ÉTABLISSEMENTS DANS L’AMÉRIQUE DU NORD
Succès des pêcheries à Terre-Neuve. — Accroirement rapide de la marine anglaise. — Privilége accordé à sir Walter Raleigh. — Voyage d'Amadas et de Burlow. — ils découvrent l’île Wokoken. — Commerce avec les indigènes. — La Virginie, — Colonie fondée par sir Richard Greenville, — Exploration'des. côtes. — Souffrances et besoins des colons. — Ils reviennent en Augleterre avec sir Francis Drake, — Seconde colonie. — Sa destinée, — Troisième colonie. — Elle périt de misère, — Raleigh ct ses plans de conquête. — El Dorado. — Raleigh prend la Trinité, — J1 remonte l'Orinoco. — Les chutes du Caroli, — Rapports avec les indigènes. — Nésultat de l'expédition, — Nouvelle explôration: de la Virginie, — Colonie établie à James-Town, — Aventures du copitaine Smith; — 11 est pris por les Indiens, -- La princesse Pocohontas lui sauve la vie, — Elle épouse M. Rolfe, — Son voyage en Angleterre. — Sa mort.— Lord Delaware est nommé gouverneur. — Oceupation des îles Summers.— Culture du tabac.— Les sectaires de Brown fondent New Plymouth.— Voyage de Cartier sur le Saint-Laurent.— 11 remonte le fleuve jusqu'à
Montréal, — Souffrances de son équipage, — Son retour, — Colonies françaiscs.
Il semble qu’ilsoit dans les destinées de l'humanité qu’elle arrive à la civilisation par des luttes et des difficultés incessantes, qui rendent indispensables et la faculté de prévoir et celle de persévérer, en sorte que ses vertus s’accroissent par l'industrie ct le travail. Dans la vie politique des nations
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comme dans la vie privée des individus, il est rare de rencontrer des avantages solides conquis autrement que par des efforts opiniâtres. C’est ainsf que, dans les annales de l’Espagne et du Portugal, nous voyons la décadence de ces deux nations commencer avec leurs conquêtes transatlantiques, qui, selon toute apparence, devaient les enrichir à jamais. Au contraire, l'exemple le plus extraordinaire d'une heureuse colonisation se produit dans ces régions de l'Amérique du nord long-temps négligées, promettant peu , et Où la nature n’a cédé ses riches trésors qu’à de longs et de pénibles labeurs. Les avantages des pêcheries de, Terre-Neuve furent bientôt appréciés par les états européeris, et tous ceux qui possédaient une marine tentèrent d'y prendre part. Vers l’année 1578, les navires anglais employés à cette pêche étaient au nombre d'environ cinquante. L'Espagne y envoyait plus de cent-bâtiments; le Portugal, cinquante ; la France, trois fois autant ; la Biscaye, une trentaine, ces derniers principalement employés à pêcher la baleine: Entre tous, les Anglais étaient décidément supérieurs par l'équipement de leurs vaisseaux ; aussi semblent-ils avoir acquis une véritable souveraineté sur ces mers : peut-être la devaient-ils aux découvertes de. Sébastien Cabot, dont les ‘erféménts étaient généralement suivis par’ les pêcheurs étrangers (+). Mais l'éta ment fondé à Terre-Neuve par sir Humphrey Gilbert donna, dans:é8 paÿs, un titre positif et une domination régulièrerà Ses. compatrioté#; aussi, vers la fin du règne de la reine Élisabeth, deux cents bâtiments anglais, montés par huithille matelots, faisaient la pêche déns ces parages nouvellement conquis.
La mort de sir Humpbrey Gilbert menaça de mettre un terme à ses plans de colonisation, qui demandaient, au début, non-seulement une conduite habile, mais encore une rare activité d'imagination, Toutefois, ce noble aventurier transmit son influence et ses vües à un homme qui ne lui cédait ni en ardeur ni en audace de caractère : c'était Son demi-frère; sir Walter Rdleigh. Ce dernieriséprocura, en 1584, un renouvellement@es priviléges accordés à sir Humphrey, et dans
(1) Harris, Collectoif/Travels, 1753, vol, 1,
des termes non moins généraux : on lui octroyait , en effet, deux cents milles de territoire.à prendre dans toutes les directions de ce pays « éloigné, païen et barbare, » pourvu qu'aucune nation chrétienne n’en eût encore pris posseësion. Raleigh équipa immédiatement deux navires pour un Yoyage
de découvertes; comme il se trouvait lui-même beaucoup
trop engagé dans des intrigues dé cour pour se mettre à la tête d’une telle expédition, il en confia le commandement à deux officiers expérimentés, les capitaines Amadas et Burlow. Ils prirent leur route en faisant le tour des Canaries et des îles de l'Inde occidentale. En approchant de la côte des Florides, long-temps avant qu'ils vissent la terre, leur odorat fut agréablement flatté par les parfums qu'elle exhalait, de continent reconnu , ils loïgèrent la côte pendant près de quarante lieues, jusqu'à ce qu'ils fussent arriVés à uné rivière sur lés bords de laquelle ils descendirent, prenant possession du pays au nom de la reine: et de leur commettant, Gravissant ensuite une colline, ils découvrirent qu'ils avaient abordé sur une île d'environ vingt milles de Jongueur sur gfx de large (Wokoken, sur la côte de la Nouvelle-Caroline), Un ind qu'ils ren rérent, et qui fut traité par eux avec dou répartit entréjeux, pour leur témoigner sa une barque remplie de poisson, le produi jour. Bientôt après, ils reçürent:la/ via qu’accompagnaient quarante à :
chefs. Des objets qu'ils avaient en 1 eur possession ‘ ‘un imac
vais plat d'étain fut celui qui sergbla ii agréer le plusx ilé.le
lui cédèrent pour vifigt peaux de dainrs'et lui, pratiduant un
trou sur un des bords, le suspendit äison Coù comme une cuirasse , indiquant par ses gestes qu'il se trouvait ainsi à l'abri des flèches de ses ennemis. Il donna cinqüante fourrures d'un grañd prix en échange d'un chaudron decuivre. Mais il parut désirer surtout qu'on luigédât quelquesépées, et il offrait pour.les payer une botte remplie de,perles; mais lés Anglais, cependant, se donhgrent bien garde J'armer les sauvages, et de leur laisser co atiaître le hant prix/@lfils chaient aux perles avant qu’on leur en eûtrévêté" origine. Elles venaient, leur dit-on, d'une Fe d'a située dans l'intérieur, à dx journées de distané roi résidait
ils atta-