‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 48 sur 94 · CHAPITRE XIII. et dé étaiel · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. et dé étaiel

ÉTABLISSEMENTS DANS L'EST. civile voya!

Voyage de Jenkinson à Bokhara. — Description d'Astrakan. — Le sultan Timour. — ville Mœurs des Turcomans, — Le sorcier et l'épaule de mouton. — Bokhara. = jpem- A merce de la mer Cospienne, — Commerce de Venise avec l'Orient. — Les Ang étaie: prennent part au commerce du Levant. — Voyage de Fitch et de Newberp. verne l'Iinde.— Premier voyage d'Angleterre aux Indes par le cap de Bonn nc Résultat malheuréüx.— Institution de la compagnie des Indes orient ureu: nour! voyage de Lancastér.—Middleton va aux Moluques.— On envoie uni peu pour Grand-Mogol. — Commerce des Hollandais dans les Indes orietitales""1#/00r plantent les Portugais au Japon. — Expédition de Vanderhagen: taiures William Adams. — 11 construit un navire pour l'empereur du Japot} —". D fluence sur ce monarque. — On ne le laisse point s'éloigner. — 11 favorise les Hol- Jondais. — Sa letire. — Le capitaine Saris arrive au Japon. — Description qu'il donne de ce pays.— Lettre de l'empereur au roi d'Angleterre.— Fin du commerce anglais avec le Japon.— Les Hollandais naufragés en Corée.— Leurs aventures, — Leur fuite. — Leurs rappports sur ce pays, — Voyages des Français en Orient, — Pirard de Laval naufrage sur les Maldives, — Sa description de ces Îles, — Son rêve et son heureuse délivrance.

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Les succès qu'avait obtenus Chancelor, lors de sa mission à Moscou, suspendirent les recherches par lesquelles le commerce auglais tentait de s'ouvrir une voie vers les mers de l'Inde; mais, en apprenant à mieux connaître la Russie, ce pays nouvellement découvert, il sentit se rallumer en lui l'ardeur qui le poussait à commercer avec l'Orient et

(1) Journey from Prince of Wales Fort, etc. By Samuel Hcarnc,

que d’autres préoccupations avaient un instant ralentie. On s’assura qu’un négoce fort lucratif se faisait au profit des Russes avec la Perse et Bokhara; il fut en conséquence décidé qu'on se prévaudrait des bonnes intentions manifestées par la cour de Moscou à l'égard des voyageurs anglais pour s'assurer de routes commerciales qui pussent conduire dans l'intérieur de l'Asie. M. Anthony Jenkinson fut choisi pour mettre ces projets à exécution; c'était un homme de courage et d'intelligéñice, Connaissant parfaitement la Moscovie, dans laquelle : il avait déjà fait plusieurs voyages, et où il devait revenir plus tard comme ambassadeur de la reine. Élisabeth. ;

Jenkinson partit de Moscou en avril 4358. Il trouva les pays entre le Voiga et la mer Caspienne entièrement ravagés et dépeuplés ; les habitants, au nombre d'environ cent mille, étaient cette année même en butte aux horreurs dé la guerre civile , de la peste et de la famine , ce qui, au dire de notre voyageur, paraissait réjouir beaucoup4la nation russe. La ville d’Astrakan ne lui sembla ni forte, ni belle ; les remparts étaient en terre; toutes les maisons, excepté celle du gouverneur, étaient grossièrement construites. Les habitants se nourrissaient uniquement de marée et surtout d’ésturgeon; pour faire sécher ce poisson on le suspendait dans les maisons et dans les rues; l'air en était infecté, et les myriades de mouches qui essaimaient autour de cette marée en putréfaction parurent insupportables au voyageët,;Les Tartares Nogays, qui habitent le voisinage, étaient ds dans une misère telle qu'ils avaient mis leurs enfants'en.vénte , ‘et Jenkinson aurait pu en acheter des milliers # raison de quelques morceaux de pain par tête d'enfant. Les négociants affluaient à Astrakan, mais les dénrées s’y vendaient par quantités si minimes, que ce Commerce excila le mépris du voyageur anglais ; il en tirait la conélusion, « qu'il n'y avait point à établir, avec ces contrées, des affaires qui valussent la peine d'être suivies, #77 ” d

Le & du mois d'août, Jenkinison s'embarqua sur le Volga avec les marchandises dont il était porteur et en compagnie de quelques Persans ou Taiars ; obligé du reste, pour pénétrer dans la mer Caspienne de prendre sur lui tous les soins

