‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme] (volume 2)Chapitre 75 sur 94 · CHAPITRE XXII. à · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. à

La | DÉCOUVERTES DES RUSSES.

La Russie ambitionne de communiquer avec l'Amérique. — Expédition projesét” le czar Pierre, — Ses instructions. — Premier voyage de Behring. — Résultat. - L'Amérique marquée sur les cartes russes. — Expédition de Schestakoff. — Sa destinée, — Marche extraordinaire aus lutski. — Voyage de Krupishef. — 11 découvre l'Amérique. — Effet de cette d rte. — 11 essaie une navigation sur la mer Glaciale. — u japonais naufragé sur 8 KamtschatKa.— Spangberg visite la terre de Yed##= Conduite des Japonais à l'égard de Walton. — Second voyage de Bebriog et de Tschirikof. — Ils sont séparés. — Bebring arrive en Amérique, — Rapports avec les naturels. — Détresse des Russes. — Le vaisseau est poussé pa tempête. — Hivernege dans une île déserte. — Mort de Belifing. — Les débr son équipage parviennent à s'échapper. — Voyage de Tschirikof. — Découverte! îles Aleutiennes, — Etablissements des Russes. #

La Russie, essayant sans relâche d’étendre vers L empire déjà trop vaste , poussa de ce côté ses voyages de découvertes jusqu’à l'extrène limite de l'Asie, et n’abandonna päs l'espérance d'ajouter un jour à ses immenses possesgions dans l’ancien monde une partie du continent nouveau. Ses vues à cet égaïd n'étaient point dénuées de quelque raison.

ll. 29

ÿ Cosaques , ses émissaires, devaient nécessairement finir kr'at fe AMrique En ef ft, soit que les deux conti-

Et” MS" füssent au con! 4 E Sbparés par un détroit, on péri pas supposer + 2h ‘capable d'arrêter d'une manière définitive les progrès Re ces es avéliriers: intrépides. }.

D'un autre côté, il n'était pas BR entièrement étrangers à la navis 4 1 qui rene seulement les chances de mer ; ‘de t s'en temps, sans autre but que de poursuivre le gibier dans'les iles qui avoisinent la côte du Kamtschatka, il n’était pas probable, disons-nous, qu'ils pussent se procurer des documéffits certainssur la situation relative de l'Asie et de l'Améfijue. Un chasseur ignorant pouvait fort bien aborder sur.cédernier contigent, et, n'y trouvant point d’autres animaux ou d’autres productions du sol que ceux des rivages de l'Asie , où:des îles in-

jaires , s'en revenir sans avoir la consciencé de sa découVérte. Qg ne devait attendre de renseignements certains à cet égard que d’une expédition spéciale dont le:commandement aurait été confié à un habile marin. Pierre-le- 58 à ambition duquel la moitié d'un continent ne semblait p apetqui d’ailleurs s’engageait volontiers dans tout nd ‘et libéral, traça de sa propre main, peu de j jours vantsa mort, des instructions pour un voyage dont le but était de s'assurer si l'Asie était où non séparée de l'Amérique par un détroit. Ses instructions préscri 4° De construire un ou deux Vaisseaux au Ka hatka ou dans toute autre région dé POcéan oriental.

2° De s’en servir pout examiner les côtés au nord et à l’ést ; it, puisque leur$limites n’étaient pas connues, de voir si elles

létaient pas contiguës à l'Amérique.

8° De s'assurer s’il n’y avait dans ces régions aucun port appäktehant aux Européens. Il fallait de plus tenir un journal exact de tout ce qui serait découvert et le rapporter à Saint- Pétersbourg,

Le czar désirait d'abord que L'enserfible de la navigation, le long’ de la côte nord de l'Asie, fût en même temps précisé: dans ce but, deux vaisseaux reçurent l'ordré d'aller d'Ar-

constri homme Kamtsl façon:

vaisse COUP elles a Le chatka latit.ud vinren ils ven vint m ques, ] et l’on terprè la suit ring :

que, n acquis rempl dépas:

l'Asie, pare | attach

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seurs ‘seuautre inent 1ous, la gisseur nent, duc- S ina détains manrand,

