‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 36 sur 94 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

tugol par rapport à ses conquêtes dans l'Inde. — Cabral y est envoyé

flotte. — 11 découvre le Brésil. — Destinée de Bartholomé Diaz. — Succès ct retour de Cabral. — Juan de Nava découvre les Îles de l'Ascension et de Sainte- Hélène. — Second voyage de Gama.— 11 découvre les Seychelles. — Vincent Sodrez visile la mer Rouge. — Expédition sous les ordres de Francisco de Albuquerque. — Les Portugais obtiennent de descendre en Chine, — Almeyda, le premier vice-roj. Ses succès et sa triste fin. — Yictoires de Alfonso de Albuquerque. — 11 prend Go, Calicut, Malacca et Ormuz.— Sa mort. — Découverte des îles de Tristan d'Acunbo, de Sumatra et de Madagascar. — Première visite à Ceylan. — Serrano découvre les Molugues, - — Une colonie y est fondée par de Britto. — Commerce établi avec la chi æ | Mésaventure de l'ambassadeur Pereira.

Dâns les chäpitres pré dents, nous avons vu par quel essor rapide les Espagnols avaient accompu la découverte q. la Pnau u Nouveau-Monde ; on n’eût pas plutôt dé-

u’un voyage d’un mois ou six semaines sur l’Atlanx ouvait conduire à des pays fertiles d'une étendue indénie, qe toutes les difficultés de la navigation semblèrent s’évanouir l’une après l’autre; on trouva une multitude d'individus disposés à risquer sur la mer leurs fortunes et leurs vies, bien qu’à cette époque l'imperfection.de science nayale fût telle que la plupart de ceux qui #eng geaient dafié des voyages de long cours étaient pour a dire certains d'y périr. Le grand motif de toutes ces entreprises était, dans les premiers temps, la richesse renommée des Indes. Le désir ardent d'arriver au centre de-tous les trésors que l’on croyait y exister égara jusqu’au jugement de Colomb lui-même, et lui déroba la véritable nature de ses propres découvertes; cependant les Portugais avaient trouvé la passe si long-temps cherchée autour du cap de Bonne-Espérance, et ils poursuivirent ce premier succès avec une ardeur igt ‘de ses résultats immenses. La cour de Lisbonne faisait ot long-temps consister son orgueil à encourager des entreprises maritimes, et, lorsque l’objet de ses grands efforts se trouva finalement rempli, elle mit à faire valoir ses découvertes la même vigueur qui avait servi à les provoquer. C'est ainsi

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qu’aù lieu de suivre la politique adoptée par l'Espagne dans le Noüiveau-Monde , et d'abandonner l'Inde , moyennant une soinine de bénéfices futurs, à quelques individus besoigneux et désespérés, là couronne de Portugal voulut iaintenir sd dignité et pourvoir à ses inté ès dans l’est au moyen d'arme ments fationaux. a JR

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bien aux yeux. gaire sûr tous 168 jér monde , que les sentimnts populaires furent ! : éteinent modifiés par L'issue de ce voyage; ceux -1à iéme qui avaient le plus haut signalé le passage dans l'Inde comme une chimère insenisée, comptaient maintenant parmi les plus fanatiqués partisans de ses avantages à venir. Bientôt, après le retour de Vasco de Gama, des ordres furent donnés pour que l’on apprétât un second armement plus imposant encore que le premier. La flotte destinée à cétte nouvelle traverséé dans l'Inde ne compta pas moins de treize navires montés par de nombreux éqüipâges, et abondamment fouthis de tout cé que l'expérience fiéVale jugeait nécessaire à cétte épôque poutles expéditions de long couts. Le commandement dé celle-ci it confié à Pedro Alvarez Cobral, qui emmena avéc lui un nombre assez considérable dé moinés franciscains chargés de convertir les nations oriénts douze cents hommes de guerre pour repousser, les és au il pourrait être l'objet. Cabral RAT ac : fclérs habiles, et paraît avoir eu la répuütal | navigateur éininéht. rétärds que lui feraient te d'Afrique, les vents

