‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 118 sur 178 · LAS · texte numérisé non relu

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du Congo. M. Mungo Park s’apprétait en conséquence à remonter le Congo, lorsqu’en 1804 le gouvernement anglais le mit à la tête d’une nouvelle expédition destinée à explorer le cours du Niger. Il se proposa alors de se rendre dans le Bambara par la route qu’il avait suivie lors de son premier voyage. Arrivé à sa destination, il devait construire deux barques longues de quarante pieds et larges de huit pieds, avec lesquelles il descendrait jusqu'à Wangara, et de Wangara à la mer par le Congo. Afin de pouvoir mettre ce plan à exécution, il demanda trente-six Européens, dont six ouvriers et trente soldats , des ânes pour transporter les bagages, des outils pour construire les barques , de plus des marchandises, et de nombreux articles de peu de valeur qui serviraient de présents ou d'objets d'échange. Le gouvernement s’empressa de lui accorder tout ce qu’il demandait, et on lui promit une forte récompense en cas de succès.

M. Park arriva à Gorée le 28 mars 480Ë ; après avoir employé quelques semaines en préparatifs, il partit de Pisania sur la Gambie le 27 ‘avril suivant. L'impatience qu’il éprouvait de commencer pendant la saison des pluies un voyage si pénible et si dangereux doit être considérée comme la cause principale de tous ses malheurs subséquents et du triste résultat de l'expédition. En traversant le désert de Tenda , la petite caravane eut le malhrwr de troubler le repos d’un immense essaim d’abeilles, qui, s’élançant hors de leurs ruches, mirent leurs assaillants en déroute. Au milieu de la confusion générale le feu se communiqua aux herbes sèches du désert et menaç 1 de consumer les bagages ; de telle sorte que pendant une demi-heure environ un essaimd’abeilles faillit mettre un terme à l'expédition. Plusieurs bêtes de somme moururent des suites de leurs piqûres ; aucune ne se retira saine et sauf du combat. Le 8 juin, nos voyageurs furent assaillis par un violent ouragan, qui leur annonçait ie commencement de leurs malheurs, car dans ce pays de semblables tempêtes précèdent d'ordinaire le retour des pluies périodiques. En quelques instants toute la contrée qu’ils traversaient se transforma en un vaste marais, la chaleur devint insupportable, et trois jours après la petite caravane ne comptait pas moins de douze malades. Les nègres instruits des malheurs des blancs,

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et de les dévaliser.

Parvenu enfin au district montagneux de Konkodow, M. Park eut l'occasion de visiter queiques mines d’or, et d'y observer les procédés à l’aide desquels les naturels recueillent et préparent ce précieux métal. Le district de Konkodou, richement cultivé, lui sembla le pays le plus pittoresque qu'il eùt vu durant ses deux voyages, mais les ravissantes beautés de cetteterre favorisée du ciel ne pouvaient l’empécher de songer avec une douleur toujours croissante à l’état déplorable auquel l'expédition se trouvait alors réduite. La moitié des hommes qui la composaient étaient malades , et gisaient étendus sur la route , refusant d'avancer. Plus les forces des Européens s’affaiblissaient, plus celles des naturels semblaient s’accroître , plus ils devenaient hardis et entreprenants. Loin de les guérir ou de les soulager , chaque jour aggravait les maux et la détresse de nos infortunés voyageurs. M. Park lui-même subit le sort de ses compagnons, mais, bien que la fièvre ne l’eût pas épargné, son enthousiasme soutenait encore son courage au milieu de ses souffrances. Aussi, lorsque le 27 juillet il aperçut au sud-est la chaine encore éloignéê des montagnes, « certain que le Niger baignait la base méridionale de ces montagnes , il oublia sa maladie, et il ne songea plus qu'aux moyens de gravir leurs sommets bleuàitres. » En ce lieu mourut le dernier des quarante ânes qui faisaient primitivement partie de l'expédition. Chaque jour on enterrait ou on abandonnait deux ou trois hommes. Le 149 août, M. Park atteignit le point le plus élevé de cette chaine de montagnes située entre le Niger et lés bras éloignés du Sénégal; du haut de ces sommités il aperçut une fois encore le « Niger roulant son immense masse d’eau au travers de la plaine.» Mais la joie que dut lui causer ce spectacle était troublée par les plus tristes et les plus douloureuses réflexions. Sur les trente-huit hommes partis avec lui de la Gambie, trente-un avaient déjà succombé ; il ne lui restait par conséquent plus que sept compagnons , tous malades, et ne conservant aucune espérance de se guérir. Dans cette

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