VOYAGES DES CORSAIRES ET AUTRES À LA MER DU SUD
Les corsaires sous Darnpier. — Discordes dans l'expédition. — stridling et D op èr
se séparent, — Alexandre Selkirk est laissé sur l'île de Juan Fernandez, — Di de Stradling. — Clipperton abandonne Dampier. — Il traverse l'Océan P&@ dans.üne petite barque. — Dampier abandonné par Funnel ét par d'autres 568) malheurs, — 11 obtient des négociants qu'on lui équipe une autre expéditions: °* Voyage dé Wôodes Rogers. — Arrivée à Juan Fernandez, — Aventures d'Alexariäre Selkirk sur cette île, — Succès de Rogers. — Malheureux voyages de Shelvôcke et Clipperton. — Corsaires français. — Leur rapide accroissement. — Les Hollandais. — Expédition de Roggewein. — Belgique australienne, — Ile de Pâques. — Basfonds dangereux,— Ile de Verquikküng.— Disputes entre l'Angleterre et l'Espagne. — Expédition d'A n,— Son escadre montée par des invalides.—Déplorables con séquencés de ce esure. — Voyage autourdu cap Horn, — Détresse des navires. — Prise du galiôn d'Acapulco. — Relns Sort des autres navires,
Les boucaniérs n'existaien bonheur de leurs exploitss1 occupait encore la mémoiré A là fin de la guertré générale qui marqua les premières années du dernier siècle, quelques marchands furent amenés à croire qu’un armement bien équipé pouvait tenter une expédition utile dans cés mèmes mei# où lés boucaniers , avec des ressources insuffisantes, avaient obtenu de si grands succès. Ils préparèrent
-en conséquence deux vaisseaux , le Saint-Géorges, de vingtsix canons , et le Cinq-Ports, de seize canons, pour cette campagne. Dampier, dont la réputation comme marin n'avait point souffert de ce qu'il avait perdu son navire durant sof dernier voyagé, reçut lé commandement du Saint-Georges ; maiste choix tourna fort mal : Dampier , navigatéur fort ha-
s, à la vérité, mais lé dans la mer du Sud
312 VOYAGES MODERNES DE DÉCOUVERTES. LIV. IV. bile, parait Voir été un assez mauYaïsscommandant. IL avait vécu trop T0ng-temps avec les boücaniers pour savoir conserver une dignité de conduite propre à lui concilier le respect de ses inférieurs ; et son éxcebsivé familiarité laissait s'établir entre son équipage et lui une égalité de rapports nuisible au service. En même temps il essayait de maintenir la discipline par une sévérité mal raisonnée, et son humeur était SL capricieuse qu'il était à peu près impossible de démeurér long-temps dans ses bonnes grâcess:Il-faut joindre à cela que les vaisseaux placés sous ses ordres convenaient mal à l'expédition projetée. Les équipages étaient désordonnés et mutins; nulle harmonie n'existait dans le corps des officiers. Lorsque les vaisseaux arrivèrent à l’ile de Juan Fernandez, dans la mer du Sud, une dispute s’éleva entre le capitaine Stradling , commandant des Ciuq-Ports , et l'équipage de ce «ÿ bâtiment ; 18 matelots refusaient absolument de recevair
f uEichef à bord. Dampier venait à grand’ peine de ramener
Mes rebelles à l’obéissance , lorsqu'un vaisseau parut dans l’e- * loignement; sur quoi nos corsaires se mirent en mer avec une telle précipitation que Stradling abandonna dans l’île