N'ignorant pas lès: difficultés

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assez loin à l'ouest de ce continent; jusqu’à ce qu'il fût arrivé latitude voisine de celle du cap de Bonne-Espérance,

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he degré de latitude sud il déc ‘üne terre à

Lot éeil donna le nom de Santa-Cruz. Il en prit possession

au nom de Va couronne de Portugal : la croix qu’il éleva dans

cette occasion est encore soigneusement gonservée au Bré-

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sil (4). Cette découverte lui parut d'une telle importance, qu’il envoya immédiatement un navire en Portugal äfin de -Vy annoncer ; et, quoique Vincent Yanez Pinzon eût visité ‘là méme côte quelques mois auparavant, la cour d’Espagne en cette occasion ne fit pas valoir son droit de priorité; les prétentions des se Me du Brésil ne

+sarriver dans l'Inde ; son cour at *rable quäfid on le comparé aux Le Sterreurs qui, peu d'années” core auparavant, bornaïeni . Je des marins portugais, à dé courts et pénibles voyages lé long des rivages africains.

L'apparence détsuccès qui avait signalé le commencemént de voyage de Cabral fat bientôt remplacé par les plus cruels revers. En se rendant du Brésil au cap de Bonne-Espérance, sa flotte eut à lutter contre les plus terribles orages. Des ouragans furieux et une mer déchainée les assaillirent sans relaché: pendant vingt jours consécutifs. Quatre navires som-

ptèrent sous le gros temps D d'eux était commandé par Bartholomé Diaz’, l'intrépi rin qui le premier avait déconvert le cap de ‘Bonne: “Espérance. Il ne Juifut pas ne de connaître dans toute son étendue le prix de la déconve à laquelle i il avait contribué d'une manière si elficace, et il ne paralt pas que desdistinctions égales à son mérite lui eussent ss parson souverain. Mais Camoens l'a noblement véngé de Y'oubli d'une cour: Cesgrand poète élève sa mort au nivédu des événements les‘! célèbres, en le pt comme englouti dans les vengeance du sombre génÿs du Ca lui dans sa dûmination crageñse.

Cabral défieura quelt ue temps à Mozambique, pour y réparer les restes épars fie sa flotte , et ensuite il cagie, vers l'Inde. Son armement, quoique réduit à si navires, éfaihe core assez font pour inspirer quelque terreur.” AdsR accueilli avec égards et respect par tous les prinées ini

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(1) Lindley, N'arrative of a voyage to Brazil, p. 232,

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gènes. Le Zamorin de C t, qui maintenant ne pouvait plus méconnaitre; la puissä née formidable des Portugais, désirait faire oublier l'accueil équivoque qu’il avait fait à de Gama, et dans ce but il offrit à Cabral un palais, dont les titres.de propriété lui furent remis tracés en lettres d'or; il lui permit d'y placer les armes on le drapeau de Portugal, d'y installer un facteur ou un consul destiné à représenter cette nation, et enfin d'y ouvrir des magasins pour Pachat des marchandises indigènes. . Du reste, ces’ témoignages d'amitié ne durèrent pas long- temps. Correa , le facteur , et environ cinquante Portugais laissés avec lui , ayant voulu traiter les naturels plutôt avec l'orgueilde la conquête qu'en négocians paisibles, furent victimes d’un mouvement populaire provoqué par leur imprudente arrogance. Cabral fit ensuite voile vers Cochin, Ceylan et Cananore , recevant partout des assurances d'amitié de la part des faibles gouverneurs de'ces villes. Après avoir frêté ses vaisseaux de riches cargaisons , il repartit pour le Portugal, emmenant avec lui des ambassadeurs envoyés par ces trois princes. |: pe le Cap sans difficulté, et débarqua à Lisbonne aû mois de juillet 1301. Bien qu’il eût découvert le Brésil, et en dépit de toute l'habileté courageuse qui avait marqué sa conduite dans l'Inde, il fut reçu, à cause des pertes considérables de l'expédition, avec la réserve qu'on témoigne à un succès douteux.

