‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 74 sur 94 · AS · texte numérisé non relu

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l'oreille, IL avait apprivoisé un grand nombre de chevreaux, et pour s’ämüser il dansait et chantait avec eux et avec ses chats. Ses habits et ses souliers furent bientôt usés par ses coursésidans les bois ; mais ses pieds s ’endurcirent par l'exercice au pôint qu'il pouvait marcher sans inconvénient sur le sol le plus dur, et qu'il trouva difficile ensuite de se téconcilier avec l'usage des souliers. Quand ses habits fure ten lambeaux, il se fabriqua une cotte’et un bonnet de: peat t dé chèvre qu’il réunit ensemble avec des courroies de même substance. Sa seule aiguille était un clou , et quand son couteau fut complètement usé , il en fabriqua un neuf avec quelque ‘ cercle dé fer qui avait été abandonné sur le rivage. Comme il avait plusieurs pièces de toile parmi ses effets. il en fit quelques chemises, les cousant avec 1e parfilage: de ses bas usés.

Dans la saison il eut en abondance d'excellents navets qui avaient été semés dans l'île par les matelots de Dampier, et qui s'étaient multipliés jusqu’à couvrir plusieurs acres du sol. Les palmiers lui fournissaient aussi un aliment salutaire. IL faisait d'excellent bouillon de chèvre, et l’assaisonnait avec le fruit de l'arbre à piment, en tout semblable au poivre de la Jamaïque, Sa dernière chemise était presque achevée , lorsque le capitaine Rogers arriva dans l'ile; et Je malheureux avait, oublié sa langue ou perdu par le non-usäge la faculté d’articuler les mots au point d'en être presque inintélligible.

Alexandre Selkirk se rappela toujours avec plaisir son séjour sur l'ile de Juän Fernandez. Il avait à peine trente ans lorsqu'où l'y sbandonna ; et quand les ennuis de la solitude

n’existérent!f Ppour lui , Quand sa santé se trouva raffermie par l'exercite!, la tempérance et l'influence d'un beau climat, il s’attacha. tune façon remarqüäble à cette‘existence s et tranquille. Ses traits conservèrent toujours dans/la au l'éppreinte des fatigues du chasseur, et l'expression que avait donnée la solitude./{l allaitipèr avec la physionomie de l'homme/ent L prenait souvent à courir de toute.s4 vitesse sans regätder la foule qui Pentourait, et sans avc comgience de l'étonnement qu’il excitait chez elle (4). Les aweñtures d Le ne

(1) King's anecdotes.

Selkirk fournirent à l’auteur de Robinson Crusoé l'idée de son célèbre fôman.

Le voyage de Woodes Rogers fut couronné d’un succès complet. Il captura le galion d'Acapulco et revint sain et sauf en Angleterre par les Indes orientales après avoir fait le tour du globe en trois anset trois mois. Cette expédition ne fut pas d'un avantage immédiat pour la géographie ; mais elle contribua beaucoup à dépouiller les lointaines .et longués navigations de ces terreurs qu'y avaient attachées la mauvaise

conduite et l'incapacité de quelques commandants. Les négociants anglais furent si encouragés par ses résultats qu’en 1748 ils envoyèrent de nouveau deux vaisseaux dans la mer du Sud. Les capitaines Shelvocke et Clipperton en reçurent le commandement; mais ils se séparèrent bientôt, et le succès de l’entreprise fut compromis comme l’on pouvait s’y attendre par le désaccord de ceux qüi la dirigeaient.

Clipperton fut destitué par son équipage dans les Indes orientales, et il mourut de chagrin peu'détemps après son retour en Angleterre. Shelvocke captura plusieurs navires et ramena le sien; mais sa conduite envers ses commettants et ses associés fut le sujet d'une juste animadversion ; au total, cette expédition fut mal conduite et malhenreuse. Cependant les deux commandants publièrent les relations de leurs voyages, et s'ils ne purent se vanter d'aucune découverte importante , ils ajoutèrent au moins beaucoup de particularités dignes d'intérêt à la description de pays encore imparfaitement connus. Ce n'est point sans surprise que l’on voit se développer l'audace et la vigueur avec laquelle les entreprises maritimes furent désormais dirigées, grâce à l'exemple des boucaniers. Dans le court espace de trente-six années (de 1686 à 4729), on ne compte pas moins de six expéditions ayant fait le tour du globe sous les ordres de capitaines anglais; et la traversée du grand Océan Pacifique, qui un siècle auparavant était considérée comme un exploit presque fabuleux, fut volontairement entreprise et heureusement accomplie par Clipperton dans une fréle embarcation de dix tonneaux.

A la même école les Français avaient pris le goût des courses sur l'Océan. Le premier navire de cette nation qui

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parut dans la mer du Sud (1667) et dont on ait gardé la mémoire, était commandé par Jean-Baptiste deskafeuillade ; mais en 1742, huit ou neuf corsaires, ses compatriotes, croisèrent sur les côtes du Chili et du Pérou. Lorsque la guerre sembla prête à éclater, en417149, entre l'Angleterre et l’Espagne , les Espagnols de la mer du: Sud prodiguèrent les encouragements aux navigateurs fréhçais. En 1720, un bâtimént de Saint-Malo, nommé le Salomon, ohjiat de vendre sa cargaison à Ylo. Le succès du Salomon frappa tellement l'esprit des négociants de Saint-Malo qu'ils équipèrent immédiatement quatorze bâtiments qui arrivèrent à la fois dans la mer du Sud , au commencement de l’année 4791 ; c'étaient pour la plupart d'importants navires, et l'un d'eux, nommé la Fleur de Lys, était perçé pour soixante-dix ganons. Dans la même année, un vaisseau français fit voile de la Chine vers la Nouvelle - Espagne, et, maintenant sa course vers le nord, il arriva dag:la baie de Vanderas en moins de cinquante jours, #æidélai beaucoup plus court que n'en avait demandé jusqu'alors la traversée de l'Océan Pacifique de l'ouest, à l'est.

