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290 DÉCOUVERTES MODERNES. LIŸ. Ÿ.
au pied de la montagne de Taranta ; des hyènes, qui les poursuivaient, accoururent aussitôt autour de la caravane, et parvinrent enfin, après l'avoir long-temps suivie, à enlever un âne. Bruce raconte, avec son ostentation habituelle, les difficultés qu’il éprouva pour transporter son quartier et sesautres instruments au-dessus de la montagne Taranta. À l'en croire, la plaine qni forme le sommet de cette montagne est peut-être l'une des plus élevées de l’univers entier. Et cependant elle produit de l'excellent froment, bien que la paille de ce froment n'ait pas plus de quatorze pouces de hauteur. Les habitants de ce plateau différaient, sous le double rapport du teint et du caractère, de ceux des vallées ou des plaines inférieures. . Des troupeaux magnifiques paissaient sur les collines; les vaches étaiënt complètement blanches ; de larges fanons tombaient jusqu’à leurs genoux, et elles avaient des cornes blanches et un long poil soyeux.
Dixan, la première ville que l’on rencontre au pied du versant abyssinien du T'aranta, est une ville assezconsidérable, dont la double population chrétienne et mauresque se divise en deux parties égales. Ses habitants ne connaissent qu’un seul commerce , celui des enfants; car Dixan est le grand marché où tous les brigands et les voleurs d'enfants de l’Abyssinie viennent vendre les produits de: leur criminelle industrie. A Adowa, Bruce vit une riche et belle filature de coton, et il fut reçu avec une bonté et une hospitalité remarquables par un marchand abyssinien nommé Janni, auquel il apportait, il est vrai, des lettres de recommandation, — On fait chaque année trois récoltes dans les environs de cette ville. Et cependant, malgré tous les avantages du sol et du climat, les fermiers abyssiniens restent toujours pauvres et misérables. Après avoir quitté Adowa, notre voyageur traversa les ruines d’Axum , l’ancienne capitale de l’Abyssinie. Il entra alors dans une contrée tellement riche et pittoresque , que son aspect seul eût suffi pour le récompenser des fatigues de son voYage, Ce fut pendant son séjour sur cette terre fortunée qu'il lui arriva une aventure, dont la relation provoqua la risée des incrédules , et fit bien plus douter de sa véracité que ne l'eussent fait des fictions plus graves : « Peu de temps après avoir perdu de vue les ruines de cette ancienne capitale
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