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En quittant ce vieillard, Raleigh se dirigea vers l’ouest pour visiter Les chutes de la rivière Caroli. Du haut d’une colline qui la dominait, nos aventuriers la virent se précipiter.en trois courants parallèles, pendant l’espace de vingt milless/si rapide, qu'une barque à huit rames ne pouvait pas la refouler, bien que son lit fût aussi large que celui de la Tamise devant Woolwich. Une douzaine de cataractes, échelonnées au-dessus les unes des autres, se précipitaient. avec un bruit que l'on pouvait entendre à plusieurs lieues de distance. Le paysage environnant passait en beauté tout ce que l'imagination peut concevoir : les collines étaient chargées de bois magnifiques sous lesquels les eaux serpentaient en mil!e capricieux méandres. On ne voyait pas une broussaille sur les plaines, entièrement recouvertes d’un gazon dense et frais. De toutes parts des troupeaux de daims animaient ce tableau ; une multitude d'oiseaux, en variétés infinies, et revêtus des plumages les plus éclatarts, voltigeaient parmi les arbres ou perchaient immobiles sur les bords du fleuve. Même les échantillons du règne Po avaient là comme une richesse inconnue, et des éclats de pierre qu'ils supposaient contenir de l'or furent emportés par nos crédules aventubiers.
Raleigh était maintenant à quälfe’cents milles de la côte. Un mois entier s'était écoulé depuis qu’il avait quitté ses navires. La saison des pluies allait commencer, et les eaux du fleuve grossissaient avec une effrayante rapidité ; la prudence ne lui permettait plus par conséquent de retarder son retour. En redescendant‘vers la sd il fit une nouvelle visite au vieux chef ET afin d'avoir son avis sur les moyens
Ja Guyane et d'arriver à Manoa, la fabuleuse s prudentes du vieil Indien parurent ents à un homme déjà complètement iques visions. Dureste, et quoi que l’on puissé penser dé ds! folles espérances, L'habileté de Raleigh se déploya d’une manière brillante dans cette expédition remarquable. Il n’y eut ni murmures, ni mécontentements d'aucune espèce ; et, nonobstant les dangers et les privations auxquels nos marins furent exposés, pas un ne périt durant ce voyage, à l'exception d'un nègre qui fut dévoré par un crocodile, Raleigh revint à Londres, rapportant avec lui quel-
ques échantillons de minerai d’or, fréles bases de ses espérances. Le fils de Tapiowary l’accompagnait, et fut solennellement baptisé dans l’église de Saint-Paul, où il reçut le nom de Gualtero. Deux Anglais étaient restés en otage auprès du chef indien; l’un était un bon dessinateur ; l’autre un enfant qui devait apprendre la langue des naturels et qui avait fait dans cette étude de rapides progrès, lorsqu'il fut malheureusement dévoré dans les bois par les bêtes sauvages. La réputation de Raleigh avait beaucoup souffert du mauvais succès de ses expéditions en Virginie ; les résultats à peu près nuls de son voyage en Guyane complétèrent sa chute. Peu de temps après, sa condamnation comme traître annula le privilége qu'il tenait de la munificence d’Elisabeth, et ouvrit l'Occident à de nouveaux aventuriers.