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de la navigation, quatre jours lui suflirent pour pénétrer dans cette mer, et deux jours après il passa l'embouchure de la rivière Jaïk, sur laquelle , nous dit-il, est bâtie la ville de Sérachik, capitale du plus puissant des princes nogays ; mais il ajoute : « Il n’y a pas de commerce dans ce pays; les naturels n'ayant d'autre monnaie que leurs troupeaux, et vivant principalement de vols. » Notre voyageur eut bientôt occasion d'apprécier leurs instincts de pillage, car le lendemain du jour où il était entré dans la rivière, et'tandis que la plus grande partie de son équipage était descendu à terre, une barque portant une trentaine d'hommes armés vint bord à bord de la sienne avec l'intention bien évidente de la capturer. Par bonheur , ua des compagnons de Jenkinson, une sorte de derviche mahométan, parvint par ses prières et ses adjurations à détourner ces brigands de leur entreprise. Ils l’assurèrent qu'ils étaient venus seulement voir s’il y avait, sur le navire, quelque Russe ou quelqu’autre infidèle ; et comme il leur jura. fort et ferme que cela n’était point, ils s'éloignèrent. Après trois semaines de voyage, Jenkinson et ses compagnons arrivèrent au port de Manguslave sur la côte sud-est de la mer Caspienne; à peine étaient-ils débarqués qu'ils apprirent à connaitre, dans tout ce qu’elles avaient de déloyal et d'avide, les mœurs commerciales du pays.

Nos marchands partirent avec une caravane de mille chameaux,'et arrivèrent en ciuq jours sur les terres du sultan Timour, dontles officiers prélevaient , sans façon, un droit arbitraire ét fort considérable sur les marchandises importées ; Jenkinson, en conséquence, se hâta de parvenir auprès du sultan lui-même , qui le reçut avec br: et lui offrit rour régal de la chair décheval sauvage etcr de jument. S'il n'était ainsi venu en quelque façon se mettre à l'abri sous l'hospitalité de ce prince tatar, qui était un voleur renommé , notre voyageur aurait été, selon toute probabilité, Victime de ses déprédations.”" Le sultan vivait élf rase campagne , ne possédant ni ville, ni château. Jenkinsôn le trouva trônant dans une petite maison ronde, construite en roseaux, couverte en feutre et tendue de tapis. Nos marchands, continuant leur route, voyagèrent vingt jours entiers dans le

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désert, sans voir une maison ou une habitation quelconque, Les provisions venant à leur manquer, ils furent contraints de manger leurs bêtes de transport; Jenkinson lui-même, quoiqu’à regret, dut tuer un de ses chameaux et un cheval. Le pays n’était traversé par aucune rivière, et les sources rares, profondes , mal fournies d’une eau saumâtre et bourbeuse, n'offraient à cette aridité du sol qu'une assez triste compensation. Les voyageurs passèrent un mois dans la ville d'Urjeuz , et Jenkinson nous apprend encore que le commerce, tel qu’il s’y pratique, « ne vaut pas la peine qu'on en parle. » Quant aux mœurs et à la civilisation du pays qu'il venait de traverser, l'agent anglais les décrit sommairement en ces termes : « Toute la région qui s'étend de la mer Caspienne aux lieux où je suis (Urjenz) est comprise sous le nom de Terre des Turcomans. Ce peuple habite sous des tentes, errant çà et là par bandes nombreuses qui.trs

avec elles Miles chameaux, leurs chevaux et leurs brebis} dernières t degynte taille, et leurs queues ji soixante à quatre-vingt pounds. La plus grande pa bétail, aussi bien que les chevaux, est encore à l’état sauvage; on les prend à l’aide de faucons qui les poursuivent et les houspillent jusqu'à ce qu'ils soient incapables de courir plus long-temps. Le khan et $ês cinq frères gouvernent toute la contrée; chacun règne dans ses propres domaines, et cherche à détruire les autres; ils ne sont qu'à demi frères , étant nés de différentes mères, et presque toujours de femmes esclaves. Lorsqu'une guerre existe entre eux, ce qui est en quelque sorte l’état normal, le vaincu s'enfuit dans les déserts, détrousse les voyageurs et pille les æaravancs, jusqu’à ce qu'il ait rassemblé des forces suflisantes pour entrer Ag en campagne. »

En quittant Urjenz, nos marchands parcoururent une Céntaine de milles en longeant l'Oxus ; puis, comme ils pénétraient dans un autre grand désert, ils furent en butte aux attaques d'une formidable bande de voleurs envoyés contre eux, du moins ils le soupçonnèrent, par le prince même dontuils avaient récemment acheté la protection. Ce fut ià que Jenkinson assista à une scène de sortiléges tatars , tels qu'ils existent encore sur les bords de la mer Noire. Un

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vieux pèlerin tua un mouton, et, après en avoir fait brûler une épaule , il méla les cendres au sang de l'animal ; cette encre de nouvelle espèce lui servit à tracer,certains caractères cabalistiques, à l’aide desquels il prétendit s’assurer que la caravane devait étre attaquée par des voleurs, et que le combat se terminerait à son avantage. Cette prédiction se vérifia, et fit grand honneur au sorcier.

