu les Espagnols. Interrogés sur quelques ornements d’o n aper-
cevait parmi leurs vêtements, les naturels s'accordièrent tous à désigner Apalachen, pays fort éloigné dans l'intérieur, cottifie le lieu d’où leur venaient ces parures. Narvaez, qui n’avait aus cune connaissance positive du pays ou des mers adjacentes, prit volontiers pour guidesles inspirations de ses espérances chi-
mériques ; etÿne sachänt ce qu’il était prudent d'entreprendre, il résolut de s’avancer à tout hasard dans l'intérieur, afin d’envahir Apalachen, L'intelligent Alvaro lui remontra fortement le danger de commencer un voyage difficile sans guide, sans provisions, et avant des'éêtre assuré un port pour y conduire sa flotte. Maïs une allusion outrageante à son excessive prudence lui fetma bientôt la bouche, et il déclara qu'il suivrait ses compatriotes dans tous les périls qu'il leur platrait de courir, d
Le 4e mai 1528, les Espagnols commencèrent leur marche dans l’intérieur du pays. Ils n’avaient guère de provisions que pour un jour. Lorsqu’elles furent épuisées ils durent apaiser leur faim avec des racines et des fruits de palmier sauvage. Pendant quinze jours ils voyagèreht sans rencontrer une seule habitation. Au bout de ce temps, ils arrivèrent dans un village indien où ils trouvèrent des guides disposés à les conduire à Apalachen, Le pays:qu ils durent traverse était sauvage et inégal, montägneux quel is, mais plus
= ss > € Am > z > - La
SP s3 Ke EN
souvent couvert de marais profonds que rendaient impraticables des troncs d'arbres renversés de toutes parts et couchés dans une fange épaisse. Enfin, le 26 juin, les Espagnols, fatigués, arrivèrent en vue d’un village indien qu'on leur dit être Apalachen. Ils n’eurent aucune difficulté à se rendre
maîtres de la place ; mais à peine y étaient-ils demeurés quelques. j urs qu’ils s’apercurent de l'inanité de leurs plans.
Dans: älachen même ils n'avaient rien trouvé. Les Indiens, exäspérés et embusqués dans les bois, sbrveillaient tous leurs - mouvements. L'état du pays rendait inutile, sinon impossible, d'avancer plus loin ; en donnant le signal de la retraite on s'exposait aux pires conséquénces de la guerre avec les Indiens ; mais ce dernier parti était inévitable, et les Espagnols,
abandonnant les prétendus trésors d’Apalachen, se dirigèrent vers la côte dans le pays d'Ante, appelé à présent’la baie de Saiñt-Mavc. Des misères inoutes les y attendaient. Le tiers d'entre eux tomba sous les flèches indiennes, et, parmi ceux qéésurvécurent, le plus grand nombre, épuisé par les fatigues et les privations , était er proie aux plus’ désastreuses maladies.
Lorsque les Espagnols, dans Re e situation, arrivèrent au bord de la mer, il leur de Wiht évident qu’en essayant de suivre la côte jusqu’au point où ils retrouveraient leurs navires ils se condamnaient, suivant toutes les probabilités, à une destruction complète. Ilne leur restait donc d'autre alternative que de const'uire desembarcations et de braver les dangers de la mer ; leurs chemises cousues, ensemble fu: rent façonnées en voiles, et leurs cordages sétiraient dé l’écorce fibreuse des palmiers. Tous les troie Jours on tuait un cheval ; et sa clair était distribuée par menues portions aux ouvriers et aü% malades: Ils travaillaient du reste avec tant d'ardeur qu'en six semaines environ ils eurent terminé cinq barques, dont chacune pou' ait tenir de quarañte à cinquante hommes. Ils se mirent en mer dans ces petites embarcations, Où ils ‘étaient tellement entassés que le platbord en.était-à quelques pouces seulement au-dessus de l'eau ; Te désespoir leur faisait tout risquér. Pétidant quelques semaines ils endurèrent toutes les Sem besoin et de l'inquiétude: Dai un des villages indiens de la côte ils
ati- ‘ou ols, r dit
dre uelans.
