CHAP. XXII, EMBOUCHURE PU NIGER
quart-d’heure après il decouvæait , à quelque distance devant
lui , deux vaisseaux à l'ancre, le négrier espagnol , dont il
avait vu le capitaine à Brass, etle brick anglais.
Le but de sa missiométait dès-lors rempli, mais ses malheurs ne touchaient pasencore à leur fin. Le plan et les limites de cet ouvrage meus défendent de nous étendre longuement sur les événements qui suivirent. Qu'il nous suffise de dire que le capitaine du briek anglais refusa de donner un seul penny à ses compatriotes, et ne voulait pas même attendre l’arrivée de John Lander ; heureusement le mauvais temps
. l’empêcha d'exécuter ses odieux projets. Malgré sa fureur, le roi Boy laissa partir John Lander, et le 24 novembre les deux frères eurent le bonheur de se retrouver réunis, après avoir
couru les plus grands dangers. Le navire sur lequel ils s'é-
taientengagés comme matelots pou: obtenir un passage passa
enfin la barre de la rivière avec beaucoup de paine , et le 4er décembre il était en vue de Fernando-Po. Les frères Lan : der séjournèrent sept semaines dans cette île, s’embarauèrent
à bord du Caernarvon pour Rio-Janeiro, et le 9 j‘ir: suivant
ils arrivèrent à Portsmouth. Le lendemain même, Richar:i
Lander remettait à lord Goderich, secrétair 2-d'état au dépar-
tement des colonies, là relation de sa découverte. Empres-
sons-nous de l'ajouter ici, aussitôt l’arrivée des deux voya-
geurs, le gouvernement anglais expédia au Cap-Coast-Castle “l’ordre de payer sans délai au roi Boy les sommes qui lui avaient été promises. Quant au capitaine Lake, il fut abordé à un mille de l’île de Fernando-Po par un corsaire qui pilla son navire et força l'équipage à marcher sur la planche, c'est-à-dire à la mer sur une planche arrangée de manière à faire la bascule,
Ainsi donc le problème géographique qui, pendant tant de siècles , avait si vivement prévccupé l'attention du monde savant et donné lieu à tant de conjectures différentes , se trouvait définitivement et complètement résolu. Le Niger, ou, comme l’appellent les naturels, le Dioliba ou le Quorra, ne se réunit pas au Nil, ne se perd ni dans les sables des déserts, ni dans les eaux du lac Tschad ; il se jette dans l'Océan par une grande quantité de bras, sur la côte du golfe de Guinée, à l’endroitmême de cette côte connue sousle nom de cap For-
mose. La gloire de cette découverte, prévue il est vrai par la science , appartient tout entière aux frères Lander. La vaste étendue de pays qu'ils avaient traversée depuis Yaourie jusqu'à la mer, était complètement inconnue avant leur voyage, dont la relation , traduite en français et publiée à Paris par l'éditeur de cet ouvrage (1), offre le plus vif intérêt. Le premier prix annuel de 50 guinées que le roi d'Angleterre avait mis à la disposition du président et du conseil de la société rovale de géographie, fut adjugé à Richard Lander, comme chef de l'expédition, le 144 novembre , par le président , lord Goderich ; et, quelques jours après , l’association africaine se réunit et s’incorpora àla société royale de géographie.
Qué si nous résumons maintenant les données partielles que la science a pu recueillir jusqu’à ce moment sur le cours si long-temps mystérieux du Niger , nous le voyons parcourir une étendue de huit cent cinquante lieues, recevant dans les pays qu’il arrose une foule de noms divers, signifiant pour la plupart la rivière ou la grande rivière. Ainsi que nous l’avons déjà dit, les principaux sont ceux de Dioliba et Quorra.
Laing a déterminé le gisement de la source du Niger par une latitude de 9 25 nord, et une longitude de 12° #’ à l’ouest du méridien de Paris ; elle jaillit au pied du mont Loma, sur les limites du Kouranko, du Kissi et du Sangara; les informations desindigènes lui attribuent une direction vers * le nord, puis vers l’est , ce qui s'accorde sans difficulté avec la position de la ville de Couroussa, où Caillé l’a traversée pour la première fois, et d'où il l’a suivie pendant une quinzaine de milles; puis son cours est inconnu jusqu’à Bamakou, mais à partir de ce point jusqu'à Silla, deux petites journées au-dessus de Geny, Mungo Park en a donné le relèvement, et depuis Geny la navigation de Caillé fournit un tracé continu jusqu'à Tombouctou. De là jusqu’à Yaousie, sur un espace de plus de trois cents lieues, le cours du Niger est à peu près inconnu. Dans l'analyse qui précède , nous l'avons descendu, avec les frères Lander, de Yaourie à l'Océan,
(1) A Paris, chez Paulir . libraire-éditeur , rue de Seine , 53, 3 val. in8°,— 9 francs les tres volumes.
Vs
jar la vaste e jusyage; is par e pre-
avait de la inder, > préssocia” e géo-
rtielles > cours rcourir ans les pour la l'avons l'a.
er par 20 5’ à mont ngara ;
on vers |
té avec aversée à quin-
akou, urnées ement , é conun està peu s des-
, 3 val.