La ville de Bokhara, ainsi que notre auteur prend soin de nous en informer , est d'une grande étendueet enclose d’un mur de terre fort élevé; mais il paraît s’étre fait une assez mesquine idée de son commerce et de ses richesses. Les vices du gouvernement et les guerres de religion étaient les principales causes de sa pauvreté. Les Tatars ct les Persans étaient continuellement en querelle au sujet de certains articleg , de ‘foi, et surtout parce que ces derniers refusaient

inéleut de renoncer à leurs moustaches.

Pendant le séjour que Jenkinson fit à Bok des cara-

es#arrivérent de l'Inde, de la Perse. des hans ct de la Russie; mais il fait encore remarquer : « que les marchands sont trop pauvres et nantis de trop peu de denrées pour qu'on puisse espérer d'y faire un commerce de quelque importance. » Les relations de négoce avec le Cathay venaient d’être interrompues , pendant trois ans, par les guerres de Toshkend et de Cashgar. Des obstacles de même nature existaient sur la frontière de Perse, et empéchèrent l'agent anglais de vérifier, comme il en avait le projet, l’état commercial de ce pays: « Toutefois, dit-il, il en avait assez appris à Astracan et à Bokhara pour conjecturer , qu'à cet égard , la Perse ne valait pas beaucoup mieux que la Tartarie. » *

Au mois de mars 4559 , les Anglais quittèrent Bokhara , en compagnie d’une caravane d'environ 600 chameaux , pour retourner dans leur pays ; et, dix jours après leur départ} cette ville fut assiégée par Le roi de Samarcande. Lorsqu'ils arrivèrent à la mer Caspienne, ils trouvèrent leur navire dépouillé de tout son gréement par les Tatars nomades ; Jen: kinson néanmoins parvint à l'équiper de nouveau, et àtpoursuivre son voyage. A propos de la mer Caspienne , il te. marque «que la rareté des vaisseaux, le manqne de villes

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et de ports, là pauvreté des, peüplades: senvironnantess: ‘bla durée des glaces, y rendént.Je commerce tout-à-fait insignifiant. » Il parvint'à Moscou Île 2 septembre ; admis, peu de jours après, à baiser la main de l'empéréur, il lui offrit la queue d’une vache blanche du Cathay et un:tambour tatar. Il lui présenta aussi l'ambassadeur tatar qui l’avait accompa-

gné, et les esclaves russes rachetés par ses soins. L'empereur, x lui ayant accordé la faveur de le faire dîner en sa présence,

lui fit porter , par un duc, des plats de sa propre table. Les récits de Jenkinson: contribuèrent beaucoup aux progrès de la géographie, car il avait observé avec soin la latitude des principales villes qu’il avait traversées ; sa description de la mer Caspienne réduisit, d’ailleurs, et de beaucoup, l'excessive largeur assignée à cette mer dans la direction de l'est à l’ouest par Ptolémée et ses successeurs. Les Anglais qui l'avaient accompagné avaient aussi dressé l'itinéraire du Cathay; qu'ils disaient offrir un voyage daneuf mois, et rassemblé beaucoup de documents sur le commerce intérieur de

l'Asie.

Le résultat du voyage de Jenkinson diminua beaucoup l'espérance que l'on avait conçue d'établir avec l'Orient des relations commerciales, en profitant pour cela des bonnes dispositions du czar de Moscovie: L’Angleterre achetait encore les produits de l'Inde a Ménitiens , qui continuaient leur commerce par la mér Rouge ét Alexandrie, tel qu’ils le faisaient, avec de. beaucougt plus” grands avantages, avant 5h les Européens eussent appris à doubler le cap de Bonne- Espérance. Il est probable que, même en ce pays, la concurreñce portugaise diminuait notablement leurs profits, et les négociations ouvertes par là reine Elisabeth avec le Grand- Seigneur mirent un terme à leur commerce d'importation. Le dernier vaisseau mafchand vénitien qui parut sur les côtes de la Grande-Bretagne étaît un grand naÿire de onze cents tonneaux ; il naufragea corps ei Liens sûr les récifs de l'ile de Wight, en 1587. Depuis lors les Anglais eux-mêmes prirent une part active au commerce du Levant, ayant obtenu dans les ports de Turquie les mêmes priviléges jusqu'alors exclusivement réservés aux Vénitiens. Ces preiniers rapports avec l'Orient furent accompagnés de nouvelles tentatives

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ayänt pour but de faire-connâître à la nation anglaise les marchés de cette partie du monde.

