‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 65 sur 94 · CAP, XD LES BOUCANIERS · texte numérisé non relu

CAP, XD LES BOUCANIERS

turels, s’appelèrent eux-mêmes des boucaniers. La plus grande partie des aventuriers répandus sur ces mers étaient dés Anglais, et, comme leur commerce de contrebande avait bientôt dégénéré en piraterie, ils pritent l'honorable qualification de flibustiers : bancaniers et flibustiers étaient faits pour s’entendre; ils comptaient les: ins sur les autres et $e contrariaient rarement ; les emiers étant occupés sur mer, les seconds, à terre. Il est ble que dans beaucoup d'oc

casions le pirate s’ ‘approvisionnait lui-même, et réunissait proyisoirement les deux métiers sur sa tête. Mais, en général,

les chasseurs se distinguaient des marins ; et, dans la suite des temps, la majorité des houcaniers se troüya’ être farmée par des Français , tandis que les corsaires venaient principalement d'Angleterre : cependant les aventuriers de ces deux nations eurent l’idée bizarre d'emprunter le nom de leur profession au langage du pays dont ils n'étaient pas ; les Anglais s'intitulèrent boucaniers tandis que les Français préférèrent s'appeler freebooters ou, par corruption, flibustiers. Ts ces aventuriers, de quelque nation qu'ils fussent , s'attaquaient exclusivement aux Espagnols; d'ailleurs une réelle communanté d'intérêts les avait. réunis , et ils formaient une société désignée sous le nom de”. rères ‘de la côte. Les boucaniers

avaient des mœurs à paré qui, pen à peu, par tradition ou par nécessité, avaient ohfent lorgs:de e Vi. Leur code moral était ce qu'il devait natupelle ment étre chez des hommes qui, séquestrés du reste de l'humanité, 1 t plus à compter que sur la

fidélité les uns des antr es. ‘© Dhaue boucanier avait un second qui, dans la circoi te n06, héritait de tout son argent, et avec lequel il n’était pag! rare de lui voir faire durant sa vie bourse commune. La négligence des vêtements, la saleté méme était à la mode parmi éd, comme convenant particulièrement au métier d'enfants perdus. Du reste, lorsqu'une guerre entre leur pays et l'Esptifie leur permettait d'obtenir des commissions régulières ilt"st Mtaient de à cou le nom et d'arborer le pavillon de coréaires L'accroissement du Le des boucaniers , daté les possessions espagnoles de l'ouest, fut regardé. avé® satixfaction par les autres nations européennes; en effet, leur Morale politique assez peu scrupuleuse calculait les avantages

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de ces illégalités sanglantes dont elles n’étaient pas obligées de supporter la hontèuse responsabilité. Enfin le commerce,

créé pär les aventuriers dont noùs avons parlé, devint assez important pour attirer l'attention de la France et de l'Angleterre , qui s’entendirent pur fonder le méme jour deux colomies confédérées de ‘Chaque nation sur l'ile de Saint-Christophe. La discorde éclata bientôt entre les colons anglais et français; et comme les pr emiérs ne recevaient aucun secours de leür pays, alors désolé par les guerres civiles, l'influence française vint à prédominer dans la colonie, et les Anglais furent obligés de reprendre la mer. Différents établissements furent créés ensuite par les aventuriers dans les iles de l’Inde occidentale, ceux de chaque nation formant assez généralement une société séparée; à mesure qu'ils prenaient de l'importance, ces établissements étaient réciainés par le gouvernement duquel dépendait la majorité des nouveaux colons.

Saint-Christophe, envisagée comme colonie, devait son origine aux succès des boucaniers. Ils furent regardés par les nouveaux habitants de l'ile comme des amis et des alliés puissants ; les uns et Les autres étaient réunis dans une haine commune contre les Espagnols uCaniers trouvaient une sorte de satisfaction dans la 8 plutôt la connivence secrète des gouvernements e plus, les colonies leur offraient la perspective:de,m établis dans l'intérêt de leur commerce. Désormais plu Hits dans leurs forces, ils s’'emparèrent de la petite ile.desld Tortue, située à quelques lieues de la pointe orientale de Cuba, dans une position qui convenait également À ere Courses sur mer et à l’avitaillement de leurs navires.. ‘fut leur premier pas vers leur constitution en me endante; mais l'Espagne par son impolitique sévéri ité les contraignit à une démarche encore plus décisive. Un thement de troupes espagnoles surprit l'ile de la Tortue d#as un moment où la plupart des DOUANES étaient en chasse sur le continent ou en course sur leurs dâvirés : et les: prisonniers que l’on fit dans l'ile furent p s comme pirates, sâns merci ni distinction. Cette mesure rigoureuse fit sentir aux boucaniers la nécessité de mettre quelque régularité dans leur organisation ; et pour

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