CHAP, XXII, VOYAGES DE BYRON, ETC
satisfaire sa curiosité, s’était embarquée sous un déguisement pour faire le tour du globe , était âgée d'environ vingt-sept ans, et passablement jolie. Ainsi que M. deBougainville le fait remarquer, sa destinée füt devenue vraiment singulière, si le vaisseau qu’elle montait eût été jeté sur nne île déserte. Bougainville arriva bientôt après au milieu d’un groupe d'îles qu'il nomma les grandes Cyclades, et qui, selon toute apparence, était la Terre Australe du navigateur Quiros. Mais les Français ne purent établir aucune relation avec les indigènes , dont l'humeur était aussi hostile que leur aspect était repoussant. Presque tous avaient la lèpre, circonstanee d'où l’une de leurs îles tira son nom. Continuant sa course à l'ouest, et ensuite au nord, Bougainville décou.. vrit une grande ile, ou plutôt un archipel, qu’il appéla Louisiade. Encore plus au nord , il longea la côte: sitentale d'une autre île, qu’il baptisa de son propre nom."Peu après, il jeta l'ancre à l'extrémité sud de la Nouvelles l'embouchure du port du Roi-Georges ; m ( k verser ce bras de mer, que Carteret avait reconnu étreun* détroit, il suivit la terre à l’est et au nord; et, apris étrere en mer environ dix mois et demi, il arriva à Batavia le 28/6 a. tembre. En touchant au cap de Bonne-Espérance , il le capitaine Carteret n'avait sur lui que onze jou : d'avance; mais l'AHirondelle, réduite àlün très-mauvais état, fut bientôt rejointe : les deux navigateurs échangèrent quels ques communications, toutefois avec tant de réserve et de jalousie, que chacun d'eux entreprit de cacher à l'attre jusqu’ à cette circonstance qu'il avait fait le tour du monde. Bougainville débarqua à Saint-Malo le 46 mars 1769, après un voyage de deux ans et quatre mois.
CHA
par le entre ble, c vogue CHAPITRE XXIV. rent jt ils de
PROGRÈS DE LA SCIENCE GÉOGRAPHIQUE. ù ment et dix
La géographie au moyen-âge.— Erreurs de l'antiquité adoptées par les savénts. — voir q Longitudes supposées de Nuremberget de Rome, de Ferrareet-de Cadix. — Amé- avec 2 liorations dans la moppemonde. — Etat de doute sur la séparation et la distance ER de l'Asie et de l'Amérique. — Galilée,— Eclipses des satellites de Jupiter employées ecriva à trouver la longitude. — Observations de Picard. fa carte de France réformée, celle ( — ‘Travaux de Cassini. — Chazelles rectifie la carte de la Méditerranée. — La géo- à graphie référméeiper Delisie. — Visite de Pierre-le-Grand à ce géographe. — presel D'anvilles— influence de Newton. — Halley. — Son voyage à Sainte-Hélène, — ne pu Ilattire l’& ‘des savants sur le passage de Vénus. — 11 pe, L'én C
hysi is la théorie des mouvements lunaires. — On Croit à l'exis- e dional. — Dairympie. — Ses plans de colonisation et son graph
divers ses de la science humaine sont tellement mL ME peut à peine concevoir une amélioration ceptib le jui ne tournerait pas au profit des autres. Le la lon réseau des communications nombreuses qui unissent les diffé- core. rents objets des recherches intellectuelles est comme celui des Les membranes qui envel@ppe le globe de l'œil , si transparent le mie et si délié que, tout en faisant la force et la solidité de l’en- terran semble, il échappe lui-même à la vue. Les progrès généraux exacti! que la décduverte de l'imprimerie fit faire à la science ; l’ac- cepen tivité nouvelle et l’ardeur d'entreprises commerciales qui d'Orid résultèrent dés découvertes de Colomb et de Vasco de Gama, vérital tout sembia conspirer aux progrès de la géographie ; on au- connu rait pu supposer que cette étude serait perfectionnée avant À ignore toutes les autres ; mais, nonobstant le zèle avec lequel furent Const: poursuivies les rechesghes dont elle était l’objet, pendant vérité toute la durée du selZième siècle, eette science grandissait cartes avec une multitude d'imperfections primitives, et ses lacunes, Lors ses nombreux défauts devenaient d'autant plus remarquables tions-t comparés avec ceux qui restaient aux sciences ses rivales. IL à 402
n’est pas d'erreurs plus difficiles à corriger que les erreurs de- qui os venues populaires ; rareinentles opinions reçues sont détruites Si 1
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par les arguments de la raison; aussi la géographie eut-elle entre toutes les connaissances humaines un désavantage notable, celui de sa popularité : tour à tour vingtsystèmes furent en vogue, tt, bien que manifestement incorrects, ils se maintinrent jusqu’à ce que les principes scientifiques, d'après lesquels ils devaient être condamnés , fussent à leur tour généralement reconnus. Les plus éminents.géographes des seizième et dix-septième siècles étaient avant tout des hommes de savoir qui, obéissant aux préjugés de leur époque, adoptaient avec zèle et obstination toutes les erreurs commises par les écrivains de l'antiquité. L'autorité de leurs noms, ajoutée à celle des anciens auteurs dontils soutenaient les doctrines, présentait une résistance inerte dont lesgéographes pratiques ne purent long-temps venir à bouts ©.