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d'Ar-

CHAP. XXL, DÉCOUVERTES Ms AUSSES, w

changel à la mer Glaciale. Maiseêt essai ne fut pe ni L'un des navires fut cerné pardés slbes et ne pit. quence avancer plus loin; l’autre disparut jet on n'a jamais rien su de son sort, Les officiers choisis pour eomiander l'ex pédition à l'est étaient le, gapitairie Vitus Behring , Danois de naissance , et Alexdf Eschirikof, officier russe. Behring était capitaine commandant, ou commodore, dans a marine russe, et il avait donné auservice du czar de nombreuses preuve de son zèle et de son habileté, , É Jl partit de Pétersbourg aussitôt qu'il ent reçu ses ordres, Les officiérs et les marins qui devaient Servir sous lui ; ainsi que les charpentiers et autres ouvriers dont il était. #èeompagné, avaient également à à se rendre d’abord de Pétershourg aux confins les plué reculés*de la Sibérie, On proposé de construire un navire à O‘hotsk, lequel el oui hommés.et tout % |

elles avant qu'ils fussent achevés. « g.

Le 14 juillet 1748, L'expédition sortit de la a chatka. En trois semaines, environ elle arriva aût: 4° latitudes là, huit hommes montés sur une bar vinrenten ramañt vers le navire, der Rtiss ils venaient. et quel; é ait l'objet de leu voyage un deu: vint même! àk ord'én'nageant sur des oûttes eh péeu de phoeut qu'ils PP ni bis nation des Cshuktzki,.

et l’on parvint à à sesfaire e ntendre d’e moyen d'unidterprète korjak. Ils pr rte. au nor peti pr : la suite les Russes ont nommée l’île de Saint: ‘ent. Bebring n’ayança pas au-delà du 67° 48 de latitude \ parce que, n’apercevant deterre ni au nord ni à l’est , il crut avoir acquis la preuve que l'Amérique et l'Asie gtaient séparées, et remplit ainsi l'unique objet de sa mission. En réalité, il avait dépassé d'environ un degré et un quart la pointe orientale de l'Asie, et, sans. le savoir, il avait traversé le détroit qui sépare l’ancien et le nouveau monde. La postérité a néanmoins attaché le nom de Behring à ce détroit. Les mêmes naviga-

teurs entreprirent l’année suivante le même voyage , et sans acquérir augüne certitüde nohvelle. s Il est remarq le que daus ses voyages Behring n'a pas discerné une seule: fois la côte d'Amérique; il. ne semble même pas avoiridirigé vers‘ l'est son Voyage de découverte. Cependant l'existence d’une terré dân Fcette direction avait déjà, été constatée ; elle figurait même sur beaucoup de-cartes idtessées d'aprèsies reñseignements antérieurs. Un.colonel de Cosaques, nommé:Schestakoff,avait publié, en 4626, à Pétersbourg, une carte où figurait unetle située sur la mer Gläciale à-deux jours environ de l'embouchure de la rivière Kolyma ; et .au*delà de cette île, à une distance à peu près égale vers le, jnord , il avait placé une côte désignée sous le.nom de Gr nan Pays. Une autre carte dressée par un habitant de MaREzk y représentait deux iles à \ l'est du pays des Tshyktzki : “1 us-êl bignée était environ.à deux jours.dicontinent; audela-déces îles était figuré un grand pa i de forêts et abondant en gibier, dont les habitants, dit cet Ê carte, étaient ne ‘8 par les Tshuktzki Kifchin-Eljæt. $ x 1 is que Behring achevait son voyage au nord, le colonel ches propdihit au gouvernement russe, «de réduire les JTshuktki,.de vérifier l'étendue de leur pays, et d'examiner onetail les Îles Schantariennes. »,9es vues coïincidaiént avec nt, et, en 172%4il fut promu au comque l'on jugea suffire à. l'exécution de

es né Dinitri-P aulütski, capitaine, rxdragons, lui fut adjoint avec une autorité indépendante ; On .iit à leur disposirn qui résidaient

QAR cent Ceres ie: ous dan juridicti a.de. à AR ee

trouvaient | °ç forces militaises des Tshuktzki. Sa petite troupe n’excédait pas cent cinquante hommes ; néahmoins il résolut de livrer bataille. Frappé d'une flèche dès le commencement de l’action;gl.succomba et sa troupe fut complètement mise en déroute. Cependant Paulutski avait rassemblé deux cent quinze Russes et deux cent vingt Volontaires sibériens pour une expédition dans le pays des Tshuktzki. Il partit de la forteresse construite sur l’Anadir, le 42 mars 1731; s’avançant d’abord au nord-est, puis à l’est, et enfin directe-