M. Ralph Fitch, M: John Newbery.et deux autres furent envoyés, en 488%, par quelques négociänts de Londres pour étendre les relations que le commerce anglais venait de se créer dans le-Lévant ; ils devaient s’avancer par Alep, Bagdad et Bassorah jusqu’à Ormuz et Goa, pour se procurer, autant que possible, de première main, les denrées indiennes. Prévoyant qu'ils pourraient arriver jusqu'à l'Inde et même pénétrer en Chine, on munit Newbery et ses compagnons de lettres de créance, par lesquelles la reine Elisabeth les recommandait à l'empereur de la Chine et à Zelabdim Echebar (Saladin Akbar ou Akbar Schah), empereur des conquérants mogols de l’Indoustan, qu’elle traitait de roi de Cambaïa. Ces voyageurs visitérent, dit-on, Ceylan, Malacca, Pégu et Siam, en longeant les côtes de l'Indoustan. Mais, bien qu’on ne puisse douter qu'ils aient accompli le voyage des; Indes, on peut, par d'excellents motifs, décliner l'authenticité du récit qu’on leur attribue. La jalousie des Portugais qui firent

emprisonner nos voyageurs à Ormuz fut cause que l’expédi- :

tion n’atteignit point le résultat qu'on s'était proposé. Dans une de ses lettres, Newbery écrit ces lignes : « Je ne vois pas de raison, bien que nous soyons Anglais, pour qu’on nous inter dise le commerce que fonticitoutes lesautres nations, Français, Flamands, Hongrois, Italicns, Allemands, Grecs, Arméniens : Nazaréens, Turcs, Maures, Juifs et Païens, Persans et Moscovites vont et viennent librement à Ormuz; bref, notre nation est la seule:dont on cherche à compromettre les intéréts. » Ce même écrit explique l’antipathie que les PortuSais mauifestaient à la nation anglaise, par la terreur que, selon Newbery, l'apparition de sir Francis Drake avait jetée dans les mers de l'Inde: | |

Comme nous l'avons déjà vu, les tentatives faites par les Anglais pour atteindre le continent indien remontaient à l’année 4527, époque où un navire fut envoyé à la recherche d’un‘passage direct qui conduisit par le pôle nord au Cathay. A cette époque l'Angléférre ne se croyait pas assez forte pour lutter sur mer avec le Portugal ; elle désirait donc pouvoiiwparvenir en Orient sans rencontrer les flottes de êes

rivaux jaloux; mais tous ses efforts en ce sens demeurèrent sans résultats heureux; d’un autre côté, les voyages de Drake et de Candish montrèrent combien peu les Anglais avaient à redouter la supériorité maritime d'une autre nation. On peut dire, à bon droit, qu’ils ouvrirent la route de l'Orient. La nation anglaise, dont les ressources s’accroissaient rapidement et à qui les événements politiques avaient ment révélé sa force, résolut de partager les profits d'un:Commerce que ses ennemis prétendaient insolemment se réserver. En 1591, trois vaisseaux furent équipés que l’on destinait à aller aux Indes par le cap de Bonne-Espérance. Pour la première fois les Anglais allaient tenter cette route,

péditiéht: a bjét, non-seulement de faire le .

Maïs én'course contre les Portugais ; ses rélultats furent on 1 peut ‘plus malheureux ; un des navires dut revenir du cap de Bonne- -Espérance, ramenant à son bord les nombreux malades de la flottille ; un autre se perdit ave@.tout. son équipage à soixante hièues environ au-delà du Cap.ÿ' lé. ‘troisième, commandé par le capitaine James Lancastér, atteignit les Grandeé-Indes avec des avaries considéra-

; bles ; et, durant'sa traversée de retour, poussé par la vio-

lence des tempêtes jusqu'aux Indes occidentales il y fut abandonné. Lancaster, accompagné de sept hommes, seuls débris de son équipage, revint en son pays sur un corsaire français. Tant de malheurs ne parvinrent point à décourager les négociants anglais : ils savaient qu’il n’est guère de succès sans persévérance. Des marins, des marchands en grand nombre étaient allés dans l’est sur des navires étrangers, et s'accordaient à représenter comme facile l'établissement de

‘quelque factorerie et d'un commerce lucratif dans les péninsu-

les indiennes. Les principaux négociants. de Londres s’attachèrent aliitinément à la réalisation de ce plan; et ils obtinrent san ülté de la reine Elisabeth une charte datée Hre 1600, en vertu de laquelle ils sont autorisés à se réunir ous ce titre : « Le gouvernement et la*compagnie des négociants de Londres commerçant.avec les Indes QHantalss. » Gette charte était exclusive, la reine s'étant 6h pas délivrer d'autre durant un espace de quinze annéës® £a compagnie nouvellement établie fit partir, dans

