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410 VOYAGES MODERNES DE DÉCOUVERTES. LIŸ, IŸ.
ques, les naturels se disputèrent l’un à l’autre l'honneur de lui donner l'hospitalité. Telles étaient leur simplicité et leur imprévoyance, que chacun d’eux sollicitait avec ardeur pour sa propre ville la préférence des Portugais et l'établissement d'un poste militaire. Ternate obtint enfin cette dangereuse distinction : un fort y fut construit, et, comme le relâchement des mœurs s'accroît naturellement nar l'éloignement de l’autorité qui les contrôle , les Portugais des Moluques dépassèrent de beaucoup leurs compatriotes des Indes occidentales en persécutions religieuses et en tapines sanglantes. De Britto fut étonné de retrouver dang:les Moluques quelques compagnons de Magellan qui étateñt.arrivés dans ces îles lors du premier voyage accompli autour du monde : il s'empara d'eux et les jeta dans des cachots, en sorte que les insulaires, en même temps qu’ils apprenaient à connaître les Européens, eurent sous les yeux l’odieux spectacle de leurs fratricides animosités.
Soarez, succédant à Albuquerque dans le gouvernement de l’Inde, fut le premier qui comprit la nécessité d'établir un commerce avec la Chine. Dans ce but, il fit partir, en 1517, une escadre de huit navires chargés de marchandises et que leur commandant Andrada conduisit à Canton, en même temps que Thome Perez, investi du titre d’ambassadeur. Les Chinois envisagérent avec méfiance l’arrivée de ces é ra igers. Deux navires seulement, à bord desquels se trouvaie nt Andrada et Perez, reçurent la permission de remonter la rivière jusques à Canton. Le premier gagna complètement la confiance des Chinois par ses manières conciliantes, sa conduite loyale, et plus particulièrement en les avertissant, avant le jour fixé pour son départ, que tous ceux qui avaient des réclamations à élever contre lui ou son équipage pouvaient s’adresser à lui et en obtenir satisfaction. A la même époque, Perez se rendait à Pékin. Les choses étaient ainsi favorablement disposées, lorsque les Portugais restés à l'embouchure de la rivière ne pouvant, même pour un temps fort court, enchather leur rapacité habituelle, commencèrent à commercer avec les Chinois, et déployèrent à leur égard ces façons grossières et licencieuses dont ils usaient d'ordinaire en trafiquant avec les autres nations de l’est. Dès que le gouverneur de la pro-
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CHAP. I
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CHAP, IX. FERDINAND MENDEZ PINTO. l q11
vince eut connaissance de leurs excès, il assembla un grand nombre de bâtiments, et cerna les navires portugais, dont il se fût probablement emparé, si une tempête soudaine, en dispersant sa flotte, ne leur avait permis de fuir. Perez cependant , qui était sur le chemin de la cour lorsque ces événements eurent lieu, demeura victime de la mauvaise conduite de ses compatriotes; il fut chargé de fers et renvoyé à Canton ; là il languit dans des cachots pendant plusieurs années et jusqu’à Ce que la mort vint mettre un terme à ses souffrances.
Dans l’année 1542, trois marins portugais , Antonio de Mota, Francisco Zeimoro et Antunio Pexoto, désertèrent un vaisseau à bord duquel ifs se trouvaient sur la côte de Siam, et,s’embarquant dans une jonque chinoise, ils firent voile vers l’est. Le mauvais temps les poussa jusqu’au Japon, et ils furent les premiers Européens qui pénétrèrent dans cet empire célèbre. Mais, la même année, il fut visité par un aventurier portugais bien autrement connu, et ont les aventures formeront le sujet du chapitre suivant.