‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 94 · LEP · texte numérisé non relu

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déserte, où les recueillit peu de temps après un pirate. Ainsi recommença pour eux une existence de crimes et de désordres,

Leur première aventure fut un combät contre un pirate, combat dans lequel perdirent la vie cinqdes huit Portugais sauvés jusque là. La jonque dans laquelle les trois autres étaient embarqués parvint à s'échapper avec peu d'avaries ; mais un orage violent étant survenu, ils furent sur le point de couler bas. Le pirate qui commandait le navire cingla vers les iles Lequios, ou Loochoo ; mais le vent le détourua de sa route. Il vit enfin la terre sür laquelle des feux étaient allumés ;.et, courant des bordées vers le rivage, il jeta l'ancre dans un hâvre parfaitement sûr. Quelques-uns des naturels vinrent bientôt à bord ; il se trouva que les fugitifs étaient arrivés à T'anixumaa, l’une des iles du Japon. Le Nautaquim ou gouverneur de cette île commenca par-interroger les Portugais sur les merveilles de leur pays. :« La première chose qu’il demanda fut s’il était vrai, comme il l'avait appris des Chinois et des Lequios, que le Portugal eût des richesses et une étendue plus considérables que celles de la Chine ; ce que nous nous empressimes de lui confirmer. En second lieu, il nous demanda s’il était vrai que notre roi eût conquis sur mer la plus grande partie du monde ; nous reconnûmes la vérité des fait. Eu troisième lieu , si noflé roi était réellement aussi Fiêhe qu'on le disait en or et en argent monnoyés , et s’il fallait tenir pour certain qu’il eût plus de deux mille maisons remplies de trésors jusqu’au toit. A ceci nous répondimes qu'à vrai dire nous ne pouvions lui donner le nombre exact de ces maisons , parce que le royaume de Portugal était si spacieux, si abondant en richesses et en population , qu’il était impossible d'en connaitre toutes les ressources. »

Un des Portugais, nommé Diego Zeimoto, donna au gouverneur une arquebuse, imitée aussitôt par les Japonais et avec tant d'art, que dans l’année 1556, lorsque notre écrivain visita pour la seconde fois ces îles, on y comptait plus de trente mille armes à feu parfaitement en état de servir. Le roi de Bungo souhaitant de voir les étrangers, Mendez Pinto lui fut envoyé ,et auprès de ce monarque il lui arriva un accident

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qui aurait pu héros. 11 sam les naturels, « poudre à cano ble de son mc cette arme , et contre un arb prince de fâço que le prince Pinto, demanc n'eut plus d'a le rôle de méc ble, « et, ditla plus danger mieux, en sep gien plus expér Couvrant enst des blancs d’œ jours le prince dicale de Pint sents montant sur le navire € à se remettre € où ils arrivèrei Lorsque Pi leurs compatri riche « la nou vrir, » et qu trouveraient avide qu’excit jours ap!

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qui aurait pu se tertginer d’une-manière fatale pour notre héros. 11 s'amusait déftéMps en temps à tuer des oiseaux ; et les naturels, qui ne connaissaient pas la composition de la poudre à canon, attribuaient à la sorcellerie le pouvoir terrible de son mousquet. Un jour le fils du roi de Bungo prit cette arme , et la chargeant jusqu’à la bouche , fit ensuite feu contre un arbre; mais le canon.éclata et déchira la main du prince de fäçon à le blesser griétément®Le peuple, supposant que le prince avait péri victime dés magiques artifices de Pinto, demanda aussitôt vengeance. Notre pauvre aventurier n'eut plus d'autre ressource pour sauver sa vie que de jouer le rôle de médecin. Il affecta autant de confiance que possible, « et; dit-il, voyant que la blessure du pouce droit était la plus dangereuse , je commençai par là recoudre de mon mieux, en sept coups d’aiguilles. Probablement un chirurgien plus expériménté en eût donné quelques-uns de moins. » Couvrant ensuite la blessure avec de l'étoupe trempée dans des blancs d'œufs , il la lia fortement, et au bout de vingt jours le prince se tronva tout-à-fait guéri. La réputation médicale de Pinto s’étendit promptement, et lui valut des présents montant à la valeur de 1,500 ducats. Le pirate chinois sur le navire duquel ils étaiént arrivés se trouvant prêt alors à se remettre en mer, les Portugais firent voile vers Liampoo, où ils arrivèrent sains et saufs.