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ment arriva d'une quinze glace, n’aper il rend mettre et les] bat, e rent d rent a la pre juillet.

ofitro pour 1 tées.

c'était terre pas Si de la nent de ce triona rieur, étaien mité | mer ( rageu et la entre] 'Sui recu Kamt avec] Pauly quelq cune de la

CHAP. XXII. DÉCOUVERTES DES RUSSES. SU ment au nord/fjusqu'à ce que , après deux mois dep oyage, il

arriva au bord'de la mer Gla ‘ale, près de l'efibouchure :

d’une grande rivière. Continuant sa route il marcha durant quinze. jours le long de la côte, la plupart du temps sur la glace, et quelquefois à une si grande distance de terre, qu il n’apercevait plus l'embouchure des rivières, Enfin, le 7 juin, il rencontra l'armée des Tshuktzki. IL les somma de se sou. mettre à la domination russe , et sur leur refus il les aq

et leshattit. Les Russes se reposèrent huit jours après ce come.

rent deuxrrivières qui se jettent dans rent aux Tshuktzki deux autres bataillés aussi heureuses que la première. Le dernier de ces engagements eut lieu le 44 juillet. Parmi les morts qui restèrent sur le champ de bataille, ofétrouva un homme dont la lèvre supérieure .ayait été percée pour recevoir des ornements en dents d'hippôpotame sculp-

bat,'et continuèrent ensuite leur us à l’est. Ils trave

tées. D'après cette circonstance. on doit conjecturer que, c'était:ün Américain. Paulutéki et ses hommes passèrent par à x rivages de l’Océan oriental, non

terre de la mer Gi istht mais à une distance considérable à, leur gauche une pointe de continent dont ils ignoraie tendue, Quand ils arrivèrent près de ce cap, que l'on suppôsait être la portion la plus septentrionale du continent vu par Behring, ils revinrent à l’intérieur, etrentrèrent le 24° octobre dans la forteresse d’où ils

de la mer, et en Fu

étaient partis. Cette marche extraordinaire autour de l’extré- *

mité la plus reculée de la Sibérie, continuée en partie sur la mer Glaciale, et en partie sur leterritoire d’un ennemi courageux et déterminé , fut accomplie en six mois. Le courage et la patience des Russes pouvaient seuls suffire à une telle entreprise.

‘Sur ces entrefaites, un Cosaque ; nommé Krupishef , avait recu ordre ‘d'équiper un navire et de faire voile autour du Kamtschatka jusqu’au pays des Tshuktzki , afin de coopérer avec les forces! de terre sous les ordres de Schestakoff et

Paulutski. Krupishef partit, en Conséquence, et un quelque temps sur la côtes des Tshuktzki, sans recevoir aucune fiouséllédes déux: chéfs: Eusses: « Uyfguragan le chassa de la pointé de terre oùde voyage de Behring s'était achevé : 29,

er Glaciale, et livré : |

il fit voile.vers l'est et trouva d'abord une il puis un pays d’une grande étendue. Aussitôt qu’ils furent en vue de cette terre, un homme vint à eux dans un canot pareil à ceux des Groënlandais. Tout ce qu'ils purent comprendre dans ses paroles fut qu’il habitait un vaste pays où ikiy avait beaucoup de forêts et d'animaux sauvages. Les Russes suivirent la côte | mn jours entiers sans pouvoir y aborder ; puis une tempête A rvint, et ils retournèrent au Kamtschatka. » A Ce voyage de Krupishef compléta la découvertesdu détroit 1e Behring, et prouÿgla proximité des continents:d F4 l'Amérique. Le gai ement russe se trouva e cuuragé à poursuivre seë recherches. Behring, ainsi que les officiers qui avaient servi sous lui dans son voyage au nord, reçurent des maïques de distinction, et une multitude de plans furent formés pour ve re et des entreprises, maritimes. L'un des projetsétaït'de créer, s’il était possible, un'système complet Us navigation entre Archangel ( nt Behring lui-même devait découvrir la distance exacte entr À Ki d'Amérique qui lui est parallèle.