cinq de ses hommes et une grande partie de ses provisions. Le navire étranger se trouva être français.et d’une force supérieure, ce qui fit bientôt abandonner la chabse. Quelques jours après, sur.la côte: du Pérou , les Anglais firent une prise qui devint Cause de nouvelles altercations, par suite desquelles Dampier et Stradhiig se faussèrent mutuellement compagnie. Ce dernier réfé@inaà Juan Fernandez, où il retrouva deux des hommMesqu'il y avait laissés lors de sa première visite. Mais, pendant le séjour que le Cinq-Ports y fit, le capitaine eut quelques différents avec Alexandre Selkirk, son lieutenant, qui, dans la chaleur de ses discussiôns, et redoutant d'ailleurs le mauvais état du navire, préféra restér seul dans l'ile plutôt que de continuer à naviguer sous les ordres de Stradling. Ses vœux furent écoutés, et on le déposa sur le rivage avec ses habits, sa couche, un fusil, une livre de poudre, une hache, quelques ustensiles de cuisine, du tabac et ses livres. Avant le départ du navire , Selkirk avait déjà changé d'avis et demandait à revenir à bord; mais le capitaine ne voulut pas l'y recevoir. Stradling se mit ensuite
à croiser, sur la cé dte c du Pérou jusqu'à ce que son navire déjà fort mal ên dpoint, coula bas auprès de l’île Gorgona, où le capitaint s épt hommes qui lui restaient de son équipagé furent obl és ‘de se rendre aux Espagnols. Le Saint- Georges: ‘ne, fut pas plus heureux. Dampier se prit de querelle ave son premier lieutenant, M. Clipperton, qui , après avoir embauché vingt-un hommes tde l'équipage, s’empara d'une petite: Marque récemment capturée , et dans laqueile était la plus grande partie des provisions et des munitions. Clippérton courut avec succès sur les côtes de la Nouvelle- Espagne , et traversa ensuite la mer Pacifique jusqu'à Macao , accomplissant ainsi avec un faible navire un des voyages les plus extraordinaires qüe l’on connaisse. Après la désertion de Glipperton "Para Pier attaqua le galion de Manille; mais sans réussir à s’en emparer , et sa éfaite ajouta an mécontentement de ses équipages, qui” se pt irent alors à redouter le mauvais état du navire. Dampier voulait continuer à croiser dans la mer du Sud, mais la majorité de ses homes n'approuvait point cette résolution. Une prise d'environ soixante-dix tonneaux fut équipée pour ceux qui voulaient aller aux Indes. Trente-sept matelots s’embarquèrent sur ce petit bâtimént, et parmi eux se trouvait William Funnel, qui écrivit ensuite la relation du voyage. A leur arrivée à Amboine ils furent faits prisonniers par. les Hollandais qui les traitèrentidabord avec quelque sévérité, mais qui leur permirent enStite de revenir en Angleterre à bord de leur flotte. Dampier, cependant, était resté sur le Saint-Georges, réduit maintes vingt-neuf hommes d'équipage. IL pilla la ville de Puna, et croisa le long de la côte du Pérou jusqu'à ce que son navire ne fût plus capable de tenir la mer, Il s’embarqua alors dans un brigantin qu’il avait pris aux Espagnols, et, dépouillant le Saint-Georges de tout ce qui pouvait servir sur l’autre navire, il le laissa coulant sur ses ancres, auprès d’une petite île voisine de la côte. Lorsque Dampier arriva aux Indes orientales il ne put exhiber sa commission, probablement dérobée par les mécontents qui l'avaient quitté ; son navire et sa cargaison furent en conséquence saisis par les Hollandais ; lui-même passa quelques mois en prison.
