‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 41 sur 94 · D SE · texte numérisé non relu

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interrompue d'aventures merveilleuses. Il entra à Malacca dans la compagnie de Jésus, et y écrivit une description de Siam et de Pégu, faite évidemment daté le but d'encourager les missionnaires à convertir les habitants de ce pays. Il paraît que les Siamois sont dans l'habitude de crier toutes les fois qu'ils éternuent : Sam Ropi/.ou Trois et Un ! expression mystérieuse qui indiquait, chez ces peuples , suivant le pieux novice, ne.gra lé osition à devenir chrétiens (1). Il visita ensuite la Chine, et accompagna au Japon, en 1556, le missionnaire Be'quior; il paraît s'être acquitté à merveille de cette mission ; car à son retour en Portugal, en 1558, il rapporta avec lui un-certificat de ses services émané du gouverneur de Malacca et: conçu en termes pompeux. Mais la cour attacha moins de prix à ses aventures qu'il ne leur en supposait lui-même ; et il se plaint amèrement qu'après avoir enduré au service de son pays les misères les plus rudes pendant plus de vingt et un ans, il n'en avait reçu aucune récompense. On refusa long-temps toute confiance aux récits de Mendax Pinto, comme se plaisait à l'appeler un écrivain des plus savants (2), et un grand poète dramatique a donné cours à l'opinion qui lui était contraire (3). Mais, à mesure que nous at .as acquis une connaissance plus approfondie des pays qu'il a visités, sa réputation s’est peu à peu rétablie, et ilsest désormais impossible. de regarder ses voyages comme de pures fictions. Sans contredit il émbellit ses aventures ; mais cette liberté qu'ilprend, aussi bien que les contradictions dont il se rend coupable en plus d'un endroit, sont pardonnables à un homme illettré qui écrit de mémoire et dont le goût est égaré par l'attrait mystérieux que l'ignorance ressent toujours pour ce qui est inexplicable, Son volume, après tout, est moins remarquable par ses exagérations que par la multitude d'événements et de particularités adroitement mis en relief et racontés avec une vraisemblance surprenante, Lorsqu'il nous raconte ses conversations avec

(1) Diversi Avisi dal’ India di Portogallo dall’ anño 1551 sino al 1558, dalli Rev, Padri della Compagnia.di Giesu, 12mo; Venet, (2) Astley’s Collection, vol, 1, p. 85.

(3) Ferdinand Mendez Pinto was but a type of ther, Thou liar of the first magnitude! Shakespeare,

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les Chinois et d’autres indigènes de l'Orient, il appelle certainement son imagination à son secours. Il faut considérer cependant qu’il à vécu pendant plusieurs années au milieu d'aventuriers de toute nation, que rarement il se trouvait sans interprète, et que, dans toutes ses descriptions, il observe les convenances du langage et des mœurs orientales avec une fidélité qu’il n'aurait pas eue s’il ne les avait étudiées sur nature. Nulle part il ne se montre très-fanfaron de courage ; au contraire, il nous apparait toujours comme le moins considéré de ses coffpatriotes, et, à vrai dire, ni eux ni lui n'ont beaucoup à se louer de leur rôle dans les aventures qu'il rapporte. La simplicité et le coloris de son style, ainsi que la variété des épisodes rapportés par lui, donnèrent un grand succès à son histoire, qui fut loëg-temps regardée en Portugal comme une production classique.

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