Les Hollandais s'unirent aux attaques qui menaçaient les possessions espagnoles; et dans lea Indes occidentales leurs efforts obtinrent de brillants succès. La flottille espagnole fut capturée à la Hayane, et les prises s'élevèrent à des som mes immenses. Mais leg corsaires sont en général assez mauvais comptables. Les fréteurs particuliers ou les compagnies de négociants qui avaient équipé les armements dont il est question n’en tirérent aucun profit; at, nanobstant tous ces triomphes , la Compagnie hollandaise des Indes occidentales vit ses affaires réduites à un mayvais état. Elle offrit de vendre ses priviléges à la Compagnie des Indes orientales , soit pour une sata d'argent, soit pour une part d'intérét, ou simplement èén réunissant les deux Compagnies. Mais ces propositians ne furent point accueillies, et les négociants des Indes occidentales durent recouriftà quelque autre expédient pour rétablir leur crédit. En 4721, Jacob Roggewein, qui avait amassé une assez grosse fortune au service de la Compagnie des Indes orientales , leur présenta un mémoire renfermant un plan de découvertes dans les terres ‘1 Sud.

moire

Sud.

Cinquante-deux ans auparavant, le père de Jacoh avait présenté un projet, de tout point semblable , à la même Compagnie, et en mourant il avait exhorté son fils à ne pas perdre de vue un si important dessein. La ténacité de Jacob Roggewein finit par l'emporter. La Compagnie ordonna que trois vaisseaux fussent mis en état, pour aller à la rechercheid pays inconnus, et les plaça sous les ordres de l'auteur dyipr jet. L'objet avoué de cette expédition était un voyage de découvertes; mais il est probable que la Compagnie és Indes occidentales avait aussi le commerce en vue, et voulait, à l'abri de ses priviléges, empiéter sur ceux de la Compagnie rivale. , Les trois navires partirent du Texel le 24 août 4724. Tls étaient mal pourvus d’histariographes, et peu de voyages de découvertes ont été raçontés d’une façon plus vague et plus obscure. En approchant du détroit de Magellan, les Hollandais cherchèrent l’île de Hawkins’'s Maïden Land, mais ils ne puretit la trouver ; cependant ils virent une grande: fle ayant environ deux éents lieues de circonférence, à laquelle ils donnèrent le nom de Belgia Austral. Le commodore Rag-

gewein, dans son zèle de nouvelles découvertes, ne peur

ou ne voulait pas souvent reconnaître des terres que d'autres avaient yues avant lui.Ce qu'il appelait la Belgique Australienne était un groupe d'îles déjà explorées par les Français, et auxquelles ils avaient danné le nom de Malouines. Le capitaine Strong, commandant d'un corsaire anglais, avait découvert parmi ces îles, en 1690, un large passage qu'il avait appelé le détroit de Falkland (Falkland sound) ; c'est de là que ces tleg, dans les cartes anglaises, portent le nom d'îles Falkland, Elles avaient d'abord été appe ées du nom de celui qui 5 avait découvertes, la Terre Sud de John Davis (Zohn Davis’s South Land) ; sir Richard Hawkins les nomma bientôtigprès, en 1595, la Terre Vierge de Hawkins ( Hawkins’s Maïden Land ). Par la suite, elles reçurent successivement les noms de Sébaldines, ou les de Sébald de Weert; de Malouines, ou iles de Saint-Louis; d'îles Falkland, et de Belgique Australienne. Au ce seul exemple de nomenclature confuse, on peut juger coMbien il est diflicile de suivre les premiers navigateurs dans leurs courses sur l'Océan Pacifique.

fre , +4 # 820 VOYAGES MODERNES DE DÉCOUVERTES. LIV. LV.

Après avoir quitté l’île de Juan Fernandez, les Hollandais,

se dirigeant à l’ouest nord-ouest, essayèrent de trouver l’ile d'Edward Davis. Ils crurent s’être trompés de route ; mais néanmoins ils arrivèrent à cette île, et, voulant à toute force la considérer comme une nouvelle découverte, ils la nomimèé-

I ib Paaschen, ou ile de Pâques. Un naturel vint à bord de

navire, et ils lui offrirent un verre de vin ; mais, au lieu de le boire, il le jeta sur ses yeux. Les Hollandais se procurèrent là des provisions fraiches , et continuèrent leur voyage à l'ouest, Après un mois de course, un des vaisseaux fit nau frage sur des bas-fonds, au milieu d’un groupe d’iles basses qu'on appela, par suite de cet accident, 7erschaadelyk, ou les Dangereuses : ce sont probablement les îles de Palliser (Palliser’s isles) de nos cartes anglaises. A vingt-cinq lieues d'Allemagne environ à l’ouest de celles-ci, furent trouvées les Irrigen, ou iles du Labyrinthe, fort nombreuses, et toutes d'une belle apparence. Bientôt après les navires hollandais arriVèrent à Perquikkung, ou fles de la Recréation, probablement une des iles de la Société, où ils furent hospitalièrement accueillis par les naturels. Lorsque Roggewein parvint à Batavia, la Compagnie hollandaise des Indes orientales lui fit subir les plus sévères traitements : ses navires et leur cargaison forent confisqués au profit de cette Compagnie, et vondus aux enchères. La géographie gagna peu à ce voyage, qui, vu la libéralité avec laquelle l'expédition avait été organisée, ne peut être considéré comme ayant réussi.

La disparution des boucaniers ne mit pas un terme au commerce de contrebande qui existait dans les Indes occidentales, et les Espagnols, qui à la vérité en souffraient le plüs, recoururent à des mesures que les autres gouvernements ne pas tolérer. Ils s'attribuèrent le droit de fouiller tous 168 vaisseaux marchands, appartenant à l'Angleterre, qui pouvaient se trouver dans le voisinage de leurs établissements, et des instructions furent données aux gardes-côtes (guarda costas) pour qu'ils eussent à retenir et à incommoder autant que possible tous les bâtiments soumis à leur examen, de façon à éloigner les étrangers, et surtout les, Anglais qui seraient tentés de se livrer à ce commerce. Ces procédés injurieux et hautains excitèrent des plaintes générales ; et,

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ais, l'ile nais ce né - 1 de lieu arège à lau sses , OU liser eues s les utes dais obaalièpartales leur e,et rage, D'ga-

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après des explications réciproques, le gouvernement anglais exigea: péremptoirement que l'Espagne renoncât à préféndre un droit de visite sur les vaisseaux britanniques partout ailleurs que dans les ports espagnols. On n'eut pas égard à cette demande formelle ; aussi, en 4739, les discussions devinrent si vives que des lettres de marque furent délivrées de part et d'autre, et que bientôt apré : s’ensuivit une déclaration de guerré.