ne s’est jamais accompli; plusieurgtexpi éditions sont parties pour.examiner la côte nord de la brie, 1e, mais touted'ônt fini misérablement. La navigation de l'Yenisei à là Léna n'a jamais pu se terminer, et beaucoup d'hommes courageux ont perdu la vie à l'essayer ; le promontfire Taïmura ; qui s'étend.jusè qu’ au 78° de latitude,set qui est toujours enviroñfié par une immense barrière de glace, élève un obstacle insurmontable aux efforts du navigateur. * # k,

Vers le temps où ces plans divers s ’agitaient | ui accident extraordinaire vint donuer üne impulsion nouvelle à l'ardeur du gouvernement ruse Un vaisseau japonais, Chargé de soie, de coton, .de riz et poivre, fut poussé par la témpête à une grande distance de la terre, et après avoir été ballottéidurant plusieurs mois en mer, fit naufrage sur la côte extéri ieure ou orientälé du.,Kamts-

eMdità terre et sauva la plus prégieuse partie de la carg: sons LR | Cor: qui, slationnaienñt près de là vinrent bidlitôt veréesÀ Énfrofég ét leprésents que ceuxci leur offrirent n ayant pas rempli leur attente; ils les

Je Kamtschatka; pn'autre, veiller l'exécution, “était de itka et la côte er de ces projets

our les découvertes géographiques. à

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attaq lard e la suit mâssa l’atte les R mais i ment

cipal o r'appoi tempé les 38 seaux dans: ses, En u

us d LR q dé euï près di outre brodés tion ; i ils sal ädvmeu les.eût une ca pays 4 l 'objet venir ( grand taient ‘‘étides que cé le cor, loge à

CHAP. XX. DÉCOUVERTES DES RUSSES, 343

attaquègent et les massacrèrent tous, à l'exceptiam d'un vieillard et d’un enfant âgé de onze ans. L’offisier cesaquefut dans la suite puni pource crime, et les deux Japonais échappés au massacre arrivèrent à Pétersbourg en 475æ& Cette affaire attira l'attention du gouvernement vers le Japam, pays avec lequel les Russes désiraient depuis long-tempsétablir des rapports ; mais il leur parut d'abord convenable de fixer géographiquement la. position respective des deux pays.

1 4789, le capitaine Martin Spangberg, qui avai

é Béhfing dans son voyage au nord, et le lie

un Waltowpartirent pour une expédition dont cipal objet était de déterminer la situation exacte du J: (:: rapport 4 la Sibérie. Commeils quittaient les iles Kurili, ue: tempête les sépara. Spangberg parvint à la.côte du Sapon par les 38° 414’ de.latitude nord. Il vit un grand nombr: de vaisseaux japonais croisant le long de la côte ; le pays paraissait daussun bon état de-culture et couvért de villages. Les Russes, craignant de descendre à terre, demeurèrent sous voiles. En un seul our on compta près du vaisseau de Spangberg [a de soixähte- dix-neuf bateaux pêcheurs, et l’on remar-

a qu'au"liew de fer les Japonais se servaient de bronze :

dé cuivre ans goss tion de leurs navires. Enfin arri;a

près du vaissea se une grande embarcation dans laquelle, outre les rameurs, se trouvaient quatre hommes en habits brodés dônt l'extérieur annonçait des nv de distinction ; ils furent invités à entrer dans: la cabine ; à ils saluërent jusqu’à terre , les mains au-dessus de laéte, et demeurérent dans cette posture jusqu'à ce que le capitaine les eût, engagés à se relever. On leur présenta un globe et une carte marine sur laquelle ils désignèrent aussitôt leur pays qu'ils appelaient Wiphon. Spangberg cru: avai rempli l objet de son voyage, et fit voile, en conséquex:t:, pour revenir en. Russie. Par les 45° 50’ de latitude , il trôuya une grande île près de laquelle il jeta l'ancre. Les habitants portaient des bottes de cuir pareille# à celles des Kamtschadales * ‘étides naturels des iles Kurili; Ils parlaient la même langue que cés dérniers, mâis différaiént d'eux en ce qu'ils avaient le cürps 'entiér * ebuvért d'un! long poil. Apercevant une horloge à bord, ils tombèrent à genoux comme pour'Ÿadorer.

