‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 120 sur 178 · VOYAGES DE DENHAM ET DE CLAPPERTON · texte numérisé non relu

VOYAGES DE DENHAM ET DE CLAPPERTON

Hernermann. — Son sort. — Adams visite Tombouctou. — On ne croit pas à sa relation, — Expédition du capitaine Tuckey. — Arrivée au Congo. — La cataracte de Yellala. — Aspect du fleuve. — Résultat fatal de l'expédition. — Voyages du major Peddie, du capitaine Campbell, de M. Ritchie.— Leurs conséquences désustreuses. — Denham et Clapperton traversent le grand désert. — Le lac Tshad. — Arrivée à Kouka. — Le sheikh el Kanemy. — Expédition à Mandara.— Angornou, — Mort du lieutenant Toole.— Clapperton va à Kano.— Aspect du pays. — Arrivée à Sokatou. - Le sultan Bello.— Sa méflance.— Ses promesses.— Sa carte du Niger. — Renseignements concernant Mungo Park.— Retour de Denham et de Clapperton. — Mort de M. Tyrwhit. — Second voyage de Clapperton. — II se rend à Sokatou depuis Benin. — IL est mal reçu. — Sa mort. — Résultat de ses voyages. — Le

major Laing atteint Tombouctou. — Il meurt assassiné, — Voyages de Caillé. — Sa description de ‘Tombouctou.

La fin malheureuse de la seconde tentative de Mungo rk aurait dû , selon toutes les probabilités, singulièrement rayer le courage et refroidir le zèle des plus hardis et des plus entreprenants voyageurs. Il n'en fut rien cependant. L’attraitde l'inconnu, l'espoir du succès, la passion des aventures déterminèrent bientôt d'autres Européens à braver les dangers de toute espèce dont les menaçaient le climat, les éléments et les hommes dans ces contrées du tropique. En

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4798 , un Allemand, nommé Frédéric Hornemann , homme instruit et distingué, offrit ses services à l’association africaine qui les accepta. Voulant essayer d'atteindre le Niger du côté de l'Orient, il se joignit, au mois de septembre de la même année , à la caravane qui va du Caire dans le Fezzan. Après avoir envoyé en Europe une excellente description de cette ancienne route de caravane, il se rendit de Mourzouk à Tripoli, puis retourna dans la capitale du Fezzan avec l'intention bien arrêtée de continuer son voyage de l'intérieur. Il quitta en effet Mourzouk peu de temps après, mais depuis son départ de cette ville on ne reçut de lui aucune nouvelle. Seulement le major Denham apprit qu’il était allé jusqu'à Nyffé sur le Niger, où il mourut d’une maladie causée par le climat. Cependant, malgré tous ces revers, le but principal de toutes les ekpéditions européennes dans l’intérieur de l’Afrique fut enfin atteint pour la première fois en 1811. Un matelot, nommé Adams, ayant fait naufrage sur la côte d'Afrique, tomba bientôt entre les mains des Maures qui, après une longue série d’aventures inutiles à raconter ici, le conduisirent à Tombouctou. Son séjour dans cette ville fameuse et inconnue jusqu'alors des Européens dura six mois; au bout de ce temps ses maîtres le ramenèrent sur la côte au travers du désert, et le consul anglais de Mogadore paya sa rançon. De retour en Angleterre, Adams habitait Londres dans la détresse la plus profonde, lorsque le hasard instruisit de ses aventures un gentleman qui prenait un vif intérêt à toutes les découvertes géographiques. Ce gentleman fit venir Adams chez lui, l’intevrogea sur tout ce qu'il avait vu durant son voyage et publia le résultat de cet interrogatoire. Mais la description de Tombouctou ne répondit nullement à l'idée qu'on s'était faite de cette cité si long-temps cherchée, et on douta bientôt de la véracité de son auteur. Cependant les objections sur lesquelles s’appuyaient les doutes étaient plus spécieuses que solides. La relation d’Adams commence en 1810, disaient les incrédules , et on sait d’une manière positive que le naufrage de son bâtiment n'eut lieu qu'én 4844. Mais pourquoi regarder une simple erreur de date comme un mensonge ? pourquoi surtout ne pas ajouter foi à toutes les autres parties de cette relation? On prétendait encore qu'à en

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croire leurs dépositions , il n’avait jamais été séparé de ses compagnons d’infortune durant sa captivité chez les Maures ; mais un récit dont l'invention supposerait des connaissances très-étendues et une imagination vraiment surprenante ne mérite-t-il pas une plus grande confiance que les déclarations de matelots toujours prêts à mentir, si leurs mensonges doivent être agréables à ceux qui les interrogent et leur rapporter par conséquent quelques petits profits. Lorsqu'à la fin de la dernière guerre le gouvernement anglais fit tant et de si grands efforts pour étendre le cercle des connaissances géographiques, l’intérieur de l'Afrique attira de nouveau l'attention du monde savant. L'opinion erronée qui égara Park dans sa dernière expédition avait encore à cette époque de nombreux partisans , et on résolut de remonter, aussi loin que cela serait possible, le fleuve Congo. Er conséquence, une expédition partitren 1816 pour aller mettre ce projet à exécution. Cette expédition était commandée par le capitaine Tuckey, marin distingué ; un botaniste éminent, M. Smith et plusieurs autres savants en faisaient partie. Les vaisseaux qui la composaient atteignirent l'embouchure du Congo dans les premiers jours de juillet et commencérent à remonter le fleuve. Mais le courant devenait si rapide à mesure qu’on avançait, qu’il fallut bientôt abandonner les bâtiments et continuer le voyage avec les chaloupes; à cent cinquante milles environ de la mer la fameuse Yellala, cataracte ou rapide qui occupait presque tout le lit du fleuve, arréta de nouveau l'expédition ; force fut d'abandonner les barques à leur tour et de marcher le long du rivage. Quelques milles plus loin on trouva le Yellala ou la grande cataracte , qui, en réalité, n’est qu’un rapide, mais un rapide assez fort pour rendre toute navigation impossible. Près de ces espèces de cataractes, le Congo avait un lit trèsétroit, et la masse totale de ses eaux ne paraissait pas considérable, mais, à vingt milles au-dessus du Yellala, il devient un fleuve magnifique , large en certains endroits de trois et quatre milles, et offrant tout le long de ses rives des paysages aussi pittoresques que variés. Malheureusement le jour même où un rayon de succès semblait luire sur l’expédition , ses malheurs commençaient, la fièvre n’épargna personne. Lors-

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