Aussitôt, le gouvernement britan ique résolut d'attaquer le commerce et les établissements espagnols dans la mer du Sud ; une escadre spécialement : destinée à cette mission fut mise sous les ordres du capitaine Georges Anson, dans le mois de novembre 1759 ; mais on apporta d'imprudents délais à l'équipement de cette flotte, et, faute d'hommes, les vaisseaux restèrent neuf mois dans les ports. Enfin des ordres furent donnés pour que cinq cents invalides, choisis parmi les peinnnaires externes du collége de Chelsea, fussent appelés à compléter les équipages de l’escadre. Cette mesure, remarquablement dure et injuste, eut les plus désastreuses conséquences. Un grand nombre d'invalides désertèrent ; de ceux qui restèrent, la plus grande partie comptait plus de soixant ns, un grand,nombre plus de soixante-dix. Il est difficile d'imaginer.un spectacle plus triste que l’embarquement décès malheureux vieillards ; et, pour caractériser en un, seul mot l'odieux d'un pareil ‘abus de pouvoir, il suffit d'ajouter que de tous ces vieux soldats envoyés dans la mer

“du Sud, pas un ne vécut assez pour revoir son pays.

, L’escadre fut enfin préte, et partit au commencement dé bre 1740. Elle consistait en six vaisseaux de guerre,

| portant, ensemble deux cent trente-six canons, et en deux

vaisseaux d’approvisionnement. Le Centurion, sur lequel le commodore s'embarqua, était un beau navire de soixante canonsy; le Gloucester et le Severn en avaient cinquante chacûn.

Mais ce voyage remarquable, dont une excellente relation a été écrité par le chapelain du Centurion, n'étendit pas beaucoup les limites de la science géographique : et nous ne le mentionnons ici que comme appartenant à cette série d’expéditions à la mefdu Sud qui, sans avoir les découvertes

maritimes pour objet principal, tendirent cependant à les développer par la facilités u'elles donnèrent aux Yoyages à travers l'Océan. Les terreur qu'inspirait le passage dl tour du cap Horn sont vivement dépeintes par l'historien: de cette expédition. Pour si stérile et désolée que paraisse.la Terre de Feu, Staten Land pourtant , de l’autre côté du détroit de Le Maire, la surpasse beaycaup par.son aspect sauvage et l'effroyable nudité de.ses: paysages. Cette île semble entièrement composée de rochers inapseasibles, “qui.se terminent en pitons aigus amonçelés prof ieuse hauteur, et paur la plupars couverts deneiges éternelles. Les montagnes sont séparées par de profonds abimes presque perpendiculaires, comme si.le pays avait été déchiré par des tremblements de terre, et chaque détail conçeourt à donner à eee côte un sombre carantère de grandeur déserte.

La flotte anglaise avait à peine traversé le détiait de Le Maire lorsqu'un orage éclata, avec une succession tellement rultipliée d’ouragans et de pluies qu'elle surprit les marins les plus vieux et les plus expépimentés ; la mer, à d'énormes hauteurs, les tenai sous le edup de terreupae À nuelles : « Le Centurion n'était rien sar lei vagues déchainées qui le poussaient et le ballottaient cou "ÿ pie s bachat. » Plusieurs hommes fu ie 1869 j.

rent rendus malades par le roulls exeétsit équipages furent d'ailleurs atteints par 1e agit « F ar .Fhistoire de-cette escadre, tandis qu'elle luttait pour doubler

‘le cap Horn, n’alfre qu’une longue et triste scène d'afflitian:

ét de détresse extrêmes. Les vieillards moururent rapidement : leurs hlessures reçues autrefois, et guéries chéa 1

depuis quarante, chez | Le autres depuis cinquante ans, se F

rouvrirent par suite du s6orbut, et reparurent ones si àmais elles n'avaient été fermées. Deux des yaissedux de ne purent effectuer leur passage dans la mer du Sud; les auf

furent séparés par l'orage, et ne purent se réunir qu'en aprivant à Juan Fernandez. Le Gloucester eut grandipeine à jeter J'ancre à côté de cettg île le 25 juillet, après avoir été pendant cent quarante-six jours sous voile dans un:acéan bouleversé par tes tempêtes, ç circonstance qui n’a peut-être pas sa pareille dans l'histoire de la nayigätion. Tous les vétérans embarqués

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cHAP. xx. VOYAGES SUA LA MER DÜ SUD: 323 sur ce navire étaient morts pendant un si épouvantable . voyage ; et, tandis qu’on débarquait les malades du Centurion dans l’île de Juan Fernandez, douze d’entre eux expirèrent dans les chaloupes: Nenobstant la dittitition que la maladie et le mauvais temps avaient fait subir à la force de l’escadre, elle croisa contre 16$ Espagnéls avét un Véritable succès. La ville de Payta fut pillée; on fit un grand nombre de prises très-considérablés, et enfin Anson, se trouvant auprès de Manille ; attaqua et prit le galion d'Acapuléo, qui avait à son bord üñi trésor immense en marchandises et en argent monnayé. Le Centurion demeura quelque témps à Tinian , l’une des flés des Larrons dépeinté dans la relation-du voyage comme un véritable paradis terrestre. !

Enfin, après uné absence de trois ans et neuf mois, le Gene turion revint seul en Angleterre, ayant fait le tour du monde: Deux dés vaisseaux de guerre, nous l'avons déjà dit, favaient pu pénétrer dans la mer du Sud ; deux autres et un bâtiment de provisions, aprés avoir effectué lé passage, s6 trouvèrent tellemént fatigués que l’on ne put en tirer aucui sétvice. L'autte navire dé charge avait été renvoyé dès l'Atlantiqué,

et la Mte Wager, séparée du commodoré par üne bourras-

D éntrée dans la met du Sud, fit naufrage sur la côté dù Chili. 11 n'entre ni dans le plan ni dans les limites de cet ouvrage de relatet les singulièrés aventures dé l’équipagé, dont uné grande partie périt, tandis que lé reste, après une longue série de souffrances, de crimes ét d'efforts inouts, parvint à fégaghet la térré nâtäle. D?