Walton parvint älacôte du Japon vers les 58° 47de latitude. À la suite d'ünéiflotte de bateaux pêcheurs, il-se trouva conduit dans un port sitüé en face d'une grande ville. Un vaisseau japonais s’approcha de celui deWaälton, et, par des gestes empreints d'une grande politesse , le commandant invita les Russes à débarquer. Ceux-ci envoyèrent en conséquence une chaloupe avec deux barils d’eau vides et:quelques objets à offrir en présents. Le rivage était couvert de Japonais accourus

oule pour voir les étrangers ; et au moment où la barque

ja 1 offrirent de bonne grâce leurs services pour rem-

fes barils d’eau douce. La ville paraissaiféomposée d'en-

iron quinze cents maisons, quelques-unes en pierre, .d'au-

tres en bois, et s’étendait environ à deux milles a@Bord'de

la mer. Un des habitants invita poliment Kasimerof) qui

commandait la chaloupe, à se rafratchir dans ga maison. Du

vin, des fruits et des confitures lui furent présentés dans des.

vases de porcelaine. Dé nombreux magasins ornaient les

rues, et le pays environnant était couvert d’une riche culture

en grains et pois. Plus tard jes Japonais visitèrent le vais-

seau et organisèrent un petit commerce avec l'équipage russe. Walton navigua plus de quatre-vingt-dix lieues au s

en suivant toujours la côte orientale du Japôn. Les habitants

étaient partout fort disposés à nouér des Félations avec les

Russes ; mais un officier intervint à la fin, et prohiba formel-

nt. | Ft vaisseau. En conséquence, Walton re-

4 aù Kamtschatka. Le voyage de Spangberg et de Wal-

IC premier durant lequel les Russes suivirent dans la

mer du Sud un chemin déjà ouvert par d’autres nations euro-

péennes.

Ce fut seulement le 4 juin 4741 que Behring et Téchirikof partirent pour la troisième fois du Kamtschatka avec l'intention, lorsqu'ils auraient atteint le 50° de. latitude nord,,de diriger leur course à l'est jusqu'à ce qu’ils fussent parvenus au continent américain, Le 20 du même mois, les navires furent séparés par ue tempête, et le temps de brouillards quiluisuccédales mit dans l'impossibilité dése rejoindre.

Le 18 juillet, Behring découvrit le continent américain par la latitude de 58° 98; @t, Suivant ses çaleuls, à #0 à l'est de léméridienne de Petro-Pawlowski (Saint-Pierre et

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lèvres, qu'il de je mett chalou paraisé lament et ceux de fusi

CHAP. XXII, DÉCOUVERTES DES RUSSES. Fr 345

Saint-Paul). La terre apparutavèc un aspect de soimBt$: grandeur. Des montagnes fort'élevées, couvertes de neige, paraissaient S'éléndre au loin dans l'intérieur ; et l’un des sommets dominait de beaucoup les autres. Steller , naturaliste et mé + decin allemand ,attaché à l'expédition , déclara qu'il n'avait jamais vu une si haute montagne däns la Sibérie; il lui donna le node mont SainteBlias. Les deux promontoires les plus voisins furent appelés fe'cap Saint-Elias et le cap Hermogènes. Le 20, Behring jeta l'ancre auprès d’une petite île voisine du côntinent. On y trouva quelques huttes, mais les habitants avaient pris la fuite. Les Russes emportèent quelques poissons séchés et d’autres provisions, laissant des couteaux, du tabac.et quelques autres bagatelles en échange. En se remettant emmer;'et'lorsqu'il voulut naviguér au nord, Behring s’apercut-que le rivage du continent déclinait yers, le sugouest. Il se fraya un chemin avec.assez de difficulté à travers la chaîne d'îles qui borde la grande péninsule d'Alaska. Urié de ces lés ou peut-être un petit groupe reçut le nom de Schumagin®; c'était celui d’un marin russe qui y fut enterré! pe:

On aperçut dans une de ces îles quelques hommés OC à la pêche, et les Russes s’approchèrent d'eux dans! que, accompagnés d'un Korjak dont ils espéraié | servir comme interprète. Il y avait sur le riva cains.et autant de canots, mais ni femme ni hab} cune espèce} Ces sauyaoes » purent comprendté qe ils s’apérçurent tout aussitôt qu'il différait dés. E

rapprochait davantage de leürs compatriotes. rois abordèrent avec le Korjak, et attachèrgnt la chalogpe à un rocher. En retour de cette confiance, un Américain , le plus vieux de la bande, entra dans cette emba dtion. On ui présenta un verre d'eau-de-vie ;mais lorsqu'il le porta à ses lèvres, la force de cette "a l'étonna et l'alarma a point

qu'il $e crut trahi, et que apaiser ses craintes, il fallut le mettre à terre.“Les :R se retirérent alors vers leur chalanpe ; mais Le Korjak fut retenu par les Américains, qui paraisiient avoir pris du. goût pour lui. Il poussait des cris lamentables, suppliant. les Russes de ne point l'abandonner ; et ceux-cienfin se-déterminèrent à tirer en l'air deux coùps de fusil qui produisiren tout l'effet qu'on en pouvait atten-

‘1 voyAcEs MODERNES DE DÉCOUVERTES. LIV. IV.

dre : 1ë détonations, répétées par les îles environnantes et par les Hasses montagnes du ‘ontinent, semblèren Ye

expression, et se jetant la face contre terre, feérént s'échapper le Korjak. Le lendemain, ils vinrent autour du vaisseau, montés,sur leurs cânots;; et ,apportèrent une baguette ornée de plüines servant comtné alu ou gage de paix. Ils offrirent des présents et paraissaient disp:

connaissance avec les étranger8$ mais l'ancre fut levée, le vent fraichit, et il leur fallut retourner à terre en toute hâte. Au moment où le vaisseau s’éloignäit d'eux, ils le saluërent de plusieurs acclamations. :

A la fin de septembre, lorsque le navire quitta les île- Schumagin, le vent soufflait constamment: de l'ouest; le temps était humide et brumeux. La plus grande partie de l'équipage; attaquée du scorbut, se trouvait hors de service ; de sorte que; par une saison d'orages et dans des mers incon- ” se le vaisseau voguait, pour ainsi dire, à la-ferci des

ts" ue g:

“+ Behrir lui-même était depuis quelque temps dans un tel ain d'affaiblissement et de souffrances qu’il ne pouvait plus

à % manœuvres de son bâtiment.

HoYembre , par le 50° de latitude nord, la terre se Mouveau devant les voyageurs ; et le jour suivant on’résolut de se diriger vers elle, le navire ayant besoin de Pme et le scorbut faisant d'effrayants ravages parmi les matelots.. Laimer était haute lorsque le vaisseau approcha du “rivage , et. il heurta cofitre un rocher. Heureusement. une grande vâgue le fit passer par-dessus le récif ; mais l'état du navire , celui de équipage et la saison de l'année démontraient évidemrienf: qu'il fallait à toute forcé hiverner dans cette iles Ceux qui ait encore travailler allèrent immédiatement à terre afin d'y préparer le logement des malades ; ce qu'ils firent en creusant des ‘trous dans des monticules sablonneux voisins d'un ruisseau i descendait d’une montagne vers la mer; lés.voiles servifent'de toiture. Quelques hommes s'aventurèrent à explorer l'ile ; ils n’y trouvérent ni arbres nitraces d'habitation. L'intérieur fourmillait de renards bleus et blancs ; mais leur fourrure n'était pas aussi belle que

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CHAP. XXH. DÉCOUVERTES DES RÜSSES. 847

celle des renards dé'Sibérie, La vue des hommes ne les effrayait pas le moins du monde. Les loutres de mer abondaïent sur la plage ; ; leur chaïr était si coriace que les dents pouvaient à peine Pentamer ; mais le médecin Steller la considérait comme un spécifique contre le scorbut. Les intestins furent réservés aux malades. On tuait, du reste, ces animaux non-seulement comme nourriture , mais aussi pour avoir leurs peaux, dont il se fait un grand commerce entre les Russes et les Chinois. L’équipage en recueillit environ neuf cents dans cette’île, et sur ce nombre Steller en eut un tiers pour;sa part, quê les marins lui déférèrent en reconnaissance deiges soins et de ses attentions pour les malades. Une baleine morte qui fut jetée snr la côte devint leur ressource pour les jours où ils ne trouvaient rien de mieux. Hs l'appelèvent leur Magasin.