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le mois de mai 4601 , sous le commandement de Lancaster , cinq vaisseaux dont les cargaisons furent évaluées à 27,000 livres sterling. Ce voyage s’accomplit heureusement ; l'amiral (tel était le titre de Lancaster) conclut un traité avec le roi d'Achem, envoya une pinasse aux Moluques, établit une factorerie dans l’île de Java, et revint sans encombre en Angleterre après avoir réalisé un beau profit sur cette opération. En 1604, sir Henry Middleton visita les Moluques, où*il fut bien accueilli par les princes du pays, nonobstant les bruits facheux que les Hollandais avaient fait courir contre lui. Le voyage du capitaine. Keeling, en 1607 , mérite d’être mentionné à cause de cette circonstahce, que durant Ja traversée,

au retour, il, ne perdit.pas un seul hommé, La:flglte. qu'il commandait portait aussi lé capitaine Willis Ha ns, premier ambassadeur de l'Angleterre au Grand-Mégoket:donit les négociations prudentes créèrent des Jlons d'a dura:

ble entre les deux mon TR DT #66 Le commerce des: Hollandais dans, Lles, Indes ‘orientales commença pr'esqué: 11) méme tempsique celaide l'Angleterre ; mais il se dévéloppasplüs/rapidement, Danéile cours des années 1645 et 4644 les Hollandais avaient déjà vingt-sept grands vaisseaux armés dans la mér des Indes ; et, nonobstant les dépenses considérables de leurs armements, les bénéfices de leur commerce durant les douze années qui avaient précédé montaient déjà à plus de trente-sept pour cent (1). Au début de leur carrière navale, les Anglais ne paraissent pas s'être volo jers servis de grands vaisseaux ; au contraire, une des &tances les plus surprenantes dans les premiers

voyages él sion des: navires sur lesquels ils ne craignaïent pas de traverser des mers ihiconnues , et de braver les latitudes les plus orageuses. Cette prédilection singulière (qu’on ji eut attri-

buer à ce que, sous un gouvernement constit el, les voyages de découvertes, réservés ailleurs à l’état, s'exécutent par l'industrie privée) avait promptement donné aux Anglais une réputatioide bons matelots, mais, par comparaison,

leurs flottes étaient réputées assez faibles. 1ls ne,

(1) Harris, vol, 1, p. 928. ie

ispar des marins anglais est lé-petite dimen-.

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de matelots et de pilotes les vaisseaux des nations étrangères, qui, regardant l'accroissement de leur marine comme un intérêt d'état, balayaient les mers avec des forces plus imposantes. Les Hollandais supplantèrent bientôt les Portugais dans les Moluques, et, peu de temps après, par un accident singulier, ils trouvèrent moyen d'étendre au Japon les envahissements de leur commerce. On dit qu’alors l'importance annuelle du commerce portugais dans ces parages dépassait un million de livres sterling. Chose singulière du reste, c’est par l'entremise d'un Anglais que les Hollandais parvinrent à s'emparer du commerce japonais, commerce dont ils ont encore aujourd'hui la possession exclusive. Voici comment les choses se passèrent :

Une expédition de cinq vaisseaux partie du Texel en 1598 devait faire voile par le détroit de Magellan jusqu'à Yedso et aux Moluques. Nous rapporterons dans un autre chapitre quelques particularités relatives à cet essai de voyage autour du monde (1). Le pilote de cette flotte était William Adams, depuis long-temps au service des Hollandais, et qui, selon des conjectures faciles à justifier, avait, en 4596, accompagné Cornelis Ryp et Barentz dans le voyage auquel on dut la découverte du Spitzberg. Une série non interrompue de désastres accueillit la flotte hollandaise dans la mer du Sud; la famine se fit sentir presque au début; et en atteignant l'Océan Pacifique les vaisseaux furent dispersés par une tempête, de façon à ne pouvoir plusse rejoindre. Adams continua sa course vers le Japon, et aperçut enfin la terre lorsque déjà cinq hommes à peine de son équipage conservaient la force nécessaire aux manœuvres. Dès qu’ils eurent jeié l'ancre, les Japonais vinrent à bord, et, sans perdre de temps, firent main basse sur la cargaison du nayige, Ils prirent soin toutefois de procurer de la nourriture MR niolots affamés. Les Portugais, et les jésuites en particulier, que la venue des Hollandais ne laissait pas d’effrayer, se hâtèrent de les présenter comme des proscrits et des pirates, semant une telle alarme par leurs calomnies qu'Adams et ses compagnons commencèrent à craindre d'être crucifiés, ce qui est, dans

(1) Voir au chap. xvir.

