SECOND VOYAGE DE COOÏK
Doutes sur l'existence d'un continent méridional.—Seconde expédition sous les ordres
“de Cook.— Le €8p Circoncision, — Glace découverte au sud. — Aurore australes — Arrivée à la Nouvelle-Zélande. — Voyage de l’Aventure, — Terre de Van-Diemen. — Animaux utiles laissés à ‘a Nouvelle-Zélande. — Traversée au midi de la mer Pacifique. — Représentations dramatiques à Otahÿti. — Omay et Oedidée s'emberquent dans les navires.— Iles d'Amsterdam et de Middleburg. — Leur agriculture. — Preuves des mœurs cannibales de la Nouvelle-Zélande. — Voyage sur les mers antarctiques. — Terre de Juan-Fernandez, — Ile de Pâques. — Description des statues. — Les îles Marquises. — Beauté des habitants. — Otahïti. — Commerce de plumes rouges. — Grande revue navale. — Nouvelle visite aux îles des Amis: Etendue du groupe. — Examen des Nouvelles-Hébrides. — Découverte de la Nouvelle-Calédonie.=.1les Norfolk. — Voyage de la Nouvelle-Zélande au cap Horn. — La Thulé du sud où terre Sandwich. — Arrivée de Cook en Angleterre. — Tristes
événements dans le détroit de la Reine-Charlotte, “
La première découverte importante due aux soins de Cook
résulta de son voyage autour de la Nouvelle-Zélande. Lorsque Tasman avait décrit ce pays, il le prenait pour une portion de la Grande Terre Australe inconnue, s'étendant, selon toute probabilité, au sud de l'Océa® Pacifique ; mais l'expédition de Cook renversa tout d’abord cette théorie. Néanmoins, une opinion qui date de loin ne peut être en un jour détruite,
encore qu’elle soit entièrement dénuée de-fondement; et.
malgré les découvertes qui venaient de détruire tout rapport entre leurs théories et les faits jusqu'alors appelés à l’étayer, il se trouva encore bien des gens persistant à croire à l'existence d’un continent méridional. Il fallait donc une autre expédition pour vider à tout jamais cette lutte d'opinions, et le gouvernement anglais, continuant à mettre les ressources nationales au service de la science, résolut de continuer ces louables recherches. Le roi se montra favorable à ce projet, et le comte de Sandwich, alors à la tête de l'Amirauté, était un esprit assez intelligent et assez libéral pour seconder “avec efficacité les désirs de son souverain.
Le capitaine Cook fut dès l'abord désigné comme l'officier
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le plus capable de diriger l'expédition nouvelle. On ‘équipa
ur le voyage deux navires, la Résolution et l'aventure, le premier de 462, le second de 536 tonneaux; et, afin que nulle occasion ne fût perdue pour la science , faute de personnes capables d'observer la nature sous ses divers aspects, des astronomes et des naturalistes d’une éminente capacité
L furent invités à accompagner l'expédition, MM. Wales et Bay-
ley partirent au premier , Reinhold Forster et son fils au second desces titres. Les navires furent amplement approvisionnés ; on les pourvut, pour un long et pénible voyage , de liqueurs anti-scorbutiques , et de tout ce qui parut nécessaire à la Santé des équipages.
: Cook partit de Plymouth le 15 juillet 4772, A son arrivée 4. au cap d& Bonne-Espérance, cédant aux instances de M. Fors- MT ter, il admit le célèbre naturaliste Sparmann à prendre part à l'expédition. Il fit ensuite route vers le sud, cherchant la terre que l’on disait avoir été découverte par le Français | Bouvet ; mais des vents impétueux l’emportèrent bien loin à l’est de la méridienne, où l’on supposait que cette terre était
L située, Après avoir lutté long-temps contre les vents con-
hi | ffaires , il parvint enfin à la méridienne indiquée , quelques * lieues au sud de la latitude attribuée au cap Circoncision.
AY Ayant ainsi prouvé que la terre aperçue, disait-on, par Bou- “4 vet, si réellement elle existait, ne faisait point partie d’un continent méridional, il poursuivit sa route au sud et à l'est. À Le 140 décembre, nos navigateurs rencontrèrent pour la 14 première fois des îles de glace, qui, les jours suivants, se 7 trouvèrent sur leur chemin, plus considérables et en plus 7 grand nombre. Quelqües-unes avaient près de deux milles + de circuit, et s’élevaient à soixante pieds de hauteur, Telle était cependant la force des vagues, que la mer venait briser au dessus d'elles. Au premier coup-d'æil, ce spectacle avait un éclat surprenant; mais le sentiment de plaisir qu’il procurait ; d’abord disparaissait bientôt dans l’effroi dont l'imagination était frappée par la contemplation d'un si grand danger. En
effet, un navire qui approcherait de cesiles par un gros temps
serait mis en pièces au bout de quelques minutes. Les obstacles
que lesiles de glace, se succédant sans relèche, opposaient à nos navigateurs , étaient compensés par l'avantage d’avoir
de l’eau douce en abondance. D'énormes morceaux de glage étaient recueillis et arrimés sur le pont ; l’eau qu'ils donnaient en fondant était parfaitement pure, et sans aucun goût désagréable.
Dès le 17 janvier 17753, nos navigateurs avaient atteint la latitude de 67° 45° sud, et ils virent les glaces s'étendant, de l’est à l’ouest sud-ouest, sans la moindre apparence de discontinuité. Il était dès lors’inutile de maintenir plus long-temps leur course au midi, et comme ils couraient quelque danger d’être entourés par les glaces, la prudence leur ordonnait de se retirer vers le nord. Le 8 février, par un temps fort épais et brumeux, on s’aperçut que l'Aventüfre" ne marchait plus de conserve avec l’autre navire. Cet accident était prévu, et le rendez-vous désigné pour le cas où il‘ârriveraits était/le détroit de la Reine-Charlotte, dans la Nouvelle-Zélande : Cook partit aussitôt pour s’y rendre. Par le 62ÿde latitude sud, le 47 du même mois, entre minuit et trois heures du matin, on aperçut dans le ciel des clartés pareilles à cellés que l'hémisphère nord voit se produire sous le nom d’aurore boréale. Le capitaine Cook n'avait jamais ouï dire qu'avant lui on eût observé l'aurore australe ; mais dans la suite de ce voyage le même phénomène se présenta à plusieurs reprises. Durant sa course à l'est, sous cette latitude élevée, il put, à l’aide de preuves plus que suffisantes , conclure qu’il n’existait pas de terre au sud , à moins qu’elle ne fût située à une très-grande distance. Enfin, après avoir été cent dix-sept jours à la mer, pendant lesquels il avait parcouru trois mille six cent soixante lieues sans être venu une seule fois en vue de la terre, il aperçut, le 23 mars, les rivages de la Nouvelle- Zélande, et le jour suivant il jeta l'ancre dans la Baie Sombre (Dusky-Bay). Nonobstant la longueur et les difficultés de son voyage, les maladies avaient respecté son vaisseau ; ses soins pour la santé des matelots, la propreté soigneusement maintenue, le navire préservé de toute humidité par des courants d’air bien distribués, et l'usage , judicieusement employé, d'un régime anti-scorbutique, lui avaient parfaitement réussi, Après avoir examiné la Baie Sombre, il se rendit au détroit de la Reine-Charlotte, où le capitaine Furneaux était arrivé avant lui,
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