CHAPITRE XIX. lat
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VOYAGES DANS L’HIMALAYA. qui
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Voyage de Webb et de Raper dans l'Himalaya. — Hauteur de ces montagnes. — bord
Mesure de Colebrooke. — Le Dewalagiri. — Le Chumulurée. — Voyage de M. Moor-
croft, — Les mesures d'un pundit. — Passage du Niti-Ghaut, — Daba. — Aspect ne €
de Gortopre..— Lac sacré de Manasarowara. — Caractère général des mon- qu'il tagnes. — Villages. — Retour de M. Moorcroft. — De la véritable élévation de Ù
l'Himalaya. — Second voyage de M. Webb. — Ilauteur de la neige perpétuelle, — et de
Plaines élevées des Undes. — Leurs produits. — Voyage de M. Fraser. — Vent que les n l'on suppose pestilentiel.- Gangoutri, — Aspect particulier de l'Himalaya. jh
des ;
De toutes les merveilles de la nature , les grandes rivières says
sont celles qui , aux époques primitives de son histoire , ont ne excité au plus haut degré la reconnaissanee et l'admiration “e al de l'humanité, Dès les temps les plus reculés , la renommée En du Gange s'était déjà répandue sur une partie de la surface a sf . . e . 1S du globe ; aussi ne doit-on pas s'étonner que les Anglais, de- ju venus maîtres de l'Inde , aient contemplé avec une curiosité th particulière un fleuve qui, dans l'opinion des indigènes, mé - rent ritait la vénération la plus profonde. Mais où ce fleuve prenait- en "4 il sa source ? On ne le savait pas d'une manière positive. Sur ra | la plupart des cartes , il paraissait descendre du nord de la pt Tartarie, car on pensait que les sources d’un si grand cours sé: d’eau étaient nécessairement situées à une distance immense mise de son embouchure, Quelques géographes seulement incli- noise. naient à penser qu'il prenait naissance sur le versant méri- où il dional de l'Himalaya ou des montagnes neigeuses, qui for- Hs ment les limites septentrionales de l'fnde. a ren
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nant Webb, accompagné du capitaine Raper et Hearsay, reçut, en 1808, l'ordre de se rendre à Gangoutri et d'aller examiner le défilé du Gange appelé la bouche de la Vache , lieu que les Indous regardent comme sacré. Le 4°" avril de la même année, nôs trois voyageurs arrivèrent à Haridwar, où ils eurent le plaisir de voir l'immense multitude d’Indiens des deux sexes que le commerce et la religion attirent tous les douze ans sur ces plateaux. En effet, les marchands se rendent à cette foire non-seulement de toutes les parties de l'Inde, mais encore du royaume de Cachemire et des pays situés au-delà du Punjab et de l'Himalaya; les officiers anglais estimèrent à deux millions leur nombre total. A peine eurent-ils pénétré dans la région des montagnes, que la beauté des paysages alpestres qui se.succédaient sans interruption les récompensa de leurs fatigues, et leur fit oublier les dangers qu'ils couraient au bord de précipices affreux , sur des sentiers dont la largeur ne cépassait souvent pas trente centimètres. Les plateaux qu'ils traversèrent successivement étaient couverts des arbres et des plantes de l’Europe, mais des forêts de sapins ornaient les montagnes qui dominaient ces plateaux, tandis qu’au fond des gorges situées au-dessous, à une profondeur d'environ treize cents mètres, la végétation de l'Inde prospérait encore dans le voisinage des montagnes. Parvenus à cette hauteur , ils apercurent sept ou huit chaînes de montagnes séparées l’une de l’autre, et dominées par les coupoles neigeuses du colossal Himalaya. Après avoir traversé des torrents, sur des ponts de corde , et échappé à tous les dangers d’un semblable voyage, le lieutenant Webh et ses compagnons s’arrêtèrent à un village appelé Baraha, parce que les habitants de ce village leur firent une description véritablement effrayante des périls de la route de Gangoutri ; ils se contentèrent donc de charger quelques Indiens pieux d'aller examiner la bouche de la Vache, et de remonter , si cela était possible, jusqu’à sa source. Trois semaines après leur départ, les hommes qui composaient cette petite expédition revinrent à Gangoutri, où ils rapportaient une relation formidable de leurs aventures. La bouche de la Vache n’est, à ce qu’il paraît, qu’un simple bloc de rocher situé dans la rivière, et que sa position isolée a rendu un objet de vénération, Ts avaient remonté le fleuve
à quelques milles au-dessus de Gangoutri, où sa profondeur ne dépassait pas un mètre et sa largeur quinze ou vingt verges ; à l'extrémité supéricure de la vallée qu'il arrosait, et dans laquelle personne n'avait encore pu pénétrer , ses eaux coulaient sous d'énormes flaques de neige. Enfin , ils ne s’étaient arrétés qu'au point où la neige les avait empéchés de continuer leur voyage.