Quelques mois avant le retour de Cabral, le roi de Portugal avait envoyé à sa rencontre Juan de Nava avec ‘une escadre de quatre vaisseaux. Cet amiral rencontra l'ile de l'Ascension par le huitième degré de latitude sud. 11 manqua la flotte de Cabral, mais il arriva sain et sauf dans l'Inde, où ses exploits ajoutérent à la réputation guerrière qu'y avaient acquise les Portugais. Il battit une flotte nombreuse envoyée contre lui par le Zamorin de Calicut, prit de riches cargaisons à Cananore et à Cochin, et, à son retour en Portugal, découvrit l'ile de Sainte-Hélène , dont il donna une description si favorable que les amiraux Portugäis reçurent l'ordre d'y faire à l'avenir leur rafraichissement.

Si les trois voyages qu'on avait déjà faits dans l'Inde n'avaient pas produit des bénéfices Li aigrài “ ils

102 voyaGE$ MODERNES DE DÉCOUVERTES. LIv. 1Ÿ. avaient eu du mois pour effet de créer et d'entretenir de fort vastes espérances. Désormais on ne trouvait plus de difficulté pour rassembler les capitaux récessaites à l’équipement des expéditions nouvelles; et le roi, persuadé dela nécessité d'éivoyer des armements considérables là où l'on avait à prévoir des résistances” âcharnées, donna ordre de préparer vingt vaisseaux de haut bord, On obtint de Vasco de Gama qu'il quitterait sà retraite pour prendre le commandemment de cette flotte. Dans le printemps de l'année 1502, il partit de Lisbonne, et arriva, sans accident, à Quiloa; il força le roi destftté ville à se reconnaître tributaire du Portugal, et à proméltré le paiement annuel de 2,000 couronnes d'or. De Quiloa , il traversa l'Océan jusqu’à l'Inde et rencontra sur sa route un groupe d'’iles, auxquelles il donna le nom d'iles-de-l'Amiral (4dmirals Isles); elles font partie du-groupe que l’on connaît mieux aujourd'hui sous le nom déSeychelles.

Lorsque l'amiral portugais parut dans la mer des Indes, à la tête débrces si augmentées, les souverains amis de Cananore et de Cochin se hâtèrent de le recevoir avec les plus chaleureuses félicitations. Les chrétiens de l’Înde, où, comme on les appelle plus généralement, lés chrétiens de Saint-Thomas, le supplièrent de laisser une escadre pour les protéger lorsqu'il retournerait en Europe. Il s’'empressa de satisfaire à cet égard'leurs désirs. Le Zamorin de Calicut équipait, sur ces entrefaites, une flotte destinée à attaquer les Portugais ; mais de Gama remporta sur lui une victoire facile et complète. Deux navires furent capturés sur lesquels on trouva d’immenses richesses ; car, sans parler des vaisselles d'or et d'argent montant à une valeur fort considérable , on recueillit à bord de l’un d'eux une idole en or massif, pesant plus de soixante livres. Les yeux en étaient formés par des émeraudes d'une grosseur remarquable, et, sur la poitrine, se trouvait incrusté un rubis d'un volume égal à celui d’une noisette. Vasco de Gama frèta ses navires avec les plus précieuses productions de l'Inde , et revint à Lisbonne sans aucun accident fâcheux. Il fut reçu , en débarquant , au milieu des transports d'une joie excessive ; et le tribut du roi de Quiloa, contenu dans un bassin d'argent, fut solennellement porté devant lui,

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Cependant Vincent Sodrez était resté dans les mers indiennes avr six gros bâtiments. Comme son principal objet était de se …ichir , il négligea complètement les intérêts de ses alliéS sur la côté de Malabat, et croisa sur la mer Rouge en véritable corsaire. Il fut le premier Portugais qui visita l’île de Socotora, et qui longea les rivages de l’Arabie-Heureuse. Mais son avarice mit sa prudence en défaut, et, négligeant l'avis qu'il avait reçu de ne point péñiétrer dans les mers arabes avant la fin de là saison des tempêtes, il y périt avec tous ses trésors. à