ens, eurs ible, eon s Innols, rent ie de tiers ceux ; fatieuses
rrivè ayant leurs ilités, autre rayer le fu:
lé l’étuait rtio du rminé à cinetites platus de elques et de te ils
reçurent quelque assistance peu importante; mais, s'étant pris de querelle avec les naturels, ils furent contraints de se rembarquer à la hâte. En ces circonstances désespérées , Narvaezrésigna l'autorité dont il n'avait pas su se servir pour le bien général. Comme:sa barque était la mieux équipée, il prit les devants, laissant ses compagnons se tirer d'affaire
commeils l'entendraient. Après plusieurs jours de souffrances extrêmes, la chaloupe commandée par Alvaro parvint à une petite i île. sur le rivage de laquelle son équipage épuisé ent à peine la force de descendre.en s’aidant des pieds et des mains. Les Indiens prirent ié,de la condition misérable où ils les voyaient, et leur fournirent en abondance des fruits, du poisson , et une paf ie éides provisions que l'ile renfermait.
Après les avoir mises Bürd, Alvaro se préparait à continuer son voyage, mais, au moment où les Espagnols s’ embarquaient,
une lame fit chavirer leur chaloupe, qui coula bas avec tous leurs vêtements : trois hommes se trouvèrent noyés à la suite de cet accident, et les autres restèrent nus sur la grève. Il ne restait à ceux-ci d'autrewessource que la compassiôn des sauvages, qui partageaient généreusement avec eux les faibles moyens d'existence qui leur étaient départis. Mais quelques-uns des Espagnols qui avaient assisté dans le Mexique auxsactifices religieux des prisonniers ressentirent oN£=temps plus d'horreur que de, reconnaissance üsqu'ils se voyaient prodiguer par les indigènes,
supposant qu'ine fois rendus à la santé ceux-ci ne manqueraient pas de les dévorer. La générosité des sauvages était plus grande que leurs moyens de l'exercer : aux approches de l'hiver ils commencèrent à ressentir les angoisses de la famine, et. les Espagnols, dont la présence pouvait en ètre regardée comme la cause principale, furent assez naturellement les premiers à ên souffrir. Quelques autres des compagnons de Narvaez, jetés sur la même côte, avaient été poussés à une telle extrémité qu'ils s'étaient dévorés les uns Îles autres; les actes de cette nature révoltaient les Indiens, qui désormais n’enrent plus aucune bienveillance pour les Espagnols. Alvaro et ses compagnons furent en conséquence traités comme ésclaves et ovec une grande sévérité; les Indiens leur attribuant , ains! s‘u’à leurs détestables habitudes
90 VOYAGES MODERNES DE DÉCOUVERTES. LIY. IŸ.
de cannibalisme , la disette et les malheurs dé toute sorte qui avaient frappé l’île depuis leur arrivée.
Alvaro parvint enfin à s'enfuir sur le continent, où il réussit à établir un commerce assez bizarïe ; il portait dans l'intérieur des coquillages et d’autres productions marines, en échange desquels il rapportait l’ocre rougé avec laquelle les sauvages peignent leur corps ; des peaux destinées à faire des courroies ; des roseaux et des taillous aigus servant à la confection des flèches. Comine négôtiant, Alvaro acquit une position assez importantesätiséin de toutes ces tribus sat vages qui, au milieu dé leui#hostilités perpétuelles, sentaient le besoin d'une maïri héutre pas l'entremise de laquelle püt s’opérer le peu de inner maintiennent les unes avec les autres. Après avoit passé plusieurs années dans cette position , Alvaro s'ennuya d'un exil qui menaçait d'être sans terme, et résolut de braver tous les périls pour essayer de retourner dans son pays natal. Sa seule chance de salut était d'arriver par terre jusqu'à Mexico; deux de ses compagnons, Andrea Dorantefêt Alonzo de Castiglio, s'associèrent à sés projets audacieux, et résolurent de se risquer avec lui dans un pays jusqu'alors inexploré, peuplé. de nations sauvages, et dont les bornes ne leur étaient point connues. Ces trois fugitifs eurent beaucoup à souffrir dès le début de leur #oyage. La première peuplade qü'ils-rencontrèrent était la plus barbare de toutes celles qu'ils avaient vues jusque là ; les malheureux Espagnols furent réduits en esclavage, et forcés à vivre de vers, de reptiles dégoûtants, d'os de poisson et même de bois. Les sauvages au pouvoir desquels ils étaient tombés étrient dans cette condition abjecte où les affections du :4 e l’emportent pas sur lès soucis que cause l'éducation d'uue famille ; aussi était-il dans leurs coutumes d'abandonner tous les enfants du sexe féminin. L'été venu, lorsque les bois commencèrent à se couvrir de fruits, Alvaro et ses compagnons parvinrent à s'échapper durant les fêtes par lesquelles les sauvages célèbrent cette saison d'abondance éphémère. La nation indienne chez laquelle il arriva ensuite lui fit un accueil beaucoup meilleur, et le respect que lui avait valu sa qualité d’étranger fut considérablement accru par l'étalage qu'il fit de ses talents
CH
médi préte merc certa souffi mêm mort notre si no!
ignor crédu plus à nos comn l'oues sur to huma super en tri grand déser que à tiens, habite avée” de mé car, 1 grand vage leur r sonnié temen peuplé Pôurt mœu ses « courtc quait.