En 1605, le capitaine Weymouth fut envoyé en Virginie avec mission d'y étudier la côte afin d'y établir plus tard une colonie. Il découvrit Long-Island et pénétra dans un grand fleuve (!'Hudson , selon toute probabilité ), qu'il ne craignit pas de comparer à l'Orinoco et au Maragnon. Le compte qu'il rendit à son retour des pays magnifiques où .il avait passé, de ses rivières navigables , et de ses hâvres où toutes les flottes de la terre pô aient s'abriter à l'aise, réveilla l'esprit d’émigration ne endormi. Deux sociétés s'organisèrent peu après dans le but de défricher la Virginie; leurs chartes leur assignaient pour limites, à la première, du 58° au 43° de latitude nord, à la seconde, du 41° au 45°, deux degrés se trouvant.ainsi laissés en commun par une mesure assez étrange. La compagnie de Londres , à laquelle était accordée la partie sud de ce territoire, étant celle
consldérébles, fut la né esc: drille de trois vaissc 1ux sous les ordres du capitaine o Mo, et émportant avec elle cent dix colons, partie de Londres en 1607,
arriva au mois d'avril à l'entrée de Chésapeak-Bay. La première grande rivière explorée par les nouveau-venus fut le Powhatan, qu'ils appelèrent la rivière de Jacques (James's river). À cinquante milles de son embouchure, ils trouvèrent une presqu'ile réunie à la terre ferme par une isthme d'environ trente verges, Le sol était fertile ; la position paraissait
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sûre, et ils fondèrent en cet endroit James’s Town, qui existe encore’et qui est le plus ancien établissement des Etats-Unis, Parmi les chefs de cette colonie figurait le capitaine John Smith, déjà bien connu par ses aventures dans les guerres de Turquie. Il s'était distingué dans l’armée hongroise , avait été pris par les Turcs, vendu par eux aux Tatars; et, après avoir erré dans les divers royaumes de l’intérieur de l'Asie, n'etait revenu chez lui que pour aller cherchér/de nouveaux périls dans l'hémisphère occidental, Le conseils
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tra d'abord la nouvelle colonie, et dont faisaient pa sieurs personnages de rang%et d'importance. exclut dès l'abord ce personnage de tonte participation à la direction des affaires; son talent et son expérience ne méritaient pas une telle injure, qu’il dut peut-être à l’envie ou aux craintes qu’inspirait son caractère quelque peu absolu: Mais, lorsque l'heure du danger eut sonné, l'autorité revint d'elle-même aux mains de ce courageux vétéran. La majeure partie des colons étaient des hommes de mœurs dissolues, sans ressources, et qui avaient émigré, soit pour échapper à l'empire des lois, soit pour s'enrichir en peu de temps par la découverte de quelques mines d’or. Un minéral d’un jaune brillant avait été découvert dans le voisinage de James's Town, et l’on supposait sans fondement qu'il renfermait le métal tant désiré; mais tandis que, sur la foi de cette fausse indication, nos aventuriers se perdaient en vaines recherches, les premiers symptômes de détresse commencèrent à se montrer. Traités avec orgueil et dureté, les Indiens, qui s'étaient d’abord bornés à refuser l’échange de leurs provisions, en vinrent enfin à une guerre ouverte.
Le courage , l’activité, l'adresse du capitaine Smith mirent en défaut toutes leurs attaques et leur apprirent à redouter la vigilance et la résolution de leurs adversaires. La colonie lui dut son salut, Dès qu'une trève lui rendit quelque loisir, Smith s'avanca vers Chésapeak-Bay qu'il examina fort en détail, et à l'extrémité de laquelle il découvrit la rivière Potowmac ; la vue de ce magnifique fleuve encouragea tellement ses équipages indisciplinés et sans énergie, qu'ils consentirent avec transport à l'explorer avec lui, Ce voyage de trois mille milles qu'il fallait accomplir par le mauvais temps
et dans une barque ouverte était une entreprise de nature à flatter l’orgueil du vieux capitaine, Déjà une fois, en remontant James's River , sa prudence l'avait trahi; et une trop grande confiance dans son courage personnel et les ressources de son habileté avait failli amener sa perte. Dans ce nouveau voyage , ilremonta le fleuve jusqu’à ce que l’entrelacement descbranthes’ d'arbres et le nombre des courants emn nplètement sa chaloupe d'avancer‘; alors il at voyage dans un petit canot , avec deux de.ses compagnons. et deux guides indiens. Après avoir remonté environ vingt milles, de cette façon, il descendit à terre, s'amusant à chasser dans les bois. Cependant les Indiens avaient pris l'éveil ; et, quand Smith revint au rivage, il trouva égorgés ses deux camarades ; lui même se vit entouré par une bande de guerriers sauvages, l'arc tendu, et prêts à faire pleuvoir sur lai une gr êle de traits. Quelque alarmante que fût une telle situation, son intrépidité naturelle ne se démentit point. 1l saisit promptement un de ses guides indiens, l’attacha devant lui, de façon à lui servir de bouclier contre les flèches des sauvages , et se prépara ainsi à vendre chèrement sa vie. Mais les Indiens étaient en forces trop supérieures, Smith fut bientôt entouré et fait prisonnier. Il était déjà lié à un arbre et sur le point d’être mis à mort, lorsque montrant aux Indiens un petit cadran solaire, et leur expliquant ses usages par la description de la marche des astres, il parvint à étonner et à charmer son naïf auditoire, au point que les sauvages différèrent son exécution et détachèrent immédiatement les liens qui le retenaient ; on le conduisit à Powhatan, chef puissant , dont l'autorité presque royale s'étendait sur tout le pays qui,avoisine la rivière Potowmac.
