CHAR, XXII. VOYAGES DE BYRON , ETC
Je pofsé qu’en choisissant une saison convenable, non seulenfent un vaisseau, mais une escadre pourrait travole le détroit en moins de trois semaines. » Le voyage de sir Francis Drake est le seul qui confirme cette opinion. Byron attribua les difficultés que lui avait opposées le mauvais temps à ce. qu'il avait essayé de traverser le passage durant l'équinoxi 4 du printemps. Mais à en juger par l'expérience des nombreü navigateurs, on peut douter que cette région du globe soit jamais libre de tempêtes et d'ouragans.
Les équipages des deux navires étant complétément épuisés par leurs souffrances dans le détroit, on jugea à propos de faire Voile vers Juan-Fernandez, le lieu de repos le plus voisin, et de différer la suite du voyage de découvertes jusqu’à ce que la santé des marins fût rétablie. Mais cette ile, cachée par les brumes, fut laissée de côté, et il fallut continuer jusqu'à Masafuero à quelques degrés plus à l’ouest. Là, les marins fatigués furent encore désappointés dans leur espoir de trouver une station. La mer était haute, et le ressac si terrible, que l’on trouva à peu près impossible d'effectuer le débarquement. On se procura seulement un peu d’eau, et les navires continuèrent leur route. Byron essaya aussi, mais sans succès, de trouver l'ile de Davis ou de Pâques. Le scorbut s'était déclaré parmi les équipages, et ajoutait à l'impatience que cause un voyage prolongé au-delà de son terme. Enfin on découvrit une petite île de l'aspect le plus ravissant ; elle était couverte d’arbres élevés, et sur le rivage on voyait les écailles de tortues répandues à profusion. Les habitants se rangèrent le long de la rive pour examiner les vaisseaux, et allumèrent des feux qui semblaient devoir servir de signaux. Mais tous ces objets attrayants offerts aux regards de nos marins ne servirent qu’à augmenter leur sn. par l’excitation momentanée de leur imagination, éruellemen déçue. On ne trouva pas d'ancrage près de cette île qui était entourée de bancs de corail ; il fut donc impossible d'y rester, Le jour suivant , on en découvrit une autre située de la même manière. Les cocotiers y paraissaient en abondance, mais l’ancrage manquait également. Les malades, maintenant dans une situation déplorable, étaient d'autant plus aëcablés, que la terre si long- temps désirée par eux, et maintenant pré-
sente à leurs regards, se trouvait inaccessible. On quitta ces para îles en leur laissant le nom d'iles du Désappointemient | capata (Islands of disappointment). L vertes Le jour suivant néanmoins on découvrit d'autres îles les tros chaloupes, malgré la conduite équivoque des naturels; puzcnt à de cs “aller chercher plusieurs charges de noix de coco ét une à millie grande quantité d'herbe à scorbut, les meilleurs rafratchis- lles Fe sements que les équipages eussent à se procurer. Les indi- sorte gènes, quoique disposés d’abord à regarder les étrangers destiné comme des énnemis , n'étaient pas tout-à-fait dépourvus de K9® par sentiments bons et généreux: un midshipman leur prouva pere sa confiance en nageant tout habillé jusqu’au rivage ; il fut examiné en détail et dépouillé de quelques objets de toilette par les Indiens dont la curiosité était en éveil, mais on ne lui fitsubir aucune violence. On trouva dans une hutte quelques restes d’une chaloupe hollandaise, avec ses accessoires de bronze et de fer. Byron nomma ce petit groupe les îles du roi Georges (King George’s islands).
Pendant le reste de son voyage à Tinian , l’état de maladie où se trouvaient les équipages empêcha le commodore Byron : d'examiner les îles qui lui furent signalées, avec la patience et l'attention qu’elles eussent en toute autre circonstance méritées de lui. La difficulté de trouver un bon ancrage, et la nécessité d'éviter tout inutile délai, le contraignit à passer près.de l’île du prince de:Galies ( Prince of Wales’s island) et de l’archipel qu’il appela les îles du Danger (islands of Danger), sans les examiner en détail. Enfin, au commencement du mois d'août il arriva à Tinian, et jeta l’ancre dansle même port qui jadis avait abrité lord Anson. Cette île ne parut point à Byron et aux hommes sous ses ordres mériter la réputation de beauté que , d’après les relations de leurs prédécesseurs, elle avait acquise, Au‘bout de neuf semaines, durant lesquelles les malades s’étaient assez bien rétablis , et après s'être approvisionnés d'environ deux millenoix de coco, les navires se remirent en mer, et en six semaines arrivèrent à Batavia. Ils s’y rafraichirent de nouveau, et firent ensuite voile pour l’Angleterre, où le commodore arriva au commencement du mois de mai, après être resté en mer environ vingt-deux mois. vers: Au mois d'août de la même année (1766) Ze Dauphin re- INCa Pa
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