DÉCOUVERTES DES RUSSES

Premières relations entre la Russie et la Sibérie, — Le Promyshleni. — Commerce créé par Strogonoff. — Aventure de Yermac, — Il défait Kutcham-Khan. — 11 se rend maître de la Sibérie. — 11 offre ses états au czar. — Bon accueil fait à ses propositions: — Yermac est défait et tué. — Perte de la Sibérie. — Les Russes s’en emparent de nouveau. — Ils approchent de l’Amur, — Expédition de Pojarkof. — T.mière collision avec les Chinois.— Hostilités entre les deux empires. — Traité de Nerchintsk. — Ambassade russe à Pékin. — Conduite impolitique,des Russes. — Ils se font chasser ‘de la Chine, — Traité de Kiachta. — Renseignements obtenus par Michael. Staduchin. — Les Tshuktzki sont découverts. — Voyage remarquable de Simoen Desbniew. — 11 sort de la mer de glace par le détroit de Bebring. 11 fait naufrage. — Il établit un commerce sur la c.te. — Destinée de ses compa- ‘guons. — Conquête du Kamtschatka. — Taras-Staduchin. — Expédition de Popow contre les Tehuktzki. — Renseignements qu'il recueille concérnant l'Amérique.

Au commencement du seizième siècle, la Russie était à peu près un royaume enfermé dans les terres; le peu de côtes maritimes qu’elle avait au nord ne lui donnait à cette.ép que aucun rapport avec les nations étrangères. L'arrivééiée. chard Chancelor à Archangel fut regardée par les comme un événement merveilleux, et les privilèges commerciaux accordés par le czar aux marins anglais furent la récompense de la découverte, faite par leur compatriote, d’une communication entre la mer du Nord et l'Océan Atlantique. La solution de la.question relative au passage par le nordest aurait été de la plus grande importance pour la Russie, si cet empire avait été en état de créer sur-le-champ un commerce à l'étranger ; mais la Russie, maintenant si puissante , était trop faible, il y a deux siècles , pour lancer des expéditions maritimes, et même pour s'associer à celles des autres nations. Même au commencement du dix-septième siècle, on ne connaissait point les côtes nord de la Sibérie, audelà de la rivière Yenisei. On savait que le pays était traversé par des chasseurs et des aventuriers isolés ; mais les informations locales qu'ils rapportaient n'avaient jamais été réunies et mises d'accord de façon à servir efficacement la science géographique.

CHA Da mal o couve vages qu'ex En 18 nom 1 même quéra lés, q minée comm ment sérent tions :

action myshi signés des C Env d'Arc merce.

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sieurs : consid retirer merce , voies d envoya jusqu'a pas ave vière C d'arrac de mar vastes ( unies; ç

* rures déchoix en quantité considérable ; lorsqu'ils s’enretour-

CHAP.XXI. DÉCOUVERTES DES RUSSES. 325 Dans un pays où la population est clair-semée et la société mal organisée, les conquêtes ne tardent pas à suivée-les découvertes. Les Russes paraissent avoir eu sur les castes sauvages qui habitaient à l’est de Jeur pays la même supériorité qu’exerçaient les Espagnols sur les naturels de l’Amériqué. En 4558, le czar prit le titre de &*neur de Sibérie ; mais ce nom ne représentait point une autorité aussi étendue que le même souverain la possède aujourd’hui. Les premiers conquérants russes étaient des chasseurs ou des négociants isolés, qui parvenaient à réduire, à un état de sujétion indéterminée les faibles tribus aveculesquelles ils faisaient le commerce des fourrures. Commié la justice existe difficilement là où l'égalité n’est pas ; les aventuriers russes ne pensèrent jamais à mettre le droit de leur côté dans leurs rela tions avec les sauvages de la Sibérie ;,les mobiles de leurs actions furent toujours l’égoïsme et la cruauté. Les: Promyshleni (c'est ainsi qu’on appelait ces avénturiérs) sont désignés dans un proverbe national comme. les avant-coureurs des Cosaques. RU ait Environ vers le milieu du seizième siècles un négociar d’Archangel, nommé Anika Strogonoff, organisa @icommerce d'échange avec les habitants des districts éloignés de la Sibériequi, chaque année, apportaient dans cette villédés four-

LE

naient, on les faisait suivre par des’âgents russes qui COmmerçaient avec les indigènes. Ce trafic fut continué pendant plusieurs années, durant lesquelles Strogonoff amassa une fortune considérable, Le czar, appréciant les avantages que pouvait retirer l'empire d’une plus grande extension donnée à ce commerce , résolut de rendre plus sûres et plus nombreuses les voies de communication avec la Sibérie. En conséquence , il envoya des troupes dans ce pays par les chemins qu'avaient jusqu'alors suivis les marchands russes : elles ne paraissent pas avoir pénétré plus loin quéilé bras occidental de la rivière Oby ; et le principal résultat de cette expédition fut d'arracher à quelques tribus tatares un impôt annuel de peaux de martres. Sur ces entrefaites, Strogonoff obtint du czar de vastes concessions de terres sur lesquelles il fonda des colonies ; et l'une d'elles, peu de temps après, servit de refuge à

Il. 28

l'aventurier célèbre qui fit passer la Sibérie sous la domination rusge, .

Le czäf Ivan Basilievitz étendit ses états jusqu’à la mer Caspienne, et jeta les bases d’un commerce assez actif avec la Perse et la Bucharie. Ces”Marchands, néanmoins, étaient fréquemment rançonnés par les tribus déprédatrices qui habitent les bords du Don et du Volga : on envoya des troupes contre ces bandits, qui furent attaqués et mis en déroute ; un grand nombre d’entre eux furent tués, le reste échappa par la fuite. Au nombre de ces derniers était un corps de six mille Cosaques, sous les ordres de Yermac Timovief, Cet aventurier audacieux, cha b de ses repaires habituels, se retira avec ses-compagnons Yérs Oral, un des établissements