Il trouva le chef indien, entouré de ses principaux guerriers , sous une tente, derrière laquelle étaient rangées les femmes de sa famille. Le sort de Smith était déjà fixé ; il passait pour le plus formidable ennemi des tribus indiennes, et le sévère Powhatan prononça sa mort sans hésiter. Une sorte d’autel de pierre, grossièrement taillé, s'élevait au centre de l'assemblée ; on y traina Smith, qui fut contraint d'y placer sa tête, tandis qu'un guerrier tatoué se tenait près de lui brandissant une massue avec laquelle, an premier mot du
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chef, il allait lui briser le crâne. L'ordre fatal qui devait mettre un terme à la vie et aux aventures de Smith était déjà prononcé, lorsque Pocohontas , la fille ainée de Powhatan , se précipita vers le condamné et plaça sa tête sur celle de Smith, déclarant qu’elle voulait le sauver ou mourir avec lui. La cruauté des sauyages.s'effafa devant cette prenve d’attachement soudail n se laissa fléchir , et Smith eut la permission des moyennant sa promesse d'envoyer aux Indiens les de fabrique européenne qu'ils appréciaient le plus."
Le retour de Smith préserva la colonie d’une ruine devenue imminente , grâce à la paresse et aux passions sans frein des hommes qui la,composaient. L'ordre, la tranquillité même reparurent , et ne furent plus troublés aussi long-temps que l'autorité demeura en ses mains; mais bientôt après, l’explosion accidentelle d'un baril de poudre le blessa si grièvement, qu’il fut obligé de revenir en Angleterre pour y chercher sa guérison. Cependant la princesse Pocohontas avait donné à plusieurs reprises des preuves de son amitié, pour lui et pour les Anglais en général. Au risque de e la vie, elle était venue en secret, au travers des bois, pour avertir les colons d'une conspiration tramée contre eux par les tribus indiennes. Ce bon procédé fut payé d'ingratitude. Pocohontas fut retenue prisonnière, et conservée comme otage pour décider son père à ne rien entreprendre contre les Anglais. Pendant sa captivité , la jeune Indienne s’attacha de plus en plus aux Européens ; un jeune homme de bonne famille, John Rolfe, acquit des droits sur son cœur. Elle l'épousa, et fut baptisée sous le nom de Rébecca. Powlhiatan , lorsqu'il l'apprit, se réjouit fort de cette union, et dès ce jour les colons n'eurent pas de plus fidèle ami, La princesse Pocohontas, devenue Mistress Rolfe, visita l'Angleterre, où elle excita une curiosité et une admiration générale. Son bon sens naturel et sapureté d'âme corrigeaient les vices de son éducation ; aussi, transportée tout-à-coup, des forêts de l'Amérique, au sein d'une société toute artificielle et frivole, elle se trouva ne manquer ni d'un juste sentiment des convenances, ni d'une haute dignité de conduite. Sa première entrevue avee Smih l'ffeeta profondément ; à son aspect