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EXPÉDITION DES BOUCANIERS DANS LA MER DU SUD

Origine des boucaniers, — Gouvernement oppressif des Espagnols. — Les corsaires

. et le bétail de Cuba, — Mode caraïbe de préparer la viande. — Le nom des bouca-

niers Leurs usages.— Etablissement de Saint-Christophe. — Les houcaniers dans l'ile de la Tortue. — Élection d'un chef, — Exploits de Henri Morgan. — Il prend Porto-Bello. — 11 marche sur Panama. — Les boucaniers s'embarquent sur la mer du Sud, — Leurs aventures. — 118 perdent par ignorance une riche proie, — Ils laissent William l'Indien sur l’île de Juan Fernandez. — Ils reviennent en tournant le cap liorn, — Les bouconiers sous Davis: — Dampier revient dans son pays par le Cygnet. — Les pr'oas volantes. — Réception des boucaniers à Mindanao, — Les cinq îles. — Description des naturels de la Nouvelle-Hollande, — Naufrage du Cygnet, — Dampier est envoyé à la découverte, — 11 côtoie la Nouvelle-Hollande, — L'ile du Romarin, — 11 s'avance jusqu'à la Nouvelle-Guinée, — Découvre un détroit, — La Nouvelle-Bretagne. — Traversée de retour, — Le Roebuck fait naufrage à l'ile de l’Ascension, — Retour de Dampier.

Tandis que les établissements espagnols dans l'Océan Pacifique étaient menacés par les armements considérables

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envoyés contre eux par Îles nations rivales, il s étaient en même temps attaqués par des ennemis d’un‘altre ordre et bien plus formidables, dont l'existence était due aux vices d'une politique sévère jusqu'à l'oppression. L'association et les entreprises des boucaniers, si elles ne-profitèrent pas tout d'abord à la géographie, eurent du moins pour effet de familiariser les marins européens avec la navigation de l'Océan Pacifique et de faire paraître faciles des entrenrises qu'on avait jusqu’alors regardées comme presque apos-* sibles. “2 L'administration despotique des -coldities espagnoles dans hoccidentales fit naître précisément les malheurs

Cherchait à prévenir. Les Espagnols eux-mêmes sentirent combien étaient pesantes les nombreuses restrictions qui génaient leur commerce, et ils encouragèrent furtivement les interlopes étrangers, qui leur fournissaient à des

réduits les objets de commerce dont l'acquisition légale pis soumise à d'énormes exactions. Les commerçans anglais qenent bientôt dans ces mers; et comme d’une part les torités espagnoles les traitaient en ennemis, voire en pirates, tandis que ge l’autre ils étaient attirés par les profils d'un commerce de contrebande , ils apprirent bientôt à s'environner de précautions, et à ne marcher qu'avec les moyens de se défendre par les armes.

Les cruautés des Espagnols envers les naturels de Cuba aboutirent à la dépopulation de cette*ile magnifique. Par suite le gibier se multiplia, et s’empara des districts occidentaux maintenant abandonnés. Ces districts devinrent un lieu d'approvisionnement pour tous les vaisseaux étrangers qui faisaient la course contre le commerce espagnol. La préparation des viandes devint une industrie régulière. Les chasseurs espagnols, appelés matadores , tuaient le bétail ; la chair en était séchée et préparée d'après la méthode caraïbe sur des claies élevées à quelques pieds au-dessus du feu. Ce mode de préparation était appelé boocan par les Indiens ; ils appliquaient également ce nom à l'appareil dont ils se servaient et à la nourriture elle-même ainsi apprêtée : les hommes qui s’employaient à procurer des provisions aux corsaires, adoptant le langage avec les habitudes des na-

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