Il. 27
La misérable issue de cette expéditioa sufltpdur
ger toutes lés spéculations fondées sur l'emiplotides ci
il fut désormais adinis en principe que la toutse: potvait bien réussir accidentelle + à des boucañiers; mais qu'on ne pouvait espérer aüéti profit d’expéditions drgai isée
négociants , et au suécès desquelles ceux qui ÿ préfidient part n'étaient point panne intéressés. Toutefois l'infatigable Dariipier, ne conhäissant d’autré industrie que celle qui cofsistait à piller les Espagnols dans la mer du Sud, s’adressa aux commerçants de Bristol avec tant d'ardeur et d'achatnement; il flatta si bien leur âvidité par la peinturé des colonies éspagnolés et de leurs richès dépouilles, qu'il parvint à obtenir d'eux qu'ils équiperaient unë:.noutéllé expédition. Eñ conséquente, où ürganisa de forts navires , l’un de trente, l’autré de vingt-six catidnsset on les fit monter paï trois cent vingt-un matelots. Les officiérs furent choisis gvec le plus grabd soin. Le capitaine Woodes Rogers reçut le commiandeméht en chef, et Dämpier, dont la réputation était éncore brillante, mais dont la fortuné avait beaucoup soülfert, accepta les Tonctions dé pilote. Le voyage jusqu'à là mer Päcifique s’accomplit sans difficulté, et l'expédition sé rendit directement à là résidence brdinaivé des corsairés, l'ilé de Juin Fernandez. Mais, en approchant dé cette île, lé capitainé Rogers et ses cofhpagnons eurént quelque raisoh de soupçonher qué les Espagnols ÿ avaient établi pu car ils ÿ virent un feu allumé toute la nuit ; en conséquence, ils envoyèrent une pétite barque chätgée. &reconnaître lés lieux. Au moment où elle approchait dé"Pile, un homme parüt sur le rivage, agitant un pavillon blanc, et quänd elle fut à portée de la voix , il s’adressa en anglais aux marins qui la montaient , leur indiquant un endroit propice pour débarquer. La barque né revenant pas aussitôt qu'on l’attendait, là pinâsse du navife fut envoyée à sa recherché. La cause du rêtard qu'elle avait subi est racontée en ces termes par le capitainé Woodes Rogers : « La pinasse revint aussitôt dé terre, raménant une granidé quantité d'écrevisses el un hotnme vêtu de peaux de chèvre, plus saüVage en apparence que les animaux dépouillés par lui. Il était dans l’île dépuis quatre années et quatre mois ; il s'appelait Alexandre Sekitk.
jura irés :
bien n hé ir des t part nfatile qui lressa arne- Colovint à ition.
rénte, 8 rm à plus andehcore t, ac- Päcirendit tlé de itainé
ssais de naissance’, et avait été ns Va , ! gvire qui était venu dans ces avec le
F5 maire! me qu " c'était le
s remarqué la nuit a. Lt »
ntles premiers huit mois de sa résidence dans l'ile, # juva difficile de lutter contre la mélancolie et l'en- D’ existence solitaire; il se construisit deux huttes arbres à piment, les recouvrit de longues hérhes et ait de la péau des chèvres qu'il avait tuées à coups de isqu'à.ce que la poudre lui eût manqué. Il avait ensuite trautd un moyen d'allumer du feu en frottant ensemble deux morceaux de bois de piment. Il passait son temps en prières et à chanter des psaumes ; l'appétit tout d’abord lui manqua complètement ; triste et abattu il ne pouvait toucher à sa nourriture dont le sel ne relevait la saveur ; il ne se couchait jamais que lorsque les force as lébandonnaient pour soutenir la veille. Le bois de piment It i servait à la fois pour le feu et pour la lumière. Ce bois jette en effet une clarté trèsvive et un assez doux parfum. Lorsque sa poudre fut fait épuisée , il se vit réduit à prendre les chèvres à la course et il acquit à @e métier une agilité assez grande pouf surpasser le meilleur chien. Dans une occasion, cette agilité même
faillit Ini coûter la vie. Il poursuivait de toute sa vitesse ine
chèvre courant au bord d'un précipice dont les br milles lui dérobaient la vue ; bo dite en consée 16
Mi e mises par les Espagnols, nds “par les boncaniers. tiles corsaires, y ayaient mul:
ti lié à l'extrême. Alexandre Selkirk avait, durantgon séjour, “prèside cinq:gents chèvres, et en avait pris un pareil nombre’, "qu'il avait renvoyées après les avoir marquées à
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