à Lisb
CHAP, Vil, CONQUÊTES DES ESPAGNOLS. 91
médicaux; il avait appris en effet sur la côte que de pareilles
prétentions favorisaient singulièrement les relations: com-" merciales. En soufflant sur ses malades, ou en murmurant
certaines paroles mystérieuses suivant la nature de leurs
soufftances, il accomplit une foule des
même, à ce qu’il raconte, parvint. uni mort : cette assertion un peu h& notre confiance dans la véracité
é n'ébranlera point À } d’Alvaro Nunez,
ignorants, s’accomplissent. les mis, À et à cette disposition crédule qui nous permet de nous persuader à no mes les plus absurdes événéments s ‘ils ont pour effet de
ouh: À urs admirateurs qui proclamaient sur toute la route Têth Al tus singulières et leur talent surhumain; cette impülsion une fois donnée à l'enthousiasme superstitieux des y ens se propagea facilement de tribus entribus. Alvaro, Continuant sa roûfte à l’ouesti-traversa un grand fleuve (le Mississipi), et pénétra ensuite dans ces déserts qui séparent encore aujourd’hui le territoire du Mexique de celui des États-Unis, Comme il s’informait des chrétiens, on lui réponditgn’une nation mauvaise portant ce nom habitait au sud-ouesf;'et on l’avgrtit d'éviter toute relation avééce peuple aussi perfide que cruel. Il lui fut impossible de méconnaitre à certaiti#égards la justesse 86 cette opinion, car, lorsqu'il approcha des :frontières mexicaines , ce fut à grand'peine qu'il empécha les Espagnols de réduire en esclavage les Indiens qui lui avaient sérvi de guides; lorsqu'il leur reprocha leur brutale conduite , il fut lui-même fait pri sonnier, et eut à subir de la part de ses compatriotes des traitements encore plus cruels que ne lui en avaient infligé les peuplades sauvages au milieu desquelles il venait de voyager. Pôurtant , lorsqu'il arriva dans l'intérieur d , où les m&æurs des colons étaient moins violentes et m@ cencieuses que sur les frontières , il fut traité avec une généreuse courtoisigiet abondamment pourvu de tout ce qui lui manquait. L'année suivante il s'embarqua pour l'Europe, et arriva à Lisbonne au mois d'août 4567,
PR 92 VOYAGES MODERNES'DE DÉCOUVERTES. LIV. Iv.
: De retour en Espagne, Alvaro demandä une concession de territoire et un gouvernement dans la Floride. Suivant les principes que la cour affectait de suivre lorsqu'elle accordait de telles faveurs, il y avait des droits incontestables ; maïs il fut prévenu dans ses tal ances par un rival contre l'inflüence
prévaloir. Hernando de Soto, l'üñ des
és de l’'armée-de Pizarro, était re-
16 après la conquête du Pérou , avec une for-
tune immense et toute réputation qu'un succès brillant ajoute
à un talent incontestable. Au moyen des dépenses bien entendues qu'il, ait faites à la cour, il avait acquis la fâveur du
à distinguer promptement le mérite d’
qui n'avait eu qu’un rôle subalterne
qu’en un poste plus élevé il pou
acquérir une gloire plus grandé* ot on conséquence et il obtint facilement le gouvernemieäiéäe la Floride, son ambition l'avéuglant su ee leçons qu'il aurait dû tirer de l'échec sub es richesses étaient si grandes et sa réputation étendue , qu'il put équiper un armement de dix navires, à bord desquels montèrent neuf cents hommes Li la plupart déjà rompus au métier deSarmes.