ces parages, la peine réservée aux pirates. Toutefois l'empereur, ayant oui parler d’un navire qui arrivait de l’est dans ses domaines, ordonna que le pilote fût amené devant lui. Adams, tremblant pour sa tête, comparut sous les yeux du monarque , qui sembla l’examiner avec une attention soutenue, mais dont le maintien doux et gracieux dissipa les craintes que notre voyageur avait ressenties auparavant. Par l’entremise de ses interprètes, il adressa de nombreuses questions au pilote touchant le pays d'où venait ce dernier , ses habitants, ses mœurs, les forces militaires dont il pouvait disposer, les productions du sol, les lois , le gouvernement et la religion. La plupart de ces questions causèrent quelque embarras à Adams, encore qu’il paraisse avoir été doué d’une rare intelligence ; mais à son tour il embarrassa bien davantage l’empereur, en lui montrant sur sa carte le détroit de Magellan, qu'il avait traversé pour venir d'Europe au Japon. Ce monarque, qui auparavant avait conçu une bonne opinion du pilote étranger, commença dès lors à concevoir quelque doute sur l'exactitude de ses récits; pourtant, comme Adams persistait fermement à maintenir ce qu’il avait dit, et comme la carte paraissait une sorte de témoignage écrit en faveur de sa véracité , l’empereur finit par croire implicitement ce qu'il qe lui était pas donné de comprendre ; du reste, il prenaît grand plaisir à écouter Adams, dont la physionomie portait sans doute l'empreinte de cette probité parfaite à laquelle ses ennemis mêmes ont été obligés de rendre hommage. Peu à peu il conquit l'estime de son royal geôlier, qui ne voulut écouter aucune des calomnies dirigées contre lui par la haine des Portugais; il était gardé à vue, mais, à cela près, traité avec toutes sortes d'égarüs.

Après quelque temps et comme il gagnait tous les jours dans l'esprit du mena, il cessa d'être prisonnier, et on lui permit de visiter ses anciens camarades, d'autant plus surpris de le revoir, que le bruit de sa mort avait été répandu depuis Jong- temps par les Portugais. Du reste , Adams trouva son vaisseau tout-à fait livré au pillage; ses instruments, ses marchandises avaient disparu. Lorsque l’empereur connut cette perte, il ordonna qu’une enquête sévère fût faite au profit de son nouveau favori ; ct, comme elle n’amena pas les ré-

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CHAP, XII. ÉTABLISSEMENTS DANS L'EST, 193 sultats désirés , il accorda une large indemnité aux Hollandais dépouillés par ses sujets. Il ne voulut point leur permettre de poursuivre leur voyage et de retourner-chez eux, mais d'autre part il leur accorda libéralement en argént et en provisions de quoi subvenir à leur entrefien, leur permettant de circuler librement dans les pays soumis à son autorité.

Ils étaient déjà depuis quatre à cinq ans au Japon, se livrant au commerce dans diverses provinces gu royaume, lorsque l'empereur fit venir Adams et lui ordônna de construire un vaisseau d’après la méthode européenne. Le pilote anglais lui représenta vainement que son métier était de guider et non d’équiper un bâtiment ; le prince insista de telle manière,qu'ilse vit obligé d'entreprendre le travail qu’on lui demandait. Il se mit à l'œuvre, et, s'aidant de toutes lés ressources de son esprit, il parvint à lancer à la mer un bon vaisseau de quatre-vingts tonneaux. L'empereur parcourut le pont de ce petit navire avec une sorte de ravissement, et son ingénieur improvisé grandit encore à ses yeux. Adams possédait quelques connaissances élémentaires de géométrie et de mathématiques appliquées; il les enseignait tant bien que mal à l'empereur, et celui-ci le regarda bientôt comme un savant de premier ordre. Samodestie d'ailleurs et son intégrité contribuèrent peut-être autant que ses talents à lui gagner et à lui conserver la faveur impériale. Il obtint enfin par la fermeté de sa conduite un ascendant complet sur l'esprit de l’empereur , et parvint à connaître, pour nous servir de ses propres expressions, « l’exacte longueur de son pied.» Alors, mais aussi vainement que par le passé, il sollicita la permission de partir ; désirant le consoler, le monarque lui donna une terre «et quatre-vingt-dix esclaves pour la travailler, 11 se servit'aussi d'Adams pour naviguer dans le vaisseau qu'il lui avait fait construire. L'Anglais réussit à merveille dans ce nouvel emploi. On lui fit ensuite équiper un second nivire plus grand que le premier, mais sur le même modèle, et ce nouveau bâtiment fut employé, peu de temp#après ; à transporter à Acapulco , dans la Nouvelle- -Éspagne, environ trois cent-cinquante Espagnols abandonnés à diverses reprises sur les côtes du Japon. On peut conclure de cette circonstance