Ce qu'on demande d'abord à un Sÿétème correct de géographie, c’est de déterminer avec soin la position relative des diverses contrées ; mais en ceci les anciens s'étaient rendus coupables d'erreurs grossières. La méthode qu'ils emplayaieñt pour déterminer la latitude d'un lieu donné n’était pas susceptible d’une grande précision, et la manière dont ilsfixaient la longitude était sujette à des méprises plus natables encore.
Les pays queiles-écrivains grecs et romains connaissaient le mieux étaient ceû% dont les rivages entourent la mer Méditerranée ; là, par conséquent , nous devons trouver leur exactitude géographique moins en défaut que partout ailleurs; cependant Constantinople ou Bysance; la capitale de l'empire d'Orient, est placée par Ptolémée à deux degrés aunord de sa véritable position. Les écrivains arabes qui semblent avoir connu cette erreur de deux degrés, mais qui certainementen ignoraient la direction , au Jieu de diminuer la. latitude de Constantinople de 45° à 440,"ce qui les eût rapprochés de la vérité , la portèrent à 45°, plaçant ainsi cette ville, sur leurs cartes, à 276 milles anglais au nord de sa situation véritable. Lorsque Amurat IIT, vers l’année 1580, fit faire les observations par suite desquelles la latitude de cette ville fut réduite à 410 50, les gens instruits s’indignèrent contre les barbares qui osaient corriger Hipparchus.
Si le rivage rurd de la Méditerranée était généralement
trop reculé par Ptolémée vers le septentrion, en revanche, cet auteur portait les rives méridionales beaucoup trop loin au sud ; la largeur de, cette mer se trouvant ainsi accrue bien au-delà de la vérité. La latitude assignée à Carthage était le 82° 20’, c'est-à-dire 4° 32’, où 513 milles anglais au sud de sa vraie position. Une si énorme erreur ne fut cependant prise en considérationique vers l’année 1625.
Comme nous l'avons dit, les anciens, dans leris calculs de longitude, même pour les endroits qu’ils semblaient connaître le mieux, se trompaient encore plus singulièrement. La longueur de la Méditerranée, à partir de Calpé”ôu Gibraltar jusqu’au fond de la baie ‘d'Issus (où de nos jours s'élève Scanderoon), qui est en réalité une distance de 4140 98’, s'accroit jusqu’à 62°sur JAlcatte de Ptolémée ; ainsi l'erreur , Sur ce seul point, monté | 20° 52’ ou à peu près de 1400 milles anglais, et, pour si énorme qu’elle fût, elle s’est perpétuée à à peu
«de choses près sur toutes les cartes ‘d'Europe jusqu'au commencement du dernier siècle.
Si l’on vent se faire une idée des difficultés qu’on éprouvait à fixer la longitude des lieux, tant que les observations astronomiques manquèrent de précision, et de la portée qu’eurent, durant le moyen-âge, les erreurs concernant la position
relative des endroits les plus connus de L'Europe, on n'a qu'à parcourir la liste suivante dressée par Kepler qui, voyant ses vbservations contredire directement éen 3 de l'antiquité , fit
valoir comme excuse de cette dernière l'incertitude inévitable.
de pareils calculs.
La différence en longitude entre Rome et Nuremberg fut fixée :
Du temps de Régiomontanus, à . . . 9 Werner . . 4 MIT. + + 7 Depuis une éclipse en4497 . . . .