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Velasco. Nous apprenons de Cartier que, parmi les naturels habitant les rivages nord du Saint-Laurent, les hameaux, ou réunions de maisons , étaient appelées Canada, nom que les Européens ont ensuite étendu à tout le pays. Une dérivation vius chimérique a été long-temps attribnée au baptême de ce pays. On disait que lorsque les Espagnols étaient entrés pour la première fois dans le fleuve, éherchant vainement à y découvrir des vestiges de métaux précieux, ils s’écriaient désappointés : 4ca nada! ce qui veut : dire « rien ici ! » et que ces paroles, apprises par les sauvages, se trouvant répétées par eux aux Européens survenus depuissavaient été prises mal à propos pour le nom de leur pays.
La passion des découvertes paraît aussi s'être affaiblie en Angleterre au commencement du seizième siècle, ou, ce qui est plus probable, les efforts mal entendus des premiers voyageurs ne furent pas couronnés d'assez brillants succès pour attirer l'attention des historiens contemporains. La première entreprise que nous voyons tenter par des Anglais seuls, fut due aux suggestions de M. Robert ‘lhorne, riche marchand de Bristol, qui avait long-temps résidé à Séville, etiqui s’y était pénétré de l’ardeur des découvertes géographiques. On dit qu’il exhorta le roi Henri VI « avec de très-puissantes et de très-solides raisons, à faire partir des découvreurs voire pour le pôle nord. » En.effet, un voyage de cette espèce eut lieu à cette époque. Les historiens nous disent « que le roi Henri VII envoya deux beaux navires bien équipés et approvisionnés, et renfermant plusieurs hommes habiles, à la recherche de pays étrangers; ils sortirent de la Tamise le vingtième jour de mai dans la dix-neuvième.année de son règne , qui était l'an 1527 depuis la mortide Notre-Seigneur Jésus-Christ (1). » Tout.ceïque nous saÿôtis “du résultat de ce voyage, c'est qu'un desnävires fut jeté au nord de Terrc- Neuve. En 1536, un voyage de découvertes dans les régions nord-ouest de l'Amérique fut de nouveau projeté par un habitant de Londres nommé Hore , « homme de belle tailk grand courage et adonné à l'étude de la cosmogra M est à remarquer que sur cent vingt personnes qui partirént
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avec lui, trente venaient des universités et des écoles de droit ;d’où l’on peut-conclure que le désir d'élargir le domaine de la science et de satisfaire ses nobles curiosités était, plus que les spéculations mercantiles, l’objet du voyage dont nous parlons. Mais cette entreprise eut une fin malheureuse que ne méritait pas le désin: essement avec lequel elle avait été conçue. À leur arrivée à Terre-Neuve nos v:yageurs souffrirent tellement de la famine qu’ils furent réduits à l'horrible nécessité de se nourrir de chair humaine. Pendant qu'ils recueillaient dans les bois les racines nécessaires à leur subsistance, quelques-uns d’entre eux'furent traîtreusement assassinés, et dévorés par leurs comifagnons. Le capitaine ayant connu cette circonstance voulut ramener son équipage au sentiment du devoir, et lui apprendre la résignation en relevant ses espérances. Mais la famine augmenta, et ils furent poussés à la nécessité de tirer au sort afin de savoir lequel d’entre eux devait être condamné ä‘périr pour le salut de tous ses camarades. Le même soir, un navire français arriva sur la côte, et, par un stratagème dont nous ne connaissons point les détails, les Anglais parvinrent à s’en emparer ; ils revinrent ensuite dans leur patrie. Plus tard, le roi Henri VIIL indemnisa largement les Français tout en excusänt la violence à laquelle s'étaient portés les aventuriers anglais dans un moment de nécessité absolue.
Le commerce étranger de l'Angleterre durant le seizième siècle ne s’étendait guère au-delà des villes de la Flandre, de l'T:lande, et d'une petite pêcherié sur les bancs de Terre- Neuve. Mais la présence et les conseils de Sébastian Cabot, qui connaissait parfaitement les hardies navigations des Espagnols, élargit les vues et enflamma l'ambition d'un peuple qui n’ignorait pas de quoi il était capable. Lorsque ce navigateur expérimenté fut nommé grand pilote de l'Angleterre par Edward VI, il fut en même temps constitué « gouverneur du commerce et chef de la compagnie des marchands aventuriers pour la découverte de contrées, états, îles et villes inconnues (1). » Par ses avis, et sous sa direction, on entreprit
(1) Governour of the mysterie and companie of the marchants adventurers for the discoverie of regions, dominions, islands and places hnknowen:
en 1553 un voyage dont le but était de découvrir par le nord-est un passage vers le Cathay. On équipa pôür’ cette expédition trois navires dont sir Hugh Willoughby fut nommé capitaine général. Richard Chancelor, premier pilote de la flotte, commandait l'Edward Bonaventure. Les chefs de cette expédition, ne doutant en aucune manière de son succès, n’avaient omis aucune des précautions que l'on jugeait nécessaires à cette époque pour le salut des vaisseaux destinés à naviguer dans la mer des Indes, et ils firent revêtir les leurs d’un doublage de plomb afin de les préserver des vers si dangerèux sous les-climats chauds pour les revétements en bois, t là le premier exemple que nous trouvions en Angleterre de navires doublés en métal. Depuis long-temps, comme nous l'avons vu, cette précaution était familière aux marins espagnols (1).