‘Trente hommes de l'équipage moururent dans l'ile ; Pins fortuné Bebring y expirælé 8 décembre. On peut dire: fut presqu’enterré vivant; car le sable s'éboulant autot: trot dans lequel il gisait, et venant à couvrir ses pieds, À Xi voulat pas souffrir qu'on l’écartat, s imaginant que céla le réchaufferait : l'éboulement continua ainsi par degrés jusqu’à ce qu’il fut à demi couvert; en sorte que, lorsqu'il fut mort, il fallut le déterrer pour le replacer ensuite dans une fosse mieux disposée.

Le 6 mai, les débris de l'équipage, au nombre de quarantecinq individus, commencèrenbé construire une embarcation avec la charpente que le é: é leur avait laissée, afin de retourner au Kamtschatka.288s /Charpentiers étaient tous morts ; mais un Cosaque nomme l'Starodubzof, qui avait travaillé quelque temps dans un chantier maritime à Ochotsk, entreprit de diriger les travaux. Le nouveau bâtiment fut lancé le 40 du mois d'août, et les naufragés partirent le 46 ; mais en butte aux vents contraires, ils n’atteignirent que le 25 la côte du Kamtschatka. Le 27 , ils jetèrent l'ancre dans la baie de Saint-Pierre et Saint-Paul. Leur navire avait si bien supporté la traversée que le Cosaque Starodubzof fut promu, en récompense de cet éclatant service , au rang de simbojarski, ce qui est un degré de la noblesse sibérienne. Behring laissa son now à l'ile sur laquelle il était mort.

Maintenant-il èst temps de revenir à! “Fschirikof ) dont le voyage, moins malheureux que celui déson commandant, füt cependant:liérissé de difficultés et de souffrances. Après s'être séparé de Behring, le 20 juin, il fit voile vers le continent américain , où il arriva par les #59 56° de latitude. La côte qui se présentait à lui était ardue et stérile ; gardée, en quelque sorte, par des rochers, et sans'une seule ile qui pût lui offrir abri. Il jeta l'ancre néanmoins, et envoya la plus grande de ses chaloupes, avec ordre de toucher à terre aussitôt qu'elle le pourrait. Plusieurs jours s’écoulèrent sans qu’elle reparût. Il envoya la seconde chaloupe pour savoir la çause de ce retard; mais celle-ci éproufa sans doute le même sort que la première : on ne sait ce qu’il advint de l’une et de l'autre. Quelques canots montés par des Américains arrivèrent de la côte, peu de jours après, pour examiner le navire; mais ils Se blaient craindre d’ en NE ‘Tschirikof} déses srant

si 1 £ dur,

que

ce célèbre hip , et où Les loutres marines avaient coutume de venir en grand nombre. Ce fut à cette occasion que l'on découvrit, sans beaucoup de peine, Mednoë-Ostroff, ou l'Ile- -de-Cuivre, qui tire ce nor des masses de cuivre naturel trouvées sur ses rivages; elle est en vue de l’île Behring.

Ces deux petites terres il es

temps, les seules îles connt d'animaux marins qu'elle étroites limites fût peu à pe

W'à ce que le petit nombre nt renfermer dans leurs dépuisé par les chasseurs russes ; alors on tenta d'autres expéd Ons. Plusieurs des vaisseaux qui partirent en ces occasions furent poussés par le mauvais temps vers le sud-est, et découvrirent ainsi les iles Aleutiennes, qui abondent en animaux à fourrures, ét sont médiocrement peuplées. De l'année 1745, où ces iles furent visitées pour la première fois, jusqu’en 4750 , où leur premier tribut de fourrures fut apporté à Ochotsk, le gouvernement russe paraît n'avoir pas été complètement informé de leur découverte, En 4760, le gouverneur de Tobolsk porta son attention sur Jeur existence, ct, jusqu'à cette époque, toutés

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CHAP. XXII. ue à DE BYRON, ETC. 349

les découvertes postérieures à celles de Behring se firent, sans l'interventi de la cour, par des marchands isolés, et

ifes équipés à leurs frais. C’est sur ces îles Aleutiennes, et sur "plus de trois cents lieues de côtes au-delà du cercle polaire, que l’infatigable industrie S Russes a placé les 4 slablissements et les factorertés, à l'aide desquels s'opère au jurd’hui le grand et aÿéitageux commerce de fourrures, qui met l’empire russe en relatiôh avec la Chine.

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