Dans l'annéè 1505, Francisco de Albuquerque conduisit dans l'Inde une flotte de neuf bâtiments ; son neveu Alfonso de Albuquerque, que l'avenir devait rendre si fameux, commandait une des divisions qui la composaient. Dès la première arrivée des Portugais dans les mers d'Orient , ils étaient devenus un sujet de jalousie et de guerre parmi les princes indigènes dont quelques-uns étaient décidés à repousser ces hôtes dangereux, tandis que d’autrés se sentaient disposés à leur faire un accueil favorable. Le roi de Cochin était au nombre de ces derniers. La prédilection qu'il avait toujours manifestéérà l'égard des étrangers lui valut l'hostilité du Zamorid@Uslieut, leur implacable ennemi , et, trop faible pour résiitéPäun adversaire si puissant , il avait été contraint de fuir, 4Bandonnant ses états. Mais, à l’arrivée d'Albuquerque, la victoire changea de favoris; les forces du Zamorin furent chassées de Cochin, et le prince fugitif fut rétabli sur son trône. Plein de reconnaissance pour Le service important qu'ils lui avaient rendu , il accorda aux Portugais la permission de bâtir un fert dans ses états. Cet ouvrage fut bientôt terminé, et le fort reçut le nom de Sant-Tago; une église chrétienne s'élevait en mème temps, et fut dédiée à Saint-Barthélemy. C'est ainsi que la nation portugaise , au dire de ses historiens, prit possession de l'empire spirituel et temporel, qu'elle a depuis exercé sur l'Inde. Les Albuquerque, laissant derrière eux une escadre de trois vaisseaux, et une garnison de cent-cinquante hommes dans le fort de Cochin, frent voile vers l'Europe avec de très-riches cargaisons. On n'entendit plus parler de Francisco et des navires placés sous ses ordres, mais Alfonso arriva sain et sauf à Lisbonne , où il offrit au roi , en-

tre autres choses, quarante livres de grosses perles, un diamant d’une grosseur extraordinaire, et deux chevaux, l'un persan , l'autre arabe, qui furent hautement appréciés, car ils étaient les déux premiers de ces nobles races qui eus$ent encore pénétré en Portugal.

La conquête de l’Inde était maintenant commencée, et le roi de Portugal jugea bon de confirmer ses premières tentatives vers le pouvoir en préfant dès lors le style et les allures extérieures d’une autorité régulière. Il choisit en conséquence don Francisco Almeyda, gentilhomme de courage et d'expérience, pour gouverner en chef ses possessions orientales sous le titre de vice-roi et de gouverneut-général des Indes. Il lui assignait en même temps des gardes pour sa personne, un grand nombre de chapelains, et tout ce qu’on jugea nécessaire pour relever la pompe dont on voulait entourer ce haut emploi. Almeyda partit de Lisbonne au mois de mars 1507 avec une flotte considérable ; et, après avoir pris d'assaut, sur la côte orientale d'Afrique, la ville de Mombaza, dont il réduisit tous les habitants en esclavage, il arriva dans l’Inde sans aucun accident. Ses succès justifièrent la haute opinion qu'on avait conçue de ses talents. Sox autorité, les Portugais virent s’accroitre rapidemen sessions dans l'Inde, étendirent leurs découvertes tes les directions, et poussèrent le sentiment de leur'8t rité arrogante jusqu'à saisir tous les vaisseaux qui n'étaient pas pourvus d’un passeport ou sauf-conduit signé par le vice-roi. À Imeyda, ayant perdu son fils dans un combat naval avec les Egyptiens, qui s'étaient alliés au Zamorin et aux autres ennemis du Portugal, avait résolu d’en tirer vengeance. Il partit en conséquence de Cananore avec une flotte de dixneuf navires, et, attaquant Dabul, il réduisit cette ville en cendres. On ne put y faire aucune provision, car le pays avait été désolé par des sauterelles, dont les habitants conservaient dans des pots une quantité considérable qui formait leur seule nourriture. Les Portugais trouvèrent ces animaux agréables au goût, et assez semblables à des chevrettes. Almeyda se rendit ensuite à Diu , ville que gouvernait alors Malek-Azz, renégat russe. IL y trouva les flottes combinées des Égyptiens , des habitants de Cambay et de ceux de Ca-