Dans le courant de mai 1839, Soto : is sut la côte de la Floride, mais l'espoir quihavait eu de s’attirer la confiance des chefs indigènes fut complèteme ent déçu:"Ni ses bons traitements, nŸ##patiencé, ni l'appareil de ses forces né purent l'emporter sur la profonde aversion que leur inspirait le nom espagnol. Après avoirCombattu plusieurs fois sans résultat, après s'être avancé fort avant dans l'intérieur au nord- Quest sans y trouver les quantités d'or et d'argent sur lesquels on avait compté, après avoir soumis plusiéurs nations‘indiennes sans pouvoir fonder un seul établissement, Soto mourut dans la quatrième année de sa malheureuse entreprise. Long- NW. pat leurs inutiles fatigues, ses compa: gnons, à t perdirent tout courage ; ils résolurent & se frayer uf chemin ; jusqu’au bord de la mer , et, poursuivis par les Indiens , qu'enhardissait cette fuite, ils s'embar qièrent à la hâte pour Mexico. Ils y furent traités avec bonté; mais l’exaspération de lenr .-désappointement les empécha
natiol à bier Saint qu'il | fertile les m:
rent] troupe quatre dures protég ceptib le ren huit ar de ses ce pro.
mais s pas r'éi
CHAP. VIIL CONQUÊTES DES ESPAGNOÏS. 93
long-temps de prendre rang Bar miunc population paisible et industrieuse.
Alvaro Nunez, dont les mn prétentions au gouvernement de la Floride avaient été si imprüdémment négligées à la cour, fut désigné en 1540 pour succéder à Mendoza dans la province.de Buénos-Ayres. Ayant perdu deux de ses navires sur la côte de Brésil, il résolut de continuer. sa route par terre ; mesure hardie , mais qu’une résidence def Jix ans parmi les nations sauvages lui permettait plus qu’à tout autre de mener à bien. Remontant la rivière Ytabucu , située vis-à-vis l’ e de Sainte-Catherine, il gagna une chaîne de montagnes désértes qu’il parvint à traverser, et en dix-neuf jours il arriva dans le fertile pays des Guaranis, Il acheta là des canots dans lesquels les malades et les hommes d’une santé délicate s’embarquèrent pour descendre le Parana ; lui-même, avec le reste de sa troupe, continua de voyager par terre, et, après une marche de quatre mois, arriva sain et sauf dans sa capitale, Son autorité du reste n'y fut pas long-temps respectée. Le zèle qu'il mit à protéger les Indiens contre leurs oppresseurs blessa la susceptibilité des colons, qui se révoltèrent contre lui en 1544, et le renvoyèrent prisonnier en Espagne. On laissa s'écouler huit années avant qu’un tribunal se livrât à l'examen sérieux de ses plaintes et de celles qu’on-articulait contre lui. Enfin ce procès se jugea, et Alvaro fut renvoyëfde toute accusation ; mais ses calomniateurs restèrent impuünis ; lui-même ne fut pas réintégré dans son commandément, et il ne reçut aucune indemnité pour les torts qu’il avait soufferts (1).
L'arrivée d’Alvaro Nunez sur la frontière nord-ouest du Mexique après quil eut accompli son voyage extraordinaire au milieu de tant de peuplades sauvages, et les renseignements qu'il donnait sur elles. excitèrent dans la Nouvelle-Espagne une vive curiosité de reculer les bornes de la science géographique en ce qui concernait cette partie du territoire. En conséquence lc vice-roi, don Antonio de Mendi Da ea) D'
Fes se e
(1) Southey’s history of Brazil, vol. 1, p. 153. Azara , da tas bleau du Paraguay, envisage moins favorablement le caractère’ d’A varo Nunez; il ajoute que le conseil des Indes, en examinant sa conduite, le traita plus sévèrement que ses ennemis, et le condamna à être déporté en Afrique. Voyages dans l' Amérique méridionale, Y. 1, pag. 366.