. russes fondés depuis peu par Str ogonof': ; et, reçu hospitalièremenl parles commerçants de cette petite ville, il se con- | dération que sa vie antérieure ne devait pas

d van nt, et la nécessité d'employer les hommes qui marchaient, sous sés ordres, lui firent chercher un but attaque 4 et il résolut d'en venir-aux mains avec Kut- | lan, l'on ‘des plus puissants princes tatares, dont la M) üle résidence était à Sibir, petite forteresse sur la rivibre À sh, non loin de l’endroit où maintenant s se Tobolsk,: 5a a première entreprise ne fut pas heureuse ; Mais, en 1579, grganisa une segonde expédition : ses soldats étaient cette fois au nombre de cinq mille, tous aventuriers endurcis par la vie des camps, et que le danger n'effrayait pas. Les Russes leur aväient fourni des munitions et des armes à feu ; mais avant qu'Yermac n'atteignit ses ennemis ne marche fatigante de dix#huit mois avait réduit son arlée à quinze cents hommes en état de servir, Avec cette poignée de soldats, il n’hésita point à attaquer Kutcham-Khan, quil mit en déroute à plusieurs reprises; et les Tatares furent si frappés par l’indomptable courage et le brillants exploits du chef cosaque, qu'ils se soumirent’Sans hésitation à son autorité, et consentirent à payer le tribut ordinaire. C’est ainsi que de chef de bandits il passa subitement au rang de prince souverain.

Mais Yermâc se convainquit bientôt que sa situation était

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préca turbu à sa pi préfér tions :

secour pagné.

et les avec le aux nt fenses lui env la plus corder la pron tendre.

suivant et de C les prin parvint que ses posaien dernier:

en fuya évacuèr comme 4 vrit, en saient & Tatares de trou] populati Russes f les forte rent ais d'Yern.a grandes tes; parti ou extert s'établiss

précaire; ses guerriers’ étaient en petit nombre, les Tatars turbulents et rebelles, et il fallait absolument qu'il renonçât à sa principauté , ou qu’il recourût à l'assistance étrangère: El préféra la dernière alternative, et offrit ses nouvelles acquisitions au ezar de Moscovie, à condition qu'il en recevrait des secours immédiats et effi icaces! Cetté proposition était accompagnée d'un présent de fourrures choisies parmi les plus rares et les plus précieuses. Son ambassadeur fut reçu à Moscou avec les plus hautes marques de satisfaction. Le czat porta aux nues Îés services de Yériac, lui pardonna toute ses offenses passées, et, en témoignage dela faveur qu'il lui rendait, lui envoya une robe de fourrure qu’il aÿait portée : c'était alors la plus grande marque de distinctio: ue ‘ce souverairi pat : accorder à un de ses sujets. Il y ajouta une Somme d'argent et la promesse d’un secours considérable qui ne se ferait tps a attendre. Les renforts promis arrivèrent en effet ,‘et. Yért suivant avec une activité nouvelle ses plans d'agrant dise

et de conquête, remporta plusieurs victoires sanglant: sûr les princes du voisinage. Enfin, cependant, Kutcham-Khan. parvint à le surprendre durant une nuit sombre, et pendant

qué ses auxiliaire qusses, Die d'une longue marches: re-

BIAC: La! és ‘en pièces sans résistance; ‘et. Yerm: fe, Le fuyant, péritidans la vivière rtish, sa mort, les Russes

comme ayant rattaché ce vaste pays à

vrit, en effet, des routes nouvelles &f°

saient au sein de ces ré ons incultes ; s il Dr

Tatares étaient une proie cile, et qu une € ertai populations dissé ni fées et sans orgä

Russes furent bientôt après envoyés enS érieÿi

les forteresses de Tobolsk, déSungur, de Tara, uv ren aisément tout le territoihaiqui avait reco | l'autotité d'Yermac. Ce succès ne fut que le prélidé d'acquisitions plus grandes encore : les Russes poussèrent a‘léin leurs conquétes; partout où ils apparaissaient, les Tatares étaient ou réduits ou exterminés ; de nouvelles villes s'élevaient, et des colonies s'établissaient dans toutes les directions. Avant qu’un siècle

. fût écoulé, cette vaste étendue de pays qu’on appelle maintenantSibérie, qui s'étend des frontières de l’Europe à l'Océan oriental,.et de Ja mer Glaciale aux extrêmes lünites de la Chine compta au nombre des provinces russes. On aurait | peut-être étendu l'occupation beaucoup plus au sud, si la puissance chinoise n'y avaitimis obstacle.

L'existence de la grandé rivière Amur, qui prend sa source au cœur de la Tatariè, et, parcourant vers l’est plus de trente degrés de longitude, se décharge dans la mergenviron parle 590 de latitude/nord, fut pour la première fois: aux Russes en l’année 4639. Ce fut à cette “époque qu’un Russe ou Cosaque, nommé Kupilof, pénétra jusqu’à la côte oriéntale; Quatre années plus tard, les Russes essayèrent de serendre tributaires, “les"ffations tatares qui peuplaient les bords de la rivière Amur. Wasilei Pojarkof, qui commandait

cettee xpédition, partit de. Jakutzk, ville récemment bâtie sr les tds de la Léna, au mois de juillet 4645, avec une troupe qui ne s'élevait pas. à plus de cent trente- deux hommes. Les

Tatätès, nejeur supposant point d’intentions hostiles, reçurent les étrangers avec leur hospitalité ordinaire ; mais es à ils

l'Amur jusqu° aux dt

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ét # domination russe , pourvu que le gou férnement consa d trois. cents hommes à gette-conquété ; et consentit: à-élever trois ostrogs ou forteres 8, On peut conblure, le là que les régions moyennes dé l'Asie étaient, à cetteépÜMuB.-aussi mal peuplées que les provinces septentrioniales. Se éonformant aux conseils de Pojarkof, le gouvernement russe fit partir, en 1651, une troupe d’environ trois cents hommes qui, après s'être emparés de la ville d'Albasin , située sur les bords de l’Amur, s’'embarquèrent pour descendre cette rivière. À peu de jours

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DÉCOUVERTES DES RUSSES

de routé, 118 8e trouvèrent devant une place fortifiée appartenant aux Dauri, tribu tatare. Les Russes prirent cette ville sans perdre beaucoup de monde; et ce fut à ce moment de leurs progrès. en Tatarie qu'ils se trouvèrent pour la première fois en contact avec les Chinois. Quelques marchands de cette nation étaient dans le fort; et le lendemain du jour où il fut pris, un officier chinois revêtu d’une robe de soie vint rendre hommage au commandant russe, lui adressant une longue harangne dont le sens paraissait étre Chinois voulaient vivre en paix et en bonne ami