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licut. Un combat s'engagea immédiatement et se termina par une victoire complète que les “Portugais remportérent sans l'acheter par aucune perte consi : “able. Le pillage des vaisseaux ennemis leur pr ogura un riche butin , et on y trouva, dit-on, un assez grand nombre de livres écrits en divers langages. Toute la côte entre Diu et Cochin se trouvant soumise et la vice-royauté d’Almeyda venant à expirer, le gouvernement échut à Alfonso de Albuquerque. Almeyda n’abdiqua qu'avec peine ses importantes fonctions, et partit pour l'Euvope-au mois de novembre 1509. En passant le cap de Bonne- Espérance , il eut la joie de démentir les prédictions des sorcières de Cochin, par lesquelles il lui avait été annoncé qu'il mourrait avant de le revoir. Mais bientôt après, ses navires ayant jeté l'ancre dans "la baie de Saldanha , quelque peu au nord du cap, il descendit àterre et fut tué avec une cinquantaine de ses compagnôfé dans un, combat contre les sauvages. La déplorable destinée d'Almeyda inspira de sincères regrets au roi de Portugal.

Alfonso de Albuquerque, qui remplaça Almeyda dans les fonctions de vice-roi, mâis sans porter ce titre, s'était déjà élevé dans l'Inde aù. plus haut degré de réputation. Ses attaques contré Ormiz dans le golfe Persique, bien qu’elles eusseñt échoué, äYaient montré combien ses plans étaient härdis et intelligents ; et, maintenant qu'il était investi du commandement en chef, il déploya, en même temps qu'une ambition sans bornes, la plus infatigable activité. La première mesure de son gouvernement fut d'attaquer Calicut, qu’il réduisit en cendres ; ensuite il mena son armée contre Goa, l’une des villes commerciales les plus importantes de. l'Inde. Les Maures.qui défendaient la place firent d'abord’ une résistance obstinée, mais ils furent vaincus en fin dé compte; au fil de l'épée. Albuquerque constrolsit ui: t ort au-dles Goa , qu'il voulait rendre la oâfitale des posséssions portugaises en Orient, et il y battit mônnaié d'argent et de cuivre. Cette ville devint, en 1559, la résidence du gouverneur ct d’un archevéque primat des Indes.

L'entreprise suivante ajouta plus encore à la réputation F'Albuquerque. Dans le cours de l'añnée 1:09, Almeyda avait envoyé Sequeira avec une petite escadre pônr faire des

découvertes dans l'ést. Cet-officier se dirigea vers Malacca, où il fut recu avec les faussés apparences d’une chaleureuse amitié. Souptonnant quelque perfidie , il refusa d'assister à uñe grande fête préparée en son Hôhheur pat le monarque ; mäis quelques-uns de ses compagnons, s’étant rendus à terre pour y achèter des marchandises, furent presque tous tués ou faits prisonniers. Sequeira usa de représailles en méttant au pillage plusieurs vaisseaux richerhent chargés qui croisaieñt sur la côte; puis il retourhä en Portugal. Deux ans après, Albuquerque se prévalüt dé l'affront fait au nom portugais, et voulut lé punir en s’empañant dé Malacea. Il partit dé Cochin aü mois de mai 4341 avec un armement composé de dix-nèpf navires et de mille quatre cents soldats. En arrivant près dés côtes de Sumatra, il r'ectit. des méssages pacifiques envoyés pat plusieurs rois de cette tle. Auparavant il avait pris en mer quelques navires malais, Süv l'un desquels était un chef qüi avait joué un rôle important dans la trahison dirigée contre l'équipage de Sequeira. Dès qu’il fut reconnu, on le perça de mille coups ,iäls à l'étonnement général, quoique mortelles, ses bleséüifés'ne jetèrent pasune goutte de sang ; les Indiéns cependatit, qui découvritent son sectet, ayant détaché de son bras certain bracelet fait avec des os, le sang se mit à couler abohdaminéhit. L'amulette dont 6h-venait de vérifier ainsi le pouvoir fut regardéé cotûme très-précieuse et portée à Albuquerjue. Les Maures qi régnaient à Malacca né tésistèrent que peu dé jours aux attaques des Portugais ; ils furent is à moët ainsi que leurs partisans, ou bien chassés de Ja ville que l'on peupla immédiatement de Malais et d'autres indigènes. Les vainqueurs y trouvèrent un si riche bulin que le cinquième réservé au monarque fut acheté sur place pañ.idésinégociants au prix énorme de 200,000 pièces d'or. Les véridiques historiens du Portugal ajoutent qu'Albuquerque s'emparaïhicette oceasion de trois mille pièces de canon. Après avoit éonstruit à Malacca un fort et une église, il cingla vers la côte de Malabaï ; mais en passant auprès de Sumatra il essuya une tempête violente quidétruisit la plus grande partie de la flotte et presque toutes les r& * chesses qui se trouvaient à bord de ses vaisseaux. Celui-là même qu’il montait frappa contre un roeher, et, au moment