Marcos de Nizza, moine franciscain, pour explorer aussi loin que possible les pays situés au . En 1539, le moine revint avec des détails merveilleux sûuf l'existence d'uñ peuple tellement riche que les ustensiles déflinés aux plus humblés usages y étaient en or ou en argent. Cevola, ou Cibola , une des cités ptet, lui avait paru renfermer environ Vingt mille maisons, la plupaf bâties en pierre et s’élevant à plusieurs ik eux avait secrètement pris possession de ce riche pays eñ érig eant une petite croix sur laquelle était insctit.le nom du vice-roi de la Nouvelle-Espagne. Cette relation de de Nizza remplit tout le Mexique d'un espoir t'iomphañt. Deux expéditions furént équipées : l'une , qui devait voyager par met, était confiée aux soins dé Fernando d’Alarchon; l’autre, placéé sous les ordres de Vasquez dé Coronado, devait envahir par terre les sept cités. En effét, dé Nizza avait ressuscité la vieille légende des Sept Villes chrétichnes (1). Coronado et son armée endurèrént d'extrèmes souffrances en traversant d’âpres montagnes ou des déserts atides. La route était plus difficile et surtout beäucoup plus longué qu'ils n’avaient pu l’imaginer. Cette première expérience leut’apptit à révoquer en doute la vétacité du moine ; niéarimoiné, quant ils arrivèrent à Civola , et qu'atlieu d'une grande eità retiplie d'or et d'argent, n'y trouvèrent qu’un grôs village d’environ quatre cetité#Miisôns , sans atiduñs Vestiges de métaux précieux, leur fâge "ét Yeur désappointément Irént presque sans bornes. À la vétité les habitants étéient plus civilisés en cet endroit et le pays plus populeux qu'il n’était ordinaire de les trouver dans le Nouveau-Monde; et ces ciréonstanices exagérées par les relations des peuplades i indiennes avaient sans doute donné lieu aux fictions si singulièrement adoptées par la crédulité des Espagnols. Coronado ayant appris que Quivira, cité maritime, élait la plus peuplée de cette portion de l'Amérique , ft , bout y parvenir, une routé dé trois digues. En réalité il la trouva supérieure aux Sept vil dont la renominée avait été répandue si au loin. La sobriété dé la relation de Cototädo, et les vestiges de civilisation ancienne que l'on a retroüÿés dans ces HroVitices de r#.
(1) Voir le volume r, p. 378.
CH
l'Am prém temp:
mois ticuli stitua encor mariti tué at fut pl degré grésf indigé L'é aventi large menta l'atten la navi recom ment | consei siècles ment son p tort f l'Inde son qi vétird et déj effet (£ le plus est ce encoré de do Sima
CHAP, VIS, . CONQUÊTES Dé SPAGNOLS. 95
l'Amérique semblent devoir ie justifier de tout mensonge prémédité. Néanmoins, et bien que Quivira ait été longtemps le principal but des entreprises espagnoles, on n'a jamois retrouvé ni une ville ni un pays de ce nom. La race particulière de moutons ( Coronado les appelait ainsi ) qui constituait, selon lui, l'unique richesse de cette contrée, est encore à peu près inconnue anx naturalistes. L'expédition maritime, commandée par Alarchon, revint sans avoir effectué aucune découverte importante. La fabuleuse cité de Civola fut placée dans:les anciennes cartes par le trente-septième degré de latitude du nord. Quivira était située à quatre degrés plus au nord , justement dans le pays où les historiens indigènes placent le berceau du penple mexicain (4). L'énergie extraordinaire déployée dans les colonies par les
aventuriers espagnols, aux talents desquels était ouverte une large carrière, paraît avoir communiqué une impulsion momentanée à la métropole, et ay@ir, en particulier, ramené l'attention sur les principes du aommérce et les arts relatifs à la navigation. Dès l’année 1517 , les religieux d'Hispaniola recommandèrent à la cour d'établir un commerce entièrement libre entre l'Espagne et les Indes occidentales. Ce sage conseil fut renouvelé avec instance en 1527. Cependant deux siècles et demi devaient s’écouler avant que ce gouvernement bigot et sonpconneux pût apprendre à reñoncer, dans son propre intérêt, aux étroits priviléges du despotisme. Le tort fait par les artisons à la navigation dans les mers de l'Inde occidentale (Colomb en avait fait l'expérience lors de son quatrième voyage ) , enseigna bientôt la nucessité de revétirde fond des navires d’une sorte de doublage iaétallique , et déjà, en 14544, les Espagnols employèrent le plomb à cet effet (2). Mais l'invention que leurs historiens réclament avec le plus d’ardeur pour les marins espagnols du seizième siècle est celle des bâtiments à vapeur. Cette prétention , de date encore récente , repose sur les explications suivantes étayées de documents que l’on a trouvés dans les archives royales de Simancas,
b Humboldt, Essai goiique sur la Nouvelle-Espagne, t. 11, p. 420.