Russes. Cependant les: premiers avaient aussi qué

sur les tribus qui habitaient le long de l'Amur et dé

tés éclatèrent bientôt entre les deux empires rivaux De les premiers combats les Chinois furent battus; mais lorsqu'ils se furent familiarisés avec l'usage des armes à feu, ils obtinrent une supériorité manifeste sur les Russes, qui ne leur opposaient que des forces très-inférieures. Les profits considérables du commerce avec la Chine, où les fourrures ont une valeur énorme, et aussi la difficulté de soutenir une guerre dans des provinces aussi éloignées du centre de l’empire , disposèrent les Russes à terminer à l'amiable leurs différends avec les Chinois. En conséquence, des négociations furent ouvertes pour déterminer la frontière des deux empires, et pour établir sur des bases solides leurs rapports commerciaux. Les conférences furent tenues sous des tentes dans une plaine inculté-qui avoisine la ville de Nerchintsk, où le traité fut signé et scellé par les plénipotentiaires des deux cours. Le premier et le second article de ce traité, qui arrêta le progrès des armes russes dans ces régions, assignèrent pour limites à l'empire russe une chaîne de montagnes qui s'étend au nord de l'Amur, à partir de la mer d’Ochotsk jusqu'aux sources d’une petite rivière appelée Gorbitza, puis cette rivière jusqu’à l'endroit où elle se jette dans l’Amur, et enfin l'Argun, depuis sa jonction avec le Shilka, en le remontant jusqu’à sa source. Les Russes avaient proposé la rivière Amur pour commune limite, et si ce point leur eût été concédé, les profonds détours de cette rivière les auraient amenés jusque dans le voisinage le plus rapproché des provinces nord de la Chine. Par le cinquième article, la récipro-

FÉSaR ET ER e SETÉRS

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» aus, gear

cité de commerce était accordée aux sujets des'@ uxe qui seraient pourvus de passeports émanés de leurs cours respectives.

Ce traité, qui fut signé le 27 août 4689, fit perdre aux Russes la navigation de la rivière Amur, dont l'embouchure, ainsi qu’un vaste territoire sur ses rives septentrionales , fut cédé à la nation chinoise. L'importance de cette perte, qui fut peu comprise à cette époque, n'a été sentie que depuis la

du Kamtschatka et des iles placées entre l’Asie et

. Les produits de ces divers pays auraient pu être Htransportés par la rivière Amur jusque dans l’in- #eét'üans les parties occidentales de a Sibérie. Les étant ainsi réglées, le commerce’des Russes avec les Chinois prit un rapide accroissement. Pierre-le-Grand, dans la vue de l’étendre encore, envoya à Pékin, en 1699, Isbrand- Ides, Hollandais à son service. Cet ambassadeur demanda et obtint que la liberté de négocier avec la Chine, accordée aux individus isolés par les clauses du dernier traité, fût étendue aux caravanes. En conséquence, on fit construire un caravansérail à Pékin pour la réception des Russes , et durant leur séjour dans cette capitale, ils étaient défrayés de toute dépense par l'empereur de la Chine. En même temps , on permit aux commerçants isolés de se rendre, non-seulement à Pékin, mais jusqu'aux extrémités de la Mongolie. Une espèce de foire annuelle se tenait dans 16: cämp de ces Tatares pour les marchands russes et chinois. Ce rendez-vous devint bientôt une occasion de querelles et de débauches ; des plaintes réitérées furent portées à l'empereur de la Chine contre l'ivrogrerie et la conduite déréglée de ses hôtes russes. Les façons d'agir de ceux qui séjournaient à Pékin confirmaient ces accusations et leur donnaient un nouveau poids. D'autres circonstances contribuërent encore à accroître le mécontentement des Chinois ; et enfin un rescrit impérial prononça, en

4799, l'expulsion totale des Russes jusqu'alors admis sur les territoires chinois et mongol. Cet ordre fut rigoureusement exécuté et fit immédiatement cesser toutes relations entre les deux peuples. Les choses demeurèrent en cetétat jusqu’à l’année 1727, où Ragusinski fut envoyé a Pékin afin d’éteindre les différends qui existaient entre les deux cours. Il réussit dans

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CHAP, XXIs DÉCOUVERTES DES RUSSES. 351

sa mission ; et, par le traité de Kiachta, qu’il parvint à conclure, la frontière des deux nations se trouva déterminée de nouveau. Quant au commerce, les principales règles qu'on établit furent celles qui suivent : — On accorda qu’une caravane pourrait tous les trois ans venir à Pékin, pourvu qu'c!le ne fût pas composée de plus: deux cents voyageurs. Durant leur résidence dans cette itale , leurs dépenses ne devaient plus être supportées par l'empereur de ja Chine ; ils devaient avertir les Chinois dès leür arrivée aux ronière où un officier irait les prendre et les accompagnerai u'à Pékin. En même temps les Russes eurent la pêt on de bâtir une église dans cette ville, et d'y envoy JA nombre d'étudiants qui pourraient y résider afin d'ap la langue chinoise, privilége précieux d’où la sde européenne a tiré moins d'avantages que l’on ne devait en attendre. Ce traité, qui porte le nom ‘de Kiachta, fut conclu Me 14 juin 1798 et ratifié par le comte Ragusinski et trois plénipotentiaires chinois, sur les lieux mêmes où Kiachta devait s'élever dans la suite,

Les progrès des Russes dans le nord de la Sibérie s’accomplirent par degrés moins sensibles , et ne furent marqués par aucun de ces événerapts;qui servent comme époque dans l’histoire d'une conquéte..Leur premier établissement

