‹ Histoire générale des voyages de découvertes maritimes et continentales [microforme]Chapitre 128 sur 178 · CHAP. XXILIL EMBOUCHURE DU NIGER · texte numérisé non relu

CHAP. XXILIL EMBOUCHURE DU NIGER

rester sur les vaux du fleuve, n'ayant pas trouvé de lieu convenable pour débarquer , et, assaillis par une horrible tempète, ils faillirent périr victimes des ébats nocturnes des hippopotames. Le Niger coulait presque toujours à l’est et au sud-est, et sa largeur variait de deux à huit milles. Le courant était si rapicle, que la barque faisait parfois quatre ou cinq milles à l'heure. Le 49 octobre, ils passèrent devant l'embouchure de la rivière Coudounia , que Richard Lander avait traversée près de Cuttup, dans son premier voyage, et à midi, le même jour, derrière un immense marais coupé de petits canaux et de criques , ils aperçurent une grande et belle ville de plus de deux milles de longueur, située à environ trois milles des bords de la rivié. °. ‘’était Egga, dont le vieux chef les reçut de la façon la plus amicale, et dontles habitants, très-curieux de voir des hommes blancs, vendaient déjà des toiles et des draps de Benin et du Portugal, ce qui fit supposer à nos voyageurs qu'il existait des communications actives entre Egga et la côte.

Egga a une étendue prodigieuse et une population immense , mais, comme presque toutes les villes des bords de la rivière, elle est souvent inondée. Pendant le séjour qu’y firent nos voyageurs, les eaux du Niger couvraient la moitié de la ville. Les naturels se bâtissent des demeures dans des lieux si incommodes et si malsains, parce que, en général, le sol y est très-fertile et produit abondamment, presque sans culture, toutes les denrées nécessaires à la vie. Bien qu’il fût âgé de plus de cent ans, Le chef d'Egga était encore si fort et si actif qu’il voulut danser en présence des hommes blancs, et «les frapper, comme il le dit lui-même, de surprise et d’admiration. »

Effrayés par les récits que les habitants d'Egga leur faisaient des dangers de la navigation du Niger, les hommes qui avaient jusqu'alors accompagné nos voyageurs refusèrent de les suivre, et manifestérent l'intention bien arrêtée de retourner au Cap-Coast-Castle, en suivant la même route qu'ils avaient prise pour venir à Egga. Cette espèce de révolte n'eut heureusement pas de suites sérieuses , et le 22 octobre les deux frères quittèrent Egga en la saluant de trois coups de mousquet. Quelques milles plus loiu, ils virent une

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