Navarete, t, 1, p. 292 de la traduction française,
« En 1545 , Blasco de Gäaraÿ ; capitaine de navire, offrit à l'empereur Charles- -Quint de Construire une machine capable de faire marcher les plus:gros vaisseaux , même durant un calme, et sans l’aide des voiles ou de la rame. Malgré l’opposition que son projet rencontra, l’empereur consentit à être témoin des expériences qu’il voulait faire, et en conséquence elles eurent lieu dans le port de Barcelone , le 47 juin 1543. Garay ne voulait point expliquer sa machine et encore moins la livrer auxregards du public; mais il était évident qu'elle consistait en une chaudière d’eau bouillante , laquelle mettait en mouvement deux roues appliquées extérieurement de chaque côté du vaisseau. L'expérience fut faite sur la Trinidad, navire de deux cents tonneaux chargé de blé.
» Les personnes qui avaient été chargées par l'empereur d'examiner cette invention, Mbprouvérent généralement et louërent en particulier la manière dont le vaisseau virait de bord. Néanmoins le trésorier Ravago, qui semblait hostile à Blasco de Garay, dit qu'un navire chargé dela machine proposée ne pouvait avancer qu’à raison de deux lieues toutes les trois heures; que l'appareil étaitcher et compliqué; qu'enfin on courait le grand danger dé ÿoir.éclater la chaudière. Les autres commissaires de l eur soutinrènt au contraire qu’un vaisseau équipé d'après le nouveau système marcherait à raison d’une lieue par heure, pour le moins; et mettrait, à courir des bordées, à peine la moitié du temps né- "Cessaire à un vaisseau de l’ancien modèle. Lorsque les expériences furent terminées, Garay retira son appareil de la Zrinidad. La charpente en fut déposée dans l'arsenal de Barcelone, le reste demeura dans ses mains. Nonobstant les objections de Ravago, l’empereur parut disposé à favoriser le projet de Gray ; mais à cette époque son attention fut détournée vers d’autres objets. Néanmoins Garay fut avancé ; on’lui donna une somme d'argent en sus de celle que lui avaient coûté les épreuves faites à Barcelone , et enfin on lui conféra plusieurs autres faveurs (1) ».
. Si l’on admet que cette invention de Garay était identique, du moins en principe, à nos machines à vapeur, on peut
(1) Navarcte, {, 1, p, 286,
CHAP
néanmo l'histoi aussitôt
d'être c amené à doivent antérie parler.
tort de le génie né sous potiques droit, a Mais gouvert les pros l'activité furent 1 partie lâcha les une par violence
ses poss rité fure sorte *d’
s'étonne gnols av couverte blèrent
néanmoins douter qu’il y ait obligation de faire figurer, dans l'histoire des inventions utiles, un germe de découverte aussitôt étouffé que produit, et voué à l'oubli avarit même d'être connu. Les hommes habiles, qui de nos tempssont amené à sa perfection actuelle ce moteur merveilleux, ne doivent certes aucune part de leur renommée aux inventions antérieures d'un Espagnol dont ils n'avaient jamäis’en parler. La nation espagnole elle-même s’enorgüt Ï tort de la découverte de Garay ; en effet, plus nous admirons le génie de l'individu , plus nous avons à le plaindre d'être né sous l'empire d'un gouvernement aux vues étroites et despotiques qui, en le privant de la renommée à laquelle il avait droit, a enlevé à l'humanité le bénéfice de son invention. Maïs ce ne fut pas la seule fois que ia’ politique jalouse du gouvernement espagnol étouffa l'ardeur popylaire et arrêta les progrès de la civilisation. La hardiesse”surprenänte et l'activité déployée par les conquérants du Noëveau-Monde furent le partage de quelques aventuriers dégagés en grange partie du joug de l’autorité centrale, La cour de: Moi lâcha les rênes aux entreprises individuelles, et, moyennant une part dans les profits » se fit la complice” ‘de toutes les violences et de tous les crimes qui en furent les suites ; mais, dès que cette espèce de déchainement cessa pour’ lès colons ols , on vit en même temps disparaitre leur activité. IMêmes causes qui, au seizième’siècle, paralÿsèrent l’énergit de l'Espagne , étendirent leur funesté influence sur ses possessions dans l’ouest. Aussitôt que l'ordre et l’autorité furent rétablis aux colonies, elles tombèrent dans une sorte fd’engourdissement relatif, et l’on ne saurait trop s'étonner en voyant succéder, au zèle heureux que les Espagnols avaient montré tout d'abord dans la poursuite des découvertes géographiques, l'indifférence avec laquelle ils semblèrent les considérer pendant les siècles suivants.