Le lieutenant Webb et les capitaines Raper et Hearsay revinrent par Serinagour , que douze ans auparavant avait déjà visité le capitaine Hardwicke, le premier voyageur anglais qui ait traversé ces montagnes. Parmi les ponts alpestres qu'ils rencontrèrent durant leur voyage, il en est un qui leur parut singulièrement remarquable et dangereux. En effet, ce pont se compose de quelques cordes jetées au-dessus d’un précipice et auxquelles pend un cerceau. Le voyageur se place dans ce cerceau de manière à ce qu’il supporte son dos, et à l’aide des pieds et des mains il se passe lui-même d'un bord à l’autre. De Josimath nos voyageurs allèrent reconnattre la source de l’Alacananda, l’un des principaux affluents du Gange , et ils parvinrent à remonter cette rivière jusqu’à l'endroit où elle sort des glaciers que personne n'avait visités avant eux. Des neiges perpétuelles recouvraient toutes les montagnes voisines et donnaient au paysage l'aspect d’une région du nord. Quelques pins rabougris se montraient seuls le long des bords de la rivière , mais sur les versants septentriouaux des montagnes, aussi loin que la vue pouvait s’étendre, on n’apercevait aucune trace de verdure. Les habitants de cette contrée montagneuse avaient une figure agréable et un teint coloré; en général ils ressemblaient plus aux Tartares qu'aux Hindous. Quelqnes-uns d’entre eux avaient amassé des richesses considérables en faisant un commerce de transit, c’est-à-dire en transportant du Thibet à l'Inde de l'or, du bezoard, du muse, du sel et du borax, Dans ces vallées éloignées et presque inaccessibles des montagnes neigeuses, nos voyageurs trouvèrent de nombreux temples ou autels, d'autant plus vénérés qu’il est plus difficile de les atteindre, et où se rendent sans cesse des troupes d'Hindous, bien que plusieurs centaines de ces pieux pèlerins périssent annuellement an milieu des neiges,
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La grande chaine de l'Himalaya fut traversée pour la première fois dans sa partie la plus élevée par M. Moorcroft , qui avait entrepris ce pénible voyage avec le double but de se procurer des échantillons de la laine dont on fait les châles de Cachemire, et de reconnaitre le lac sacré de Manasarowara , que tous les habitants de l’Indoustan vénèrent si profondément. Au village de Josimath, situé à une assez grande distance dans les montagnes, M. Moorcroft Joua un pundit comme compagnon de voyage , à la condition que le pundit ferait toujours en marchant des enjambées de quatre pieds, de telle sorte qu’en comptant les enjambées de son compagnon, M. Moorcroft connaitrait avec exactitude la distance qu'il aurait parcout Nos voyageurs côtoyèrent d’abord les rives du Dauli, t t qui se jette dans l’Alacananda. Les vallées étaient co e forêts de pins, audessus desquelles apparaissaient :.s neiges perpétuelles des sommités les plus élevées. L’étroitesse des sentiers, la raideur des pentes, et des avalanches continuelles de neiges et de pierres causaient de vives alarmes à M. Moorcroft et à ses compagnons. Dans ces passages difficiles, les moutons et les chèvres sont les seuls animaux dont on puisse se servir comme bêtes de somme.
Après un voyage pénible de sept jours , depuis son départ de Josimath, M. Moorcroft arriva à Malari, petit village situé au milieu des montagnes. Les maisons étaient bâties en pierre, et des fleurs et des peintures mythologiques ornaient, selon la mode des Hindous, tous leurs étages supérieurs. Ce village forme l'habitation d'été d'une petite horde qui fait un commerce de transit entre le Thibet et l'Inde, transportant des marchandises à do$ de moutons et de chèvres. Pendant l'hiver elle descend sur Les’ plaines situées au pied du versant septentrional des montagnes.
Enfin, nos voyageurs arrivèrent à Niti, sur la frontière de l'Inde, où d’instantes prières et w’interminables négociations purent seules leur faire obtenir l'autorisation de passer outre. Ce fut dans ce pays qu'ils éprouvèrent pour la première fois cette difficulté de respirer que cause toujours à des hauteurs aussi élevées la rarete de l'air. Durant l'espace de vingt-quatre heures, la température y subissait aussi