564 Les rivières Jena, Indigirka, Alaseia et Kolyma furent n . sssivement découvertes. En 1644, un Cosaque ÿ,npmm

à Jakutzk, il rapporta que. ins la mer Glaciale il \ pu * une grandetle s'étendant à l'horizonÿde la rivière Jena à la Kolyma, et dont on pouvait voir, sans quitter le continent, une grande partie lorsque le temps était beau sil ajoutait qu'en hiver, et lorsque cette île est réunie :4@ ent par les glaces qui couvrent la mer, il ne fallait qu! t au: itants de la côte pour y arriver en tratneauX/ {disait d'il avait entendu parler d'une grande rivière. A à sha, à trois ou quatte jours de voyage à l'est dela Kolyiwa. Le premier voyage entrepris dans cette direction left en 1646, par une compagnie d'aventuriers ; ils trouvèrent un canal praticable entre la terre et la glace qui était fermement

appuyée sur les talus de la côte. Après deux jours de navigation, ils jetérent l'ancre dans une baie où ils trouvèrent une nation, appelée Tshuktzki, savec lesquels ils commencèrent à trafiquer ; ils ne s’entendaient cependant les uns les autres que par signes, et se tenaient mutuellement sur leurs gardes. Ces premières relations ressemblaient à celles qui, depuis le temps d'Hérodote jusqu’à nos jours , s'établissent’ avec quelque nation de l'intérieur de l'Afrique. Les Russes plaçaient leurs marchandises sur la grève, et se retiraient ; les Tshuktzki prenaient alors ce qui leur convenait, et laissaient en échange des dents d’hippopotame, soit entières soit en méfceaux sculptés. Les Russes retournèrent de là dans leur pays. Les dents d’hippopotame, ainsi obtenues, étaient un attrait suffisant pour attirer au nord-est les faiseurs de découvertes. Dans le cours de l’année 1648, sept vais- Seaux sortirent de la Kolyma sous les ordres du Cosaque

Simoen Deshniew. Un des principaux objets de cette expé-®

dition était de découvrir la rivière Anadir qui, suivant les informations données aux Russes, traversait un pays populeux. Des sept vaisseaux dont nous venons de parler quatre firent naufrage bientôt après. Les. voyages des trois autres comptent parmi les plus rémarquables dans l’histoire de la géographie. Il parait que olymails.parvinrent à l’embouchure de la rivière 4 à int par le détroit de Behring ; mais le journal. Rap dition fut tenu fortimparfaitement, et il n’est point Qué s'ils doubièrent réellement{le cap Nord et firent jubide la portion nord-est de la Sibérie, ou bien s'ils firen "traverser par terre à leurs vaisseaux ce grand le dont le tracé est encore

imparfait dans toutes les cartes modernes. Ainsi la plus intéressante partie du voyage reste enveloppée d'un profond mystère. Le récit de Déshniew commence au grand Cap des Tshuktzki , . qüi st. à Hdemment le cap Est Sans le détroit de Béhring. u IL est Situé , dit-il, entre le nord et le nord-êghsiet tourne circulairement.vers la rivière Anadir. Audessus, êt à contre-cap , se trouVent deux îles.sur lesquelles nous vimes quelqués hommes de la ration des Tshuktzki, lesquels avaient les lèvres percées de trous clans lesquels étaient passés des fragments de dents d'hippopotame, » On sait

tages ( reconi dans 1 rende:

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donne la rou korga habite femm associ avaïet s'ét

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fond Cap s le et le Auelles Jesient sait

CHAP. XXT, cnécovvens maintenant que! les hommes revétus de ces ornements étaient

des Américain. vw Lesvaisseau de Désfiniow arriva seul dans la baie d'Anadir, où il fut pousté ‘contre terre et fit naufrage un peu ausud de la rivièrefses compagnons étaient au nombre de ving:cinq. Ils érrèrént dix semaines, à travers un pays sans bois et sañs habitants, avant d'arriver sur les bords d’une rivière. änt ils rencontrèrent une tribu appelée Anauli, qu'ils extétinihérent"sans aucune provocation; cet acte de barbarie ne fit qu’ajouter à leur détresse.

++ Sur ces entrefaites, Staduchin s’assurait que la rivière Po-

sha s'appelait aussi l'Anadir, et que la route la plus L t laplus sûre pour y arriver en quittant la Kolyma it ar terre. En conséquence; au‘printemps de 1650,

it: ce voyage, et au mois d'avril il arriva sur

jrds de l’Anadir, où, à la grande surprise et au grand

; D , tous , il rencontra Deshniew et ses compagnons. é & 138

La "1 üverte de cette route par : te tré, se . efforts tentés jusque-là , pour tournef!

Tshukizr”. de

Deshi vit la plus grande activité re tages de :4: üccouvertes. Il descendit 1 'Anadir en bateau et reconnut un korga ou grand banc de sable qui s'étendait dans la mer vis-à-vis l'embouchure dé cette rivière. C'était le refidez-vous d'une multitude d’hippopotames, et cette découverte le mit à mêmé de créer un commerce très-avantägeux. Il construisit un navire, pour transporter à Jakutzk les tributs et l’ivoire qu’il avait rassemblés ; cette circonstance donne à penser qu’il avait en effet parcouru, par mer, toute läroute de la Kolyma à l’Anadir. Dans ses expéditions au korga , iks'introduisit parmi les tribus des Korjaki , lesquels habitent au sud de la rivière; et il trouva parmi eux une femme de Jakutzksqui avait appartenu à un de ses anci associés, Jedot Ales. Il apprit d'elle que ses con

ént tous péri victimes du scorbut ou des dil

sé t élevées entre eux et les indigènes. Les Russes âvaient inspiré d’abord le plus grand respect aux habitants qui les regardaient comme autant de dieux'et les crurent invulnérables , jusqu'à ce que, se prenant de querelle entre

eux, ces misérahles leur edit tatégé Voir te äng qui éoulait de leurs blessures. 2. TE nc

‘ecurent des détails toncerant le Kamtschatka aussitôt qu'ils tuven ent él gnis sur l’Anadir. Mais, vers l'année 100 seulement," à ti Peur

porter ce nom. Îls pillèrent Lt l

sous prétexte de lever tribut ÿ et, parmi les objets

vèrent aux Kamtschadales, se trouvaient cé ét

une langue inconnue que depuis l’on s'aséüra être du japonais. L'année suivante.un officier cosaquE, nommé Wolodimer-Atlassow, entreprit de conquérir le Kamtschatka De