* CHAP. VI. CONQUÊTES DES PoNfuGars. 107 où il le quittait pour entrer dans la principale chaloupe, il vit un jeune homfhe tomber du haut des mâts dans la mer. se léral se précipita aussitôt à son secours et parvint à le ver; gagnant par cet acte héroïque un rang plus éleyé dans l'estime de ses compagnons que ne lui en auraient peut-être les plus brillantes con quete ..Iné manquait aux Portu ais pour être entièrement maftresdu commerce de l'Inde, que de s'emparer O: muz. À buquerque avait déjà y , Mais sans nl consfruire un fort. Maintenant à la tête de forces supérieures, il résolut d'exécuter ce projet. Le roi dort prince faible et sans résolution, céda tout d’ab ord ; il Albuquerque dans la citadelle, rendit toute “artiller le, do nn4 aux Portugais les plÿs belles maisons de la a ville établir FU facteurs, et ordonna que leur pavillon Lt mb au-( dessus de Le ml pre palais, Peu de jemps après Île retou 4 fais que Da, au mgis de décembre 1545, il fut pris violente ladie qui l’ cl en peu de jours à l'age de soixante-trois wi: reconnaissance de ses conprtriates a été jusqu'à joindré 6. nom l'épithète de Grand ; L Dit eu d'autre mérite que celui d'u | NE faut-il pas oublier qu’il eut à cofffhattre des peuples Visure au sien. C'était un soldat sans frein qui connaissait mal et ne respectait en rien , ni les droits des nations , ni ceux de l'humanité. Les affaires des Portugais dans l'Inde s'élevèrent entre ses mains all plus haut degré de prospérité jet commencèrent an contraire à décroitre peu de temps après sa mort, circonstance trop légèrement ‘attribuée par les historiens à l'inhabileté de ses successeurs. Un pouvoir fondé seulement sur la violence estiaturellement peu stable, et l'on voit rarement se renouveler les moissons de la spoliation et du brigandage. Au nombre des plans qu’il avait con: us était celui de désoler l'Égypte en détournant le cours du Nil dans l'Abyssinie,et de piller la Mecque au moyen d'yn expédition de trois cents cavaliers partis du golfe Persique®t Ligsquisse rapide.que nous ayons tracée de l'or gine et des progrès de l'empire portugais dans l'Inde suffit i l'objet de cet oivrage, et montre comment furent jetées les bases de cét établissement politique, à l’aide duquel l'intelligence et l'ac-