Lorsque Pinto et ses compagnons racontèrent à ceux de leurs compatriotes qui résidaient dans cette île combien était riche « la nouvelle terre du Japon qu'ils venaient de découvrir, » et qu’ils leur parlèrent des vastes débouchés qu'y trouveraient les marchandises étrangères, l'enthousiasme avide qu’excitèrent ces nouvelles fut si grand que quinze jours ap! vit près de neuf jonques faire voile vers le Japon, la , puit mal préparées à un tel voyage, et sans pilotes pour en uiriger la navigation. Sept de ces navires se perdirent durant cette première traversée, et avec.eux plus de six cents personnes. Les marchandises coulées-bas avaient une valeur de plus de 300,000 couronnes. La jôfique qui portait. notre écrivain fut jetée sur les rochers auprès du . grandLequio ; la plus grande partie de l'équipage se noya, vingt-quatre personnes seulement étant parvenues à s’échap-

per, au nombre desquelles se trouvaient plusieurs femmes. Les insulaires, à ce qu’il paraît, étaient fort au courant des iniquités portugaises. Lorsque Pinto et ses compagnonsfurent amenés devant Île gouverneur , il leur demanda: — « Pourquoi leurs compatriotes, lors de la prise de Malacca, où ils avaient été attirés par une excessive avarice, en avaient si impitoyablement massacré, la population ? » Ils étaient néanmoins sur le point d’étre rélâchés, lorsqu'un marchand chinois les accusa de piraterie et äffirma « que les Portugais avaient pour coutume de s’introduire comme espions dans un pays sous prétexte d’y faire le commerce, mais en réalité pour s’en rendre maitres comme des voleurs, en passant au fil de l’épée tout ce'Qui leur résistait. » Cette accusation agit si puissamment sur l'esprit du monarque, qu’il ordonna d’écarteler les Portugais et d’accrocher leurs membres:le long des routes publiques. Cu

Lorsque cette sentence fut connue, les femmes portugaises témoignérent leur douleur par des manifestations si touchantes qu’elles allèrent au cœur des compatissants insulaires. Les dames de Lequio se rassemblèrent autour des condamnés, et, prenant part à leur chagrin, résolurent d’intercéder en leur faveur. Elles écrivirent en conséquence une lettre à la mère du roi, qu’elles appelaient « une perle sacrée formée dans le plus grand coquillage des eaux les plus profondes; » la conjurant de prendre pitié dés étrangers et d’insister pour obtenir leur pardop. La compassion féminine ne fut pas sans résultat : les Portugais furent mis en liberté et reçurent un navire avec lequel ils firent voile vers la Chine. « C'est de cette façon, dit Pinto, que nous ‘partimes de Pungor, ville capitale de l'ile de Lequio, dont je vais donner ici une courte description, à cette fin que si quelque jour äl plaisait à Dieu d'inspirer à la nation portugaise , pour la plüs grande gloire de la religion et pour le profit que le royaume en peut tirer, d'entrepren a conquête de cette tle, on sache comment s'y prendre, leBravantages qu'elle offre, et combien il est facile de s'en arer. Les habitants, ajoute-t-il, ont peu de penchant pour les armes et une assez pauvre organisation militaire, » .

Pinto arriva sain et sauf à Liampoo, d’où il revint à Ma-

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lacca, fort peu enrichi par ses aventures. Là le gouverneur , Pedro de Faria, souhaitant dedui être utile, l’envoya remplir à Martaban une mission qui avait pour objet de conclure un traité de paix avec le roi de ce pays. Il n’y fut pas plutôt arrivé qu’il fut témoin d’une de ces terribles révolutions qui désolent si souvent les états orientaux. Le roi de Martaban fut assiégé par le roi de Brama, mis en déroutéet fait prisonnier. On le jeta dans la rivière avec cinquante de sès principaux courtisans; ses femmes, au nombre de cent quarante, furent pendues la tête en bas. Beaucoup d’autres cruautés sont encore attribuées au roi de Brama, qu’une imagination européénne peut à prine-concevoir, mais dont on voit encore de nos jours des exemples trop fréquents dans les pays orientaux. Mendez Pinto, avec quelques autres captifs portugais , fut emmené à Ava, d’où il accompagna l'ambassadeur du roi de Brama jusques à Timplan, ville capitale du Calaminham ou Seigneur de l’Éléphant blanc.

Il fit ce voyage sous l'humble costume d’un esclave. Le pays qu'il traversa pour se rendre à Timplan est encore fort peu connu, et les noms qu’il attribue aux différents lieux sont si évidemment défigurés qu'il y a peu d'instruction àtirer de son récit. La description de la « fête ou foire des païens, » à la pagode de Tinagoogoo coïncide exactement avec cé que l’on sait de la foire de Juggernaut. Des fanatiques s'y jetäïent sous les roues des chars sacrés, et,se mutilant à coups de couteau , lançaient parini la foule des lambeaux de leur chair. La statue de Tinagoogoo avait les cheveux d’un nègre, selon notre voyageur, et c'est là le caractère spécial des images de Buddha. Les exemples effrayants.de dévotion fanatique que donnaient ses adorateurs faisaient remarquer à Pinto « combien peu nous faisons pour sauver nos âmes au prix de ce qu'ils font pour perdre la leur. »

A son retour à Malacca, Pinto fut mis à même de faire le commerce dans les iles de la Sonde, et de réparer ainsi sa fortune tant de fois perdue ; mais le repos et la prospérité n'apparteriaient pas à sa vie hasardeuse. Peut-être d'ailleurs doit-on attribuer à sa légèreté et à l'inconstance de son caractère ce concours de | pp qui l’enveloppait dans toutes les révolutions ; et fit de sa vie une succession non

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