Jakutzk il voyagea «por terre jusqu'à l’Anadir, Il, «x | Tri

n'avoir pas suivi la ligne droite, et remarque qu 'entre la

lyma et l'Anadir se trouvent deux grands caps. ou pro on 5 toires ; le premier, le qu à l’ouest des deux, ne pet t, à

aucune époque, ét pti de glac

‘vétite que les peuplades même qui habitent au nord de leur pâys. Leuts petites figures disparaissent sous la longue barbe qu'ils laissent croître. Ils passent l'hiver sous terre, les mois d'été dans des cabines élevées en quelque façon sur des tréteaux et où ils montent à l’aide d'échellés. Pour conserver leurs -provisions animales, ils les enterrent enveloppées de feuilles jusqu'à ce qu'elles soient tout-àfait en putréfaction. Ils font bouillir leurs repas dans des vaisseaux deterre ou de bois, réchiauffant l'eau en y jetant des pierres rougies au feu; « Leur cuisine, dit Atlassow, 9 une odeur si forte qu'un Russe’ne : peut point sup-

a imtschadales fournirent aux Ru S'touchant lestles Kurili User au pe MES hatka. On apprit ainsi qu'au: es Îles ape du éontinent il en existait d’autres, dont les habita h. vaient, disait-on, dans des villes murées ; que de là il arrivait des vaisseaux ant des hommes, vêtus de soie et de co'on, ayant avec eux de la vaisselle de porcelaine. Les Ru:ses

come tende c’est, s et la pl dent q le norc Enfi Tshuk que la ser. Le son ass firent vaincu:

férant Les eurent Popow daus 1 sion el ges. Il

DÉCOUVERTES DES RUSSES. 835

art Wérent aussi, vivant parmi les Kamtschadales, un homme né dans un pays du sud, et qui avait fait naufrage sur la côte du Kamitschatka deux années auparavant. Il avait dépetites moustaches, des cheveux noirs, et sa physionomie rappelait le type grec. Lorsqu’ il vit des images entre les mains des Russes, il Léclata. en cris et en pleurs parce qu’elles lui rappelaient son pays”natal. De toutes ces circonstances on conclut qu'il était Indien ou Japonais. L'influence des Rüsses sur les Kamtschadales , comme celle des Européens sur les Américains, eut, tout d abord , les plus déplorables résultats. Les débris di ces simples tribus, qui survéc rent à la conquête de leur pays, dégénérèrent, à ce qu'il paraît, avec rapidité. Quelques années après l'expédition de Deshniew, un marchand, appelé Taras-Staduchin, suivit la même route que lui, autour de la côte nord. Il partit de la rivière Kolyma datis petit navire pour faire des découvertes autour du graff des Tshuktzki; ne pouvant parvenir à le doubler, ile: versa par terre jusqu’à la rive opposée, où il construis | tres navires. Il représenta l’isthme, qu'il avait ainsi fran 1, comme excessivement étroit. Parmi les navigateurs qui prétendent avoir examiné les régions nord-est de la Sibérie,

c’est, sans contredit, Staduchin qui donne l’idée la plus claire et la plus complète du chemin qu'il a suivi ; mais il est évident qu’il laissa sans examen une pointe de terre allant vers le nord, et dont il We détermina point la limite.

Enfin , les Russes attaquèrent ouvertement le pays des Tshuktzki, qu’on n'avait pu jusqu'alors tourner par mer, et que la férocité de ses habitants rendait dangereux à traverser. Les peuplades qui payaient tribut au czar avaient réclamé son assistance contre cette belliqueuse nation. Les Tshuktzki firent bravement face aux Russes jjet néanmoins ils furent vaincus; mais leurs prisonniers se tuèrent l’ün l'autre, préférant la mort à une captivité honteuse.

Les preniers combats livrés à ces courageux sauvages eurent lieu en 1704. Dix ans après, un Cosaque, Peter Sin- Popow, suivi seulement de deux compagnons, fut envoyé daus le pays des Tshuktzki, pour les exhorter à la soumission et les déterminer, si cela se pouvait, à donner des otages. Il ne remplit point le premier objet de sa mission ; mais

à son retour, il donna les détails suivants sur le pays'et habitants : "%

« Le Nos-Tshuktzki est entièrement privé d’arbres. Sur les rivages qui avoisinent le Nos, on trouve des dents d’hippopotame en quantités considérables. Les Tshuktzki, lorsqu’ils contractent quelque engagement solennel #iprefinent le soleil à témoin de leuf fidélité à le remplir. Quelques-uns d’entre eux possèdent des troupeaux de rennes apprivoisés , ce qui les oblige à changer souvent de résidence; mais ceux qui sont moins fayorisés de la fortune habitent les côtes des deux côtés du Nos,äprès des grèves où les hippopotames abordent d'ordinaire; ces animaux et le poisson font lèur principale nourriture, Les Tshuktzki ont des habitations creusées dans la terre. Vis-à-vis du Nos ést une fle que l’on

itiselon eux, à une grande distance , et qu'ils appellent le

MandPays (ceci doit sans aucun doute se rapporter à l'Amé-

Que) "Les habitants de cette terre percent leurs joues, et, dans les trous qu'ils y font, placent comme ornement des morceaux sculptés de dents d’hippopotames. Ils parlent une autre langue que les Tshuktzki avec lesquels ils sont en guerre de temps immémorial. Comme ces derniers , ils se servent de flèches et d’arcs.» Popow vit dix individus de ce pays prisonniers des Tshuktzki et qui avaient les joues percées, ainsi qu'il vient d’être dit. Pendant l’été, on arrive à cette terre en un jour dans les barques ou“baidars, qui sont construits avec des os de baleine et recouverts en peaux de phoques. En hiver, il ne faut pas plus de temps à un bon traineau mené par un équipage de rennes. Le voyageur russ e ne vit, sur le Nos, d’autres animaux sauvages que des renards rouges et des loups; encore n'’étaient-ils pas nombreux, à cäuse.de la raPèté des bois. Mais dans l’autre terre (le grand pays) on lui dit : « qu’il y avait en grande quantité toute sorte d'animaux, tels que des martres, des zibelines, des renards de diverses espèces, des ours, des loutres de mer, etc. Les habitants ont aussi de grands troupeaux de daims apprivoisés. » Suivant les calcuis de Popow, le nombre dés Tshuktzki habitant le Nos, en comptant ceux qui ont des rennes et ceux qui résident sur La côte, était d’au moins deux mille hommes. Ils aflirmaient que le peuple du Grand Pays

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CHAP, XXII. DÉCOUVERTES DES RUSSES

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moyenne obtri et sahs arbres ; ;: une demi-journée de voyage baidar suffit pour y arriver; au-delà est ur >"and

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ferme d'immenses forêts où le gibier

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