tivité européenne ont pu explorer. l'Orient dans toutes $es parties. Dès que les Portugais furent fixé dans l'Inde, et eurent adopté la résolution. d'entretenir üne flotte sur se es mers;.on vit acquérir. de nouvelles forces leur, désir d'arriver à ‘6 riche pays que leurs. espérances leur signalaient au-delà des limites géographiques, alors connues ; ils poursuivirent leurs recherches avec une vivacité et un bonheur d at on pourra 86 faire une idée en se rappelant brièvement, dans un ordre.chronologique , leurs différentes découvertes. "+ ‘4 En 1506, à l'époque où Alfonso de Albuquerque arrivait dans l'Inde , une tempête violente dispersa sa flotte. Tristan de Acuühà, > un 'détses capitaines ; -fut entraîné si loin vers le sud, que son équipage se-trouva bientôt exposé au froid le plus rigoureux, IPrencontra ces îles isolées qui portent encore maintenant son nom, et qui sont habitées par un petit. nombre d familles anglaises: En même temps, Alvaroïlelez # © 'élolgnatt er fort à l’est, qu'il arrivait à Su tra, d'où il revint aux côtes d'Arabie, commençant ainsi une étude i impa faite de l'ärchipel indien. Enfin, la méme tempête po jmanuel de Meneses ver Madagascar , qu'il appela File Saïnt-Laurent. * Soarez découvrit peu de temps après les Maldives, qui aussitôt fixèrent l’avide attention des Portugais. Mais, comme ces usurpateurs ne purent jamais s'établir solidement dans ces iles, ils affectèrent de les mépriser. Le souyerain des Maldives porte néanmoins le titre pompeux de Roi de treize provinces’et de douze mille iles. Ceylan suivit naturellement cette dernière découverte. Lorenzo Almeyda, fils du vice-roi, descendit, sur cette belle terre,en 1506 , et y érigea une colonne avec une inscription port M qu'il en prenait possession au nom du roi de Portugal. En même temps il traitait avec le monarque du pays, qui consentit à lui payer , en tribut annuel, une quantité considérable de cannelle. + On a déja rapporté comment Sequeira ,.en 1809, avait fait un voyage à Malacca. A cette époque il trouva Sümatra gouvernée, comme elle l’ést encore aujourdhui, par un'Srand nombre de petits princes, dont les dispositions guerrières étaient si bien maintenues par l'état incessant d'hostilitédans lequel ils vivaient les uns vis‘à-vis des autres, que les Portu-

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gais ne purent jamais parvenir à les effrayer. « Cette ile, dit Galvano (1), est la première terre où nous ayons vu manger la chair des hommes par une certaine peuplade appelée Bacas (Battas), qui vivent dans les montagnes et qui ont pour coutume de dorer leurs dents. Ils affirment que la chair des hommes noirs est meilleure que celle des blancs. Les bœufs, les vaches et les volailles de ce pays ont une chair aussi noire que de l'encre. » Quoique le mérite d’avoir pénétré lé premier jusques à Malacca soit généralement attribué à Sequeira, on ne peut guère s'empêcher de soupçonner qu'il y avait été précédé par quelques-uns de ses aventureux compatriotes. On croira difficilemeëf}, en effet, que les Portugais eussent différé si long-temps de visiter ce grand centre d’activité commerciale vers lequel, cinq ans auparavant, ils avaient projeté d'envoyer une expédition ; car la flotte sur laquelle était Amérigo Vespucci dans son dernier voyage, en 4504 (probablement la même que commandait Coelho), parait avoir eu pour but de se rendre à Malacca (2).

Les Moluques, ou iles des Épices, bien qu'elles eussent été l'objet de longues recherches, ne furent découvertes par les Portugais que vers l’année 1511. A cette époque, Francisco Serrano et Diégo d'Abreu furent chargés par Albuquerque de pousser leurs découvertes vers l'est, et, se trouvant séparés par un orage , le premier fut emporté jusqu’à Ternate , et le second visita seulement l'ile d'Amboyne. Huit ans se passèrent en ces découvertes, et, durant toutce temps, ils reçurent des naturels les meilleurs et les plus hospitaliers traitements. Serrano périt à son retour vers le Portugal. En 1521, les

Portugais allèrent prendre possession des iles des Épices. Un fort armement équipé dans ce but fut placé sous les ordres de Georges de Britto ; mais ce capitaine ayant fait une descente sur la côte de Sumatra, afin de piller un temple dans lequel on disait enfermées d'immenses richesses, perdit Ja vie dans cette attaque, et laissa le commandement aux mains d'Antonio de Britto. Lorsque cet officier arriva aux Molu-

(1) ist. dos descobrimientos. .

(2) igitur ex Lisbonæ portu... exivimus ; cum proposilo insulam unam versàs horisontem (orientem ?) positam invisendi, quæ Melcha dicitur, et divitiarum multarum famosa, etc. Navig. quart.

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