PA SSAGE AU NORD-OUEST
Problème du passage au nord-ouest, — Expédition de John Ross sur la 7'ictoire. — Il retrouve les débris abandonnés de la Fury. — Quatre hivers dans les glaces. — Découvertes de l'expédition, — Son retour en Angleterre. — Voyage du capitaine Back à la recherche du capitaine John Ross. — La rivière Back, — Résultats. — Expédition du capitaine Back sur la Zerror.— MM. Peter William, Dease et Thomas Simpson, — Leurs découvertes, — Solution du problème,
Après le grand problème de l'embouchure du Niger, deux grands problèmes encore préoccupaient les géographes contemporains, savoir : le passage de l'Océan Atlantique dans le grand Océan, par le nord-ouest, et l'existence de terres antarctiques; et, comme le premier , ces problèmes aussi ont obtenu de notre temps ‘ne solution certaine,
Ce n'est point à dire qu'sutonr de ces questions générales
une foule de questions particulières n’exigent encore beaucoup de travaux complémentaires : le Niger se dégorge dans le golfe de Guinée par une multitude de bouches, dont une seule encore est explorée; le passage au nord-ouest n’est point tracé le long de rivages complètement reconnus ; les terres antarctiques n’ont été vues que par intervalles plus ou moins rapprochés, sans qu’on ait de suffsants indices de leur continuité ni de leur profondeur. Mais, sur chacun de ces thèmes , la question principale est vidée.
On vient de lire, dans le précédent chapitre, comment les frères Lander avaient heureusement rempli leur mission quant au Niger. Il nous reste à raconter les voyages plus ou moins nombreux qui, se soudant bout à bout , offrent ainsi l’histoire successive des tentatives faites, soit au nord de l’Amérique, soit vers le pôle austral; mais ces voyages à travers les glaces ont, par leur nature même, une sorte de sécheresse et de monotonie qui a dû nous rendre très-sobre de développements, dans l'analyse que nous en allons présenter. Ce sont les résultats surtout que nous voulons signaler, et trop souvent la relation des efforts par lesquels ils ont été obtenus n’est, pour le lecteur, qu’une fastidieuse répétition d'événements qui se reproduisent sans cesse avec latriste nudité des lieux qui leur servent de théâtre. Là où il n'y a ni hommes, ni animaux , ni parure végétale, mais toujours et partout la mer ou la terre couvertes de glaces séculaires, l’intérét est peu varié. Nous avons dù, par une rédaction rapide, sauver du moins au lecteur l'ennui d'une longue uniformité,
Le capitaine John Rossavait essuyé, au retour de son expédition de 1818, le reproche d'avoir manqué du zèle, de la résolution et de la perspicacité qui sont indispensables pour un voyage de découvertes; il s'était en effet alors engagé à peine dans le détroit de Lancastre , et s'était hâté de revenir en Angleterre en déclarant que de hautes terres fermaient le passage vers l'ouest ; tandis qu'après lui Parry alla par ce méme détroit s’enfoncer dans la mer Polaire jusqu'à plus de cinq cents milles vers l'occident, et montrer ce que pouvait faire une courageuse persévérance. De nombreuses expéditions avaient depuis lors été effectuées, et chacune avait fourni à la géographie son contingent de découvertes.
Y. CHAP. XXIV. PASSAGE AU NORD-OUEST. 347 qui OF Le capitaine Ross brülait de réhabiliter, par une glorieuse pe dé- campagne, sa réputation de marin intrépide et capable ; à dé- l'E de faut d'une mission du gouvernement, il obtint l'armement par à sage souscription du bâtiment à vapeur la Victoire, avec lequel il lète- partit, le 25 mai 4829, pour la baie de Baflin. Pendant quatre par années complètes l'Europe fut sans aucune nouvelle de lui, et AE 1° suffi- l’on était à son égard dans les plus sinistres appréhensions , Ni 4 ais, lorsqu'il revint enfin riche à son tour de découvertes. Il avait, je dée. par les détroits de Lancastre, de Barrow et du Prince-Régent, 1 ment pénétré jusqu’au point où quatre ans auparavant Parry avait | ssion été forcé d'abandonner le navire Fury, entr'ouvert par le choc Ne: 1s ou des glaces ; ce navire était maintenant englouti par les flots, {a ainsi mais les canots et les provisions étaient conservés sur la plage. LA Amé- Continuant sa route au sud, en longeant les rivages occiden- Hit rs les taux , il descendit jusqu’au 78° de latitude , et s’étabiit, le 4° ÿ sse ét octobre , pour hiverner, dans une petite anse qu'il appela ni oppe- hâvre Félix, en l'honneur de M. Félix Booth, principal arma- Fi e sont teur du navire la Yictoire; on apprit là de quelques Esquimaux, is | > sou que les terres qu’on avait reconnues formaient une grande le btenus presqu'ile liée au continent d'Amérique, et séparant les deux événe- mers. Le capitaine James Clark Ross, neveu du chef de l’exité des pédition, partit,-en avril 4850, pour aller faire le relèvement
mes , de ces côtes. Il explora soigneusement les contours du golfe
out la qne dessinait la mer occidentale entre la terre de Zoothia,
est peu c'est-à-dire la grande presqu'ile déjà parcourue à sa rive occi-
er du dentale , et la terre du Roi-Guillaume, au sud, en tirant vers
l'ouest, jusqu’à cent cinquante milles du cap Turnagain de
expé- Franklin ; il releva’ensuite lés'contours du golfe opposé formé de la par la mer orientale. Sur la rive occidentale de l’isthme, par s pour 700 5’ de latitude boréale et 99° 12’ de longitude à l'ouest de gagé à Paris , il constata l’insensibilité complète de la boussole et le
evenir maximum d’inclinaison de l'aiguille aimantée, indices caracté- 114 ient le ristiques du pôle magnétique. En novembre, on ne parvint à Lis par ce faire remonter le navire que de quelques milles au nord, où A lus de l'on s'établit de nouveau pour hiverner, en un port qu'on À. pouvait appela hävre du Shériff. Le froid fut, cette année là, d'une Li xpédi- rigueur excessive.
fourni L'été de 1851 fut employé à des reconnaissances au moyen desquelles on s'assura qu'il n'existait, dans le nord de la sta-