qu’Adams était au courant des princines généraux de la construction navale. &

* Lorsqu'il jugea impossible d'obtenir pour lui-même une permission de départ, il employa l'influence qu’il avait acquise en faveur du-capitaine hollandais et de son lieutenant ; ses efforts réussirent. L'année même où ces deux marins quittèrent le Japon, un petit vaisseau y arriva de Johore pour y recueillir les premiers bénéfices d’un commerce tout récemment autorisé. Adams, lorsque ce vaisseau partit , remit au capitaine üne lettre adressée à ses Amis inconnus et à ses compatriotes, exprimant le désir qu’elle parvint soit à Limehouse , près de Londres, ou à Gillingham, dans le comté de Kent , lieu présumé de sa naissance. Cette lettre renfermait un tableau abrégé du Japon, qu'il suppose avoir environ deux centvingt-huit lieues de longueur sur une largeur plus considérable encore. Il vante du reste en termes énergiques la bonté, le courage et la politesse des Japonais , leur amour de la justice et leur rigoureux respect pour la loi. L'influence d’Adams procura immédiatement aux Hollandais une préférence marquée ; et les Portugais lui attribuent cette haine des Japonais contrc les jésuites, qui amena l'expulsion générale des autres négociantseuropéens et de la religion chrétienne. La lettre écrite par Adams à ses amis parvint à Bantam dans lé cours de l’année 1612 ; et l'année suivante un vaisseau anglais, commandé par le capitaine John Saris, arriva sur les côtes du Japon. Adams usa efficacement de toute son influence sur l’esprit du monarque pour établir entre le Japon et sa patrie des rapports bienveillants de part et d'autre. L'empereur accorda aux Anglais le droit absolu de faire le commerce dans ses domaines ; accompagnant cette permission de présents pour le roi d'Angleterre et d'une lettre qui renférmait les phrases suivantes : « Je reconnais , comme, je le dois, la bonté de votre majesté qui m'envoie un présent tel queMhoôn pays n’en saurait produire , et tel que je n’en avais jamais vu de semblable. Je le reçois comme me venant non pas d’un étranger , mais de votre majesté que j'estime autant que moi-même." Je désire voir se perpétuer l'amitié qui m'unit à votre majesté, et qu’il puisse vous plaire d'envoyer vos sujets dans les ports soumis à mon empire ; ils y seront toujours les

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bienvenus. J’admire, de grand cœur, leur admirable connaissance de la navigation, et le courage qui leur fait traverser une mer immense sans s’effrayer des ouragansou des tempêtes. J'applaudis à cette ardeur qui leur fait poursuivre un commerce et des découvertes également honorables; aussi me trouveront-ils toujours disposé à favoriser leurs progrès. J’envoie à votre majesté un faible gage de mon affection, et je désire que vous l’acceptiez comme venant d’un homme que votre amitié comble de joie. » Le capitaine John Saris devait être un homme de cœur, simple et droit ; ses remarques sur le Japon sont encore comptées parmi les documents les plus précieux qu'on ait au sujet de ce bizarre pays. Il habita successivement différentes villes, telles que Fuecate, Osaca, Su-* ranga et Méaco, qu’il dit être chacune aussi grande que Londres ; or , déjà de son temps , Londres comptait une population de cinq cent cinquante mille âmes au moins. Le fleuve qui passe à Osaca lui parut aussi large que la Tamise auprès de Greenwich, et°on le traversait sur plusieurs beaux ponts en bois. Méaëo , la plus grande ville du Japon, était le théâtre d'un immense commerce ; sesrües tracées avec un ordre parfait, et les ouvriers distribués dans les différents quartiers de la ville suivant la nature de leurs professions, attestaient les habitudes d'ordré et l'esprit méthodique des Japonais. Le grand temple de Méaco parut au capitaine aussi vaste et aussi élevé que l'églisé de Saint-Paul ; de longues rangées de co-

lonnes ornées; ternes en papier; allumées avec soin chaque nuit, ent a vs s du temple. L'accueil fait aux Anglais pôr les”indigènes fut particulièrement affable. On leur demanda 'n is de n'introduire avec eux aucun père

ou prêtre , de crainte'sans doute qu'on ne vit se renouvelef®à les persécutions religiéuses occasionnées par les jésuites por tugais.

