‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 49 sur 94 · PRE · texte numérisé non relu

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cependant cherché fortune dans l'est. Dès 1601, un. pavire partit de Saint-Malô} Portant à son bord Frahçois Pirard ‘de Laval, commerçant de cette ville. Cevaissean, réfffarquonsle, avait un pilote anglais. Le voyage fut heureux jusqu'à la hauteur des Maldives, où le navire toucha contre un banc de roches Le naufrage était devenu inévitable, ‘€ les marins, renonçant à toute subordination , commencèrent à-s'eniVrer pour adoucir, disaient-ils, autant que possible, les” approches de la mort. « Ceci, dit Pirard me rémplit d'horreur et mn convainquit que les matelots laissent terre leurs âmes” leurs consciences. » Ils parvinrent néanmoinis-à gagner - une dés îles inhabitées; et le récit de Pirärd est encore aujourd'hui la description la plus exacte que nous ayons de ce. remarquable archipel. Aussi leng-temp ps: t ge les Français pas-. sèrent pour avoir de l'argent, les nstérels les contraignirent de leur acheter leurs provisions à un taux si élevé que. bientôt ils furent à bout de leurs ressources. « Cepéñlant, dit Pirard, je m'étais appliqué àétudier leur angage, et, m'étant mis à même de discourir aveééux, je gagnai la faveué du gouvérneur de l'ile, qui me fit partir poutiMale eh me,recomimandant au roi, leqüel, ainsi que ses femmes , füt‘ particulièrement charmé de ce que je le saluais suivant la coutunie du pays; 4 des détailgiqüe, je pus lui donner, dans sa propre” langüë. sur la carga francaises,/@tt: Aussi, pendant une maladie que je fis et qui dura plusieurs j jours, on prit de moi un soin tout particulier. En un mot, je m'élevai à une sorte de position, grâces:à la faveur du roi et aux bontés dont il me combla. Maintenant un long séjour dans ce pays m’ayant donné l’occasion d'étydier ses institutions , ses mœurs et ses lois, je crois devoir au public tout ce que j'ai recueilli sur ces matières. » * Pirard nous apprend ensuite que les'tles Maldives passent

pour être au nombre de douze mille , mais beaucoup d’entre; elles sont de simples monticules de sable et ne peuvent étre :

habitées. Les naturels affirment que les sables déposés journellement par la mer diminuent peu à peu‘le nombre des îles cultivées et de leurs habitants ; ils disent aüssi que des îles d'une grande étendue sont fréquemment divisées par des bras de mer qui se font jour à travers les terres, Les

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banc de rochers qui brisent les flots de la.rer et soulévent un ressac prodigieux#i Le groupe entier est divisé en treize provinces 1ppelées' attollones, chacune desquelles comprend un grand nombréide petites iles. Les. henaux qui

séparent les îles de chaque attollone sont si peu profonds qu’on pourrait les: traverser à gué si l’escarpement des rochers qüi-fürment leur lit ne mettait obstacle à ce genre de

commuñication. Ces fles inhabitées sont pour la plupart couvertes de crabes énormes, d'écrevisses ou bien de pingoins si nombreux qu’en de certaines saisons il est impossible d'y marcher sans fouler aux pieds leurs œufs ou leurs petits. Le sable, très-beau et très-blanc, est en même temps assez chaud pour faire éclore les œufs de ces animaux. Les attollones sont séparés l'un de l’autre par de. profonds canaux , ou bras de mer, dont quatre seulement, dans tout l'archipel, offrent une navigation sûre aux grands vaisseaux; notre auteur affirme qu'il en a vu des tracés relevés fort exactement sur les cartes marines des naturels. .

Le cocotier fait la vraie richesse des Maldives, et Pirard nous parle de cet arbre utile avec les mêmes éloges que lui donnaient déjà les voyageurs arabes huit siècles auparavant (1). Du reste il est remarquable que malgré la fertilité générale des Maldives , et bien que le climat soit à peu près le même pour.tautés ces îles, cependant les produits de la nature leur soff inégalement répartis et la différence des cultures y fait sentir 1#”hécessité d'un commerce mutuel. Cette diversité de produits, et les liens sociaux qui en résultent, se fortifient encore par les usages du pays qui séparent les ouvriers aussi complètement que s’ils appartenaient à des castes différentes; séquestrant les tisserands dans une île, les orfèvres dans une autre, et ainsi de suite pour toutes les autres professions. L'habitant des Maldives est remarquablement inventif et industrieux, et, dès son jeune àge, habitué à la manœuvre. marine; très:peu d'entre eux étant assez pauvres pour ne pas posséder une bärquê: Leurs fem-

(1) Voir au vol. 1, p. 165.

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%éelles d'Europe. Une fois qu'ils ont .pourvü à leurs besoins (et c'est une tâche facile dans ces heürébses contrées) les habitants n'y songent plus qu’au plaisir.

De Laval avait déjà passé cinq années sur ces îles et désespérait de s’en échapper jamais, lorsque, au mois de février 4607%'il réva qu'il avait recouvré sa liberté. Ce rêve fit une grande impression sur son esprit et, il fit vœu d'aller en pélerinage à Saint-Jacques de Galice s’il était assez-heureux pour le voir se réaliser. Cetlé promesse fut écoutéé äu ciel. Le.roi du Bengale envahit , Peu après, les Maldives avec une flotte de seize navires. Notre auteur, ayant prouvé au conquérant qu’il n’appartenait point à la nation portugaise, fut traité avec douceur, et ramené aux Indes; d’où, après avoir essuyé quelques persécutions de la part des jésuites ..ileffectua son retour en Europe. 11 accomplit alors le yœuù dont nous avons parlé.

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