Pendant que les navires étaient à l’ancre auprès de Greenwich, résidence de la cour à cette époque, les matelots reçurent toutes les marques de la faveur royale qui pouvaient flatter set encourager des hommes prêts à s’embarquer dans une entreprise importante et dangereuse, Mais ce voyage, commencé sous de si heureux auspices, se termina de la mauière la plus déplorable. Le courageux Willoughby et ses associés, tous les marchands, les officiers, et l’équipäge de son navire, aussi bien que les personnes, au nombre de soixante-dix, montées sur la Zona Confidencia, périrent misérablement de froid et de faim sur une portion stérile et déserte des côtes est de la Laponie, à l'embouchure d’une rivière appelée Arzina, non loin du hâvre de Kegor. Les vaisseaux et les cadavres de ceux qui avaient péri furent découverts l’année suivante par quelques pécheurs russes ; par les papiers trouvés sur le vaisseau de l’amirai et spécialement par la date de son testament, on a su que la plupart des individus montés sur les deux navires vivaient encore au mois de janvier 1554. Ils étaient “entrés dans ia rivière le 48 septembre de l’année précédente. Il ne parait pas que des journaux réguliers fussent tenus sur les vaisseaux. Le livre de sir Hugh Willoughby contenait à peine quelques
(1) Voir la page 180, Hist, chron, de Barrow, p. 66.
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notes et ne faisait allusion à la détresse où il se trouvait que par le peu de lignes suivantes :
« Etant demeurés dans ce hâvre l’espace d’une semaine, voyant l’année se terminer, et aussi un très-mauvais temps, glace, neiges et pluies, comme si nous eussions été au fort de-l'hiver, nous pensâämes plus convenable d'y prendre nos quartiers. C’est pourquoi nous envoyâmes trois hommes au sud-sud-ouest afin de ‘découvrir les habitants du pays, lesquels firent ufi“V@yage de trois jours sans en trouver aucun, Après celà nôuëfén envoyâmes trois autres à l’ouest, lesquels voyagèrent quatre jours sans rien découvrir. Enfin nous en fimes partir trois dans la direction du sud-est; ils revinrent de même au bout de trois jours sans avoir rencontré aucune trace d'homme ou d'habitation humaine. »
Richard Chancelor le pilote fut plus heurenx dans son voyage. IL paraît qu’il maiutint constamment sa course au nord ; « où, pour nous servir de ses expressions, il navigua si loin vers cette portion inconnue du monde, qu’il arriva enfin dans un endroit où la nuit n'existait pas, mais où une lumière continuelle et l'éclat d’un soleil sans nuage frappait sans relache une vaste et puissante mer.» Enfin , il pénétia dans une grande baie où il trouva des indigènes que son arrivéë parut alarmer ; mais, lorsqu'ils connurent mieux «la singulière douceur et courtoisie des étrangers , ils leur apportèrent des provisions et entrèrent avec eux en rapports familiers. » Nos navigateurs apprirent que le pays dans lequel ils étaient arrivés était la Russie ou Moscovie, gouvernée par un roi qu’on appelait Juan Vasilovich. Chancelor mena fort adroitement ses négociations , et eut le courage d'entréfrendre ungyoyage de près de quinze cents milles pour arriver jusqu'à Moscow ; il y fut favorablement recu, et son habile entremise jeta les bases de ces rapports commerciaux qui depuis lors ont perpétuellement subsisté, presque sans interruption, entre l'Angleterre et la Russie.
Le récit de sa première entrevue avec le czar de Moscow est extrêmement curieux et divertissant, Les voyageurs anglais furent surpris outre mesure par la pompe et la magnificence de la cour russe, L'empereur conserva d'abord vis-à-vis des étrangers une attitude fière et pleine de réserve ; mais,
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