Saris, quoique satisfait en général de son voyage , ne parut pas espérer beaucoup du commerce qu’on pouvait établir avec lé Japon. Adams eut grand’ peine à lui faire adopter sa manière de voir concernant la direction qu’il fallait imprimer à ce commerce ; le bon capitaine avait ses préjugés : il ne pouvait s *empécher de traiter en simple pilote le favori.de l’empereur, et le regardait comme dtsposs à s'exagérer les avan-

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tages offerts par le pays auquel maintenant il était pour toujours attaché. Adams mourut au Japon en 1651, n’ayant rien perdu de la faveur du monarque et de l’estime populaire. Des révolutions y éelatérent peu après; les persécutions, à la suite desquelles.les Portugais en furent bannis, et les troubles qui, à la même époque, désolèrent la Grande-Bretagne , interrompirent insensiblement le commerce quise faisait de ce côté ; il est impossible de fixer la date précise à laquelle il cessa. Mais dans le cours de l’année 1675, et lorsque les rapports de l'Angleterre avec le Japon étaient déjà interrompus depuis quelque temps , un navire anglais se présenta sur les côtes de

ce pays. Le capitaine fut immédiatement cité devant les auto- .

- rités, et sommé de s'expliquer sur les causes de cette lacune dans les relations commerciales des deux peuples ; le brave homme était hors d'état d’éclaircir cette difficulté historique. On lui demanda ensuite s’il était vrai que Charles, roi d’Angleterre, eût épousé la fille du roi de Portugal ? et, comme il n’osa pas nier le fait, ette circonstance motiva le refus péremptoire que prononça l'empereur de recevoir les négociants anglais dans ses états. Or, les édits impériaux étant, d’après la loi politique du Japon , absolument irrévocables , aucune explication n’a pu changer cet état de choses ; c’est ainsi que les Hollandais sont demeurés en possession de comimercer exclusivement avec ce pays. Les branches les plus productives du négoce japonais sont celles qui se traitent avec la Chine et la Corée ; ce dernier pays a souvent été conquis et ravagé par les Japonais. A Pépoque où Saris se trouvait parmi eux , l’animosité populaire contre les Coréens "était à son comble, et il n'existait aucune communication régulière entre les deux nations. Mais, dans le cours de l’année 1653 , uri de ces accidents qui ont si souvent contribué à nous faire connaître les diverses parties du globe , ouvrit la Corée aux Européens. Un vaisseau hollandais, destiné pour Nangasaki , fit Miaufrage sur l'ile de Quelpaert ou Séhésure, qui est à environ douze lieues au sud de la Corée. Les Hollandais furent faits prisonniers par les indigènes qui mirent au pillage le vaisseau échoué ; on les traita du reste avec douceur et humanité, mais sans leur permettre de reprendre la mer. Ce qui les.consola le plus dans leur infortune fut de rencontrer chez ce peuple

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étranger un de leurs compatriotes nommé Wettevree, natif de Ryp:én Hollande, et qu : it, lui aussi, en 4627, échoué sur les côtes epréennes : on:i: ieur envoya de la cour, où il était libéralement entreténu en qualité d’interprète. Les Hollandais, après une captivité de quelques années, furent contraints de prendre du service parmi les gardes ‘attachés à la personne du roi, ce qui les mit sur un pied d'égalité avec la noblesse. Mais les renseignements qu’ils nous ont fournis concernant le pays et ses institutions ne sont point en rap-

“port avec les occasions qu'ils eurent de les connaitre. Après

Tes avoir portés à ce haut degré defaveur et d'indépendance, leur fortune: fut-de nouveau ébranlée par les guerres et:

commotions”intestines auxquelles fut en proie leur nouve e

patrie, Pour la seconde fois, ils se trouvèrent réduits à un misérable esclavage, étregardèrent comme une faveur qu'on leur permit de,mendier. Enfin, en 1666, huit d'entre eux achetèrent une barque sous prétexte d'aller récolter du coton dans les iles voisines, et gagnèrent ainsile Japon, d'où ils retournèrent en Hollande. fls décrivent la Corée comme un pays fertile; pendant l'hiver le froid y-est rigoureux , et la neige y tombe en quantité si prodigieuse , que sous elle on creuse des passages pour aller d'une maison à une autre, S'il faut en croire ces voyageurs , les Coréens sont Jà hes à l’extrême, ignorants et débauchés, RE

Au commencement du xvire siècle les Fréliçais suivirent le mouvement général, et cherchèrent à s’attribuer une part du commerce des Indes, mais leurs ressources parurent plus faibles et leurs progrès furent plus lents que ceux des peuples chez lesquels l'industrie privée agissait avec une liberté plus grande.

La première compagnie des Indes orientales qu'on établit en France (1604) ne fit jamais de tentative sérieuse pour ramener à exécution les clauses de la charte constitutive, et il ne faut rapporter qu'à l’année 1611 la véritable origine du commerce de la France avec les Indes orientales, encore que la compagnie de négociants, auxquels une patente royale fut alors octroyée, ait laissé s'écouler quatre années avant de faire partir un seul bâtiment. Quelques téméraires aventuriers sortis des ports de mer de la dbe/ TN avaient

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